05/12/2009

Cherche à oublier ma peur

Horreur. Quand je suis rentré du boulot le gamin était déjà là. " Papa, papa, viens voir, j'ai mis la chorale pour Noël ". " La chorale ? ", lui dis-je, d'un air interrogatif et anxieux. " La chorale à cheval, papa ". " Ah non, hein, gamin, et qui va devoir nourrir les chevaux " lui dis-je depuis les toilettes où je soulageais un besoin pressant. " Et les voisins d'en dessous, ceux du quatrième, hein, gamin, tu y as pensé aux voisins du quatrième, quand ils vont entendre tagaflop, tagaflop. Et le crottin, hein ? Je veux bien le balancer une fois depuis le balcon du cinquième mais, tous les jours jusque Noël, jamais. Sais-tu, gamin, que le cheval hennit, et, hennit soit qui mal y panse, je me vois mal panser des chevaux ". " Papa, ce sont de petits chevaux de bois ". " Ah bon, des chevaux de bois. Attends, gamin, j'arrive mais cette saloperie de merde de tirette de braguette est coincée dans mes poils et, aïe, je n'arrive pas à me, aïe, décoincer ". " Ciseaux, papa ". "Merci, gamin. Ouf ". " Papa, viens voir la chorale à cheval ". " Oh, gamin, que c'est beau ".

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23/05/2009

Cherche à libérer mon bras

« Aïe ». « Vous avez mal quand je pousse là ? ». « Aïe, non non, docteur, aïe ». « Vous êtes plutôt intellectuel ou plutôt manuel ? ». « Vous êtes bien curieux pour un orthodontiste, docteur ». « Orthopédiste ». « Ah bon, excusez-moi, docteur, je croyais que les orthopédistes c’était pour les pieds ». « Je m’occupe aussi des pieds, quand il faut choisir un plâtre de marche, par exemple ». « Ah non, hein, docteur, vous n’allez pas me mettre un plâtre de marche alors que vous venez de retirer celui de mon bras ». « Pour mon diagnostic j’ai besoin de savoir si vous êtes plutôt intellectuel ou manuel ». « Un peu les deux, docteur. Ma spécialité ce sont les raviolis. Tant que vous y êtes, dans les diagnostics, docteur, selon vous, ce sera Anderlecht ou le Standard qui sera champion ? Je dois parier avec un copain ». « Pratiquez-vous un sport ? ». « Je suis croyant pas pratiquant, docteur, dans tous les sports ». « Bon. Et du bricolage ? Des gestes violents ? ». « Heuuu. Ah oui, ça m’arrive ». « Je pense qu’il vaut mieux que vous portiez une orthèse maintenant le pouce et le poignet ». « Une hortèse, docteur, qu’est-ce donc ? C’est lourd à porter ? ». « Disons que c’est un plâtre amovible, en tissus élastique, contenant des plaques en acier, qui maintiendra votre poignet et votre pouce quand vous travaillerez manuellement ». « Amovible ! Heuuu, ça sa visse et ça se dévisse ? C’est une jambe de bois pour le bras ? ». « Vous verrez, c’est léger, ça s’attache avec du velcro ». « Ah bon, après le velpo le velcro. Docteur, et le vélo, c’est pour quand ? ». « Ah, vous faites du vélo ? ». « Du vélo d’appartement, docteur, pour avoir des cuisses fermes qui retarderont l’action des vers quand on m’enterrera. Un jour je l’ai descendu difficilement du cinquième par l’ascenseur pour circuler dans la rue mais il n’avançait pas. Des voisins m’ont dit que c’était normal parce qu’il n’a pas de roue. Vous comprenez ça, vous, docteur, un vélo qui n’avance pas ? ». « C’est comme vous ». « Ah bon ! »

09/11/2008

Tûûût 28 Cherche à mieux entendre

« Allo ? ». « Allo ». « Allo, je ne vous entend pas très bien ». « Moi non plus, monsieur, on dirait que vous parlez dans un mouchoir ». « Heuuu, non, non. Avez-vous un annuaire téléphonique, vous savez, c’est le gros bouquin où il y a les noms des abonnés ». « Dites, ça va, oui ? Je sais très bien ce que c’est. Que voulez-vous faire ? ». « Allez le chercher ». « Un instant, je le cherche, vous savez, ici, c’est ma femme qui range tout alors je ne retrouve plus rien ». « Oulala, j’ai entendu un bruit de casse chez vous ». « Aïe, aïe, aïe, c’est un vase, je vais encore me faire enguirlander quand elle rentrera. C’est à cause du fil, je dépose le cornet ». « Alors, ça y est ». « Voilà, voilà, je l’ai. Je fais quoi, maintenant ? ». « Mettez le par terre et montez dessus ». « C’est stupide ». « Mais non, mais non. Vous êtes monté dessus ? ». « Oui. Je fais quoi, maintenant ? ». « Maintenant vous pouvez parler plus haut ». « Petit con. Un vase pour ça. Elle ne me croira jamais. Espèce d’enfoiré ». « Dites, vous êtes toujours debout sur l’annuaire ? ». « Oui. Pourquoi ? ». « Parce que, maintenant, je vous entend très bien ». Tûûût, tûûût, tûûût.

