09/06/2008

Cherche à faire du vélo

« Bonjour, Gérard, c’est gentil de passer me voir. Tu sais, j’avais reconnu ton coup de sonnette, il n’y a que toi qui sonne chez moi ». « Salut. Hé, mais dis donc, tu te lance dans l’art nouveau ? ». « Où ça ? ». « Ben, là, les deux manches de brosses surmontées de casques de coiffeuse pour pygmées ». « Non, hein, Gérard, ce n’est pas de l’art, c’est du génie, le mien. Sais-tu combien ça coûte des genouillères pour aller à vélo ? ». « Non ». « Moi non plus mais celles-ci sont gratuites, à part l’achat de deux manches de brosse, d’un pot de peinture et d’un pinceau ». « Et où est le vélo ? ». « Gérard, lève-toi, viens voir, assieds-toi. ». « Si j’approche mon siège, ça va aussi ? ». « Regarde, Gérard, les deux gros radis rouges ce sont deux ballons de football crevés que j’ai trouvés au parc, que j’ai découpés pour qu’ils s’adaptent à mes genoux et que j’ai peint en rouge, histoire d’être vu dans la circulation ». « Et quand tu te mets debout, ils font quoi tes radis ? ». « Gérard, voyons, le vélo, ça se pratique assis, non. Je ne suis pas au régime sans selle ». « Pédale un peu, pour voir ». « Et merde, les genouillères fichent le camp comme les escarpins d’une ballerine en collant quand elle pète ».