01/09/2010

Le plaisir de Robert

Robert, collègue et néanmoins ami, est hospitalisé pour une série d’examens vu sa grosse bouboule qui bloque sa tuyauterie. Je vais le voir tous les jours en faisant d’une pierre trois coups : je lui remonte son oreiller et son moral et je mange son repas du soir qu’il ne sait pas manger. « Robert, bonjour. Devine qui est là ». « C’est toi, idiot ». « Bravo, Robert, au moins tu as gardé la mémoire des noms ». « Robert ». « Oui ». « Robert, soyons sérieux ». « Oui ». « Robert, je viens te voir tous les soirs, j’arrive les mains vides et je repars le ventre plein. Dis-moi ce que tu souhaites ». « Je n’ose pas te le dire ». « Robert, voyons, pas de cachotterie entre nous. Je te vois en pyjama, hein, alors ? Dis-moi ce qui te ferais plaisir ». « Je n’ose pas ». « Robert, parle ou je débranche ta perfusion ». « Disons que, heu, ce qui me ferait plaisir c’est que tu viennes beaucoup moins souvent me voir ». « Ah ! Heuuu. Ah ! Ah bon. Tu préfèrerais que je vienne te voir tous les six mois ? ». « Dis, tu fais de l’humour ou tu penses que je serai encore ici dans six mois ? ». « Heuuu. A demain, Robert ».

31/08/2010

J'ai peur de revoir Robert

Hier j’ai commis un impair avec Robert. J’ai des excuses, non ? C’est incroyable de voir un collègue faire le hamster avec du pain de mie. Plus je chasse la vision de Kiki quand je vois Robert et, hop, plus je pense à ma grand-mère quand elle récitait ses chapelets. Pourtant il y a des similitudes et des ressemblances. Robert n’a pas de moustache mais Kiki oui. Ma grand-mère en avait aussi, moins que Kiki ou que la femme de Gonzales, le portugais du troisième, mais quand même. Elle tenait son chapelet en main et récitait ses pater et ses ave silencieusement mais en remuant la bouche. Petit, j’étais sidéré du spectacle et de sa rapidité d’élocution silencieuse. Parce que le chapelet défilait dans ses mains à la vitesse d’une chaîne de vélo. Mon grand-père m’a expliqué que, pour aller plus vite dans ses dix tours de chaîne quotidiens, elle marmonnait « èco l’même su sti ci, èco l’même su sti ci » (la même chose sur celui-ci). J’ai peur de retourner voir Robert et de l’imaginer en train de réciter ses chapelets avec du pain de mie.

25/08/2010

Robert et les fleurs

Visite difficile à rendre à mon collègue Robert, hospitalisé depuis longtemps pour des examens qu’il n’arrive pas à réussir. « Robert, coucou, c’est moi, tirelirelire tirelirela, coucou, coucou, coucou, coucou, coucou, il est cinq heures, l’heure des visites ». « Ha, c’est encore toi ! ». « Oui, Robert, et aujourd’hui je viens en cachette ». « Ah ! Tu ne viens donc pas me bouffer mon repas du soir ? ». « Vois-tu, Robert, ton absence au bureau fait qu’on se pose des questions. Parce qu’on sait que tu aimes les fleurs ». « Ben, il a plu, ça devrait aller. Et puis qui vois-tu qui viendrait arroser mon jardin ? ». « Personne, Robert. Personne n’a parlé d’aller arroser ton jardin. On a parlé de tes préférences florales ». « Tu sais bien que j’aime toutes les fleurs ». « Robert, je t’ai dit que je venais en cachette, en espion en quelque sorte, de la part du bureau qui connait ma discrétion et m’a demandé de te parler avec toi de fleurs avec tact. Que préfères-tu ? ». « J’aime toutes les fleurs ». « Robert, la question est : es-tu plus gerbe ou couronne ? ». « A demain ». « Heuuu ».

