14/09/2009

Bébé asule l'intérim - 2

Coucou, c'est Bébé, de mon vrai nom Bag-in-Box. Je m'entraîne au grand écart. Pour le moment j'y arrive avec les bras. Mais avec les jambes c'est autre chose. Quand je pense au grand écart je pense au viaduc de Millau. Et je me dis que je suis une autoroute. Et que les automobilistes me passent dessus. Je suis dans le vide, la tête en bas et je fais le pont avec mes jambes entre deux montagnes. Le pire, ce sont les hollandais avec leurs caravanes, ça chatouille tellement ils sont chargés de victuaille pour ne rien devoir acheter à l'étranger. Avec les allemands, juste un frisson, tellement ils vont vite. Les belges c'est autre chose : ils jetent leurs sachets de frites bien gras et ça fait des taches sur mon costume de scène. J'ai peur d'avoir une crampe. Ou de rester dans la même position le reste de ma vie. J'irai peut-être finir mes jours au musée Grévin. A demain. 

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23/05/2009

Cherche à libérer mon bras

« Aïe ». « Vous avez mal quand je pousse là ? ». « Aïe, non non, docteur, aïe ». « Vous êtes plutôt intellectuel ou plutôt manuel ? ». « Vous êtes bien curieux pour un orthodontiste, docteur ». « Orthopédiste ». « Ah bon, excusez-moi, docteur, je croyais que les orthopédistes c’était pour les pieds ». « Je m’occupe aussi des pieds, quand il faut choisir un plâtre de marche, par exemple ». « Ah non, hein, docteur, vous n’allez pas me mettre un plâtre de marche alors que vous venez de retirer celui de mon bras ». « Pour mon diagnostic j’ai besoin de savoir si vous êtes plutôt intellectuel ou manuel ». « Un peu les deux, docteur. Ma spécialité ce sont les raviolis. Tant que vous y êtes, dans les diagnostics, docteur, selon vous, ce sera Anderlecht ou le Standard qui sera champion ? Je dois parier avec un copain ». « Pratiquez-vous un sport ? ». « Je suis croyant pas pratiquant, docteur, dans tous les sports ». « Bon. Et du bricolage ? Des gestes violents ? ». « Heuuu. Ah oui, ça m’arrive ». « Je pense qu’il vaut mieux que vous portiez une orthèse maintenant le pouce et le poignet ». « Une hortèse, docteur, qu’est-ce donc ? C’est lourd à porter ? ». « Disons que c’est un plâtre amovible, en tissus élastique, contenant des plaques en acier, qui maintiendra votre poignet et votre pouce quand vous travaillerez manuellement ». « Amovible ! Heuuu, ça sa visse et ça se dévisse ? C’est une jambe de bois pour le bras ? ». « Vous verrez, c’est léger, ça s’attache avec du velcro ». « Ah bon, après le velpo le velcro. Docteur, et le vélo, c’est pour quand ? ». « Ah, vous faites du vélo ? ». « Du vélo d’appartement, docteur, pour avoir des cuisses fermes qui retarderont l’action des vers quand on m’enterrera. Un jour je l’ai descendu difficilement du cinquième par l’ascenseur pour circuler dans la rue mais il n’avançait pas. Des voisins m’ont dit que c’était normal parce qu’il n’a pas de roue. Vous comprenez ça, vous, docteur, un vélo qui n’avance pas ? ». « C’est comme vous ». « Ah bon ! »

22/05/2009

Cherche le youkaïdi youkaïda

Youkaïdi youkaïada, youkaïdi youkaïda. Je n’ai plus de plâtre au bras. Youkaïdi youkaïda. Le gars à l’hôpital  a gardé les bandes vieille peau mais m’a donné le plâtre en souvenir. J’ai voulu en faire un vase mais il coule. J’aurais du y penser avant de le remplir d’eau puisque puisqu’il manque un morceau verticalement. J’ai un vase de Soissons, cassé. Je vais mettre une étiquette autocollante dessus : vase de Soissons, pour épater les copains. Reste le problème du youkaïdi youkaïda. Fou de joie comme un mec qui a réussi à s’extirper d’un préservatif en boyau de vélo, enfilé facilement à jeun mais devenu strangulatoire par la suite, je tape sur la porte du palier en hurlant youkaïdi youkïda. C’est Gonzalez, le portugais du troisième, qui me menace : « Biloudionne, chi tou continouache à tapotache, yé rachemble oune comité dé quartier pour tou espoulser ». J’ai promis à Gonzalez de ne plus taper sur la porte et de chanter toute la chanson. Mais je ne connais pas les paroles. Je cherche le texte de youkaïdi youkaïda.

NB. Si vous avez raté des épisodes, le reportage sur le plâtre a commencé le 13 mai (voir colonne de droite).

