13/08/2009

Cherche une monoplace

Bonjour. Je vis seul. Triste. Au cinquième étage avec une voisine de palier invivable. Je vis de raviolis en boîte quand j'arrive à ouvrir la boîte. Le gamin vient me voir quand je lui dis au téléphone que j'ai acheté des bonbons; Les chauffeurs de bus font grêve pour un oui pour un non, quels fainéants. L'ascenseur ne s'arrête plus au cinquième et je dois aller jusqu'au sixième et descendre un étage dans les escaliers avec le caddy du supermaché. A chaque marche je perds des marchandises : les oeufs, les tomates, le ketchup,et je roule dessus. C'est horrible. Il y en a plein les murs. J'ai tout nié quand la police scientifique est venue pour identifier les corps. Quels cons, ils cherchaient le rhésus du ketchup. Egalité avec les conducteurs de bus wallons. On devrait engager des polonais. Eux, ils travaillent. La porte de mon four à micro-ondes ne ferme plus. C'est pas bon des raviolis froids. Même avec du fromage râpé. Quand c'est râpé c'est comme quand le gamin attend son bus pour aller à l'école et que les cons font grêve. Vivement les polonais, ou les croates, ou les sénégalais pour être dignes de conduire nos bus. La dignité et le respect des autres, c'est important. Il y an a qui l'ignore, honte, ce sont des belges. J'espère que les conducteurs de bus belges ont de l'humour parce que je dois prendre le bus tous les jours pour aller à la gare prendre le train, puis le métro, puis la marche à pied. Quelle vie de con. Il me faut autant de temps pour aller au boulot et en revenir, quand il y des bus, que pour faire semblant de travailler au bureau. Marre, j'en ai marre, je m'achète une monoplace. J'en ai déchiné une sur internet. J'ai besoin de conseils. A votre avis, est-ce une bonne affaire .   

Film1 115 - Copie

27/05/2009

Cherche à prendre mon pied

Hier j’ai pris mon pied. Dans une souche d’arbre en allant vider ma vessie près d’une route. Pendant que j’admirais de près le sol wallon jonché de canettes, d’emballages vides ayant contenu des bonbons ou des barres chocolatées, de sacs pleins dont on pouvait dire à l’odeur qu’ils ne dataient pas d’hier, je me suis dit : « Toi, tu viens de prendre ton pied ». A quoi je me répondis : « Pourquoi donc ne prendre qu’un seul pied ? Le plaisir serait-il réservé aux unijambistes ? Pendant qu’une herbe folle agitée par un petit vent, pas de moi, hein, le vent, me taquinait la narine gauche, je pensais au cul-de-jatte qui ne prend jamais son pied et qui ne trouve jamais la bonne pointure dans un magasin de chaussures. Que dire de son chien à qui il crie « Médor, au pied ». Au fond, il n’y a pas que des lampadaires dans la vie, il y a aussi des lampes de chevet. Chacun a son utilité. Si j’achète un lampadaire pour ma table de chevet je vais devoir trouer le plafond. Et ce sont les gens du sixième étage qui profiteront de ma lumière. Au sixième, ce sont de jeunes mariés. Ils prennent souvent leur pied. Je l’imagine d’ici, par terre, à deux mètres de la route, elle, dans leur chambre, dire à son mari : « Chéri, as-tu mis de l’engrais sur la moquette ? Il y a une lampe de chevet qui pousse. Je ne trouve pas l’interrupteur et ça m’empêche de dormir ». « Dévisse l’ampoule ». « Oui, mon chéri que j’adore ». Sur ces bonnes paroles je me suis endormi. Ce sont des policiers de la brigade de la route qui m’ont secoué : « Monsieur, réveillez-vous. Si vous preniez votre pied avec une dame, il y a longtemps qu’elle est partie ».   

