13/10/2009

Cherche le beau surgelé

" Gamin, les papas sont là pour apprendre à leurs gamin, même si ceux-ci les font chier ". " Oui, papa, tu m'as déjà dit mille fois que toi tu pouvais dire faire chier et que je dois attendre ton âge pour pouvoir le dire aussi ". " Oui, gamin ". " Mais, papa, ça fait trois ans que tu me le dis et, à chaque année, il y a une bougie de plus sur ton gâteau. Si tu deviens centenaire je devrai attendre de le devenir aussi pour faire chier tout le monde ? ". " Oui, gamin ". " Mais, papa, ce que tu dis est aussi débile que le coiffeur qui avait fait peindre sur sa vitrine DEMAIN ON RASE GRATUITEMENT ". " Gamin, un papa doit instruire son gamin mais le gamin doit expliquer à son papa quand le papa ne comprend pas. C'est quoi cette histoire de coiffeur ? ". " Ben, papa, quand les clients venaient se faire raser gratuitement le coiffeur disait que c'était demain et, pour le prouver, il disait d'aller voir ce qui était écrit sur sa vitrine ". " Mais c'est de la publicité mensongère, ça, comme sur les plats préparés surgelés. Tu ouvres le paquet et, dedans, il n'y a pas les brins de ciboulettes qui sont sur la photo. Ni la vapeur qui s'échappe des petits pois carottes bien chauds. Ni la belle assiette. Ni la nappe. Ni le verre de vin bien rempli ". " Papa, tu devrais lire les emballages. C'est marqué suggestion de présentation ". " Ah, ça, gamin, pour être suggestif c'est suggestif. C'est tellement suggestif que je n'achète des surgelés que lorsque la photo est jolie ". " C'est du trompe l'oeil, papa ". " Oh, gamin, à propos de trompe l'oeil, regarde ce que j'ai photographié à Vesoul ". " Tu t'es encore fait avoir, hein, papa. Madame a voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul. Et l'accordéon. Et les flonflons ". " Ben, heuuu ".

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30/04/2009

Cherche l'énigme

« Docteur, pour les séances de divan, faites-vous des abonnements à prix réduit ? ». « Non, pourquoi ? ». « Je crois que ça va être long avec moi, docteur. Je suis une énigme pour moi-même ». « Qu’est-ce qui vous turlupine aujourd’hui ». « Je n’aime pas ce mot, docteur. Je n’ai plus turlupiné depuis des années-lumière. Il n’y a plus de lumière, docteur. Quelqu’un a du couper le courant ». « Avez-vous des indices sur l’origine ». « Quelqu’un m’a dit que je faisais une obsession sur les raviolis ». « Ah bon ! Je ne vois pas le rapport ». « Vous voyez, docteur, vous ne voyez rien non plus. Pas de rapport, c’est ça qui me turlupine ». « Mais ! ». « Docteur, moi je peux le dire. Je paye pour le dire ». « Sans vouloir vous demander le prix d’une séance, expliquez-moi comment vous préparez les raviolis ». « En ouvrant une boîte, docteur ». « Bien, bien. Ensuite ? ». « Quand c’est chaud j’appelle le gamin pour qu’il vienne à table ». « Je veux dire : entre les deux que faites-vous ? ». « J’allume le gaz. Le gamin n’aime pas les raviolis froids ». « Bien. Racontez-moi. Que mettez-vous sur les raviolis, du gruyère, du parmesan, du persil de la ciboulette ? ». « C’est quoi ça, de la ciboulette, docteur ? ». « Ce sont de fines herbes qu’il faut couper en tout petits morceau ». « C’est trop dangereux la ciboulette, docteur ». « Mais non, c’est bourré de vitamines ». « Je veux dire que c’est dangereux pour moi si je dois la couper en petits morceaux, docteur. Je n’ai déjà pas facile pour ouvrir la boîte, j’en mets partout, d’ailleurs je ne mets plus les raviolis dans une casserole, ça fait trop de vaisselle, je chauffe la boîte ». « Mais il n’y a pas de manche à une boîte ! ». « Je sais ». « Et alors ? ». « J’attends que ça refroidisse. Une expérience m’a suffit. Pas con, hein, docteur ». « Ce sera tout pour aujourd’hui. Vous restez une énigme pour moi ». « A propos, docteur ». « Oui ». « Pour la prochaine fois mettez plus de coussins sur le divan ».

09/09/2008

Cherche à écouter les crevettes

« Mesdames, messieurs, aujourd’hui profitez de notre promotion sur les crevettes, les crevettes en barquettes ». « Ah, ça c’est con. Des crevettes en barquette ! J’ai déjà vu des crevettes en tomate, serrées les unes dans les autres comme des indonésiens dans un camion de transport collectif mais des crevettes qui rament ! Où vont-ils chercher des idées pareilles, je me le demande. – Que fait-on, Capitaine Crevette ? – On cherche la mer Mayonnaise et puis on rentre à Port Tomate. – Pensez-vous, Capitaine Crevette, que nous serons accueillies par une pluie de confettis en persil ? – Si la ciboulette est en promotion aujourd’hui, ce seront des confettis en ciboulette. – Capitaine Crevette, je viens d’entendre la nouvelle promotion : c’est pour les soutiens, ils font les bonnets D au prix des bonnets A. – C’est parce qu’ils ont trop de tissus, c’est pour liquider leur stock. – Capitaine Crevette, quel drame si une ménagère nous met dans un bonnet D en promotion. – Impossible, de mémoire de crevette, on n’a jamais vu de persil ni de ciboulette dans un bonnet D. – Capitaine Crevette, si nous tombons sur une ménagère accouplée à un sexmaniaque ? – Horrible, ce sera horrible. Changement de cap. Ramons vers la pâte à tartiner au chocolat et aux noisettes. – Mais, Capitaine Crevette, la pâte à tartiner chocolat noisette n’est pas en promotion. – Je sais, mais chocolat noisette crevette, c’est immangeable ». « Mesdames, messieurs, suite à un incident indépendant de notre volonté, vous trouverez exceptionnellement les barquettes de crevettes, en promotion, au rayon des pâtes à tartiner ».     

24/08/2006

Cherche à éliminer des merguez

Les toilettes étaient occupées, l'urgence devenait insoutenable, je me tortillais dans tous les sens, je suis allé dehors me soulager dans un vieux bac en fer. Je ne savais pas que c'était le barbecue du copain. Il n'a jamais su l'allumer. Moteur noyé. Le copain pestait. Quel redoutable pesticide quand il s'y met. Moi : "Heu, non, rien vu, j'avais le dos tourné, j'admirais tes hortensias, peut-être une averse très localisée, c'est la mode en ce moment". Les nanas invitées se sont évaporées les unes après les autres. Dommage, car après les huit litres de sangria améliorée gin-vodka, elles étaient à point. C'est pas comme les merguez. C'est dégueulasse des merguez crus. J'ai essayé de les fumer avec un briquet mais la graisse explose. Le copain pesticide déprimait, il voulait se pendre à sa ciboulette. Quelle idée, un effet secondaire de la sangria je suppose. Non mais, je l'en ai empêché, la ciboulette, pour moi, c'est sacré. Quand un curé fera ses hosties en omelette à la ciboulette, je retournerai à la messe. Content que je reste avec lui pour contempler le désastre, le copain m'a offert les huit kilos de merguez. Crus. Oui, crus, pas cuits. Je cherche quelqu'un chez qui il ne pleut pas et qui fait un barbecue pour refiler huit kilos de merguez. Sangria s'abstenir, uniquement pastis.