08/02/2010

Cherche des nouvelles des anciens de la banque

Chouette, j’ai rencontré trois anciens collègues partis en pension il y a belle burette, comme dit l’enfant de chœur. « Que deviens-tu ? » demandai-je au premier. « Je n’ai plus une minute à moi, je collectionne ». « Ah bon. « Que collectionnes-tu ? ». « Les points Plus chez Delhaize, les timbres pour acheter des slips à moitié prix chez Carrefour, les vignettes avec d’affreux personnages pour mes petits-enfants, les kilomètres à la station essence pour recevoir une tasse à mettre en dessous du senseo avec l’emblème de la compagnie, les ». « Arrête, arrête, je vois que tu ne t’ennuies pas ». Le deuxième prend la parole : « Moi, je n’arrête pas. J’ai acheté un petit lopin de terre avec le capital de mon assurance-pension et je cultive, je cultive. Parce que ma femme n’a plus de dents. Alors elle ne boit que de la soupe avec des biscottes. Au printemps je retourne la terre, je sème, je plante. L’été je soigne le jardin, je bine, j’arrose. L’automne je récolte, j’épluche, j’épépine, je découpe, je fais de petits paquets pour mettre congélateur ». « Heureusement il te reste l’hiver pour te reposer ». « Non, fieu, qui crois-tu qui fait les soupes ». Le troisième, le plus âgé, m’a intrigué. « Moi, je fais des recherches ». « A ton âge ! Tu es devenu chercheur ! Formidable, et dans quel domaine ? ». « Avant-hier j’ai cherché où j’avais mis mon dentier, hier j’ai passé ma journée à retrouver mes lunettes, aujourd’hui j’ai cherché ce qui me piquait le derrière et j’ai perdu mon chat et demain je vais chercher où sont mes clefs parce que ce soir je dois aller dormir chez ma fille ». Vivement la pension !

27/08/2009

Cherche à attraper un lapin

 Un lapin, c'est bon. Surtout avec des pruneaux d'Agen. Un lapin de Garenne avec des pruneaux d'Agen. Et des oignons de Mulhouse. Et de la moutarde de Dijon. Et du sporting d'Anderlecht. Et du basilic de Koekelberg. Mais, comment attraper un lapin ? On m'a dit : lapin, ça linge. Je n'y connais rien en lingerie, je n'ai que des slips, taille M comme Mâle. Les S me serrent à la taille, je dois en mettre deux, un à chaque jambe, ce qui n'est pas économique pour les lessives. Avec les XXL, je pourrais faire un parachute. Donc j'ai des slips M. Mais où donc est le lapin dans cette histoire de slips ? Je ne me vois dire à une rencontre, blonde avec du monde au balcon : "Je vais te montrer ma queue de lapin". Une trompe d'éléphant, oui, mais pas une queue de lapin. Je n'ai pas de trompe d'éléphant. Ni une queue de lapin. Mais j'ai vu un lapin. Dans des bruyères chez un voisin. J'ai les oignons de Mulhouse, la moutarde de Dijon, du basilic de chez Carrefour et un autocollant du sporting d'Anderlecht sur le frigo. Aidez-moi à l'attraper. D'avance merci.

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06/06/2009

Cherche à sauver la planète

Chers amis, l'heure est grave. Notre planète se meurt. En cette veille d'élections européennes il est urgent de rappeler que notre vote doit être utile. Votons pour ceux qui prendrons des mesures intelligentes. Par exemple : exiger que les pilules de viagra soient peintes en vert pour que je ne les confonde plus avec les granulés bleus anti-limace. Economisons le carburant. Pourquoi aller en Bretagne pour manger des artichaux alors qu'on en vend chez Carrefour. Economisons le temps. Pourquoi certaines femmes se maquillent le matin pour se démaquiller le soir. Economisons notre salive. Pourquoi nos politiciens parlent-ils pour ne rien dire alors qu'ils seraient plus utiles s'ils rebouchaient les trous dans les routes. Economisons le papier. Pourquoi ne photocopierions-nous pas au bureau nos rouleaux de papier Q au lieu d'en acheter de nouveaux. Economisons l'énergie. Pourquoi ne pas avoir dans les immeubles de bureau des ascenseurs à horaire fixe plutôt qu'à la demande. Nous avons vécu le cul dans le beurre. Nous devons apprendre à nous asseoir sur de la margarine. Et apprendre les gestes qui sauveront la planète. Deux exemples : un petit besoin urgent ? Pas de gaspillage, allons pisser sur le jardin le plus proche, un jardin où poussent des poireaux, ça les fera grossir ; un gros besoin urgent ? Courons vers le tas de compost le plus proche pour l'enrichir plutôt que d'emmerder ceux qui se baignent à la plage. Nous devons châtrer les chiens et les chiennes en chaleur car la chaleur réchauffe notre planète. Pour mieux vous convaincre du danger du réchauffement climatique j'ai emprunté à un ami infographiste une photo d'une projection de ce que deviendra le tunnel sous la Manche dans quelques dizaines d'années si nous n'agissons pas. A l'avant-plan on distingue nettement, en blanc, les restes des belles falaises normandes. Pour éviter cela, votons pour la planète. 

