20/08/2010

Cherche à rassurer Robert

« Salut Robert, ton séjour en milieu hospitalier se passe bien ? ». « Excellent ». « Robert, on t’a bourré de neuropsychoantidépresseurs ou quoi ? C’est la première fois que je te vois et que tu as le moral qui a quitté le zéro ». « Je dis ça pour que tu ne me poses pas de questions à la con ». « Heuuu. Ah bon. A propos, Robert, la soupe ce midi, elle était bonne ? ». « A la carotte. Je te l’ai déjà dit, ici c’est tous les jours la soupe au légume de saison. C’est moins cher ». « Robert, tu es un veinard. Pense à ceux qui sont hospitalisés à la saison des betteraves rouges. C’est dégueu la soupe à la betterave rouge ». « Et au bureau, comment ça se passe ? ». « Très bien, Robert. Personne ne s’est aperçu que tu n’es pas là. Le chef pense à supprimer ton poste de travail mais, jure-le moi, ne dis rien, c’est un secret, je ne peux pas te le dire. A propos, tu as reçu d’autres visites de collègues ? ». « Personne ».  « Un coup de fil ? ». « Rien ». « Une carte de condoléances ? ». « Aucune ». « Tu vois, Robert, la vie est belle. Il n’y a que moi qui viens te voir ». « Je sais. Je sais aussi que c’est pour manger mon repas du soir ». « Heuuu ».

19/10/2008

Cherche le carabibi

A Soignies c’est la Simpélourd de samedi jusque mardi. Hier ce fut le cortège nocturne (voir le post d’hier) avec, en finale, le lancer de carabibis par Simpélourd. Je suppose que le wikipediâtre et gougueule sont muets sur ce délice car vous êtres nombreux (deux) à me demander quoi qu’est-ce. Il suffit d’en manger un et on a tout compris. Comme je n’ai pas de fax, il m’est difficile d’en envoyer. Disons que ça a la forme d’une babelutte (Verdonck, Furnes). Qu’est-ce qu’une babelutte ? Disons que ça se suce, que c’est long de +/- trois centimètres et que c’est de section carrée. Mesdames, oubliez vos illusions. Le mot « babelutte » vient bien du néerlandais « babbelen » (bavarder) et le « utte » final signifie « uit » (la fin). La fin de la conversation. Ce qui veut dire en traduction littérale : « bavarder terminé ». Car quand on suce une babelutte, il est impossible de parler. C’est donc une friandise, un bonbon, un caramel au goût délicieux de cassonade. Stop, diront les français(e)s, c’est quoi cassonade. Pauvres français, vous ne connaissez pas la cassonade. Pourtant, à côté de votre sucre brun, c’est incomparable. Disons que le sucre brun est du sucre de canne non épuré, donc plein de bonnes choses. La cassonade, c’est la même chose mais à base de sucre de betterave, la betterave sucrière, pas les bouboules rouges qu’on vend au supermarché pour en faire des cubes à mettre dans la salade. Mais, il existe une autre différence, énorme. Le sucre brun de canne est constitué d’une multitude de saloperies de minuscules billes qu’il est impossible de maintenir sur sa crêpe quand on la roule. La cassonade, elle, elle tient, surtout si on a plafonné une couche de beurre entre la crêpe et elle. Compris ? Sachez qu’en France il est possible d’en trouver sous la dénomination sucre roux. Continuons. La betterave, c’est quoi ? Non, hein. On arrête dans l’arbre généalogique du carabibi. Résumons : betterave sucrière, sucre brun non épuré, beurre, laisser caraméliser, laisser refroidir, déguster. Les vrais carabibis ne sont disponibles que dans les meilleures pâtisseries de Soignies. Plus foncés que les babeluttes, plus fins, plus onctueux, plus péché de gourmandise. Ce n’est pas le prix du caviar mais ce n’est pas donné. Lors du cortège nocturne de la Simpélourd, la demi-tonne de carabibis distribués au long des rues parcourues sont de fabrication industrielle et sont en fait des caramels emballés individuellement dans un papier imprimé en vert sur blanc « Simpélourd Soignies ». Le plaisir vient d’essayer de les attraper au vol ou d’être le premier à plonger sur ceux qui ont survolé les têtes des spectateurs.

31/01/2008

Cherche les cucurbitacées

« Papa, c’est quoi une cucurbitacée. J’ai pas compris à l’école ». « Heuuu. Une cul cul bite assez ! Madame a dit ça ? ». « Oui, papa ». « Heuuu, et elle vous montre comment elle fait ? ». « Ben non, papa ». « Elle ne vous a pas parlé des betteraves et des bêtes raviers ? ». « Ben non, papa ». « Ah. Et des papillons qui papillonnent ? ». « Ben non, papa ». « Rien que des cucuteries, alors ? ». « Ben oui, papa ». « Elle a dit que le plus connu est Halloween ». « Je connais Al Capone mais pas l’autre type. Il fait quoi ? ». « De la soupe ». « Heuuu, gamin, tu ne peux pas rester ignorant des cucutrucs. Demain je vais demander à ta madame ».