28/06/2010

Prendre son pied de porc (2)

« Papa, tu m’as promis de m’expliquer le pied de porc ». « Gamin, c’est simple. Porc égale cochon ». « Comme quand tu vas sur les sites cochons quand je dors, papa ? ». « Non, gamin. Tu as déjà mangé une côtelette, non ? ». « Des côtelettes d’agneau chez Mamy et Papy ». « Je m’en doutais, gamin, tes grands-parents maternels te font sucer des bouts d’os barbecutés en te disant que ça sent bon le romarin en poudre. C’est ça ? ». « Oui, papa, ça pue le méthanol et il n’y a à manger que des patates à peine cuites dans du papier aluminium qu’il faut éplucher soi-même ». « Gamin, et ta maman ne t’épluche pas les pommes de terre ? ». « Non, Mamy et Papy m’explique qu’elle a trouvé un type qui sait la faire sauter et que ça la change de toi ». « Ah bon ! ». « Oui, papa ». « Sauter ? ». « Oui, papa ». « Pourvu qu’en la faisant sauter ce type la mette sur hors-bite ». « Oui, papa. Dis, papa, c’est quoi le pied de porc ? ». « Demain, gamin. Je te le dirai demain. Aujourd’hui il faut que j’imagine la boustifaille que les vieux cons te font bouffer ». « Oui, papa ».

30/01/2010

Cherche les carottes

« Gamin ». « Oui, papa ». « Gamin, où sont les carottes que je dois cuire pour le repas de midi ? ». « A l’école, papa ». « Quoi, des carottes à l’école. Elle se les met où ta maîtresse ? Elle se prend pour le tunnel sous la Manche ? ». « Papa, demain avec l’école on va visiter une ferme. Avec des veaux, vaches, cochons, couvées et des lapins. Madame a demandé d’apporter un peu de nourriture ». « Et tu trouves que quatre carottes c’est un peu de nourriture ! Gamin, c’étaient nos légumes pour deux jours ». « Papa, madame a dit que les agriculteurs vont de pis en pis et qu’il faut les aider ». « Avec les vaches peut-être, ils n’arrivent plus à faire leur beurre avec leur lait, mais avec des lapins ! Aller de pis en pis avec des lapins, non mais, on aura tout vu. Sais-tu que le pire mois pour les agriculteurs c'est le mois de février parce qu'ils n'ont que vingt-huit jours pour se plaindre. Tu dois rayer ces idées reçues d’une traite, gamin. Les agriculteurs, s’ils écossaient leurs petits pois, ils pourraient vendre des kilts et des plaids à carreaux ». « Papa, on mange quoi ce midi ? ». « Raviolis, gamin ». « Ah ». « Oui, et sans carotte dans la sauce ».

09/12/2009

Cherche deux têtes

C’est la saison du gibier et, pendus aux murs des restaurants, il y a des têtes de cerfs, de chevreuils, de sangliers. Autant de têtes pressées (dans certains coins reculés du monde on dit de la hure) qui ne viendront pas remplir nos assiettes avec l’étiquette « Pâté de nos forêts ardennaises » ! C’est vrai, quoi, on mange du porc toute l’année, ce n’est pas pour en manger encore aux réveillons. Car, quand je lis la composition du « Pâté de nos forêts ardennaises » et que je vois qu’il y entre trois pourcents d’abats de gibier divers selon arrivage, quatre-vingt onze (91 pour le suisses et les belges) pourcents de porc et que le reste se partage en sulfite, bouillon de bœuf, exhausteur de goût, conservateur et une panoplie d’autoroutes européennes (E19, E411, Périphérique nord, Ring de Bruxelles) Je me dis que, pour Noël et pour la santé du gamin, rien de tel qu’une côtelette et, en entrée, du boudin. Quoique, à propos du boudin, j’ai des doutes : comment le cochon sait-il que ça va être Noël et qu’il doit se mettre à fabriquer du boudin aux raisins et aux morceaux de pomme ? Encore un mystère de la nature. A défaut de manger du gibier ou du pâté d’alouette (composition : un bœuf, une alouette) je cherche deux têtes bestioles ardennaises pour suspendre au mur afin de donner un petit air de fête dans l’appartement.