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14/01/2009

Cherche à échanger

Je cherche quelques grosses cloches pour Pâques. En contrepartie j'offre une splendide crèche, en bois massif laqué rouge, ainsi que trois personnages qui surprennent un peu car deux d'entre eux ont déjà une crèpe de la Chandeleur sur la tête. Le personnage de droite, celui à la grosse biloute au bout rose, est en fait la maman. Le papa de Jésus, à gauche, est représenté dans sa position au travail, celle du policier au milieu du carrefour. Utilisation possible comme porte-clefs mais pas de fonction décapsuleur. Voici une photo pour que vous compreniez.

 

019 - Copie

28/10/2008

Chzeche un grand cimetière

Je cherche un grand cimetière avec des noms sur les rayons, un peu comme chez Carrefour. On aurait les allées ‘Se sont éteints comme des bougies’, ‘Belles-mamans au départ attendu’, ‘Victimes du gaz’ et autre ‘Tontons, tantines et vieux brol’. En fait je cherche les tombes de la rubrique ‘Jeunes papas sans enfant’. En clair pour les mal-comprenant : je cherche là où de jeunes dames seules viennent déposer des fleurs parce qu’il faut bien se montrer devant l’ancienne belle-famille. Je cherche un hypercimetière.

10/03/2008

Cherche mon anniversaire

« C’est quand, ton anniversaire, Biglodion ? ». « Le 10 mars ». « Ah. Quelle année ? ». « Ben, heuuu, chaque année ». « Mais, ta réponse est aussi idiote que celle du taximan à qui je demandais de me conduire Rue du 11 Novembre et qui m’a demandé quelle année ». « Ah bon. Heuuu, et bien, ma statue, il faudra la mettre avenue du 10 mars. Ou boulevard du 10 mars ». « Impasse du 10 mars, ça t’irait ? Avec ta statue au fond de l’impasse ». « Si on met des pneus, oui ». « Des pneus ? ». « Ben, oui, devant la statue, pour les distraits qui n’ont pas vu que c’était une impasse ». « Pourquoi pas des bottes de paille, tant que tu y est ? ». « Heuuu, pas trop. Sinon on ne verra plus la statue ». « Dis, réfléchis un peu. Ceux qui vont s’engager trop vite dans l’impasse vont hurler meeerde c’est Biglodion. Ils vont grimper sur la pédale de frein en fixant le bout de leur capot et puis, une fois passée le vision du cauchemar, ils vont regarder dans leur rétroviseur pour faire marche arrière ». « Heuuu, je n’y avais pas pensé ». « Donc, oublie l’impasse ». « Et un cul-de-sac ? ». « Idiot, tu aimerais qu’on t’appelle Biglodion le type du cul-de-sac ? ». « Heuuu, je n’y avais pas pensé ». « J’ai une autre idée : tu vas à Paris ». « Ah bon ? ». « Une fois arrivé tu loues une échelle ». « Ah bon ? Je ne peux pas y aller avec la mienne ? ». « Tu aurais difficile de faire passer ton échelle pour un bagage à main dans le tgv ». « Heuuu, je n’y avais pas pensé ». « Tu achètes deux boîtes d’autocollants, une avec des chiffres un et l’autre avec des chiffres zéro ». «  Ah bon ? ». « Tu loues un taxi ». « Ah bon ? Avec l’échelle ? ». « Loues une camionnette ». « Dis, à Paris, je ne me vois pas en costume avec une échelle sur le dos ». « Mets une salopette ». « Ah bon ? Une salopette, dans le tgv ? ». « Vas-y en voiture ». « Heuuu, je n’y avais pas pensé ». « Donc, tu arrives à Paris en voiture, tu te gares et tu demandes où on loue des échelles ». « Heuuu, et si j’arrivais la veille, pour aller voir un spectacle de french cancan ? ». « Hé, ho, on arrive toujours la veille du lendemain ». « Heuuu, je n’y avais pas pensé, excuse-moi ». « Bon pour une fois. Maintenant tu es dans Paris, en salopette, avec une échelle. Que fais-tu ? ». « Heuuu, je monte sur l’échelle pour voir où se trouve la Tour Eiffel. C’est ça ? ». « Rappelle toi que tu fais une fixation sur le 10 mars ». « Exact, j’en suis obinibilulé. Je fais une obinubilation. Je vois des 10 mars partout. Tu sais que ça n’arrive qu’une fois par an le 10 mars, hein, tu le sais, ça, même les années bissextiles ». « Oui, je le sais. Si le 10 mars arrivait tous les jours tu serais né il y a un peu plus de 20.000 ans. Dis, je reviens mais faut que j’aille pisser ». « Ah bon, ça alors. Je serais plus vieux que les pyramides. Et les pyramides s’effritent. Et si c’est frite c’est du belge ; taaa ta yo yooo, qu’est qu’y a sous ton grand chapeau, taaa