30/03/2008

Cherche la bonne sole

« Gamin, tu as vu des soles, toi ? ». Là, papa ». « Jamais je ne mettrai ces saloperies à mes pieds ». « Mais c’est pour cuire, papa, avec un peu de beurre, et du citron, et du persil ». « Gamin, je ne suis pas aveugle, hein, j’entends bien, c’est écrit tong sur l’écriteau qui traverse les tongs. En plus, c’est dégueulasse de piquer dans les tongs. Tu imagines : un plat de préservatifs troués par un écriteau où il est inscrit capotes ». « Papa, enfin, en flamand sole se dit tong. On est en Flandres ici. Tu dois le dire à tes amis français, suisses, canadiens et wallons unilingues ». « Ah bon, tu suis des cours de néerlandais, toi. Tu connais Lille Rijsel, Mons Bergen et Tournai Doornik, toi ? J’oubliais Moussecroune pour Rafaël ». « Papa, tu achètes des soles ? ». « Tu as vu les yeux, gamin. C’est horrible ». « Papa, la dame va couper la tête, pas de problème ». « Mais, c’est un crime contre l’humanité, ça. Pourquoi pas la queue, tant qu’on y est, hein ». « La queue aussi, papa ». « Gamin, on est à la mer, d’accord, on n’est pas figurants dans un film d’horreur ». « Papa, achète des soles, je te les cuisinerai comme Mamy le fait si tu achètes un citron ». « Ne parle pas de malheur, gamin, les femmes à barbe ce n’est pas mon style ». « Je te les cuisinerai comme je sais faire, papa ». « Madame, deux tongs, s’il vous plait. Pas de panique, je ne m’enfuis pas. Je vais simplement faire pipi contre la palissade A vendre Vendu de l’immeuble d’à côté et je reviens quand vous aurez fini de transformer les deux anomalies maritimes en fish-sticks ».

29/03/2008

Cherche une recette de sole

Hé, je suis à la mer, avec le gamin mais sans ordi. Je suis entré dans un cybercafé pour commander une limonade et une trappiste et j’ai trouvé une connexion. J’ai tapé mon code, rien que des 5 mais, pas con, je ne vous dirai pas dans quel ordre et hop, coucou, me voilà. Gérard, il dit caca, me voilou ou caca, c’est mou au lieu de coucou, c’est moi. Ah, ça fait du bien, quelques jours sans Gérard. Avec le gamin, j’adore, c’est moi le plus fort. Et le plus malin. Enfin, pas toujours. Hier il m’a dit « Papa, demain on mange des soles ». « Mais, gamin, sais-tu comment c’est une sole ? ». « C’est tout plat et c’est délicieux, papa. Si mamy sait en cuire, tu dois savoir en cuire ». Alors, là, il m’a piqué au vif l’express. Rogntudju. S’il utilise des arguments piscicologiques, je suis fichu. Help, aïlle nîd seume bodi, help. J’ai besoin de toute urgence d’une recette pour sole. Merci de venir me l’apporter. Je serai à côté du poste de secours, sur la plage. Ne venez pas tout de suite, le poste de secours est à deux kilomètres. Ne venez pas trop tard non plus, le vent se lève et j’ai l’impression qu’il va pleuvoir. D’avance je vous en remercie et vous exprime l’expression de mes salutations distinguées.

28/03/2008

Cherche 500 collaborateurs

«  Papa, quand on sera à la mer, tu feras quoi pour aller lire les blogs de tes copains ? ». «  Bonne question, gamin, ne m’y fait pas penser. Pour moi ce sera carême. Carême après Pâques ! Tu sais, gamin, il y a des cyclistes qui doivent suivre un régime sans selle. Et bien, je devrai suivre un régime sans blog ». «  Et pour les visites, papa ? ». « Voyons, gamin, nous n’avons pas de visites quand nous sommes là, pourquoi aurions des visites quand nous ne sommes pas là ? ». « Des visites sur ton blog, papa. Et pour ton compteur de visites ». « Heuuu, ah oui ». « Tu n’y avais pas pensé, hein, papa ». « J’ai une idée, gamin. Je vais demandé à 500 blogueurs de faire le relevé des visites tous les jours ». « Pourquoi 500, papa ? ». « Pour avoir 500 visiteurs en plus par jour, gamin ».

