03/11/2008

Cherche Nietzsche

« Allo, Gérard, je te déranges ? ». « Oui, je lis Nietzsche ». « A tes souhaits ». « Fais vite. C’est pour quoi ? ». « Je te demandais si je te dérangeais, Gérard ». « Je t’ai répondu oui, je lis Nietzsche ». « A tes souhaits, Gérard, tu as du traverser un courant d’air à la nage sans maillot pour éternuer comme ça. Heuuu, tu lis quoi ? ». « Nietzsche ». « Gérard, tu me fais perdre mon temps. Débouche toi le nez une fois pour toute ». « Mais je n’ai jamais éternué, voyons ». « Alors, nous sommes sur écoute, Gérard. Leffe Bi Aille ou le Cas GB ? J’ai peur, Gérard. Nitche, c’est peut-être de l’américain. Ou du russe. Ou de l’arabe. Je te jure que je ne me suis jamais fichu de la gueule du prophète, je ne le connais pas. Je ne rigole du bon dieu qu’avec les blagues du père Walther. Si lui il peut, je peux aussi, non, hein, Gérard. Dis quelque chose pour que je sache que c’est toi qui es en ligne ». « Dis, tu vas me fiche la paix ». « Ouf, je t’ai reconnu, c’est bien toi. Que fais-tu en ce moment ? ». « J’ai besoin de calme pour lire Nietzsche ». « Ca y est, Gérard, ça recommence ». « Dis-toi que personne ne s’intéresse à nous, voyons ». « C’est autre chose alors, mais quoi ? Penses-tu que ça pourrait être Maurice, le poisson rouge, qui ferait des interférences avec ses bulles ? ». « C’est sûrement lui. Vas lui dire d’arrêter ». « Mais, je ne sais pas nager, Gérard, et le bocal est trop petit pour deux ». « Tu réfléchis à la question et tu me dis comment tu as résolu le problème après-demain ». « Après-demain ? ».  « Oui, après-demain, j’ai envie de terminer mon bouquin ». « Ah bon. Et bien je vais causer avec Maurice. S’il avait le téléphone je pourrais lui téléphoner mais il n’a pas le téléphone dans son bocal. Tu comprends, ça, toi, Gérard ». « A après-demain ». « Oui, Gérard ».