04/08/2008

Cherche à vendre un sol en béton

Suite à mon annonce d’hier, dans laquelle je vendais un plafond de cave pour en construire un nouveau plus haut, d’autres locataires m’ont fait remarquer que si je rehaussais le plafond de ma cave je devrai rehausser à mes frais le plafond de la moitié de la cuisine des Duval qui ont leur appartement au rez-de-chaussée pour qu’ils gardent le même volume d’oxygène dans cette dernière, et ce, vu que le plafond de ma cave et la moitié du sol de la cuisine des Duval sont une seule et même personne. J’avoue que je n’y avais pas pensé mais j’ai vite compris. C’est déjà un bon point. Chemin faisant, je me suis dit : au dessus des Duval il y a les Garnier. D’accord, on ne se parle pas mais je vais être obligé de le faire avant d’aller chez eux pour rehausser la moitié du sol de leur cuisine. Et hop, un nouveau bon point. Nouvelle réflexion : par quel hasard la cuisine des Garnier est-elle juste au-dessus de celle des Duval alors que la cuisine des Duval est au dessus de deux caves ? Nouvelle idée, nouveau bon point. Allons vérifier au deuxième étage, des nouveaux que je ne connais pas. Driiing. Crîîîk. - Bonjour monsieur. - Dites, il faudra mettre de l’huile à la porte d’entrée, hein. - Oui, oui, monsieur ; vous êtes de l’immeuble ? - Bien sûr ; figurez-vous que quand vous marchez dans votre cuisine vous marchez sur ma cave. - Et vous entendez le bruit de la porte d’entrée depuis votre cave ? – Heuuu ; je suis venu vous dire que j’allais rehausser la moitié du sol et la moitié du plafond de votre cuisine que j’aperçois et qui, je m’en doutais, est au dessus de celle des Garnier – Nous sommes locataires, monsieur. Voici une carte avec les coordonnées du propriétaire – Ver luisant ? – Ici, ça se prononce Verluysen, monsieur. Ce jeu de mots est connu depuis Arthur Masson – Il habite à quel étage, celui-là ? – Et que voulez-vous faire dans la cuisine – Vous êtes locataire, ça ne vous regarde pas. Et hop, encore un bon point. – Mais nous aimons bien la couleur des murs. Que nous reprochez-vous ? – Vous écrasez ma cave. Pas le temps de vous expliquer, je file au troisième. Driiing. Bézour, Biloudionné – Et merde, je suis chez Gonsalez, le portugais du troisième – Qué vous voulvoul ? – Cher Gonsalez, bonne nouvelle, vous aurez bientôt deux cuisines, enfin, deux demi-cuisines mais, et c’est là l’innovation architectronique, sur deux niveaux. Vous êtes content, si si, ne dites rien, vous êtes content, au revoir. Je me débrouille comme un dieu, je m’ajoute un bon point. Qui donc est-ce au quatrième ? Ding dong. – Nous avons déjà donné – Mais ouvrez, bon sang – Nous avons déjà donné – Ding dong bom bom bom aïe – Nous avons déjà donné – Je viens pour la cuisine – Nous avons déjà donné – Bande de cons – Nous avons déjà donné. Je garde mon sang froid et je m’octroie un bon point supplémentaire. Hop, étage suivant. Driiing, bom bom bom, je m’en fiche si vous avez donné, si vous êtes constipé ou vaporisant, ouvrez mil d’ju d’bouc. Sortez, je vous ai reconnu. Crîk. – Papa ! – Chez qui es-tu, gamin ? – Ben, chez nous papa, au cinquième – Heuuu.

11/01/2007

Cherche à donner des fleurs

« Chère petite madame, ces fleurs sont pour vous ». « Mais vous êtes fou, grand sot. Et c’est en l’honneur de quel saint ? ». « Des deux, madame, des deux ». Paf. Aïe.