27/03/2008

Cherche à construire un château

« Papa, c’est vrai, hein, on va à la mer une semaine ? ». « Oui, gamin. D’ailleurs, regarde, j’ai acheté trois kilos de fromage blanc. Quand le petit seau sera vide, il sera pour toi, pour jouer sur la plage ». « Et toi, papa, tu auras quoi pour construire un château ? ». « Gamin, à la mer on trouve tout ce qu’il faut. Je louerai une brouette, si possible, une à moteur ». « Ah, oui ? ». « Je louerai aussi une bétonnière ». « c’est quoi, papa ? ». « C’est comme une immense casserole qui tourne et qui rend le sable dur ». Tu veux faire quoi, papa, avec le sable dur ? ». « Un immense château fort, indestructible ». « Pourquoi indestructible, papa ? ». « Tu sais, gamin, à la mer, la nuit, il y a des papas jaloux qui ont du jus de carotte au lieu d’huile de bras et qui donnent des coups de pied dans les châteaux des autres papas ». « Et alors, papa ? ». « Alors, gamin ! Avec leurs tongs, ils vont s’écraser les orteils sur notre château ». « Et comment tu verras que des papas sont venus pour casser le château, papa ? ». « Facile, gamin. Le lendemain, sur la digue, nous espionnerons ceux qui crient ouille ouille ouille en marchant et ceux qui ont les orteils bleus ».

22/03/2008

Cherche le printemps

Roucoule, roucoule, roucoule. « Gamin, écoute, c’est le printemps ». Roucoule, roucoule, roucoule. « Gamin, ah, c’est chouette ». Roucoule, roucoule, roucoule ». « Je devrais dire que c’est pigeon, hein, gamin. Ah, je me sens poète aujourd’hui ». Roucoule, roucoule, roucoule. « Je suis poète, pouèt pouèt, je suis poète, pouèt pouèt. Y a d’la joie, bonjour bonjour les six rondelles, y a d’la joie ». Roucoule, roucoule, roucoule. « T’es où, gamin ? ». « Sur le balcon, papa. C’est comique. Il y a madame Gonzalez, la portugaise du troisième qui aide son mari à rentrer leur nouvelle voiture en marche arrière dans leur garage. Elle n’arrête pas de crier roucoule, roucoule, roucoule ». « Heuuu ».

18/03/2008

Cherche où est le changement

« Papa, je trouve que tu as changé depuis ton anniversaire ». « Ah, tu l’as remarqué ? Je cuisine mieux, hein ? ». « Disons qu’en ce domaine tu fais du vol stationnaire, et pas très haut ». « Heuuu. Changé comment, alors ? Mon physique ? Je n’ai pas accouché d’un nouveau nez, que je sache ». « Non, hein, papa, toi tu n’as pas l’entrée de l’usine à fabriquer des bébés puisque toi tu as le camion citerne qui apporte les matières premières ». « Oh, on dirait un poème de Mimi. J’ai changé quoi, alors, gamin ». « Tu es plus intelligent, papa ». « Et bien, ça alors, tu es perspicace, toi. Tu es le premier qui me le dit. Tu as remarqué ça comment, gamin ? ». « A tes pantoufles, papa ». « Mes pantoufles ? Elles t’ont parlé, mes pantoufles ? ». « Non, papa. Avant, tu les mettais au pied du lit et, pour les enfiler, tu devais faire quatre pas à pieds nus. Maintenant tu les mets à côté de toi et, le matin, tu peux sauter dedans. Comme moi. ». « Heuuu ».