ta yo yooo, dans ma tête y a des tas d’oiseaux, chooo kaka oh, chooo chocolat, si tu me donnes tes noix de coco je te donnes mes ananas, chooo kaka oh, cho cho cho chocolat, rikiki tes petits kiwis, les babas de mes baobabs ». « Voilà, je suis là, vite fait bien fait ». « T’es sûr d’avoir bien rentré la bête. Tu vois, j’ai une voisine de palier très regardante à ce sujet ». « Hé, je ne suis quand même pas allé pisser sur le palier ». « Ah bon. Tu sais, ça fait du bien à la plante verte. Mais il faut bien viser. Il faut viser quand la voisine de palier n’est pas là ». « Dis, si on revenait à nos moutons ? ». « Bêêêêê oui. Oh non, ne te vexe pas, chez moi c’est un réflexe. Je ne sais pas ne pas dire bêêêêê oui quand j’entend le mot mouton. C’est comme quand j’entend Paris, ach cheune bedides mamazelles. A propos, qu’est-ce que vais fiche à Paris ? ». « Bon, tu es à Paris ? ». « Heuuu, oui ». « Tu es en salopette ? ». « Oui. Je dois d’abord la lessiver parce qu’en aidant un copain à peindre, heuuu, disons qu’il a du aller acheter un autre pot de peinture ». « Tu as l’échelle ? ». « Oui. Dis, t’es sûr que les parisiens ne vont pas dire tiens, c’est sûrement un belge ». « Tu t’en fiche. A Paris les plombiers sont polonais, les chauffeurs de taxi sont russes et il y a des restaurants chinois tenus par des marocains ». « Ah bon ? ». « Tu as loué une camionnette ? ». « Oui, avec chauffeur, parce que je dois tenir l’échelle ». « Tu as les autocollants ? ». « Si tu le dis, oui ». « Maintenant, que fais-tu ? ». « Ben, heuuu, je me pose la question, que fais-je ici ». « Tu demandes au chauffeur de te conduire au Champs de Mars ». « De plus en plus ridicule. Me retrouver au milieu de vaches en salopette avec une échelle. Et les autocollants, hein, c’est pour les numéroter ? En binaire ? 0101 0110 1010 ? ». « Ecoute moi. Dans Champs de Mars il n’y a pas que champs, il y a aussi mars ». « J’ai compris : champs de Mars c’est pour les hommes et champs de Vénus c’est pour les femmes. C’est ça ? ». « Le Champs de Mars est un boulevard, un immense boulevard. Et qu’y a-t-il dans un boulevard ? Des carrefours ». « J’en ai un près de chez moi. Je ne vais quand même pas aller faire mes courses à Paris avec une échelle, enfin ». Des carrefours de circulation. Des croisements de route ». « Tu aurais pu le dire tout de suite ». « Et qu’y a-t-il aux carrefours ? ». « Je ne sais pas, moi. Je fatigue. Heuuu, des accidents ? des passages pour piétons ? des policiers qui jouent Béjart avec leurs bras ? Je donne ma langue au chat ». « Si tu es observateur ». « Je suis observateur, na. La preuve, c’est que j’ai déjà vu les danseuses au milieu des carrefours ». « Restons calme. Aux carrefours il y a des coins de rue ». « Je sais. Et quand c’est rugueux c’est pas lisse ». « C’est aux coins de rue qu’il y a des plaques avec le nom de la rue ». « Hé, ça aussi c’est logique. Tu ne m’apprends rien, tu sais ». « Dernière question : qu’y a-t-il de marqué sur les plaques de rue aux coins du Champs de Mars ? ». « De plus en plus débile. Tu me prends pour qui ? Fais attention, avec des questions pareille il va te pousser un entonnoir sur la tête. C’est bien pour te faire plaisir, hein. Aux coins des rues du Champs de Mars il y a des plaques marquées Champs de Mars. On dirait un poème de Prévert. Tu es content de la réponse ? ». « Il ne te reste plus qu’à aller coller 10 devant mars. Pigé ? ». « Ah oui, ça. Hé, c’est génial. Tu aurais pu le dire plus tôt ». « J’ai suivi ton rythme. Un an de plus, ça marque, ça se perçoit dans tes neurones ». « A propos de neurones, ils travaillent toujours. Dis, ce n’est pas dangereux ton truc ? ». « Dangereux ? Pourquoi ? ». « Tu m’as dit que le Champs de Mars était un très large boulevard avec plein de carrefours. Combien de fois vais-je devoir le traverser ? Je n’ai pas envie de me faire choper par un camion avec l’échelle et commencer à faire hélicoptère ». « Tu n’as qu’à faire un côté en entier, tu traverses une fois et tu reviens par l’autre côté ». « Bien vu. Et pour ma statue ? ». « On y pensera l’année prochaine. Mon cadeau d’anniversaire pour toi cette année, c’est d’être resté patient ». « Ah bon ».

