17/08/2010

La surprise de Robert

J’étais assis sur une chaise inconfortable, dos au mur, dans la chambre de Robert de qui je viens prendre des nouvelles à l’hosto le jour où on lui a fait Exploration du Monde par le pôle sud (le trou du cul pour les mal voyants). Robert venait de rentrer de son don à la science d’imageries médicales et était allongé. C’est alors que son voisin de chambre dit « Je viens de passer des tests pour le canal, le canal, le canal ». « Carpien » dit Robert qui connaissait l’emploi du temps de son compagnon de chambrée.  « Tu sais, c’est pour mon bras que je ne sens plus. On m’a placé des, des, des ». « Des électrodes » crie Robert, de plus en plus énervé. « Ecoute, Josette, ce sont des électrodes mais je te sonnerai plus tard quand l’autre sera endormi ». Robert n’avait pas vu que son voisin de chambrée téléphonait à quelqu’un. Moi : « Robert, ça va ? ». Lui : « Toi, pas un mot. D’où je suis et vu où tu es je ne te vois pas et je ne sais pas si c’est toi qui me parle ». « Heuuu. Bonne nuit, Robert ».

15/08/2010

Robert à la chasse

« Salut, Robert » ? « Robert ? ». « Suis ici, vas m’attendre dehors, je viens d’y arriver de justesse, je t’appellerai quand j’aurai fini ». « Pas question, Robert, je suis et reste à tes côtés ». « C’est pour mon intimité, idiot. On entend tout dans cette chambre ». « Oulaaah, je l’entends bien que tu es aux toilettes et que tu as fini. Je viens d’entendre la chasse ». « Ce n’est pas la chasse, idiot, c’est moi. Vas m’attendre dehors ». « Oulalaaah, Robert, j’ai déjà entendu la cascade de Coo et la chute de Montmorency, mais ce que je viens d’entendre, ça mérite le guide des records  ». « Vas m’attendre dehors ». « Dehors il pleut, Robert, je vais être mouillé. Ici, j’ai de l’animation, de la distraction. Dommage que je n’aie pas pris mon enregistreur ». « Vas m’attendre dehors ». « Quoi, tu n’as pas fini ? Tu vas faire un bis ? ». « Vas m’attendre dehors ». « Robert, si je sors je ne reviens que demain ». « C’est bien ce que j’espère ». « Heuuu ».

14/08/2010

Robert Royco

« Salut, Royco ». « Ou tu (vous) es (êtes)  trompé de chambre coyote (monsieur) ou vous êtes un délégué médical qui croit avoir affaire au chef de service pour lui présenter la dernière innovation en matière de fil à couper le beurre ». « Robert, c’est moi, voyons. Carpe et dis hem. Je sais que tu ne peux ingurgiter que du liquide alors je t’appelle Royco parce que Royco minute soupe ». « Crouton ». « Quoi, Robert. Pourquoi crouton ? ». « Parce qu’il il a des morceaux de carton dans les soupes en sachet ». « Robert, tu n’as qu’à sucer la poudre et jeter les petits cubes comme nous faisions quand nous étions jeunes avec les noyaux de cerises. Tu te rappelles ? ». « Ah, di dju, oui je me rappelle. Nous visions la fenêtre de la vieille Eugénie. A chaque fois elle sortait et disait : Qui c’est ? ». « Vise ton voisin de chambre avec les croutons, Robert, il va croire que ce sont des moustiques et tu vas te marrer quand  il appellera les infirmières ».  

05/08/2010

Le linge de Robert

J’avais promis à Robert, hospitalisé, de l’installer dans sa chambre et de ranger son linge. Lui, il jouait comme un gamin avec les commandes de son lit. Hopla, une partie de jambes en l’air. Hopla, vol à l’horizontale. Hopla, montée en altitude. Hopla, trou d’air. Il n’y a que le looping qu’il n’a pas su faire. « Robert, arrête de faire le con, l’infirmière pourrait entrer ». « Et alors. En pédiatrie les enfants ont des cubes pour jouer. Ici c’est l’avion. C’est compris dans le prix du séjour, je ne vais pas m’en priver ». « Robert, tu comptes rester longtemps ici ? ». « Le temps d’une session d’examens. Pourquoi ? ». « Robert, tu as pris des slips pour deux mois ». « Ecoute, je sais que je vais me faire chier ici alors j’ai pris mes précautions ». « Heuuu ».