17/03/2008

Cherche à mettre le paquet

« Gamin, cette année, je mets le paquet ». « Ah bon. Tu as pris de bonnes résolutions le jour de ton anniversaire, il y a une semaine ? ». « Heuuu ». « Tu as décidé de te raser chaque matin ? Si c’est ça, tu as déjà raté quelques jours, papa ». « Gamin, nous sommes dans le millénaire des économies. Alors, le matin, quand j’allume la radio et que j’apprends qu’il y a grève des trains, je ne quitte pas mon pyjama ». « Pourquoi il y a grève des trains, papa ? ». « Parce que les voyageurs s’en prennent à d’autres qui ne payent pas leur train ». « Qui ça, papa ». « Les accompagnateurs de train, gamin. Ils ne payent pas leurs trajets et les gens sont fâchés ». « Papa, tu crois peut-être que les chauffeurs de taxi paient pour conduire leur taxi ? ». « Heuuu ». « Gamin, Françoise Dolto a écrit que l’important ce n’était pas la qualité ni l’exactitude de la réponse d’un papa à son gamin qui est important mais le fait de répondre ».  « Papa, tu lis des bêtises. J’ai essayé à l’école, tu sais, de répondre n’importe quoi. Et bien, crois moi, ça ne plait pas à madame ». « Heuuu ». « Papa, ça va être l’heure de nickelodéon à la télé, quel paquet vas-tu mettre ? ». « Vois-tu, gamin, mettre le paquet, c’est en mettre moins ». « Mais non, papa, quand on met le paquet, on en met plus, je t’assure ». « Pas toujours, gamin. Paquet, c’est un diminutif, comme quand on dit mon petit biquet, maigrelet, garçonnet ». « Chevalet, tabouret, bidet, ticket ». « Gamin, ne te moque pas, hein. Tous les diminutifs ne sont pas petits. Le diminutif de Charles de Gaule est plus grand que Sarkozy ». « Et ton paquet, c’est quoi, papa ? ». « Vois-tu, gamin, cette année, avec les économies de carburant et le prix grimpant des matières premières, dont le maïs concassé pour poules, le colis de Pâques sera un petit paquet ». « … ». « Où es-tu, gamin ? ». « Devant la télé, papa ».

07/03/2008

Cherche à cacher la télé

« Papa, papa, on a volé la télé ». « Heuuu, mais non, gamin. Heuuu, disons que j’ai réorganisé notre univers familial ». « T’as fait quoi, papa ? ». « Ben, heuuu, j’ai lu dans un magazine, chez le coiffeur, qu’il ne fallait pas rester figé dans un même univers. Alors j’ai changé la télé de place ». « Elle est où ? ». « Dans les toilettes ». « Pourquoi, papa ? ». « Ben, heuuu, le soir il y a parfois des films qui, heuuu, que, heuuu, que tu dois rester au lit et dormir pour être en forme le lendemain à l’école. Tu n’entendras pas la télé si elle est dans les toilettes ». « C’est parce qu’il y a des gangsters qui font panpan, papa ? ». « Oui, gamin, des gens qui tirent leurs coups ».

06/03/2008

Cherche le pourquoi des oeufs

« Papa, tu ne dis plus heuuu depuis quelques jours. Tu es malade ? ». « Non, gamin, va voir dans le frigo ». « Horreur. Tu fais de l’élevage, papa ? ». « Ben, non ». « Tu prépares une fête de quartier avec une omelette géante ? ». « Ben, non, gamin. C’est la faute à la crémière ». « T’as un rencart, papa ? ». « Non, gamin, c’est quand je vais à la crèmerie pour du fromage ». « Allonge-toi, papa, et dis moi tout ». « Oui, gamin. C’est un drame qui m’arrive, monsieur. Je ne sais pas pourquoi la crémière m’intimide mais, quand elle demande ’ Et pour vous, joli monsieur ? ‘ je réponds ‘ Heuuu ‘. Elle met une boîte de six œufs sur le comptoir et elle ajoute ‘ Et avec ça, joli monsieur ‘. Et moi : ‘ Heuuu ‘. Paf, une deuxième boîte sur le comptoir. Et paf, une troisième ». « Et alors, papa ? ». « Ben, heuuu, je m’en tire en faisant essuie-glace avec mes deux bras pour dire stop. Je vous dois combien, docteur ? ». « Où est le problème, papa ? C’est bon une omelette ». « Je n’ai jamais appris à casser des œufs, docteur, j’en mets plus sur le plan de travail et par terre que dans le bol ».

