01/10/2008

Cherche à régler le thermomètre

« Allo, Gérard ». « Oui ». « Comment peut-on régler la vitesse d’un thermomètre ? ». « Répète, je n’ai pas tout compris ». « C’est simple, Gérard. Comment fait-on pour régler la vitesse d’un thermomètre ? ». « Tu te l’es mis où, ce thermomètre ? ». « Sur le balcon, Gérard. Je l’ai cloué au mur ». « Et quel est le problème ? ». « Je l’ai surveillé. Ce matin, à six heures six degrés, à sept heures sept degrés, à huit heures huit degrés, à neuf heures dix degrés, tu retiens, hein, Gérard, dix degrés à neuf heures. A dix heures douze degrés. Et demi. Mon thermomètre s’emballe, Gérard ». « Et cent balles c’est pas cher ». « Que dis-tu ? ». « Rien, rien. Une question : n’aurais-tu pas cloué ton thermomètre face au soleil ? ». « Dis, Gérard, un thermomètre, ce n’est pas fait pour obtenir les horaires des marées, hein. Je m’en fiche des marées, Gérard, j’habite au cinquième. Si la mer monte j’ai le temps de voir venir.  Si je veux connaître la température extérieure, je dois mettre mon thermomètre à l’extérieur, voyons. C’est comme quand tu dois te prendre ta température à toi, Gérard. Tu te le mets où, hein ? Pas dans le bocal de confiture, quand même ». « Je vais te donner un truc pour avoir l’heure sur ton balcon : cloue une montre ». « Heuuu ».

14/04/2008

Cherche le bon langage

« Papa, j’ai un devoir sur les animaux. Tu m’aides ? ». « Avec plaisir, gamin. Je vais partager ma culture avec toi. Et, retiens bien ceci, la culture, c’est comme la confiture, moins on en a et plus on l’étale. « Papa, mon devoir c’est sur le cri des animaux. J’ai déjà coincoin le canard ». « Bien, gamin. Bon, heuuu, voyons, ah oui. Ecrit : il y a deux sortes de stalag, comme chez nous les flamands et les wallons. D’un côté de la frontière linguistique, les stalags titent et, de l’autre, les stalags mitent. Mais ce sont tous des stalags, simplement il y en a qui pendouillent et d’autres qui sont en érection ». « C’est trop long à écrire, papa. Tu n’as pas un autre exemple de cri d’animal ? ». « Les fourmis, gamin ». « Elles font quoi, les fourmis, papa ? ». « Les fourmis cro-ondent, gamin ».

18/05/2007

Cherche à sauver les raviolis

« Gamin, arrête ». « J’ai rien fait, papa ». « Et le pain, c’est qui, hein ? ». « Mais, papa, je donne le pain sec aux petits oiseaux ». « D’accord, mais arrête de leur lancer des tranches entières comme des boomerangs, il y en a plein le balcon du cinquième d’en face ». « Mais, papa, les petits oiseaux ». « Quoi, que vois-je ? Tu mets du beurre sur les tranches de pain que tu lances ». « Comment t’as deviné, papa ? ». « Il y a six tranches collées sur le mur de l’immeuble d’en face. Quoi ! Le jambon, c’est toi aussi ? ». « Bè, oui, papa ». « Et là, les taches, c’est toi ? ». « C’est de la confiture, papa, mais le pain s’est décollé ». « Gamin, ne touche plus à rien, compris, surtout pas à la boîte de raviolis, sinon nous n’aurons rien à manger ce midi ».