15/05/2010

Cherche la souris fantôme

« Papa ». « Oui, gamin ». « C’est bizarre, papa. Hier j’avais un trou à une de mes chaussettes. Pendant la nuit le trou a changé de côté ». « Je sais, gamin, ça fait partie des phénomènes naturels inexpliqués, catégorie vie quotidienne ». « Ce serait une souris fantôme, papa ? ». « Ah oui ! Comme celle qui vit dans le frigo et qui fait disparaître des tranches de jambon. C’est cela, oui, c’est cela ». « Tu crois que c’est la même, papa ? ». « Il y en a peut-être plusieurs, gamin. Une spécialisée dans le déplacement nocturne des trous de chaussette et une autre dans la disparition des tranches de jambon ». « Il y en a d’autres, papa ? ». « Ecoute, gamin. Pas plus tard que la semaine dernière j’arrive au bureau. Devine ce que je fais ». « Tu dis bonjour à tout le monde, papa ». « Gamin, la toute première chose que je fais, c’est pipi. C’est une réaction due à une combinaison. Les petits cafés du petit déjeuner et la durée du trajet pour aller au bureau. Devine ce qui m’arrive ». « J’sais pas, papa ». « J’arrive dans les toilettes homme, devant un urinoir. Debout. Fixe. Puis repos. Déposer mallette. Ouvrir braguette pantalon. Chercher l’engin. Surprise. Pas d’accès via le slip ! Obligé baisser pantalon. Fouilles. Une souris fantôme avait mis la braguette à l’arrière de mon slip. Je te fais grâce de la suite parce que trois collègues sont entrés dans les toilettes à ce moment là ».

05/12/2009

Cherche à oublier ma peur

Horreur. Quand je suis rentré du boulot le gamin était déjà là. " Papa, papa, viens voir, j'ai mis la chorale pour Noël ". " La chorale ? ", lui dis-je, d'un air interrogatif et anxieux. " La chorale à cheval, papa ". " Ah non, hein, gamin, et qui va devoir nourrir les chevaux " lui dis-je depuis les toilettes où je soulageais un besoin pressant. " Et les voisins d'en dessous, ceux du quatrième, hein, gamin, tu y as pensé aux voisins du quatrième, quand ils vont entendre tagaflop, tagaflop. Et le crottin, hein ? Je veux bien le balancer une fois depuis le balcon du cinquième mais, tous les jours jusque Noël, jamais. Sais-tu, gamin, que le cheval hennit, et, hennit soit qui mal y panse, je me vois mal panser des chevaux ". " Papa, ce sont de petits chevaux de bois ". " Ah bon, des chevaux de bois. Attends, gamin, j'arrive mais cette saloperie de merde de tirette de braguette est coincée dans mes poils et, aïe, je n'arrive pas à me, aïe, décoincer ". " Ciseaux, papa ". "Merci, gamin. Ouf ". " Papa, viens voir la chorale à cheval ". " Oh, gamin, que c'est beau ".