05/03/2008

Cherche l'explication de la bretelle

« Papa, explique moi ». « Tout ce que tu veux, gamin, je suis une encyclopédie ». « C’est quoi une encyclopédie, papa ? ». « C’est quand tu peux faire le tour de la question à vélo, gamin ». « Pourquoi à vélo, papa ? ». « C’est dans le mot, gamin. Cyclo, ça veut dire bicyclette. Tu connais, hein, bicyclette. Je descends de la montagne en bicyclette, pouèt pouèt. Tu descends de la montagne en bicyclette, pouèt pouèt. Descends de la montagne, descends de la montagne en bicyclette, pouèt pouèt ». « Tu n’as pas répondu à ma question, papa ». « C’est normal, gamin, j’étais parti faire un tour à vélo. Heuuu, tu avais une question ? ». « Papa, descends de ton vélo imaginaire et dis-moi : autour des villes, pour les autos, il y a des ceintures, hein ? ». « Heuuu, oui ». « Pour aller sur la ceinture il faut prendre une bretelle, hein ? ». « Heuuu, oui ». « Je trouve que bretelle et ceinture ça fait double usage ». « Heuuu ».

04/03/2008

Cherche un vrai coiffeur

« T’as fait quoi aujourd’hui, papa ? ». « Ben, heuuu, j’ai lu un magazine, chez le coiffeur ». « Tu es allé chez le coiffeur, papa ? ». « Ben, oui, gamin ». « Ah. Il était fermé ? ». « Heuuu ».

06:45 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : coiffeur, papa, gamin, heuuu |  Facebook |

29/02/2008

Cherche le 29 février

« Papa, papa, nous sommes le 29 février ». « Oui, gamin ». « Et c’est aussi le jour où tu dois aller acheter de la limonade ». « Ah bon, j’ai noté ça ? ». « Ben non, papa, il n’y a pas de 29 février sur ton calendrier ». « Ah bon, ça alors. Sûrement un éditeur à la con. Tu sais, gamin, sur terre, il y a beaucoup de gens stupides, des distraits, des mal comprenants. Maintenant on dit mal comprenant parce qu’on ne peut plus dire con. C’est comme les sourds et les aveugles, il faut dire mal entendant et mal voyant ». « Papa ». « Oui, gamin ». « Je ne veux pas dire que tu es un mal comprenant mais tu utilises un calendrier de 1993 ». « Heuuu ».

24/02/2008

Cherche l'avenir du gamin

« Gamin, je suis soucieux de ton avenir ». « Oui, papa. Et ça veut dire quoi ? ». « Ce que tu vas faire plus tard, gamin, quand tu seras grand ». « Je ferais quoi, papa ? ». « Je te conseille de travailler aux chemins de fer, dans les trains ». « Pourquoi dans les trains, papa ? ». « Parce que tu n’es jamais à l’heure quand c’est le moment de manger ».

23/02/2008

Cherche une femme

« Tu as l’air déprimé, papa ». « Non, gamin, je n’ai pas l’air déprimé. Je suis déprimé ». « C’est à cause de toutes ces lettres ? ». « Oui, gamin ». « Ce sont des factures ? ». « Non, gamin ». « C’est quoi, papa ? ». « Ce sont des réponses, gamin ». « Tu avais posé une question, papa ? ». « Non. Heuuu, comment t’expliquer. Vois-tu, gamin, il est bon dans la vie de manger autre chose que des raviolis en boîte ou de la chipolata, il est bon d’avoir quelqu’un qui te dise que c’est le jour de changer de slip, il est bon d’avoir des chaussettes propres qui sentent bon la lavande ». « Tu as demandé de la documentation sur les chaussettes à la lavande, papa ? ». « Mais non, gamin. Réfléchis. Si j’ai su le faire, tu peux le faire. Qui peut nettoyer une salade, hein ? Qui peut ne pas se tromper dans les 30, 60, 90 degrés des lessives pour ne pas avoir des vêtements de schtroumpf parce qu’ils sont cuits, hein ? Qui peut me faire, heuuu, bon, passons, qui peut ». « Papa, j’ai compris, tu cherches une femme de ménage ». « Gamin, tu dois encore grandir, ta réponse est à moitié bonne. J’ai mis une annonce disant que je cherchais une femme, pas de ménage, ça, ça viendra après, non, une femme tout court ». « Une femme tout court Une femme cul-de-jatte, papa ? ». « Gamin, on ne rigole pas avec ça. Une femme cul-de-jatte c’est impossible. Comment veux-tu que je pousse à la fois sa chaise et le caddy au supermarché, hein ? ». « Tu vas te remarier, papa ? ». « Je dois d’abord tester, du latin testicoularé. On verra après ». « Tu dois être heureux, papa, d’avoir eu des kilos de réponses ». « Ben, heuuu, non, gamin. Ce sont des hommes qui m’ont répondu ». « Ils écrivent quoi, papa ? ». « Ben, heuuu, ils écrivent tous : tu peux avoir la mienne ».