06/06/2010

Les suites du retard d'hier

« Papa, Cédric sait que sa maman a du retard mais ne sait pas pourquoi et voudrait que tu m’expliques pour que je le lui dise ». « Gamin, une chose à la fois, procédons par étape ». « Oui, papa. Avec toi je me crois être au tour de France. Vas-y, papa, pédale dans ton encyclopédie qu’on avance un peu ». « Gamin, quand vas-tu la prochaine fois chez Cédric ? ». « Bientôt ». « Gamin, chez Cédric, es-tu obligé de rester dans sa chambre pour jouer ou peux-tu vaquer dans la maison ? ». « Je suppose que je vaque puisque je ne dois pas rester dans sa chambre ». « Bien. On avance. Joue à cache-cache avec Cédric ». « Chouette, j’adore. J’ai compris, papa. Je me cache. Cédric ne me trouve pas. Ses parents non plus. Quand ça devient panique à bord je dis que je dirai où je suis contre paiement d’une rançon et que la rançon c’est expliquer à Cédric le retard de sa maman ». « Non, gamin. Tu en profites pour tout explorer, sauf le frigo, et tu repères la manne à linge ». « Pourquoi, papa ? ». « Parce que c’est souvent au repassage que les femmes ont du retard ».

27/05/2009

Cherche à prendre mon pied

Hier j’ai pris mon pied. Dans une souche d’arbre en allant vider ma vessie près d’une route. Pendant que j’admirais de près le sol wallon jonché de canettes, d’emballages vides ayant contenu des bonbons ou des barres chocolatées, de sacs pleins dont on pouvait dire à l’odeur qu’ils ne dataient pas d’hier, je me suis dit : « Toi, tu viens de prendre ton pied ». A quoi je me répondis : « Pourquoi donc ne prendre qu’un seul pied ? Le plaisir serait-il réservé aux unijambistes ? Pendant qu’une herbe folle agitée par un petit vent, pas de moi, hein, le vent, me taquinait la narine gauche, je pensais au cul-de-jatte qui ne prend jamais son pied et qui ne trouve jamais la bonne pointure dans un magasin de chaussures. Que dire de son chien à qui il crie « Médor, au pied ». Au fond, il n’y a pas que des lampadaires dans la vie, il y a aussi des lampes de chevet. Chacun a son utilité. Si j’achète un lampadaire pour ma table de chevet je vais devoir trouer le plafond. Et ce sont les gens du sixième étage qui profiteront de ma lumière. Au sixième, ce sont de jeunes mariés. Ils prennent souvent leur pied. Je l’imagine d’ici, par terre, à deux mètres de la route, elle, dans leur chambre, dire à son mari : « Chéri, as-tu mis de l’engrais sur la moquette ? Il y a une lampe de chevet qui pousse. Je ne trouve pas l’interrupteur et ça m’empêche de dormir ». « Dévisse l’ampoule ». « Oui, mon chéri que j’adore ». Sur ces bonnes paroles je me suis endormi. Ce sont des policiers de la brigade de la route qui m’ont secoué : « Monsieur, réveillez-vous. Si vous preniez votre pied avec une dame, il y a longtemps qu’elle est partie ».   

25/10/2008

Tûûût 26 ter. Cherche une robe de chambre

« Allo, le magasin de vêtements ». « Oui, monsieur ». « Vendez-vous des robes de chambre ? ». « Oui, monsieur. Quelle taille ? ». « Heuuu, quatre mètres sur trois. C’est le lit qui est grand, vous comprenez ? ». Tûûût, tûûût, tûûût.

07:15 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : tuuut, allo, vetement, robe, chambre, heuuu |  Facebook |

19/10/2006

Cherche à payer l'essence

"Bonjour, madame, c'est la pompe quatre". "53 euros 69. Attention, Bancontact Mister Casch est en panne". "Ah, ah ah, ah ah ah, et je paie comment, hé, hé ?". "Uniquement en liquide, monsieur". "Ah, ah ah, ah ah ah, excuseeez-moi c'est nerveux. C'est parce que le seul liquide que j'ai c'est l'essence dans mon réservoir". "Monsieur, vous me devez 53 euros 69". "Ah, ah ah, ah ah ah, oh, hé hé, pour le 69 on peut s'arranger mais pour le 53, je ne connais pas. Demandez un dépanneur de Mister Flache". "C'est fait, monsieur". "Et bien, j'attend, hé hé". "Il sera là demain. Et arrètez d'imiter Daerden, ça m'énerve". "Haaa, hé, hé, hooo, je vais faire comme le gamin. Lui, il fait vacances à la neige, vacances à la ferme, vacances à la mer. J'ai vu que dans votre superette il y a de quoi prendre un copieux petit déjeuner. Je vais faire vacances à la station service. Avez-vous des chambres ?". "Des chambres, vous êtes fou !". "Hé, hooo, pas des des chambres à air, hé hé hé, des chambres pour dormir". "Monsieur, vous me devez 53 euros 69". "Mais vous êtes une têtue, vous, hé hé. Je plains monsieur". "Il n'y a pas de monsieur dans ma vie". "Ca ne m'étonne pas. Et bien, vous allez en avoir un, pour une nuit, dans votre garage. Dites-moi simplement où sont les toilettes et où je peux trouver un tire-bouchon".