026

15/06/2009

Cherche à me souvenir du 11 juin

Le voyage du 11 juin (avec une copine dont je tairai le nom) avec des petits vieux s’est bien passé. Le parcours en train touristique, un vrai train, pas un tracteur agricole à pneus déguisé en locomotive, avec de vrais rails d’époque pas soudés mais mis bout à bout, avec le vrai tagadam tagadam tagadam à chaque joint de rail. Impossible de dormir, impossible de se parler, impossible de résoudre un sudoku, le crayon se trompait de case tellement nous étions secoués. Voyage magnifique. Je le dis, le pète et le répète parce que je sais qu’un de mes potes, Michel, l’organisateur, va lire ce message et j’ai envie qu’il m’invite encore. Par la fenêtre du train on a vu des arbres, des arbres, des arbres. A un certain moment, le conducteur du train, le machiniste en langage ferroviaire, a annoncé : « Vous allez revivre et voir ce que voyaient les travailleurs qui, au début du siècle précédent, prenaient le train tôt, c’est-à-dire de nuit l’hiver et rentraient tard, c’est-à-dire dans le noir ». Revivre, peut-être mais voir, rien. Nous sommes entrés dans un tunnel de plus d’un demi-kilomètre, à un mètre près et le machiniste a éteint les loupiotes. Dans un tunnel ! Noir de chez noir. Pendant un demi-kilomètre parcouru à du dix à l’heure, tagadam, tagadam, tagadam. Faites le calcul. Je ne sais pas si des mains se sont perdues dans le noir mais, par précaution et, afin de garder ma copine, j’ai laissé les miennes dans mes poches. J’ai entendu des cris dans le noir. Incroyable l’effet d’un train dans un tunnel, sans lumière, sur la libido de petits vieux de quatre-vingt ans et plus. Un vrai spectacle son et lumière mais sans lumière. Après le train nous avons eu droit à une séance de musculation. Dans un bus sorti d’un musée. Et trop petit pour asseoir tout le monde. J’étais debout. Remonter le long du cours d’une rivière, en bus asthmatique, cramponné à deux barres verticales, avec le cul qui esquisse la danse des canards à chaque virage, coin coin, je me suis dit en moi-même ‘Et dire que j’ai payé pour ça’. Après 20 minutes de musculation des biceps dans la salle de body-building à roulettes je me suis mis à marcher en lacets, comme le cours de la rivière. J’ai du m’accrocher à un tilleul tricentenaire classé au patrimoine mondial du village. Vint ensuite le repas qui, il faut l‘avouer, était délicieux. Trois services : 1. Tartelette ardennaise OU Terrine de Pâté maison ; 2. Jambonneau rôti à la MOutarde OU TruiTE de la Lesse Cuite mEUnière ; 3. Glace MaisOn OU Crêpe de Campagne (sur le menu il y avait des majuscules un peu partout mais je ne sais plus où). Notre truc à ma copine et moi : nous avons demandé un plat de chaque sorte et nous avons partagé. De ce fait, j’ai mangé une demi-tartelette ardennaise, de la terrine de pâté maison, une demi-truite meunière, un demi-jambonneau à la moutarde, une demi-crêpe et une moitié d’une glace. Six plats pour le prix de trois ! En cette période de récession économique, ce n’est pas négligeable. Si j’avais participé à l’excursion seul je n’aurais pas pu le faire. Je vous laisse le truc sans droits d’auteur. Autre truc : j’ai envoyé ma copine aux toilettes pendant le Café et ses MiGnardises. Il faut dire que nous étions parmi les plus jeunes, ce qui me donnait une légère supériorité en matière de rapidité de fonctionnement des neurones. Parce qu’après il y avait visite guidée du village. D’accord, il faut associer le culturel à la bouffe mais, si l’organisation avait été parfaite, on nous aurait prévenu qu’il n’y avait que deux toilettes pour quatre-vingt petits vieux. C’est dingue le temps que ça prend, pour un petit vieux, de déboutonner sa braguette, de trouver où se cache son rince-patates, de viser dans le pot et de reboutonner le pantalon. Il y en a qui sont ressortis la braguette ouverte, à cause de la complexité des boutons. J’en ai vu deux qui avaient déboutonné leurs gilets, tenu leur cravate en main et pissé dans leur pantalon. Nous, nous étions déjà dehors, près du guide, un peu spécial avec son parapluie ouvert alors qu’il ne pleuvait pas. On nous a quand même prévenu qu’un léger retard dans l’horaire allait se produire parce qu’une des toilettes était réservée aux sans papier vu l’absence de rouleau de réserve. Quand on sait que vingt pourcent des petits vieux doivent faire leur « grande », ça allonge la file devant les toilettes. Le guide est resté sous son parapluie pendant que ma copine et moi avons fait trois fois le tour du village sans guide. N’ayant pas pris mes précautions durant le cAfé ET ses milliardiSes j’ai aidé des indigènes locaux en arrosant leur jardinière de fleurs assoiffées. Nous avons rejoint le groupe quant le guide expliquait « Aux fenêtres de l’étage supérieur, en vous penchant sur la gauche, vous pouvez distinguer des géraniums ». Ah, bon, des géraniums. Je n’ai pas perdu ma journée, je sais maintenant que les trucs qui pendouillent aux fenêtres s’appellent des géraniums. C’est beau, la culture. Après, c-à-d après être monté péniblement dans le car (nous, on est déjà dedans pour ne pas avoir à pousser des culs de petits vieux qui pètent d’avoir trop mangé et qui, pour avoir abusé des boissons gratuites comprises dans le prix de l’excursion, n’arrivent plus à compter les deux marches pour entrer dans le car) nous sommes allés visiter une brasserie où on cultive la bière. Avec l’autocar de l’époque de la pierre taillée (aujourd’hui je me pose encore la question de savoir comment nos ancêtres ont fait pour inventer le moteur alors que les sources de diesel n’étaient pas encore découvertes) nous avons rejoint la brasserie pour une visite obligatoire avant la dégustation gratuite pour les plus valides qui ne se sont pas égarés entre les cuves. Plus de cent marches, vers le haut et vers le bas ! Des marches en treillis métalliques. « Vous n’avancez plus, madame ? ». « Mes souliers à talon aiguille se sont plantés dans la marche en treillis et je n’arrive pas à les enlever ». « Vous devez aller pieds nus à l’étage en dessous et sucer les talons, ça les aidera à sortir ». « Mon bon monsieur, il y a vingt-deux ans que je suis veuve et que je n’ai plus sucé ». « Désolé, ma petite vieille mais on m’attend à la dégustation ». Personnellement, une visite de brasserie dans une excursion de petits vieux, c’est ce que je préfère.   Chaque fois que la serveuse passait, mon verre vide était déjà mis devant l’octogénaire à côté de moi. « Madame, ici, chez moi la chope, lui il ne peut pas, il a le diabète. Dommage pour lui, hein, une si bonne bière ». Après, je ne sais plus. Ni comment on m’a sorti de la brasserie ni comment je me suis retrouvé chez moi dormant tout habillé dans la baignoire. Quelle belle journée. Je cherche à reconstituer l’après-midi du 11 juin.

