24/05/2010

Cherche à comprendre le progrès

(Ceci est la suite d’hier) « Alors, gamin, tu réponds au téléphone, oui ou non ? ». « Oui, papa. Mais ça fait tûûût tûûût tûûût, papa. Non seulement il n’y a pas de fil à ton téléphone mais, en plus, il n’y a personne au bout du fil qui n’existe pas. Tu y comprends quelque chose, papa ? ». « Pas vraiment, gamin. Ah, quelle époque ! Même les téléphones s’enfilent ! ». « Et les souris aussi, papa ». « Oui, mais ça je peux comprendre, gamin ». « Tu sais, papa, on n’arrête pas le progrès ». « A propos, gamin, tu ne devineras jamais ce que j’ai vu en démonstration récemment. J’ai vu un fer à repasser à vapeur en fonctionnement, tu sais, ceux avec de l’eau. J’ai regardé partout : il n’y avait aucun tuyau qui reliait le fer à un robinet ». « C’est parce qu’il y a un réservoir, papa ». «  Ah bon ! Tu es sûr ? Heuuu ».

25/02/2007

Cherche du papier à cul

Nous sommes allé à Batibouw, le salon de l’habitation. « Gamin, arrête, c’est une cuvette de W.C. de démonstration. Elle n’est pas raccordée ». « Trop tard, papa, j’ai fait ». « Du calme, gamin, pas de panique, reste assis, fais semblant que tu conduis une voiture mais ne klaxonne pas, faut pas attirer l’attention, je vais démonter la cabine de douche de démonstration qui est là et la reconstruire autour de toi. Après, tu pourras te lever ». « Papa, on va me voir à travers la douche, c’est du verre ». « Aïe, aïe, aïe, tu as raison, gamin. Il faudrait que je trouve un stand avec de petits abris de jardin démontables ». « Et du papier, papa ». « Quoi ! Il y a plus de quarante W.C. exposés ici et il n’y a même pas un rouleau de papier ».

22/09/2006

Cherche à être absent (6)

Mes vacances d'un jour en car de luxe. 17 heures. L'accompagnateur : "Chers amis, nous vous amenons voir des moules".Moi : "C'est con, c'est à midi qu'on aurait du manger des moules". "Ah, ah, monsieur est un comique, on voit bien qu'il est le plus jeune du car". Moi : "Ca doit vous changer, hein". Les petits vieux, en choeur : "Ooooh, honteux". Moi : je n'ai plus rien dit, j'ai peur des coups de canne. L'accompagnateur : "Ce sont des moules en silicone". Moi : "Qu'on bouffe à la sauce polypropylène". Effectivement, c'était une démonstration de moules à tarte, à gâteaux, qu'on peut tordre dans tous les sens et qui reprennent leur forme. J'imagine le lave-vaisselle en silicone, on s'assied dessus et on a un fauteuil ou, dans les ménages, "Chérie, ça tombe, vas te faire placer deux moules". Ce qui est pénible dans ces voyages, c'est la pression : on se sent obligé d'acheter. J'ai choisi la plus grande moule à tarte, ce sera mon souvenir de vacances pour le gamin, je lui dirai que c'est un freesbee. Six fois le prix du voyage. Mon budget vacances a explosé.

21/09/2006

Cherche à être absent (5)

Bientôt la fin de mes vacances d'un jour en car de luxe avec boulettes gratuites et démonstration. 15 h 30, la demi-heure prévue pour le repas est terminée. Retour au car. 15 h 45, il manque encore 8 petits vieux, ils sont callés dans la file pour les toilettes. Tant pis, ils ne mangeront pas. Ce n'est pas grave, les petits vieux ont toujours un sac plein de en-cas avec eux. Comme j'étais turbulent à cause de la présence d'une seule boulette dans mon assiette en carton, j'ai reçu deux vieux seaux à mayonnaise remplis de boulettes, sans doute celles des dizaines de petits vieux coincés dans les embouteillages pour le WC. 16 h 15, départ pour l'autre demi-tour de ville promis dans le programme."Hé, ho, c'est le même que ce matin mais dans l'autre sens". "Monsieur, rassurez-vous, nous allons arriver pour la démonstration. Chers amis, bientôt une surprise ex - tra - or - di - naire : des moules". "Des moules, il y en a assez dans le car". Le choeur des petits vieux : "Oooooh, honteux". "Mais c'est pour rire, bande de ruines". J'ai évité un coup de canne de justesse, je me suis fait tout petit, je ne voyais plus par la fenêtre du car. M'en fous, c'était le même trajet qu'à l'aller. J'étais tout recroquevillé mais heureux. Je pensais déjà à la tête du gamin quand il verrait les boulettes.