17/02/2008

Cherche le nom du bateau

« Papa, papa, regarde, le beau bateau ». « Gamin, ce n’est pas un bateau, c’est un yacht ». « Ah. Tu écris ça comment, papa ». « Heuuu, tu as raison, gamin, c’est un bateau ».

14/02/2008

Cherche la bonne saint Valentin

« Papa ». « Gamin, je suis occupé ». « Tu fais quoi, papa ? ». « J’écris, gamin ». « Tu écris à qui, papa ? ». « J’écris sur mon blog, gamin ». « Tu écris quoi, papa ». « J’écris bonne fête, gamin ». « Tu écris bonne fête à qui, papa ? ». « A ceux qui fêtent la saint Valentin, gamin ». C’est qui, papa, ceux qui fêtent la saint Valentin ? ». « Beaucoup de monde, gamin ». « Oui mais c’est qui, papa ? ». « Ben, heuuu, les marchands de fleurs, les vendeurs de bijoux en toc, les tenanciers de friteries et de restaurants à bougie, les fabricants de parfum, les gérants de magasins de lingerie. Tu vois, gamin, c’est leur fête ». « Et tu leur dit quoi, papa ? ». « Ben, heuuu, j’écris Bonne fête à vous, marchands de fleurs, vendeurs de bijoux en toc, tenanciers de friteries et de restaurants à bougie, fabricants de parfum, gérants de magasins de lingerie ». « Et ça te sert à quoi, papa ? ». « Ben, heuuu, ça me défoule, gamin ».

13/02/2008

Cherche la Chandeleur

« C’est quoi cette odeur, papa ? ». « Ben, heuuu, voyons. Je te prépare des crêpes pour la Chandeleur ». « Papa, mes copains à l’école, ils ont eu des crêpes il y a plus d’une semaine ». « Ah bon. Tu sais, gamin, il ne faut pas se fixer aux dates, hein. Je te fais des crêpes aujourd’hui parce ce que nous sommes un mercredi 13 parce que c’est un jour de chance pour tous sauf pour les vendeurs de billets de loterie ». « Pourquoi papa ? ». « Parce que ce sont d’anciens vendeurs de poisson recyclés qui ne pensent que par le vendredi ». « Tu fais des crêpes en boyau de vélo, papa ? ». « Ben, non, gamin. Pourquoi ? ». « Je trouve que ça sent le caoutchouc brûlé ». « Et meeerde. J’ai oublié d’enlever l’emballage avant de les mettre dans la poêle ».

09/02/2008

Cherche à occuper la saint Valentin

« Papa, c’est vrai, je peux venir dormir chez toi le soir de la saint Valentin pendant que maman est au restaurant ? ». « Gamin, sache que c’est uniquement parce que ce restaurant ne propose pas de menu enfant ». « Maman, elle, elle m’a dit que c’est parce qu’il n’y a que des tables de deux personnes ». « Heuuu. Ah bon ». « Ben oui ». « Tiens, tiens, des tables de deux personnes ». « Ben oui ». « Il faut être deux, alors ? ». « Ben, oui ». « Heuuu, ta maman, elle est deux ? ». « Ben, oui ». « Avec un chômeur, je suppose. Ou avec un nègre, ou un flamand, ou un estropié du Vietnam, ou un rital mafieux, ou un baraki de Charleroi, ou un voyou de la bande de Gaza ou un ancien ministre de la Défense Nationale ». « Papa, arrête, tu vas t’étrangler pour rien ». « Tu sais quoi, gamin ? ». « Non, papa ». « Le soir de la saint Valentin nous ferons deux tables de deux, une pour nous deux et une pour Kiki et Pipette, les hamsters ». « Et Maurice, Papa ? ». « Maurice, le poisson rouge ? ». « Ben, oui ». « Heuuu, on mettra son bocal dans la salle de bain, pour ne pas qu’il soit jaloux ».