19/01/2009

Cherche à sortir

« Houhou, madame, houhou, monsieur ». … … … « Houhou, je vous entends, m’entendez-vous ? ». … … … « Houhou, houhou, bande d’ingrats, vous pourriez répondre, non ». … … … « Ici, Robinson Crusoé. Je suis sur le radeau de la méduse au milieu de la marée humaine. A l’aide ». … … … « Je vais compter jusque trois et, à trois, je lance un S.O.S. en jetant mes godasses par-dessus bord, compris ? Et ce sont des lourdes, hein, des chaussures d’hiver  ». … … … « Houhou, houhou, j’ai des bonbons. Des bonbons à la fraise. Qui veut un bonbon à la fraise ? ». « Maman, maman, j’ai entendu Père Noël qui donne des bonbons, ça venait de là ». « Viens, on sort d’ici, ma chérie ». « Restez, j’ai deux bonbons ». « N’insistez pas, monsieur, ça ne fait pas d’attirer des enfants dans une cabine d’essayage ». « Madame, il y a erreur, j’ai laissé tomber mon pantalon et quelqu’un l’a pris par en dessous de la cloison ». « Vous n’avez qu’à sortir en mettant celui que essayez ». « Pas possible, madame, j’ai flaché sur le décor du bermuda, des cocotiers, mais j’ai oublié de regarder la taille. C’est du garçonnet. Quand vous me verrez vous comprendrez ». « Mais je ne compte pas vous voir, monsieur. Que voulez-vous au juste ? ». « Les tissus d’ameublement sont à moins soixante-quinze pourcent, j’en voudrais six mètres cinquante pour me draper dedans ». « C’est bon pour une fois. Quelle couleur ? ». « Je m’en fiche, du moments qu’il n’est pas imprimé avec des cocotiers, ce n’est pas la saison ».

30/08/2007

Cherche à être rassuré

« Gérard, c’est quoi un trou d’air ? ». « Je sais que tu vis en appartement mais je suppose que tu as déjà vu une table de jardin chez des amis, hein ». « Heuuu, oui, Gérard ». « Bon, il y a quoi au milieu ? ». « Heuuu, un plat avec des olives ? ». « En dessous du plat, au milieu, il y a quoi ? ». « En dessous du plat, heuuu, il y a la table ». « Pfff, reprenons depuis le début. Quand il y a un parasol en plein milieu d’une table de jardin, c’est pourquoi ? ». « Parce qu’il y a du soleil, c’est ça, hein, Gérard ». « Oui, mais comment a-t-on mis le parasol ? ». « Gérard, tu me prends pour un con ou quoi. On a mis parasol dans le trou de la table ». « Bien. L’avion vole sur de l’air, d’accord ? ». « Oui ». « C’est comme si tu faisais rouler une bille sur la table, hein. L’avion arrive au milieu, il arrive sur quoi ? ». « Je sais, il arrive sur le parasol ». « Non. Il n’y a pas de parasol dans le ciel, alors, qu’y a-t-il ? ». « Heuuu, pas de parasol, pas de plat d‘olives, il reste le trou, c’est ça ? ». « Bravo. Et hop, dans le trou, alors c’est la chute, c’est le trou d’air ». « Gérard, je veux descendre ». « Impossible, on a déjà décollé ». « Géraaard, ils viennent de dire de garder les ceintures parce qu’il y allait y avoir des trous d’air. On va tomber de la table ». « Non, dans le ciel il y a plusieurs tables superposées. L’avion descend, oui, mais après il vole sur la table suivante,compris ? ». « Très bien compris, Gérard, mais si les tables sont bien superposées, avec les trous les uns au dessus des autres, le parasol ira jusque par terre, hein. L’avion aussi. On a reçu des bonbons mais pas de parachute. Donc, s’il y a des trous d’air bien superposés, on va se retrouver la gueule par terre, pleine de bonbons mais sans parachute ». « Non ». « Pourquoi non ? ». « Parce que les pilotes sont des professionnels et ils ont appris à tomber dans un trou et à se retrouver sur la table suivante à côté du trou ». « T’es sûr ». « Oui ». « T’es vraiment sûr ? ». « Oui ». « T’es vraiment vraiment sûr ? ». « Oui. Maintenant tais-toi, mange tes bonbons ».

07/12/2006

Cherche Saint Nicolas (3)

Je sais que Saint Nicolas fait appel à des assistants pour être présent partout en même temps. Le gamin ne le sait pas. Il a voulu aller voir Saint Nicolas à la superette. "Papa, papa, il pique, Saint Nicolas". Je m'approche, il m'attrape au cou avec sa crosse et me donne un gros bisou piquant. "Yé souis Hernandèch', vot' voijine dou troisième, fô pas lé dire, vo zavé été sache". "Oui, oui, Saint Nicolas". "Vo zauré oune bonbon. Mais qu'est-ce qué c'est lé sac d'onionnes". "Yé mé souis, pardon, je me suis trompé, je croyais que c'était des mandarines pour le gamin". "Yé vois, vo zêtes touillours ossi conne". "Pardon, Saint Nicolas". C'est fou, ça, j'ai été embrassé par monsieur Hernandez à qui je ne parle jamais. Quelle belle fête, la Saint Nicolas.