15/05/2010

Cherche la souris fantôme

« Papa ». « Oui, gamin ». « C’est bizarre, papa. Hier j’avais un trou à une de mes chaussettes. Pendant la nuit le trou a changé de côté ». « Je sais, gamin, ça fait partie des phénomènes naturels inexpliqués, catégorie vie quotidienne ». « Ce serait une souris fantôme, papa ? ». « Ah oui ! Comme celle qui vit dans le frigo et qui fait disparaître des tranches de jambon. C’est cela, oui, c’est cela ». « Tu crois que c’est la même, papa ? ». « Il y en a peut-être plusieurs, gamin. Une spécialisée dans le déplacement nocturne des trous de chaussette et une autre dans la disparition des tranches de jambon ». « Il y en a d’autres, papa ? ». « Ecoute, gamin. Pas plus tard que la semaine dernière j’arrive au bureau. Devine ce que je fais ». « Tu dis bonjour à tout le monde, papa ». « Gamin, la toute première chose que je fais, c’est pipi. C’est une réaction due à une combinaison. Les petits cafés du petit déjeuner et la durée du trajet pour aller au bureau. Devine ce qui m’arrive ». « J’sais pas, papa ». « J’arrive dans les toilettes homme, devant un urinoir. Debout. Fixe. Puis repos. Déposer mallette. Ouvrir braguette pantalon. Chercher l’engin. Surprise. Pas d’accès via le slip ! Obligé baisser pantalon. Fouilles. Une souris fantôme avait mis la braguette à l’arrière de mon slip. Je te fais grâce de la suite parce que trois collègues sont entrés dans les toilettes à ce moment là ».

23/07/2009

Cherche le trois pour deux

Acheter le trois pour le prix de deux c’est mon sport favori. Hop, trois boîtes de champignons à réchauffer au four à micro-ondes pour le prix de deux, hop, dans le caddy, trois boîtes de raviolis sauce tomate à réchauffer au four à micro-ondes pour le prix de deux, hop, dans le caddy. Malgré mes efforts je n’ai jamais trouvé de chaussettes à trois pour deux. Pourtant, je serais content d’avoir une troisième chaussette quand mon orteil gauche fait coucou à travers de la deuxième. Trois saucisses de campagne pour le prix de deux, hop, dans le caddy. Deux paquets. Six saucisses pour le prix de quatre. Nous sommes deux, le gamin et moi, et ça fait trois jours de saucisse de campagne raviolis sauce tomate pour le prix de deux. Je suis un fanatique des trois pour deux : j’ai trois paniers pour chien avec coussin dont je me servirai pour mettre les petits pains quand je recevrai des invitées, j’ai trois recharges d’agrafes et j’attends que les agrafeuses soient à trois pour deux, j’attends impatiemment que les sapins de noël soient à trois pour deux pour les stocker dans la cave. Hier, le gamin m’a empêché de faire une bêtise.  « Papa, que vas-tu faire avec trois bouettes sur le balcon au cinquième étage ? ». Il a raison mon gamin, je dois maîtriser mes impulsions.

03/03/2008

Tûûût 008 Cherche une chaussette

« Allo, l’accueil du supermarché ? ». « Oui, monsieur ? ». « On m’a dit que je n’aurai pas de chaussettes chez vous, c’est vrai ? ». « Le rayon chaussettes est dans le département linge et linge de maison, monsieur, juste après les taies d’oreiller ». « Bizarre ». « Quoi, monsieur ? ». « Rien, je parlais à moi-même. Les chaussettes près des taies d’oreillers, je trouve ça bizarre, habituellement c’est ma tête que je mets sur l’oreiller, pas vous ? Vous faites du 69, vous, hein. Ca ne me regarde pas. En fait, c’est Gérard qui m’a dit que je ne trouverai pas une chaussette chez vous ». « Il veut peut-être dire que les chaussettes sont vendues par paire, monsieur. Une paire, c’est deux chaussettes ». « Je le sais bien, hein, ça, madame, voyons, c’est comme on dit une paire de couilles, hein. Dites, madame, mon problème personnel c’est que je n’ai besoin que d’une chaussette, une noire taille 42, parce que j’en ai une qui a un trou, au pied gauche, enfin, pas tous les jours, c’est parfois à droite. Madame, soyons brefs, dites-moi où est le rayon des une chaussette ». Tûûût, tûûût, tûûût.

17/02/2007

Biglodion : un an d'annonces (13)

Un an de petites annonces, ça se fête. Voici une des premières annonces, pour vous :

 

Déplacement inexpliqué de trous.

 

« Ce matin, j'enfile mes chaussettes et, paf, un gros trou au pied droit. Or, hier, j'en suis certain, j'avais un gros trou au pied gauche. J'ai peur. Bon sang, comment, la nuit, un trou a-t-il pu passé d'une chaussette à l'autre ? Je vais devoir dormir avec les chaussettes. Non, s'il vous plait, pas les chaussettes. J'ai déjà trop chaud avec l'écharpe et le passe-montagne. En plus, je suis chaud des pieds, ben oui, comme d'autres sont chauds d'ailleurs. Mais ce déplacement de trou pendant mon sommeil me fait peur. Je cherche un ouvrage sur les phénomènes paranormaux, plus spécialement sur les déplacements nocturnes de trous. »