20/05/2009

Cherche à éviter la fête

« Papa, j’ai raconté à l’école ce que tu m’as dit hier. Ils ont ri tellement bruyamment que le directeur est venu voir ce qui se passait parce qu’on dérangeait les autres classes. A la récré on a essayé de faire ce que tu as dit en faisant le bras cassé et en retirant nos pantalons et le directeur s’est fâché. Mais toi tu es devenu un héros ». « Pour ton institutrice aussi ? ». « Je sais pas, papa. Mes copains demandent que tu viennes mimer comment tu fais à une main dans les toilettes ». « Ah, gamin, ce sont des moments de grande solitude, surtout quand on s’aperçoit trop tard qu’il n’y a plus de papier ». « Tu viendras, papa ? On te donnera une chaise percée de l’école gardienne». « Non, gamin, non, pas à cul tout nul devant ton institutrice ». « Tu n’as qu’à garder ton slip, papa. Madame a dit que si c’était comique on te demanderas de le faire sur scène à la fête de l’école ». « Pourquoi pas à la starac tant que tu y es. Je chanterais ‘Viens, viens, ma brûûûne’ a capella. Et puis, j’espère bien que je n’aurai plus de plâtre le jour de la fête de l’école. Si c’est le cas, je demande qu’on me plafonne le reste et je fais don de mon corps au musée Grévin. Donc, c’est non ». « Et qu’est-ce que je vais dire à madame, papa ? ». « Tu n’as qu’à lui dire que j’ai dit que ce n’est pas par le derrière que nous ferons plus ample connaissance ».    

18/05/2009

Cherche una aiguille à tricoter

Je remercie celles et ceux qui m’ont témoigné des signes d’infection suite à ma chute et au plafonnage de mon bras gauche. Je les rassure tout de suite, ça évolue bien. La preuve : ça chatouille en dessous du plafonnage. J’ai l’impression d’y avoir un nid de fourmis. Impossible de me gratter. Impossible d’y mettre de la poudre anti-fourmis. C’est, paraît-il, l’épreuve de la guérison. Normalement, quand on me chatouille, je rigole. Dans ce cas-ci, non. Bizarre. Encore une question que je devrai poser à mon psy. Plusieurs amis m’ont dit d’utiliser une aiguille à tricoter. J’ai répondu oui sans comprendre. Je n’ai jamais tricoté de ma vie. Un point à l’envers, un point à l’endroit, c’est tout ce que j’ai retenu de ma grand-mère quand elle disait ses prières avec deux baguettes de restaurant chinois pour me faire une écharpe. Je cherche une aiguille à tricoter, pas trop chère, et, surtout, le mode d’emploi pour faire partir les fourmis qui dansent la farandole sous mon plâtre.

15/05/2009

Cherche de l'huile de coude

Suite à la présence d’un plâtre sur mon bras gauche je suis plus large que d’habitude. Avec Gérard, un copain qui me conduit en voiture au supermarché, on rigole beaucoup quand j’abats une colonne de boîtes de conserve avec mon plâtre. Parfois sans le faire exprès et parfois pour rigoler. Devant l’attroupement je me mets à pleurer : ouiiin, ouiiin. Gérard, tout haut : « Ah, quelle salope, ce sont sûrement les chevrotines qu’elle t’a tiré dans le bras qui te font faire ça. C’est en plomb les chevrotines et le plomb ça donne le saturnisme ». Moi : « Ouiiin, ouiiin ». Des dizaines de mains tenant un mouchoir en papier se tendent vers moi. Gérard : « Surtout pas, mesdames. Quand il se mouche à une main il en envoie partout. Ce qu’il lui faudrait c’est quelqu’un, jeune et jolie, qui viendrait chez lui pour lui ouvrir ses boîtes de conserve. Soyez sans crainte, il a terminé ses viagra hier ». Bizarre, plus d’attroupement. Alors Gérard et moi rejoignons la sortie par des allées différentes pour ne pas éclater de rire. Dans l’appartement c’est différent : c’est aux chambranles de portes que je me cogne. En plus du gros orteil droit j’ai le coude tout bleu. Je cherche une huile de coude, légèrement parfumée, pour retrouver mon teint habituel.

12/09/2006

Cherche des chansons

Vive la musique. Tsim tâ lala, tsim tâ lala, et boum, boum, boum, mi ré mi ré mi si ré do laaaaa, do mi la siiii, si ré do laaaa, si do ré miii, mi fa mi réééé, sol si ré, sol fa si la si ré, moulemoulemoule je n'veux plus aller maman, les gens de la villevilleville ont pris mon panier maman, les gens de la villevilleville ont pris mon panier, maman, mi ré mi ré mi ré mi si ré dolaaaa, do mi la siiii, tousse, tousse, tousse, à Toré Molinos, nous irons tousse, tousse, tousse, à la pêche aux moulemoulemoules, je me lève, au petit matin, com' d'habituuuude, tu ne te réveilles pas, mais laisse mes mains sur tes han hanches, ne fais pas ces yeux furibonds, tombe la neige, tu ne viendras pas, ce soir et merde, je vais me taper un café en poudre. Je suis invité à un mariage. Il y aura un karaoké. J'espère que ce ne sera pas pendant la messe. Ca résonne dans la collégiale. Je chante comme une casserole. C'est d'ailleurs ce que j'ai offert : une casserole. Prenez-en une à pressions, m'a dit la vendeuse. Ah bon. Mais je m'égare comme une anorexiste qui décrit ses calories. Au mariage, si je veux manger, je dois chanter. Je suis mort de trouille. Mon répertoire est limité. Ah oui : Dooo minique, nique, nique, mais la suite, hein ? Gare aux goriiii iiii iiii ii es. Sur le pont, d'Avignon, on y danse, on y danse. C'est ringard, ce truc.Tant qu'on y est, pourquoi pas la danse des canards. C'est la danse des canards, tsouin, tsouin, tsouin, tsouin. Mais comme je transpire en dessous des bras, je ne peux pas faire les gestes. Je cherche d'urgence des chansons faciles, style mariage.