03/08/2009

Récit d'un ketchup 8

« Monsieur, arrêtez de tripoter les commandes du lit, vous n’êtes pas à la foire ici, vous êtes dans une clinique ». « Vroum, vroum, vrouuum ». « Monsieur, je vais devoir vous lier si vous continuez ». « Vroum, vroum, attention la piétonne en blanc, je démarre, tutûûût ». « Monsieur, ne bougez pas, je vais aller chercher un calmant ». « Appelez les flics tant que vous y êtes, on va faire un constat. Voulez vous desserrer le frein à main, s’il vous plaît, je n’y arrive pas ». « Monsieur, lâchez ça, c’est l’arrivée d’oxygène ». « Merci, je me demandais d’où venait le pschipschiiit, je pensais à une crevaison. Ce serait bête, hein, si près de l’arrivée ». « Une fois pour toutes, monsieur, arrêtez avec le lit. Non, vous n’arriverez pas à faire un looping ni l’effet papillon (*) ». « Excusez-moi, madame, mais je suis tellement excité devant tant de technologie. Dans ma Citroën Albert Lingo, je n’ai que avant-arrière et l’inclinaison du dossier ».

(*) L'effet papillon, c'est faire monter et descendre, très vite et simultanément, la tête et le pied du lit.

24/11/2008

Cherche un moule à boule

J’ai ramené plein de neige fraîche dans ma Citroën Albert Lingo. Pour la garder au frais, j’avais laissé les huit centimètres de neige sur le capot et sur le toit. Par contre je n’ai pas su ouvrir un seul carreau pour rafraîchir l’intérieur. A cause de la glace. J’ai du ne pas trop respirer parce que l’haleine ça tient chaud. Ni rouler trop vite puisque je n’avais qu’un cercle de connaissance visuelle dans le pare-brise vu la réticence des balais à balayer. Cercle du à mon sens de la débrouillardise et à un sèche-cheveux qui, par ailleurs, m’a suivi dans mon périple, bien installé dans la neige du toit. Si je roulais trop vite je perdais à la fois une partie du précieux chargement sur le capot et la totalité de ma visibilité. J’ai eu une moyenne exécrable, pire que lorsque j’étais à l’école. Le principal est fait, je suis prêt pour lancer des boules de neige depuis le cinquième étage vers les cinquième, quatrième et troisième étages des immeubles d’en face. Plus bas c’est du gaspillage, la boule peut venir d’en bas. A partir du troisième, on se pose des questions. Pas moi, ceux d’en face. Pour améliorer ma rentabilité je cherche un moule à boule.  