23/10/2006

Cherche à échanger des chaussettes

"Allo, maman". "Ca alors, c'est toi qui me téléphone, que se passe-t-il ?". "Ben, heu, j'ai besoin d'un conseil". "Ah, ah, tu vas enfin essayer de préparer une salade, c'est ça". "Non, maman, un conseil vestimentaire. J'ai acheté des chaussettes". "J'espère bien que tu ne marches pas pieds nus, idiot". "C'est que, heuu, j'ai acheté des chaussettes grosses mailles pour l'hiver mais elles tiennent ensemble". "Idiot, ceux qui ont deux pieds ont besoin de deux chaussettes, non ? Coupes le petit fil qu'il y a au dessus, idiot. Utilises des ciseaux, hein, pas le couteau éléctrique, ha, ha, ha". "Mais non, maman, tout le dessus tient ensemble". "Comment ça ? Retourne au magasin avec le ticket de caisse". "En fait, je ne sais pas si tu vois, hein, maman, mais les chaussettes remontent jusqu'au dessus des jambes et puis tout tient ensemble, comme un slip". "Tu prends ta mère pour une idiote, idiot, je vois très bien, tu as acheté des panties". "Ah bon ! Et comment on fait pour faire pipi ?" . "On les abaisse, idiot". "Mais maman, devant les urinoirs, au bureau, je ne peux quand même pas descendre mon pantalon et descendre la double chaussette". "C'est ton problème". Je cherche à échanger deux chaussettes siamoises, dénommée panties, contre deux chaussettes normales.

14/08/2006

Cabine d'esayage (reprise du 15.05.06)

Quatorze heures, un pantalon en vitrine m'est tombé dan l'oeil. "Bonjour, Madame, c'est pour le pantalon en vitrine". "Lequel, Monsieur,il y en a au moins quarante". "Celui que j'aime bien". "Venez me montrer dehors". "Là, là, là, c'est lui". "Du calme, du calme, rentrons, je vais en chercher un. Quelle taille ?". "Un mètre quatre-vingt quatre". "Votre tour de taille ?". "J'sais pô. Je vais téléphoner à maman". "Pas nécessaire, je vais la mesurer". "Hé, relevez-vous vite, on nous regarde". "Cinquante". "Ah, c'est dix de plus qu'Ali baba, hé, hé, hé". "Calmez-vous, Monsieur, vous avez déjà renversé trois présentoirs et cinq mannequins. Je file à la réserve". "Mon pantalon est décousu, si ça continue on verra l'trou d'mon pantalon qu'est". "Monsieur, allez m'attendre dans la cabine d'essayage, s'il vous plait, et ne bougez plus". "Hé, c'est comme pour une radiographie du thorax, hé, hé, hé". Trente secondes plus tard. "Voilà, mais vous êtes tout rouge". "Ben oui, c'est dur, pas bouger, pas respirer". "Vous ne manquez pas d'air, vous. Allez, essayez-moi ça". Hop, chaussure droite, hop, chaussure gauche, hop, pantalon. "Maman, maman, regardes, là, en dessous de la tenture, il y a un monsieur avec des gros trous à ses chaussettes". "Pchiiiit". "Mais, maman, les trous dans les chaussettes". Paf. "Ouiiiin". J'ai essayé de faire le flamand rose, sur une jambe. Inutile, j'avais des trous des deux côtés. J'entendais bien que ça défilait devant la cabine. "Hihihi". "Hahaha". "Hohoho". Dix-huit heures et une rawette, soit quatre heures plus tard : "Vous pouvez sortir, les clients sont partis". "Le temps de remettre mon pantalon et j'arrive. Dites, vous auriez pu mettre de la lecture dans la cabine, non". "Alors, il vous va comment ?". "Comme un gant. Je le prends". "Faudra revenir demain, la caisse est déjà fermée".

21/03/2006

Cheche aiguilles à tricoter

C'est un drame. J'avais promis un nouvel hamster au gamin, vu qu'on en perd beaucoup. Le vendeur a dit "Je n'en ai plus. Vous les mangez ou quoi?". Pour le calmer, le gamin, pas le vendeur, j'ai acheté six souris blanches. Nous sommes rentrés tous les huit à la maison et nous avons mis les six dans la cage à hamster. Erreur. J'aurais dû y penser. Les souris sont plus petites que le hamster. Elles sortent de la cage entre les barreaux. J'ai appelé à l'aide à Guantanamo mais on m'a répondu en étranger. Je ne connais pas un filet d'américain. J'ai passé une demi-nuit blanche car, à 04 heures du matin, j'ai abandonné de les remetre à chaque fois dans la cage. J'achète six souris et j'en ai rattrapé huit cents dix-huit. C'était la pèche miraculeuse, la multiplication des croissants, la génération spontanée. J'ai l'air de rigoler mais en fait, mes nerfs craquent. Des souris blanches, avec une tête blanche, avec une queue blanche et avec des yeux rouges, la nuit, c'est effrayant, on dirait de petites voitures qui reculent. Je m'imaginais avec un képi et un sifflet en train de faire l'épouvantail à automobilistes place Meyser à l'heure de pointe. Au petit matin, je n'en ai plus vu qu'une. Elle faisait du nettoyage, elle mangeait un pop-corn qui avait dû rouler sous un meuble. Je me suis énervé. Quand le gamin m'a vu brandir la tapette à mouches, il a hurlé qu'il allait aller se plaindre chez le juge des enfants. C'est à ce moment que le génie s'est réveillé en moi. Je vais doubler les barreaux de la cage du hamster avec des aiguilles à tricoter. Mais je n'en ai pas, je ne sais pas tricoter et je garde mes chaussettes jusqu'à trois orteils qui dépassent. Plus, c'est inconfortable. Je cherche donc des aiguilles à tricoter, de 62 centimètres (c'est la longueur de la cage à Kiki) et de 38 centimètres (c'est la largeur).