08/02/2008

Cherche la saint Valentin (suite)

« Papa, houhou, si tu dors toute l’après-midi tu ne sauras plus dormir ce soir ». « Gamin, tu parles comme un prophète ». « Papa, tu te rappelles de ma question ? ». « Gamin, si j’avais collectionné toutes tes questions, je serais le plus grand collectionneur du monde, hein. Arrête de te tortiller et pose moi la question ». « Papa ». « Hé, ho, tu n’es pas obligé de te mettre au garde-à-vous et de lever le doigt, hein ». « Papa, est-ce que je peux venir dormir ici le soir de la saint Valentin ? ». « Explique moi pourquoi ce jour là ». « Parce que maman va au restaurant ». « Ah bon. Elle a gagné le gros lot, elle s’offre le restaurant ? ». « Non, elle est invitée. Et comme elle sait que toi, tu ne sortiras certainement pas, elle m’a demandé de te ». « Stop. J’ai compris. Et les vieux, je veux dire Papy et Mamy, ils sortent aussi, peut-être ? ». « Oui, mais pas avec maman ». « Ah bon ! Mamy a été amputée des deux bras et elle ne sait plus cuisiner ? ». « C’est Papy. Il s’est disputé avec Mamy. Il doit se faire pardonner. Il m’a dit que des fleurs c’est con parce que ça ne se mange pas ». « Il aurait mieux fait de lui offrir un vibromasseur ». « Je vais le lui dire, papa ». « Gamin, tu n’as rien entendu, compris. Mamy n’a pas besoin d’un mixer, hein, un mixer, tu sais, un mixer pour faire la soupe. Elle en a déjà un ».

07/02/2008

Cherche la saint Valentin

« Papa, tu fais quoi à la Saint Valentin ? ». « C’est quand, ça ? ». « C’est mercredi prochain ». « Quoi ! Encore un congé pédagogique ? ». « Mais, papa, c’est pour le soir. Que fais-tu le soir ? ». « Gamin, le soir, je dors. Parce que le lendemain du soir je travaille. Alors, que ce soit saint Valentin, saint Glinglin ou sainte Nitouche qui a chatouille quand on la touche, je m’en fiche de chez contrefiche. Gamin, regarde-moi dans les yeux et dis-moi tout ». « C’est pas possible, papa, tu fixes des yeux la poêle où cuit la chipolata ». « Gamin, ne m’énerve pas, veux-tu. Je connais des papas qui ont de la chance : ils ont un gamin qui veut des steaks hachés. Hop, d’un côté, ça cuit, le temps d’aller faire pipi et hop, de l’autre côté, et c’est cuit. Si tu ne fixes pas mes yeux, fixe au moins la chipolata pour qu’elle arrête de se tortiller. Et toi aussi, arrête de te tortiller. J’ai l’impression que tu as avalé une dizaine de chewing gum. Tu es en caoutchouc ou quoi ? ». « Papa, je peux dormir ici le soir de la saint Valentin ? ». « Ecoute, nous allons manger, tu te surveilleras pendant que tu feras tes devoirs et, après ma sieste, tu me reposeras la question ». « Oui, papa ». « Gamin, à table ».

04/02/2008

Cherche à voir

« Allo, Gérard, j’ai un problème ». « C’est normal ». « Ah bon. Pourquoi ? ». « Chaque fois que tu me téléphones tu as un problème ». « Ah bon, heuuu. Gérard, j’ai un vrai problème ». « Vas y, je t’écoute ». « Ben, heuuu, je rangeais les affaires de Noël et le gamin a trouvé les pochoirs et les sproutch sproutch de neige en bombe pour dessiner sur les carreaux ». « Et alors ? ». « Il a fait des dessins ». « Mais c’est bien, ça. Au moins, lui, il a le sens artistique. « Heuuu, ah bon. Oui, je le reconnais, il y a un aspect positif. Mais je ne vois plus rien à la télé, l’écran est tout blanc ».