27/08/2008

Cherche à bien rentrer - 4

Cette fois, rentrer veut dire rentrer dans un garage. J’ai pris une option pour la location d’un garage vu que la Citroën Albert Lingo que je possède possède, elle, un côté latéral sans griffe, sans trou, sans bosse. Elle a donc de beaux restes qu’il faut préserver. Si je la revends, c’est ce côté que je publierai en photo sur internet.  Petits malins, vous l’avez deviné, c’est le côté du côté de la rue puisque de l’autre il y a le trottoir et ses poteaux et que, à l’avant et à l’arrière, il y a d’autres véhicules quand je me parque.  J’ai essayé le garage. D’abord en marche avant. Ma chance, j’avais ouvert la porte du garage . Mais, pas de bol, une fois dedans je n’arrivais plus à ouvrir celle de mon véhicule. Le mur était trop près. En sortant mon véhicule j’ai failli écraser une usine à crottes. Tant pis si je me fâche avec les toutouistes. J’ai ensuite essayé de rentrer mon véhicule en marche arrière. Une demi-heure. Un embouteillage monstre. « Roucoule, roucoule » criait Lindadi Souza, la femme de Gonzales, le droite. Mais, quand tu roucoules, la gauche est à droite et la droite est à gauche quand tu t’assieds à genoux sur ton siège pour voir ton cul. Le cul de la voiture, bien sûr, parce que le tien, il est toujours derrière toi, quoiqu’il arrive. « Lindadi, ta gueule, je ne vais pas y arriver tout seul, alors, si tu m’aides, ça va être pire ». J’y suis arrivé, un conducteur de bus qui s’énervait dans la file ayant pris le volant. Qui peut le plus peut le moins ou, comme disait ma grand-mère, on dit bien basse messe dans une grande église quand elle avait utilisé une immense casserole pour faire sa sauce lapin. Le conducteur de bus a su faire entrer mon auto. Moi, je m’étais caché dans le coffre. C’est quand il a dit « Nom di dju di nom di dju » que j’ai compris qu’il y avait un problème. Le même que lorsque j’étais entré en marche avant. Trop étroit. Un garage fait pour des japonaises. Tant pis si je me fâche avec ceux qui ne roulent pas européen. Mais c’est petit, des japonais. On en mettrait six sur les cuisses sièges avant d’une allemande. Dix-huit dans mon Albert Lingo, coffre compris. Alors que j’étais toujours dans le coffre en train de faire coucou aux badauds, le conducteur de bus a sorti la voiture, en marche avant, ce qui est logique puisqu’il était entré en marche arrière. Je dis ça pour ceux qui n’ont pas suivi depuis le début. Je me suis retrouvé dans la rue. Sans place de parking à cause du retour des vacanciers. Et bien non, je ne louerai pas ce garage.

02/02/2008

Tûûût 02 Cherche le chef des rayons

« Allo, le supermarché ? ». « Oui, monsieur ». « Passez-moi le chef des rayons ». « Quel rayon, monsieur ? ». « Pas le rayon, le chef des rayons, le chef, comme chef de gare mais ici, c’est le chef des rayons que je cherche ». « Le chef de quel rayon, monsieur ». « Rogntudju. Je vais être précis : le chef des rayons voilés, rayons voilés comme les rayons de soleil cachés derrière un voile de fine pluie qui m’empêche d’aller jusque chez vous parce que je n’aime pas me mouiller. Il me semble que vous non plus vous n’aimez pas vous mouiller. Passez-moi le chef des rayons ou j’attrape une extinction de voix ». « Calmez-vous, monsieur, reprenons depuis le début ». « Depuis le début je demande le chef des rayons ». « Jusque là, nous sommes bien d’accord. C’est après ». « Après, j’attends ». « Bon. Décrivez-moi le problème ». « C’est simple : avec ma Citroën Albert Lingo j’ai reculé sur le vélo du gamin et j’ai voilé les rayons de la roue arrière ». Tûûût, tûûût, tûûût.  

06/01/2008

Cherche comment il fait

« Papa, quand tu es garé dans la rue je reconnais tout de suite ta voiture ». « C’est bien ça, gamin. C’est parce qu’elle est plus haute, hein, ma Citroën Albert Lingo ». « Même quand il y en a dix dans la rue je reconnais la tienne ». « Tu reconnais la plaque d’immatriculation ? ». « Non. Tu es le seul garé de travers ». « Heuuu ».

28/11/2007

Cherche la bonne chanson

« Mon chéri ». « Oui, mon amour ». « Tu me le fais ». « Ho, comment résister ». « Oh oui, oh oui, oh oui ». « Ce n’est qu’un début, c’est le premier épisode, attends la suite ». « J’attends. Hé, ho, j’attends, je te dis ». « Pas de problème, j’ai bien compris, problème technique, petit besoin urgent, faut que j’aille pisser ». « J’ai tout entendu, tu as décapsulé une bouteille de bière ». « Heuuu, je fais le plein, c’est comme pour la Citroën Albert Lingo. Allez, mets-y du tien, chante avec moi : et glou et glou et glou, il est des nôôôtres, et gnagnagna, merde, je ne connais plus les paroles, ôôô-ôtres ». « Bonne nuit quand même ». « Heuuu ».