04/06/2008

Cherche le bourdon du printemps

« C’est le printemps, j’ai attrapé le bourdon. Et toi ? ». « Gérard, c’est sûrement grave si tu me téléphones. Tu es malade ? Tu as le bourdon ? Tu vas mourir ? ». «  Idiot, je te dis que c’est le printemps, la sève monte et j’ai le bourdon. Tu ne l’as pas, toi, le bourdon ? ». « Ah, j’ai compris, Gérard, tu as le bourdon.  Moi pas. C’est l’avantage d’habiter au cinquième étage. Pas de bourdon, pas d’abeille, rien que des mouches quand je laisse noircir une banane. Mais, pas de problème puisque j’ai acheté une caisse de vingt-quatre ». « Je te dis que j’ai le bourdon et tu me parles de ta banane ». « Gérard, tu permets que j’achève ma phrase. Tu es pire qu’une femme et sa mère réunies. Où en étais-je ? ». « Tu disais que tu avais acheté vingt-quatre bananes à mouche ». « Mais non,  Gérard, une boîte de vingt-quatre sproutch psipsîîît anti-mouche. Je peux me permettre de vider une bombe dès qu’une mouche passe. Une mouche passe et elle trépasse ». « Et ça te fait quoi ? ». « Je tousse, Gérard, à cause du sproutch psipsîîît ». « Tu sais que ça fait des trous dans la couche d’ozone, ces saloperies ». « Gérard, tes os jaunes, je m’en fiche. Je sens que ça doit faire des trous, et pas que dans les chaussettes. La preuve, je tousse ». « Oui mais toi, avec ce beau temps, tu n’as pas le bourdon ? ». « Gérard, ne quitte pas, j’arrive avec un sproutch psipsîîît et, tu vas voir, ton bourdon va tomber comme une mouche ».