20/08/2010

Cherche à rassurer Robert

« Salut Robert, ton séjour en milieu hospitalier se passe bien ? ». « Excellent ». « Robert, on t’a bourré de neuropsychoantidépresseurs ou quoi ? C’est la première fois que je te vois et que tu as le moral qui a quitté le zéro ». « Je dis ça pour que tu ne me poses pas de questions à la con ». « Heuuu. Ah bon. A propos, Robert, la soupe ce midi, elle était bonne ? ». « A la carotte. Je te l’ai déjà dit, ici c’est tous les jours la soupe au légume de saison. C’est moins cher ». « Robert, tu es un veinard. Pense à ceux qui sont hospitalisés à la saison des betteraves rouges. C’est dégueu la soupe à la betterave rouge ». « Et au bureau, comment ça se passe ? ». « Très bien, Robert. Personne ne s’est aperçu que tu n’es pas là. Le chef pense à supprimer ton poste de travail mais, jure-le moi, ne dis rien, c’est un secret, je ne peux pas te le dire. A propos, tu as reçu d’autres visites de collègues ? ». « Personne ».  « Un coup de fil ? ». « Rien ». « Une carte de condoléances ? ». « Aucune ». « Tu vois, Robert, la vie est belle. Il n’y a que moi qui viens te voir ». « Je sais. Je sais aussi que c’est pour manger mon repas du soir ». « Heuuu ».

19/08/2010

Pourquoi vais-je voir Robert ?

Robert Bouchez n’est pas vraiment un ami, c’est, disons, un collègue que, s’il meurt, j’aurai peut-être sa place. C’est pour ça que je vais le voir tous les jours. Il est responsable du remplacement des cartouches d’encre des photocopieuses couleurs et moi du remplacement des cartouches des photocopieuses noir et blanc. Vous ne le savez sans doute pas, vous, mais il n’y a qu’une cartouche d’encre dans une photocopieuse noir et blanc, une cartouche d’encre noire. En fait, quand on imprime blanc on n’imprime pas. Si on met du papier rose, on imprime rose quand on n’imprime pas en noir. Je sais de quoi je parle, je suis le responsable du remplacement des cartouches d’encre des imprimantes noir et blanc. Ou noir et rose mais il faut le mentionner sur le bon de commande et je mets des feuilles de papier roses dans l’imprimante. Vous pensez certainement, et avec raison, que c’est un métier difficile mais, avec mon expérience et ma faculté de concentration mentale, j’y arrive. S’il arrivait malheur à Robert je passerai peut-être à la couleur ? Youppie.

http://carpe-diem-lbsp.skynetblogs.be

N'oubliez pas l'énigme de Rafaël !

03/08/2010

Jeanne et Gisèle

Un ami et collègue, Robert, a du se faire hospitaliser pour une affaire de tuyauterie. Dans une polyclinique. « Chouette » m’a-t-il dit «Une clinique polie ça me changera de mon quartier où pétaradent des adolescents attardés sur leurs moustiques à deux roues. Enfin je quitte un milieu inhospitalier pour un milieu hospitalier ». Le pauvre, il n’y a pas plus inhospitalier qu’un milieu hospitalier. Robert, au guichet : « Bonjour, madame, je viens retirer mon lot. J’ai le billet 273 ». « Vos papiers ». « Permis de conduire ? Carte grise ? ». « Monsieur, une fois dans votre chambre, vous laisserez votre humour au vestiaire ». « Oui, madame. Mais quel papier ? Je pensais que le papier cul était fourni ». « Gisèle, veux-tu t’occuper de monsieur, je vais prendre un calmant ». « Oui, Jeanne ». « Et bien, mademoiselle Gisèle, si Jeanne Calmant avait été aussi nerveuse elle ne serait jamais devenue centenaire ». « Chambre 203, vous prenez à gauche une fois, vous prenez à gauche deux fois et ». « Trois fois, adjugé ». Quelle femme énergique, cette Gisèle !

31/07/2010

Robert

Il s’appelle Robert, c’est un collègue qui n’arrive plus jamais en retard  depuis que je crie « Salut, Robêêêrt » quand il arrive. En imitant une chèvre. Pourquoi pas ? Le chef, lui, on sait qu’il appelle sa secrétaire « ma poule ». Un jour  il a lâché « ma poule » devant nous, comme on lâche un gaz bruyant sans le savoir. Le cri du cœur. Depuis, quand le chef  est dans son bureau et qu’on parle de lui, on l’appelle « Cocorico ». Il y en a qui l’appelle « coco ricco siffredi » mais je ne sais pas pourquoi. Bref, depuis hier, plus de « Robêêêrt ». Il est à l’hosto. Il passe des examens. Pas pour devenir infirmier, pour son intérieur intime. Je vous raconterai tout.  A demain.

