13/02/2009

Cherche la signification du 14 février

« Allo ». « Heuuu, allo, bonjour madame ? ». « Alors, on se prépare ? ». « Heuuu, oui, je suppose. Je vais aller faire mes courses, c-à-d acheter du thon puisque le thon c’est du poisson et qu’on est vendredi et que Jésus, s’il était encastré entre un bœuf et un âne à sa naissance, a continué sa vie sous le signe du poisson qui se dit Pie Seize en romain. Le vendredi est donc le jour du poisson mais, vu que ce vendredi est un vendredi treize, je prendrai du thon en boîte, sans arêtes, parce que, me connaissant, si j’achète du thon, une darne de saumon ou du cœur de cabillaud frais un vendredi treize je vais revenir avec un stock de cure-dents qui ne sera pas fini quand je quitterai l’hospice les pieds devant ». « Je ne parle pas d’aujourd’hui, abruti, je parle de demain. Quel jour serons-nous demain ? ». « Facile, madame. Demain nous serons le quatorze, non ? ». « Oui mais, quelle est la spécificité du quatorze février ? ». « Facile, madame. Cette année le quatorze février est un samedi. C’est un jour spécial car c’est le jour du marché. Je serai prêt demain pour y aller. J’y vais quand le marché est fini, pour ramasser ce qui est par terre aux légumes et aux fleurs, surtout les fleurs séchées.  Je donne le tout à Kiki, sauf du chou. Kiki, c’est le hamster du gamin. Avec ça il pue moins de la gueule quand il pète ». « Je répète ma question, idiot : qu’a de spécial le quatorze février ». « Madame, vous m’avez appelé idiot, comme maman. Vous la connaissez ? ». « Fils d’imbécile, demain c’est la Saint Valentin. Y penses-tu ? ». « Horreur, je vous ai reconnu. Maman, c’est toi ? ». « Qui veux-tu qui pense à toi, idiot. Je te signale au passage que je ne suis pas encore une horreur ». « Heuuu, si, si, heuuu, non, non. Je voulais dire que les voix sont déformées avec mon téléphone ». « Tu es comme les chats, toi : on devrait leur couper les pattes avant de les jeter par la fenêtre. Quand est-ce que j’aurai une nouvelle belle-fille à enquiquiner ? ». « Maman, efface ce que tu as dit sur les chats, s’il te plait. Pense à mes amis qui aiment les animaux. Moi-même, si je n’ai que deux hamsters et un poisson rouge, c’est parce que j’habite au cinquième. Adieu, veaux, vaches, cochons, couvée. Ici, le marsupilami est en latex. Je ne me sers de sa queue pour me déboucher le nez et les oreilles. Me comprends-tu, maman ? ». « Demain, idiot, tu vas à la pèche, compris. Tu sors en boîte, comme on dit maintenant et tu m’en trouves une qui a un travail stable, pas trop jolie parce que tu vas te le faire piquer, qui se plante la queue du marsupilami et le reste où elle veut et qui a l’esprit de famille pour accepter qu’une belle-mère vienne habiter chez elle parce qu’elle se fait vieille. Compris ». « Heuuu ». « Je te sens dubitatif ». « Tu sais, maman, je ne me suis jamais rasé à cet endroit là. Mais je vais suivre ton conseil sur les boîtes. Deux boîtes, ce sera encore mieux ». « Demain soir : au rapport. J’attends son coup de fil qui m’invite chez toi ». « Oui, maman. Au revoir, maman. Le bonjour à ton amie Lucienne. Je te quitte parce que j’ai pipi caca et ça urge ».     

14/02/2008

Cherche la bonne saint Valentin

« Papa ». « Gamin, je suis occupé ». « Tu fais quoi, papa ? ». « J’écris, gamin ». « Tu écris à qui, papa ? ». « J’écris sur mon blog, gamin ». « Tu écris quoi, papa ». « J’écris bonne fête, gamin ». « Tu écris bonne fête à qui, papa ? ». « A ceux qui fêtent la saint Valentin, gamin ». C’est qui, papa, ceux qui fêtent la saint Valentin ? ». « Beaucoup de monde, gamin ». « Oui mais c’est qui, papa ? ». « Ben, heuuu, les marchands de fleurs, les vendeurs de bijoux en toc, les tenanciers de friteries et de restaurants à bougie, les fabricants de parfum, les gérants de magasins de lingerie. Tu vois, gamin, c’est leur fête ». « Et tu leur dit quoi, papa ? ». « Ben, heuuu, j’écris Bonne fête à vous, marchands de fleurs, vendeurs de bijoux en toc, tenanciers de friteries et de restaurants à bougie, fabricants de parfum, gérants de magasins de lingerie ». « Et ça te sert à quoi, papa ? ». « Ben, heuuu, ça me défoule, gamin ».