18/07/2009

Cherche les papys gustatives

" Papa, pourquoi dit-on UNE papy gustative alors que papy a des couilles et est un mâle ? ". " Gamin, j'ai toujours dit que le père de ta mère est un porc. Et les porcs, ça mange comme des cochons ". " Papa, si papy est une cochonne il faut dire truie et il ne faut pas faire aux truies ce que tu ne voulasse point qu'on ne te fisse ". " Gamin, tu as eu combien à ton dernier examen de français ? ". " Plus que toi au même âge, papa ". " Gamin, parlons d'autre chose. As-tu rangé ta pléstécheune ? As-tu ciré tes chaussures, et les miennes, sans mettre du cirage plein les murs ? As-tu pelé les pommes de terre pour le repas ou dois-je cuire des pâtes ? As-tu pissé du haut du balcon du cinquième quand il pleuvait pour économiser l'eau de la planète en ne tirant pas la chasse ? As-tu retiré Kiki, ton hamster, du bocal de Maurice, ton poisson rouge ? Tu sais, gamin,les hamsters ne sont pas admis aux jeux olympiques de natation ". " Papa, je ne saurais pas te répondre, tu parles comme une femme, tu poses trente-six questions en même temps, c'est à cette heure-ci que tu rentres, qui as-tu rencontré, comment s'appelle-t-elle, une poule de luxe je suppose, combien en as-tu bu, quand déboucheras-tu l'évier, grimpe à quatre pattes je n'irai pas t'aider à monter, j'espère que tu seras à la hauteur quand maman sera là demain pour dîner, c'est quoi cette facture de restaurant dans ton portefeuille, ta poule a mangé du canard, dis-moi tout ou je continue à te faire souvenir avec le rouleau à tarte ". " Gamin, où as-tu appris tout ça ? Tu as eu des leçons de vie à l'école ? ". " Non, papa, c'est chez Papy et Mamy quand Papy rentre très tard. Je fais semblant de dormir mais j'écoute ". " Tu as vu le rouleau à tarte, gamin ? ". " C'était splendide, papa. Mamy ressemblait à une fermière qui enfonçait des piquets de clôture pour un pré à vaches ". " Ah ça, gamin, pour être vache elle est vache, ta Mamy. Elle doit tenir ça de sa fille ". " Papa, tu ne dois pas dire ça de maman. Maman c'est ma maman. Et toi tu es mon papa. Quand Papy dit que tu es un con je lui réponds que plus con que lui tu meurs ". " Gamin, tu es vraiment un chouette gamin ".

13/02/2009

Cherche la signification du 14 février

« Allo ». « Heuuu, allo, bonjour madame ? ». « Alors, on se prépare ? ». « Heuuu, oui, je suppose. Je vais aller faire mes courses, c-à-d acheter du thon puisque le thon c’est du poisson et qu’on est vendredi et que Jésus, s’il était encastré entre un bœuf et un âne à sa naissance, a continué sa vie sous le signe du poisson qui se dit Pie Seize en romain. Le vendredi est donc le jour du poisson mais, vu que ce vendredi est un vendredi treize, je prendrai du thon en boîte, sans arêtes, parce que, me connaissant, si j’achète du thon, une darne de saumon ou du cœur de cabillaud frais un vendredi treize je vais revenir avec un stock de cure-dents qui ne sera pas fini quand je quitterai l’hospice les pieds devant ». « Je ne parle pas d’aujourd’hui, abruti, je parle de demain. Quel jour serons-nous demain ? ». « Facile, madame. Demain nous serons le quatorze, non ? ». « Oui mais, quelle est la spécificité du quatorze février ? ». « Facile, madame. Cette année le quatorze février est un samedi. C’est un jour spécial car c’est le jour du marché. Je serai prêt demain pour y aller. J’y vais quand le marché est fini, pour ramasser ce qui est par terre aux légumes et aux fleurs, surtout les fleurs séchées.  Je donne le tout à Kiki, sauf du chou. Kiki, c’est le hamster du gamin. Avec ça il pue moins de la gueule quand il pète ». « Je répète ma question, idiot : qu’a de spécial le quatorze février ». « Madame, vous m’avez appelé idiot, comme maman. Vous la connaissez ? ». « Fils d’imbécile, demain c’est la Saint Valentin. Y penses-tu ? ». « Horreur, je vous ai reconnu. Maman, c’est toi ? ». « Qui veux-tu qui pense à toi, idiot. Je te signale au passage que je ne suis pas encore une horreur ». « Heuuu, si, si, heuuu, non, non. Je voulais dire que les voix sont déformées avec mon téléphone ». « Tu es comme les chats, toi : on devrait leur couper les pattes avant de les jeter par la fenêtre. Quand est-ce que j’aurai une nouvelle belle-fille à enquiquiner ? ». « Maman, efface ce que tu as dit sur les chats, s’il te plait. Pense à mes amis qui aiment les animaux. Moi-même, si je n’ai que deux hamsters et un poisson rouge, c’est parce que j’habite au cinquième. Adieu, veaux, vaches, cochons, couvée. Ici, le marsupilami est en latex. Je ne me sers de sa queue pour me déboucher le nez et les oreilles. Me comprends-tu, maman ? ». « Demain, idiot, tu vas à la pèche, compris. Tu sors en boîte, comme on dit maintenant et tu m’en trouves une qui a un travail stable, pas trop jolie parce que tu vas te le faire piquer, qui se plante la queue du marsupilami et le reste où elle veut et qui a l’esprit de famille pour accepter qu’une belle-mère vienne habiter chez elle parce qu’elle se fait vieille. Compris ». « Heuuu ». « Je te sens dubitatif ». « Tu sais, maman, je ne me suis jamais rasé à cet endroit là. Mais je vais suivre ton conseil sur les boîtes. Deux boîtes, ce sera encore mieux ». « Demain soir : au rapport. J’attends son coup de fil qui m’invite chez toi ». « Oui, maman. Au revoir, maman. Le bonjour à ton amie Lucienne. Je te quitte parce que j’ai pipi caca et ça urge ».     