16/06/2010

Cherche à refaire du vélo

 « Papa, le 24 mai cette année, ce sera la Pentecôte. Tu m’emmèneras faire du vélo dans un endroit pentecôtu ? ». « Peut-être l’année prochaine, gamin, si j’ai le temps de m’entraîner. Parce qu’il n’y a pas longtemps, un collègue m’a invité chez lui et nous avons commencé à faire du vélo sur le boulevard près de chez lui. Ma chance : c’était un dimanche sans voiture. Je ziguais, je zaguais de long en large. Les passants ont cru que j’étais une attraction offerte par le ville ». « Et alors, papa ? ». « Une bonne journée, gamin. Au total j’ai reçu 18,60 euros des passants pour ma prestation. Et du net, en noir ».

09/01/2010

Cherche à vous faire un cadeau

C’est encore l’époque des cadeaux, alors je vous en fais un qui va vous être utile au bureau. Au bureau les collègues me disent « Vas pas aussi vite », « Fais gaffe dans les virages », « Tu vas t’essouffler ». Savez-vous pourquoi ? Non ? Ils croient que je marche très vite. Ce n’est pas vrai. En fait je marche plus lentement que la moyenne kilométrique des collègues mais j’agite mes bras comme si je marchais très vite. L’illusion est parfaite. Vous ne me croyez pas ? Allez, hop, on se lève tous pour Biglodion. Lève toi et marche, comme a dit Jésus à un paralélibipède carrément rond. Allez hop, les bras comme si vous marchiez très vite. Gauche, droite, une, deux, hop, hop, hop. Pas besoin d’avoir appris la danse classique. Le look, le look d’un homme pressé qui travaille à du deux cent à l’heure. La gloire. L’estime de chef. Et le plaisir d’aller lentement. Faites-le et donnez-moi des nouvelles. D’avance merci.

25/08/2009

Port de plaisance

 Hier je vous ai montré ce qu'un collègue et néanmoins ami réalisait dans son jardin : la forêt ardennaise belge avec Rochehaut, les méandres de la Semois et les choux de Bruxelles. Si vous cherchez bien sur son blog http://lejardindegerard.skynetblogs.be vous découvrirez notamment une photo de pieds jaconds, plante que je ne connaissais pas. Avant Rochehaut il a réalisé un port de plaisance en miniature. Personnellement je n'aime pas les ports de plaisance vu que je n'ai ni bateau ni barquette. Pourtant on devrait se sentir bien dans un port de plaisance puisque dans le mot plaisance il y a aisance. On se sent bien dans un lieu d'aisance, non ? Parfois on peut s'y faire chier, je sais, surtout si rien ne se passe. Rien de tel dans ce cas qu'un crayon, une gomme et un carnet de sudoku. Ce collègue a du arrêter son projet parce que l'eau gratuite ou presque n'existe plus. Plus il pleut en Belgique et plus l'eau est chère. Cherchez l'erreur. Pourtant j'aime bien les ruines de ce port avec la luxuriance des plantes trop picales qui retombent sur la promenade des anglais, avec les quais, biens alignés et le yacht d'un milliardaire qui a invité des filles et où il doit se paser des choses.

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24/08/2009

Rochehaut, le Tombeau du Géant

 Il y a des cinglés qui fabriquent des trains électriques, qui peignent au pinceau à un poil des petites voitures, qui mettent des nains de jardin miniatures dans leurs plantes d'appartement, qui brodent la dernière cène au fil de soie sur une trame de 20 x 8 centimètres, qui bronzent le colosse de Rhodes dans un mètre cinquante de frigolite, qui collectionnent les manneken pis avec un tire-bouchon. Moi, j'ai un collègue et néanmoins ami qui cherche à représenter Rochehaut (Ardennes belges), le Tombeau du géant et les méandres de la Semois (rivière méandreuse qui, avant de se jeter dans la Meuse en France, change d'identité à la frontière et s'appelle la Semoy). Ah ça, on voit bien les méandres de la Semois et le Tombeau du Géant. Pour la forêt ardennaise, mon collègue dit qu'il faut attendre que ça pousse. Mais, ce n'est qu'un exemple, dans le bas, au centre, on distingue, en vert clair, un chêne centenaire entouré de sapins, en gris-bleu. Pour représenter les sapins il a utilisé des plants de choux de Bruxelles, pour la couleur. Pour son anniversaire je vais me cotiser pour lui acheter un géant miniature qu'il pourra enterrer dans le tombeau, ça fera encore plus réaliste. Ce jardin existe. Mon collègue aussi. Il a un blog qui s'appelle  http://lejardindegerard.skynetblogs.be