19/10/2007

Cherche à faire des économies (5)

« Monsieur, monsieur, vous oubliez votre botte de poireaux ». « Ils ne sont pas bons, vos poireaux ». « Mais, pourquoi les avez vous achetés, alors ? ». « Madame la caissière du magasin de fruits et légumes, par mon acte d’achat, je veux soutenir les petits artisans indépendants face à l’invasion déferlante des grandes surfaces ». « Mais vous osez dire ça ici, chez Carrefour. J’appelle la chef caissière ». « Non, non, ne dérangez personne. Je vais prendre les poireaux. Au revoir, madame ». … … … « Gamin, je ne comprends pas où est l’erreur ». « Surmenage, papa ».

07/08/2007

Cherche les promotions

« Gérard, j’ai une crise d’angoisse ». « « T’es fou, ici, sous le soleil, une crise d’angoisse ». « Gérard, ici je n’ai pas de boîte aux lettres ». « Pas de rappel de facture, c’est pas bien, ça, hein ? ». « Bof, oui, mais je ne reçois pas le toute boîtes de Carrefour ». « Tu t’en fiche des promotions de Carrefour, ici c’est buffet à volonté ». « Gérard, si c’est la semaine de la chipolata, qu’est-ce que je deviens, hein ? ». « Tu boufferas des saucisses de Frankfort, il ne faut même pas les cuire ».

31/05/2007

Cherche Gérard

« Tu prendras bien une cuisse, n’est-ce pas, Gérard ». « Ah, ça dépend. Une cuisse de dinde ou une cuisse de grenouille ? ». « Poulet, coyote. Tu veux une cuisse ? ». « Ah, ça dépend : poulet fermier, poulet de Bresse ? ». « Poulet de Carrefour, coyote, alors, une cuisse ? ». « Ah, ça dépend : carrefour avec des feux ou rond-point ? ». « Ne m’énerve pas, Gérard, je cuisine. En attendant, je te sers un verre, hein, Gérard ». « Ah, ça dépend : un ver de terre, un ver à soie ? ». « Un verre à moi, coyote, pour décorer la table, c’est un verre fantassin, Gérard ». « Pourquoi tu dis ça ? ». « Parce qu’à pied, ce sont les fantassins. C’est un verre à pied. T’as pas fait ton service militaire, Gérard ? Non, hein. T’avais les pieds de travers, Gérard ? T’as pas réussi les tests d’entrée ? T’avais pas le QI suffisant, t’avais que le Q ? Gérard, où vas-tu ? Reviens, il y a deux cuisses qui cuisent, Gérard ».