01/02/2009

Cherche un anti-mousse puissant

J’adore le cassoulet et les lentilles. Il paraît que c’est plein de fibres et que ça tricote dans l’estomac. « Laisse Thomas dans l’étalon » aurait dit Jésus lors de l’avant-dernière cène quand Thomas était parti, seul, la main sur sa braguette, pour aller pisser, de nuit, dans un pré voisin du restaurant et, croyant que c’était la chasse des toilettes, aurait tiré sur quelque chose de chevalin, lequel cheval, peu gay, n’aimant pas qu’on tire la sonnette d’alarme facétieusement, lui aurait rué dans les brancards. Ceci n’était qu’une parenthèse inutile mais, quand ça traverse l’esprit, il faut que ça ressorte  Bon, c’est sorti. Donc, disais-je, cassoulet et lentilles suivi d’un bain bien arrosé de bain-mousse, ça ne fait pas bon ménage. J’ai du m’enfuir et courir dans la rue couvert de mousse. Je cherche un frein à mousse de bain comme il y a, paraît-il, dans les trois en un des lave-vaisselle.

26/08/2008

Cherche à bien rentrer - 3

Bientôt le grand jour de la rentrée scolaire. Je dois faire bonne impression auprès des nouvelles institutrices. Je fais appel à vous, mères célibataires. Et à votre expérience. Question : « Que regardez-vous le plus chez un homme sympathique qui amène son gamin à l’école le premier jour ? Sa chemise ? Son pantalon ? S’il a des chaussettes à trous ? Si sa braguette est ouverte ? Et si je vais à l’école avec une chaussure brune et une chaussure noire, aurai-je l’air intellectuel ? Et si je prenais un sac à provision avec des poireaux qui dépassent, histoire de montrer que j’ai un besoin culinaire urgent à la maison ? Deux poireaux, rien que deux pour bien montrer que le gamin et moi sommes seuls ? Deux poireaux, deux pommes de terre, deux carottes. Non, avec les pommes de terre et les carottes on va croire que je viens nourrir l’âne du Père Noël, enfin, voyons. Et si j’amenais Kiki le hamster parce que Maurice le poisson rouge, c’est plus difficile à cause du bocal ? Kiki et deux poireaux, ça commence à faire beaucoup de monde, ça. Et si Kiki bouffe les poireaux ? Si je tiens le cartable du gamin, j’ai peur de passer pour un père poule. Enfin, il vaut mieux être père poule que mère moule. Et si je me parfumais à la soupe à l’oignon ? Avec des croûtons dans les cheveux ? ». donnez moi  des idées. D’avance merci.

12/01/2008

Cherche à fermer ma braguette

« Gérard, c’est toi ? ». « Vous avez formé quel numéro, monsieur ? ». « Heuuu, le numéro de Gérard, pourquoi ? ». « Si vous n’allez pas à la gare d’Heer (Belgique, province de Namur), la gare d’Heer ira t-à toi ». « Iratatoi toi-même, Gérard, je t’ai reconnu. Dis, j’ai un problème, je n’arrive pas à remonter la tirette du pantalon que je dois mettre parce qu’il y a une fête au bureau ». « Ne dis plus rien. Je parie que tu souhaites que je te dépanne ». « Ben, heuuu, oui. Je ne vais pas me promener avec des épingles de nourrice quand même ». « Hé, hé, ça n’étonnerait personne ». « Enfin, Gérard, ce sont les noirs qui se promènent avec des épingles de nourrice. Et eux, c’est dans le nez qu’ils se les mettent, pas dans la braguette. D’ailleurs ils n’ont pas de braguette ». « Et tu voudrais que je te dépanne ? ». « Oui, Gérard, j’ai un train à prendre dans quelques minutes, ça urge ». « Que je te dépanne la braguette par téléphone ? ». « Heuuu ».