03/08/2009

Récit d'un ketchup 8

« Monsieur, arrêtez de tripoter les commandes du lit, vous n’êtes pas à la foire ici, vous êtes dans une clinique ». « Vroum, vroum, vrouuum ». « Monsieur, je vais devoir vous lier si vous continuez ». « Vroum, vroum, attention la piétonne en blanc, je démarre, tutûûût ». « Monsieur, ne bougez pas, je vais aller chercher un calmant ». « Appelez les flics tant que vous y êtes, on va faire un constat. Voulez vous desserrer le frein à main, s’il vous plaît, je n’y arrive pas ». « Monsieur, lâchez ça, c’est l’arrivée d’oxygène ». « Merci, je me demandais d’où venait le pschipschiiit, je pensais à une crevaison. Ce serait bête, hein, si près de l’arrivée ». « Une fois pour toutes, monsieur, arrêtez avec le lit. Non, vous n’arriverez pas à faire un looping ni l’effet papillon (*) ». « Excusez-moi, madame, mais je suis tellement excité devant tant de technologie. Dans ma Citroën Albert Lingo, je n’ai que avant-arrière et l’inclinaison du dossier ».

(*) L'effet papillon, c'est faire monter et descendre, très vite et simultanément, la tête et le pied du lit.

13/12/2008

Cherche une tête et un hibou

C’est encore moi, pour la crèche vivante. Je simplifie : je vais faire la crèche vivante avec des animaux morts. Je cherche une tête de cerf sur une planche en chêne et un hibou empaillé. Et aussi un manneken pis avec le zizi en tire-bouchon, pas trop grand, pour faire le petit jésus. Ce sera du plus bel effet si je le mets couché. Pour les moutons je mettrai des boules d’ouate de démaquillage. J’en cherche aussi parce que je ne me démaquille pas vu que je ne me maquille jamais. Je cherche aussi un sapin, intelligent, capable de prendre l’ascenseur tout seul et de monter au cinquième. Avec les boules si possible. Important : je cherche aussi un emplacement de parking dans ma rue pour ma Citroën Albert Lingo pour ne pas devoir me promener avec une grosse dinde surgelée. D’avance merci  pour tout.

27/08/2008

Cherche à bien rentrer - 4

Cette fois, rentrer veut dire rentrer dans un garage. J’ai pris une option pour la location d’un garage vu que la Citroën Albert Lingo que je possède possède, elle, un côté latéral sans griffe, sans trou, sans bosse. Elle a donc de beaux restes qu’il faut préserver. Si je la revends, c’est ce côté que je publierai en photo sur internet.  Petits malins, vous l’avez deviné, c’est le côté du côté de la rue puisque de l’autre il y a le trottoir et ses poteaux et que, à l’avant et à l’arrière, il y a d’autres véhicules quand je me parque.  J’ai essayé le garage. D’abord en marche avant. Ma chance, j’avais ouvert la porte du garage . Mais, pas de bol, une fois dedans je n’arrivais plus à ouvrir celle de mon véhicule. Le mur était trop près. En sortant mon véhicule j’ai failli écraser une usine à crottes. Tant pis si je me fâche avec les toutouistes. J’ai ensuite essayé de rentrer mon véhicule en marche arrière. Une demi-heure. Un embouteillage monstre. « Roucoule, roucoule » criait Lindadi Souza, la femme de Gonzales, le droite. Mais, quand tu roucoules, la gauche est à droite et la droite est à gauche quand tu t’assieds à genoux sur ton siège pour voir ton cul. Le cul de la voiture, bien sûr, parce que le tien, il est toujours derrière toi, quoiqu’il arrive. « Lindadi, ta gueule, je ne vais pas y arriver tout seul, alors, si tu m’aides, ça va être pire ». J’y suis arrivé, un conducteur de bus qui s’énervait dans la file ayant pris le volant. Qui peut le plus peut le moins ou, comme disait ma grand-mère, on dit bien basse messe dans une grande église quand elle avait utilisé une immense casserole pour faire sa sauce lapin. Le conducteur de bus a su faire entrer mon auto. Moi, je m’étais caché dans le coffre. C’est quand il a dit « Nom di dju di nom di dju » que j’ai compris qu’il y avait un problème. Le même que lorsque j’étais entré en marche avant. Trop étroit. Un garage fait pour des japonaises. Tant pis si je me fâche avec ceux qui ne roulent pas européen. Mais c’est petit, des japonais. On en mettrait six sur les cuisses sièges avant d’une allemande. Dix-huit dans mon Albert Lingo, coffre compris. Alors que j’étais toujours dans le coffre en train de faire coucou aux badauds, le conducteur de bus a sorti la voiture, en marche avant, ce qui est logique puisqu’il était entré en marche arrière. Je dis ça pour ceux qui n’ont pas suivi depuis le début. Je me suis retrouvé dans la rue. Sans place de parking à cause du retour des vacanciers. Et bien non, je ne louerai pas ce garage.