19/12/2006

Cherche un bon cachet

"Papa, papa, il est passé". "Aaaah, ma tête. Arrête de crier, gamin". "Mais, papa, papa, il est passé". "Du calme, gamin, de qui tu parles". "Du Père Noël, il est passé". "Pas si fort, gamin, j'ai mal au crâne". "Mais il est passé, je te dis". "Pas possible, je te dis"."Mais si, papa, les trois grandes bouteilles de vin de Noël sont vides". "Aïe, aïe, aïe, ma tête, maintenant, je me rappelle". "Quoi, papa, tu l'as vu". "Non, non, mais avant de donner à boire au Père Noël, j'ai voulu tester, tu sais, comme des associations de consommateurs qui testent des produits". "Tu as testé le vin de Noël ?". "Aïe, oui". "Et alors, papa ?". "Il donne mal à la tête".

28/11/2006

Cherche mousse anti-bruit

Je n'aurais pas du le faire mais je l'ai fait, c'est con, hein. J'ai acheté un trampoline d'occasion. Pour mettre dans l'appartement, au cinquième étage, c'est con, hein. Un appartement, c'est bas de plafond. Un trampoline, on ne peut pas le poser par terre, il faut mettre les pieds, pour pouvoir faire dzoiiing dzoiiing. Oui mais, il reste à peine vingt centimètres entre ma tête et le plafond, c'est con, hein. Donc, je me cogne. Je n'ai pas de casque, j'ai essayé de sauter avec une casserole mais ça résonne, j'entends des cuicui dans ma tête. Bing, aïe, cuicui, bing, aïe, cuicui, bing, aïe, cuicui. Alors, j'ai enfilé tous mes slips sur ma tête, pour faire amortisseur. J'ai l'air d'un derrière de bébé avec quatre pampers. Je m'en fiche, c'est pour le sport. Mon problème, c'est qu'au dessus du cinquième étage, il y a le sixième. Chez eux, ça fait boum, boum, boum. Je cherche de la mousse antibruit, à coller au plafond.

20/10/2006

Cherche à payer l'essence (suite 1)

"Bonjour, madame, c'est la pompe quatre". "53 euros 69. Attention, Bancontact Mister Casch est en panne". "Ah, ah ah, ah ah ah, et je paie comment, hé, hé ?". "Uniquement en liquide, monsieur". "Ah, ah ah, ah ah ah, excuseeez-moi c'est nerveux. C'est parce que le seul liquide que j'ai c'est l'essence dans mon réservoir". "Monsieur, vous me devez 53 euros 69". "Ah, ah ah, ah ah ah, oh, hé hé, pour le 69 on peut s'arranger mais pour le 53, je ne connais pas. Demandez un dépanneur de Mister Flache". "C'est fait, monsieur". "Et bien, j'attend, hé hé". "Il sera là demain. Et arrètez d'imiter Daerden, ça m'énerve". "Haaa, hé, hé, hooo, je vais faire comme le gamin. Lui, il fait vacances à la neige, vacances à la ferme, vacances à la mer. J'ai vu que dans votre superette il y a de quoi prendre un copieux petit déjeuner. Je vais faire vacances à la station service. Avez-vous des chambres ?". "Des chambres, vous êtes fou !". "Hé, hooo, pas des des chambres à air, hé hé hé, des chambres pour dormir". "Monsieur, vous me devez 53 euros 69". "Mais vous êtes une têtue, vous, hé hé. Je plains monsieur". "Il n'y a pas de monsieur dans ma vie". "Ca ne m'étonne pas. Et bien, vous allez en avoir un, pour une nuit, dans votre garage. Dites-moi simplement où sont les toilettes et où je peux trouver un tire-bouchon".

 

(suite 1) "Dites, il est bon ce vin ?". "Monsieur, c'est du vin à 4 euros, je n'en bois jamais". "Moi oui, j'en prends quatre bouteilles, comme ça j'aurai du liquide, hé hé hééé". "Grosse bièsse". "Hé, mais vous faites de l'humour maintenant, la pompiste. Hé, hé hé, dites, une pompiste, ça fait des   ". "Salaud".  Paf. "Aïe". "Vous me devez 69 euros 69, cochon". "Hé hé hé, je vous jure que je ne l'ai pas fait exprès. Le vin, c'est pour ma soirée, en attendant le dépanneur de Mister Flache". "Monsieur, c'est impossible de dormir ici, payez-moi et partez". "Tuut tuut tuut, pas possible, je n'ai pas de liquide. A propos de liquide, où sont les toilettes ?".