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14/08/2009

Cherche d'où vient la chenille

Je me promenais dans le jardin d'un collègue normal quand, soudain, il mis sa main sur mon épaule. Voyant mon étonnement, il me murmura : " Souris pour ne pas l'effrayer ". Moi, calme en toutes circonstance, je lui répondis : " Effrrai, fraifrais, effraifrais kiki ? ". Son calme était plus olympien que le mien quand il dit : " Je sens que c'est une grosse ". Je n'ai plus su répondre, me demandant comment il savait ça rien qu'avec sa main sur mon épaule. Aurait-t-il été radiologue précédemment dans une autre firme ? A-t-il fait du spiritisme dans les spiritueux ? A-t-il fait partie d'une secte black ou de white spirit ? Ou de black and white ? Puis je l'entend qui murmure : " C'est la queue. C'est la queue que je dois attraper avant qu'elle ne se recroquville ". J'ai failli lui dire que j'avais un bus à prendre, histoire de dire quelque chose et de détourner son attention et ses attentions, mais j'étais venu en voiture et je l'avais garée dans son allée. Il y a des jours, pensai-je, où il vaut mieux prendre le bus. Je me disais aussi en moi-même : pourvu qu'il ne dise pas qu'elle est poilue. Et bien si, il la dit. " Ben, dis donc, elle est poilue. Ne bouge surtout pas que je t'enlève la grosse chenille à poils blancs que tu as sur l'autre épaule ". J'ai racheté à des touristes japonais qui, étonnés, nous avaient photographiés, leur appareil photo rien que pour vous montrer celle-ci :

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10/07/2009

Cherche la bonne période de récolte

Oui, je le reconnais, hortensia ne s’écrit pas hortencia comme je l’ai écrit hier, le 9 juillet 2009. La faute en est à mon jardin qui se limite à un bonzaï et, un jour à des grosses semences de pomme de terre que j’avais achetées pour planter sur mon balcon. Renseignement pris auprès d’un collègue jardinier, pour avoir une bonne récolte j’aurais du abattre le balcon et le reconstruire un petit mètre plus bas, devant la porte vitrée des gens du quatrième. J’ai donc opté pour la location d’une brouette, d’une fourche-bêche et l’achat d’une scie à métaux pour faire sauter le cadenas de la grille du parc communal, fermé pour cause de travaux. Une fois partis les peintres qui avaient repeints les bancs du parc, j’ai fait sauter le cadenas et, armé de ma fourche-bête, j’ai enterré ça et là mes espoirs de frites. Renseignements pris auprès d’un collègue jardinier je devrais louer à nouveau une brouette et une fourche-bêche pour le jour de la récolte. Qui peut me dire quand ?

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Demain nous reparlerons de l'énigme de jeudi.

14/12/2008

Chercehe à vous donner des idées

Ceci est une histoire vraie. Vous pouvez l’essayer, il n’y a pas de droits d’auteur. En ce temps-là, au bureau, nous avions à notre disposition des petits papiers jaunes intitulés ‘Prière de rappeler’ avec des lignes ‘nom’, ‘prénom’, ‘agence’, ‘n° tél’. Pour être complet il faut dire que nous avions aussi un collègue masculin qui racontait tout haut ce qu’il faisait. Et oui, ça existe aussi chez les hommes. J’avais uniquement rempli ‘nom : Lepaire’ et ‘prénom : Noëlle’ et profité d’un besoin de vidange de ce collègue pour déposer le ‘Prière de rappeler’ de ce collègue. Retour du collègue : « Mais je n’ai pas le numéro pour appeler Lepaire Noëlle ». Six mois plus tard ce fut : « Mais où travaille Leroy Albert ? ».

24/10/2008

Cherche une foreuse à cuillère

Chez des amis j’ai été ridicule quand je me suis mis plein de potage orange halloween sur le pantalon. Je n’avais pas vu qu’on m’avait mis une cuillère avec un trou. Depuis lors, chaque jour de travail, je reviens chez moi avec la cuillère à soupe du restaurant d’entreprise. Pas bête, hein, le bol de soupe dans ma boîte coûte moins cher qu’une cuillère chez Ikea. Je veux remonter le moral de mes collègues qui prennent du potage à midi. J’ai un problème : le trou. Je cherche une foreuse à cuillère à prêter. Si vous êtes un de mes collègues, ne vendez pas la mèche. Merci.