30/06/2010

Le pied, ce n'est pas le pied (4)

« Papa, tu fais les pieds de porc ? ». « Gamin, écoute ça : il faut braiser et désosser les pieds de porc ». « C’est quoi, braiser, papa ? ». « C’est là que je coince, gamin. Je suppose qu’il n’y a pas une erreur d’impression mais je n’ai jamais braisé personne ». « Et désosser, c’est enlever les os, papa ? ». « Je suppose, gamin. Pourtant, quand j’achète du jambon à l’os il n’y a pas d’os dedans. Et le jambon c’est juste ce qu’il y a au dessus du pied de porc, que je sache ». « Parce que le jambon c’est du cochon, papa ? ». « Ben oui, gamin, c’est ce qu’il y a entre les pieds et les côtelettes. C’est pour ça que le jambon est cher : c’est parce que le cochon a des milliers de côtelettes mais il n’a que quatre pattes dont deux avec du jambon ». « Pourquoi, papa ? ». « Les cochons, c’est comme les grenouilles, gamin. Dans les grenouilles on ne mange que les pattes de derrière, celles qui servent à sauter. Celles de devant c’est pour lire le journal, se brosser les dents ou faire des pieds de nez ». « Et des pieds de nez, ça se mange, papa ? ». « Je n’en ai jamais vu au rayon des surgelés, gamin. ». « Papa, j’ai appris à l’école qu’on pouvait faire du vin en plantant des pieds de vigne. Si tu plantais les pieds de porc dans des pots que tu mettrais sur le balcon, on aura peut-être du jambon pour pas cher ». « Bonne idée, gamin. Vas fouiller dans la poubelle de la voisine de palier. Elle se fait souvent des moules mais elle ne mange pas la barquette. On va y planter les pieds de porc. Gamin, si tu trouves des pieds de vigne, ramènes-les, on fera du vin ». « Oui, papa ». (la suite vendredi)

29/06/2010

Le pied de porc (3)

« Papa, parle-moi du pied de porc ». « Gamin, c’est notre chance, pendant que tu étais à l’école je suis allé en acheter deux pour demain et deux côtelettes de porc pour aujourd’hui. Regarde ». « Berk, berk, berk, les pieds de porc ». « Ne t’en fais pas, gamin, les pieds de porc doivent mijoter, ce sera pour demain. Aujourd’hui c’est côtelette de porc et purée en poudre ». « C’est quoi, mijoter, papa ? ». « Je ne sais pas encore, gamin, je dois me renseigner sur l’ordinateur ». « Montre-moi les côtelettes, papa, que je comprenne ce qu’est un porc ». « Regarde, gamin, voici une côtelette. Voici l’autre. Si je les mets l’une à côté de l’autre dans ce sens ça ne marche pas mais, dans l’autre sens, tu vois bien que la tronçonneuse a débité la même bébête. Imagine des milliers et des milliers de côtelettes qui se suivent et tu as un porc. Mais, gamin, un porc n’est pas un ver de terre. Il a des pattes, deux devant et deux derrière. Et, au bout des pattes, qu’est-ce qu’il y a, gamin ? ». « Des pieds, papa ». « Oui, gamin, mais des pieds de quoi ? ». « Des pieds de côtelettes, papa ». « Fils de con, ce sont des pieds de porc ». « Et ça se mange ? ». « Demain, tu en auras à midi ». « Papa, tu aurais du acheter des pieds de mille-pattes, tu en aurais eu plus ». « Heuuu ».   

18/02/2007

Cherche un cochon noir

« Papa, on mange quoi aujourd’hui ? ». « Du jambon, gamin ». « Encore ! ». « Gamin, c’est l’année du cochon en Chine, alors nous mangerons du cochon toute l’année ». « T’as dit jambon, papa, t’as pas dit cochon ». « Gamin, c’est fait en quoi les cochons, hein. C’est fait avec du jambon et avec des côtelettes ». « Ah non, papa, les côtelettes, c’est du porc ». « Heuuu, et bien, heuuu, porc, en chinois, ça se dit cochon ». « Je demanderai à madame demain ». « Gamin, laisse ta madame en dehors de ça, veux-tu ». « Papa, je ne veux pas devenir tout jaune ». « Pourquoi tu serais tout jaune, hein. Tu te laves, non ». « Et pourquoi les chinois qui mangent du cochon sont jaunes ? ». « Parce que les cochons chinois sont jaunes. Toi, tu vas bouffer ton jambon rose, compris. Et tu auras le nez rose, les joues roses, les fesses roses, le zizi rose ». « Papa, je veux avoir un zizi noir ». « Pourquoi, gamin ? ». « Maman, elle ne pense qu’à ça ».