19/08/2008

Cherche à vendre un cochon

Hello, ce sont les vacances d’été. J’ai pris mes quartiers d’hiver à la cave. Je la vide. J’y ai retrouvé une médaille. C'est celle du Mérite Agricole reçue il y a longtemps d'un oncle qui avait une ferme. Je l'arbore fièrement quand je vais à un vin d'honneur. Surtout qu'elle est grande puisqu'on devait la voir quand elle était pendue au cou du cochon de mon oncle. C'est grâce à cette médaille que je suis souvent invité, à condition que je la porte. Mon oncle est décédé depuis longtemps. Je n’ai pas de nouvelles du cochon mais il reste sa tête sur une planche en bois. Je pense que c’est du chêne. En tout cas ce n’est pas du Ikéa. Il a bien vieilli, le cochon. Gérard, a qui je l’ai montré, m’a dit que c'est une tête de sanglier, vu qu’il n’a pas de corne et que ce n’est donc pas une tête de cerf, mais qu’une tête de cerf avec des cornes serait plus jolie, dans mon hall d’entrée, pour servir de porte-manteaux. Je me rappelle que, petit, quand je rendais visite à des tantes et à des tontons, il y avait des maisons avec des têtes d’animaux pendues au mur. Je me suis toujours demandé si on pendait la tête d'un côté du mur et le reste de l'autre côté. Je me le demande encore, d’ailleurs. Je n’en ai rien à fiche de cette saloperie de tête qui perd ses poils. Je la vends. Etat neuf, mais sans corne, sans jambon, sans côtelettes et sans la médaille. Faire offre.

31/03/2008

Cherche le cochon qui sommeille

« Papa, ça veut dire quoi quand on dit qu’en tout homme il y a un cochon qui sommeille ? ». « Heuuu, qui t’as appris cette cochonnerie, gamin ? ». « Papy, quand il a été surpris par Mamy alors qu’il était sur des blogs cochon ». « Et bien, ça alors. Je connais les fous des chats, des chiens, des araignées, voire des poules au moment de Pâques, mais un blog sur les cochons je n’en connais pas ». « Papa, ne fais pas l’idiot, un blog cochon, c’est un blog avec des femmes à poil. C’est Mamy qui l’a dit à Papy. Texto elle a dit : gros cochon, tu regardes des femmes à poil, chez toi c’est un cochon qui sommeille et qui vient de se réveiller en sursaut. Encore une fois et je découpe tes pantoufles avec les ciseaux ». « Ha, ha, pourvu qu’il y aille encore ». « Tu dis quoi, papa ? ». « Heuuu, rien gamin. J’imaginais ton Papy sans ses pantoufles. Et aussi ta Mamy sans son corset et sans ses baleines ». « C’est quoi les baleines à Mamy, papa ? ». « Heuuu. Comment dire ? Heuuu, gamin, tu as déjà vu les melons de Mamy, hein ? ». « Oui, papa ». «  Et bien, tu imagines que les melons sont ronds parce qu’il y a des fils d’acier dedans. Sans les baleines, les fils d’acier, les melons seraient comme des gants de toilette, tout plats et pendants jusqu’au nombril ». « C’est pour ça que Papy ne tripote plus Mamy, papa ? ». « Heuuu. Merci pour l’info, gamin ».