09/02/2008

Cherche à occuper la saint Valentin

« Papa, c’est vrai, je peux venir dormir chez toi le soir de la saint Valentin pendant que maman est au restaurant ? ». « Gamin, sache que c’est uniquement parce que ce restaurant ne propose pas de menu enfant ». « Maman, elle, elle m’a dit que c’est parce qu’il n’y a que des tables de deux personnes ». « Heuuu. Ah bon ». « Ben oui ». « Tiens, tiens, des tables de deux personnes ». « Ben oui ». « Il faut être deux, alors ? ». « Ben, oui ». « Heuuu, ta maman, elle est deux ? ». « Ben, oui ». « Avec un chômeur, je suppose. Ou avec un nègre, ou un flamand, ou un estropié du Vietnam, ou un rital mafieux, ou un baraki de Charleroi, ou un voyou de la bande de Gaza ou un ancien ministre de la Défense Nationale ». « Papa, arrête, tu vas t’étrangler pour rien ». « Tu sais quoi, gamin ? ». « Non, papa ». « Le soir de la saint Valentin nous ferons deux tables de deux, une pour nous deux et une pour Kiki et Pipette, les hamsters ». « Et Maurice, Papa ? ». « Maurice, le poisson rouge ? ». « Ben, oui ». « Heuuu, on mettra son bocal dans la salle de bain, pour ne pas qu’il soit jaloux ».

08/02/2008

Cherche la saint Valentin (suite)

« Papa, houhou, si tu dors toute l’après-midi tu ne sauras plus dormir ce soir ». « Gamin, tu parles comme un prophète ». « Papa, tu te rappelles de ma question ? ». « Gamin, si j’avais collectionné toutes tes questions, je serais le plus grand collectionneur du monde, hein. Arrête de te tortiller et pose moi la question ». « Papa ». « Hé, ho, tu n’es pas obligé de te mettre au garde-à-vous et de lever le doigt, hein ». « Papa, est-ce que je peux venir dormir ici le soir de la saint Valentin ? ». « Explique moi pourquoi ce jour là ». « Parce que maman va au restaurant ». « Ah bon. Elle a gagné le gros lot, elle s’offre le restaurant ? ». « Non, elle est invitée. Et comme elle sait que toi, tu ne sortiras certainement pas, elle m’a demandé de te ». « Stop. J’ai compris. Et les vieux, je veux dire Papy et Mamy, ils sortent aussi, peut-être ? ». « Oui, mais pas avec maman ». « Ah bon ! Mamy a été amputée des deux bras et elle ne sait plus cuisiner ? ». « C’est Papy. Il s’est disputé avec Mamy. Il doit se faire pardonner. Il m’a dit que des fleurs c’est con parce que ça ne se mange pas ». « Il aurait mieux fait de lui offrir un vibromasseur ». « Je vais le lui dire, papa ». « Gamin, tu n’as rien entendu, compris. Mamy n’a pas besoin d’un mixer, hein, un mixer, tu sais, un mixer pour faire la soupe. Elle en a déjà un ».

07/02/2008

Cherche la saint Valentin

« Papa, tu fais quoi à la Saint Valentin ? ». « C’est quand, ça ? ». « C’est mercredi prochain ». « Quoi ! Encore un congé pédagogique ? ». « Mais, papa, c’est pour le soir. Que fais-tu le soir ? ». « Gamin, le soir, je dors. Parce que le lendemain du soir je travaille. Alors, que ce soit saint Valentin, saint Glinglin ou sainte Nitouche qui a chatouille quand on la touche, je m’en fiche de chez contrefiche. Gamin, regarde-moi dans les yeux et dis-moi tout ». « C’est pas possible, papa, tu fixes des yeux la poêle où cuit la chipolata ». « Gamin, ne m’énerve pas, veux-tu. Je connais des papas qui ont de la chance : ils ont un gamin qui veut des steaks hachés. Hop, d’un côté, ça cuit, le temps d’aller faire pipi et hop, de l’autre côté, et c’est cuit. Si tu ne fixes pas mes yeux, fixe au moins la chipolata pour qu’elle arrête de se tortiller. Et toi aussi, arrête de te tortiller. J’ai l’impression que tu as avalé une dizaine de chewing gum. Tu es en caoutchouc ou quoi ? ». « Papa, je peux dormir ici le soir de la saint Valentin ? ». « Ecoute, nous allons manger, tu te surveilleras pendant que tu feras tes devoirs et, après ma sieste, tu me reposeras la question ». « Oui, papa ». « Gamin, à table ».