31/01/2008

Cherche les cucurbitacées

« Papa, c’est quoi une cucurbitacée. J’ai pas compris à l’école ». « Heuuu. Une cul cul bite assez ! Madame a dit ça ? ». « Oui, papa ». « Heuuu, et elle vous montre comment elle fait ? ». « Ben non, papa ». « Elle ne vous a pas parlé des betteraves et des bêtes raviers ? ». « Ben non, papa ». « Ah. Et des papillons qui papillonnent ? ». « Ben non, papa ». « Rien que des cucuteries, alors ? ». « Ben oui, papa ». « Elle a dit que le plus connu est Halloween ». « Je connais Al Capone mais pas l’autre type. Il fait quoi ? ». « De la soupe ». « Heuuu, gamin, tu ne peux pas rester ignorant des cucutrucs. Demain je vais demander à ta madame ».

16/01/2008

Cherche la galette des rois

« Gamin, gamin, viens vite, je t’ai apporté une galette des rois ». « Attends, papa, je termine mon jeu ». « Mais, gamin, viens vite, la galette des rois c’est la fête ». « Je sais, papa, ça fait dix jours que j’en mange chez papy et mamy et chez les tantes à maman ». « Ah bon ! Heuuu. Dix jours. Heuuu, as-tu eu la fève, gamin ? ». « Jamais, papa, c’était toujours des vieux sans dentier qui l’avaient. D’ailleurs j’ai décidé de ne plus jamais me laver les dents pour avoir un dentier ». « Gamin, tu es fou. Je te garantis que tu auras la fève si tu manges la galette en entier. Ma galette est spéciale ». « Elle a quoi comme spéciale, papa ? ». « Ben, heuuu, vu que l’épiphanie est passée depuis dix jours, j’ai reçu soixante pourcent de réduction ».

11/01/2008

Cherche la bonne méthode

« Gamin, aujourd’hui troisième tentative ». « J’ai compris, papa, on retourne une troisième fois chez tante Madeleine qui oublie à chaque fois tes étrennes de dix euros et les miennes de cinq euros. C’est ça, papa ? ». « Oui, gamin. Dans la vie il faut persévérer ». « Papa, j’ai une idée pour gagner du temps. On met des cagoules et je prends mon révolver à bouchon ». « Et un nain fractus, tu sais ce que c’est ? Paf. Pffff. Tante Madeleine qui se dégonfle. Et on fait quoi, nous ? ». « Ah ça, impossible de la regonfler, elle pique ». « J’ai une autre idée, gamin : nous allons prendre l’aspirateur ». « Pour lui aspirer les euros ou pour la regonfler ? ». « Gamin, as-tu remarqué ? C’est plein de poils de chat chez tante Madeleine. On va lui dire qu’on passait par hasard devant chez elle avec l’aspirateur et hop, j’aspire et nous recevons nos euros ». « Comme je te connais, papa, il va te falloir cinq heures. Tu en connais beaucoup, toi, des gens qui travaillent pour deux euros de l’heure ? ». « Heuuu ».

10/01/2008

Cherche tante Madeleine

« Bonjour, gamin. Tu es rentré de l’école ? ». « Devine, papa ». « Heuuu. N’enlève pas ton écharpe, nous retournons chez tante Madeleine ». « Ah non. Hier on y est resté trois heures ». « Il fallait bien attendre les euros, hein, gamin ». « On les a pas eu, papa ». « C’est pour ça qu’on y retourne. Elle a sûrement oublié ». « Dis, papa, tu crois que c’est rentable tous ces trajets pour dix euros. Moi je m’en fiche, je me laisse conduire, si je reçois mes cinq euros c’est du net, du net de chez net. Mais toi t’auras pas un plein pour dix euros, na ». « Heuuu ».