20/09/2006

Cherche à être absent (4)

Mes vacances d'un jour en car de luxe avec démonstration et repas gratuit. 15 heures, enfin le restaurant. Un type reste dans le car. Je m'inquiète : "Vous êtes allergique aux boulettes sauce tomate?". "Non, je suis sous certificat médical, sorties interdites". Ah, à table. Et merde, j'avais une chaise avec 3 pieds et 9/10. Le mal de mer assuré. Heureusement la dame d'à côté avais mis sa sacoche par terre. Hop, chaise à 4 pieds. L'assiette arrive. "Mais, vous avez mis la boulette dans la soupe". "Ce n'est pas la soupe, monsieur, c'est la sauce tomate. Désirez-vous des frites ?". "Et comment". "4 euros". "Avec de la sauce ?". "Andalouse". "1 euro. Du vin ?". "Bien sûr, c'est quoi comme vin ?". "Du rouge du patron". "Allez hop, ce sont mes vacances, mettez-en une bouteille". "19 euros". Dégustons. D'accord, ça me changeait de mes raviolis quotidiens mais question gastronomie, c'était nul, sauf les frites. On ne peut pas tout avoir avec un repas gratuit à 24 euros. Demain, j'écrit au guide Dupneu pour qu'on enlève une étoile à ce hangard déguisé en salle pour banquets.

18/09/2006

Cherche à être absent (3)

Mes vacances : une journée en autocar de luxe. Le matin, de 6 h 45 à +/- 14 h, ramassage des participants à 23 endroits, puis démonstration. Départ pour le tour de ville et le restaurant. L'accompagneur : "Vu les travaux, nous allons faire demi-tour". Moi : "Hé, ho, sur le programme, c'est écrit tour de ville et pas demi-tour". "Applaudissons l'humour de monsieur et allons manger la boulette sauce tomate". Moi : "Hé, ho, sur le programme, il y a un s à boulettes". "Ha, ha, rassurez-vous, c'est une boulette par personne. Mais après, vous pourrez acheter des desserts". Moi : "Hé, ho, on est venu pour un tour de ville, des boulettes gratuites et une démonstration, hein, pas pour des desserts payants". "Rassurez-vous, monsieur, il y aura une deuxième démonstration". Moi : "Vous organisez souvent des tours de ville comme ça". "Voila, nous sommes arrivés. N'oubliez pas de passer aux toilettes. Monsieur, je veux vous voir à la descente du car. Moi : "Aïe, aïe, aïe, je vais devoir rentrer à pied ?". "Non, non, mais vous savez, pour les boulettes, vous en reprendrez autant que vous voulez. C'est bourré de petits vieux, le temps qu'ils fassent la file aux toilettes et le temps du repas sera terminé". "C'est vraiment bien organisé chez vous, j'attends la suite. En attendant, à la boulette". A bientôt pour la suite.

16/09/2006

Cherche à être absent (2)

Mon voyage d'un jour en car de luxe, avec climatisation, accompagnateur et démonstrations. Youpie. Voyons le programe : prise en charge des participants. Ouais, je sais, je suis dans le car depuis 6 h 45, il est 12h 15 et il y a encore deux arrêts sur les 23 prévus. La prochaine fois que je voyage en car de luxe, je prends le tgv. Stop. Arrêt. Des soeurs jumelles montent. Deux. Waow. Zut, à elles deux elles doivent totaliser plus de 140 ans au compteur. C'est un voyage ou un cauchemard, hein. On est obligé d'applaudir chaque nouveau participant. Moi : "Clap, clap, nous avons, faim, clap, clap, nous avons, faim". L'accompagnateur : "Je vous rappelle le programme, quand nous aurons réuni tout le monde, nous aurons droit à une petite démonstration". Enfin, nous y voilà, dans une salle. Une dame, au micro : "Qui peut me dire ce que c'est que ces merveilles. Des vitro ..., des vitro ... . Un petit vieux du car : "Heu, des vitraux d'art ?". La dame, au micro : "Non, non, des vitro ..., des vitro ...". J'ai craqué et j'ai pris le micro : "Je sais, moi, madame, je sais, des vî trô d'cul". Aïe, aïe, aïe, ça a jeté un froid dans la salle, tous les vî trô d'cul présents ont crié "Oooooh". C'étaient des plaques vitrocéramiques.Résultat, personne n'a voulu en acheter. M'en fous. J'ai faim. Il est 14 h 20 et toujours pas de boulettes sauce tomate à l'horizon. Je vous raconterai la suite, si je ne suis pas mort de faim.

15/09/2006

Cherche à être absent

Je pars en voyage. Je vais être absent. Profitez-en pour lire les messages antérieurs. Je pars en car de luxe. Avec accompagnateur. Et climatisation. J'ai peur. Il y a vingt-trois points de ramassage des participants à la journée exceptionnelle de démonstrations. Je prends le car de luxe à 6 h 45 au deuxième point de ramassage. Le dépliant est formel : à chaque arrêt, accueil des nouveaux avec des applaudissements. J'imagine, au troisième arrêt : "Clap, clap, clap, salut les vieux, venez, avec vous nous serons cinq". Au dixième arrêt : "Clap, clap, pousse ton cul, la grosse, il est déjà 11 heures". Au dix-septième arrêt : "Clap, hé, ho, dépèchez-vous, on va rater les boulettes sauce tomate". Au vingtième arrêt : "Pendant qu'ils montent, je descend, j'ai pipi, je ne peux plus tenir". Ouf, ça fait du bien; j'ai la vessie vide. Quel cauchemard. Promis, je vous raconterai la suite.