27/08/2009

Cherche à attraper un lapin

 Un lapin, c'est bon. Surtout avec des pruneaux d'Agen. Un lapin de Garenne avec des pruneaux d'Agen. Et des oignons de Mulhouse. Et de la moutarde de Dijon. Et du sporting d'Anderlecht. Et du basilic de Koekelberg. Mais, comment attraper un lapin ? On m'a dit : lapin, ça linge. Je n'y connais rien en lingerie, je n'ai que des slips, taille M comme Mâle. Les S me serrent à la taille, je dois en mettre deux, un à chaque jambe, ce qui n'est pas économique pour les lessives. Avec les XXL, je pourrais faire un parachute. Donc j'ai des slips M. Mais où donc est le lapin dans cette histoire de slips ? Je ne me vois dire à une rencontre, blonde avec du monde au balcon : "Je vais te montrer ma queue de lapin". Une trompe d'éléphant, oui, mais pas une queue de lapin. Je n'ai pas de trompe d'éléphant. Ni une queue de lapin. Mais j'ai vu un lapin. Dans des bruyères chez un voisin. J'ai les oignons de Mulhouse, la moutarde de Dijon, du basilic de chez Carrefour et un autocollant du sporting d'Anderlecht sur le frigo. Aidez-moi à l'attraper. D'avance merci.

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30/10/2008

Cherche la mort avec des frites

C’est la Toussaint. Des fleurs partout. Aux caisses des supermarchés, dans les pépinières, au marché, chez les libraires, le long des routes avec les mêmes jeunes enfants refroidis qu’à l’époque des fraises ou du muguet. C’est mortel toutes ces fleurs, identiques à part la couleur. Chrysanthèmes, bruyères et, nouveauté, le chou chinois. Le chou chinois envahit nos cimetières. Deux euros quarante-neuf et hop, la corvée cimetière est terminée. « Maman sera contente, tu ne trouves pas ». « Du moment qu’elle ferme sa gueule, c’est bien ». « Que dis-tu mon amour ? ». Et si on fêtait nos chers défunts avec des frites, hein ? Une baraque à frites devant chaque entrée de cimetière. Musique : accordéon musette, pour rendre hommage à nos chers disparus. Dans la joie, dans la dignité, pas dans le commerce.

02/11/2006

Cherche un hangar chauffé

"Allo". "Ah, c'est toi, maman, que ce fait-ce ?". "Es-tu allé au cimetière fleurir ton imbécile de père ?". "J'ai fait comme tu as dit, maman, j'ai acheté une bruyère à deux euros". "Et alors ?". "Bêêê, heuuu, j'avais l'air tellement ridicule avec la petite plante que je l'ai mise sur la tombe d'un ancien combattant de 14-18 qui n'avait rien". "Tu as bien fait. Ton imbécile de père ne m'a jamais offert de fleurs de son vivant, je ne vois pas pourquoi il en aurait maintenant qu'il est raide". "C'est pour dire ça que tu téléphones, maman". "Non, idiot, tu as vu le thermomètre ?". "Je vais bien, maman, je ne me suis pas mis le thermomètre dans le derrière". "Idiot, la température extérieure". "Ben oui, il va geler, et alors, c'est normal, on est en novembre". "Idiot, tu n'as rien compris, les pomponettes des cimetières vont geler, elles seront perdues, loues une camionnette et vas les chercher toutes, mets les dans ton appartement, tu les arroses et, dans un an, tu installes un stand près du cimetière". "Maman, à 80 ans, tu as encore tous tes neurones, hein". Je cherche un grand hangar chauffé pour y mettre 2 à 3.000 pomponettes pendant un an.