09/01/2008

Cherche mes étrennes

« Gamin ». « Oui, papa ». « Cette après-midi nous allons présenter nos vœux à tante Madeleine ». « Oh non, papa ». « Comment ça, oh non ? ». « Elle pique, papa ». « Heuuu. On dira que tu as froid, je te mettrai une écharpe autour des joues, tu ne l’enlèveras qu’après l’avoir embrassée. D’accord ? ». « Papa, on y reste longtemps ». « Non, hein. Le temps de recevoir, moi les dix euros habituels et toi les cinq euros ». « Papa, quand on repartira il faudra encore l’embrasser ? ». « Oui, gamin. Et aussi quand tu recevras tes cinq euros ». « Mais, papa, je vais passer une après-midi à la con à mettre et à enlever mon écharpe, tout ça pour un vieil hérisson piquant ». « Gamin, poli, hein. Je ne veux plus entendre ça, compris ». « Mais qu’est-ce que j’ai dit de mal, papa ». « Tu as dit après-midi à la con, gamin ».

08/01/2008

Cherche à ne pas élever des canards

« Papa, tu devrais nous faire du foie gras de canard, c’est délicieux, j’en ai eu chez Papy et Mamy ». « Mais tu es sot, gamin. L’appartement est trop petit. Tu vas les mettre où, hein, les canards ? Et cultiver des graines pour les nourrir. Tu crois que ça pousse sur la moquette, les graines ? Si on a un champ de maïs dans l’appartement on ne se verra plus. Et récolter les grains de maïs, hein ? Tu imagines faire entrer une moissonneuse et un tracteur dans l’ascenseur, hein ? Et la Commission européenne, tu y penses, les quotas. Dès que tu parles à un fermier, il te répond quota, quota. Et la baignoire, gamin, hein ? C’est jaloux des canards, ils vont bouffer ton canard en mousse. Oh, tu m’écoutes ». « J’ai faim, papa. Fais des raviolis ». « Ils réchauffent, gamin ».

07/01/2008

Cherche à ne pas m'étrangler

« Papa, à qui fais-tu des grimaces ? ». « Argueul, je n’aïe, je ne fais pas des grimaces, gamin, j’essaye de fermer le col de ma chemise. Je n’y arrive pas ». « Tu vas faire quoi, papa ? ». « Je vais m’étrangler, si ça continue ». « Si c’est pour un suicide, il y a plus facile ». « Gamin, arrêtes avec tes bêtises, on n’est pas à Cambrai, ici ». « C’est pourquoi, alors ? ». « Chef ». « Ah, tu deviens chef, papa. Tu as attrapé un gros cou ». « Non, gamin, c’est le chef qui nous offre un verre pour les fêtes ». « J’ai compris : en te serrant le cou, tu réduis l’entonnoir pour ne pas rentrer pompette comme l’année dernière ». « Heuuu ».

06/01/2008

Cherche comment il fait

« Papa, quand tu es garé dans la rue je reconnais tout de suite ta voiture ». « C’est bien ça, gamin. C’est parce qu’elle est plus haute, hein, ma Citroën Albert Lingo ». « Même quand il y en a dix dans la rue je reconnais la tienne ». « Tu reconnais la plaque d’immatriculation ? ». « Non. Tu es le seul garé de travers ». « Heuuu ».

01/01/2008

Cherche à dormir

« Ah oh ». « Allo, papa, bonne année, bonne santé ». « Heuuu, qui c’est ? ». « Papa, bonne année, bonne santé ». « Gnogna gnée gnonne chanté, gâââ, gamin. Pourquoi tu téléphones ? ». « Pour te souhaiter une bonne année, papa ». « Heuuu, déjà ? ». « Nous sommes en 2008, papa ». « Meuh non, meuh non, je n’ai pas fini, hips, ma boute, et meeerde, j’ai du m’endormir, heuuu, esse que ton pâââ, ton papy a enregistré les danseuses, sol do, ré fa mi ré sol sol, sol la mi fa ré ré, ré fa mi ré do, do si la sol fa mi ré do, do, ré fa mi ré sol sol ». « Je sais pas, papa, papy est parti bouder dans la chambre avec la télé au moment du gâteau ». « Pauvre gamin, t’as du rester avec ta mère et la vioque ». « Un gâteau au chocolat, papa ». « Et tu es déjà levé ? ». « Ben, papa, il est deux heures de l’après-midi ». « Heuuu. J’ai du manquer un épisode. Ah bon. Deux heures. Tu viens quand, gamin ? ». « Après les vacances scolaires, papa ». « Ah bon, allez, bonne nuit ».