07/08/2010

La vengeance de Robert

L’hôpital c’est comme une boucherie : il faut prendre un ticket pour dire qu’on a bobo et s’inscrire pour avoir le sparadrap. « Ding,dong, on sert le 503 au guichet B ». Le premier jour, Robert, qui, une fois sa prise de sang faite trois fois car c’est difficile de trouver ses veines, et qui avait du temps à perdre, s’est amusé à prendre des tickets et des tickets en cachette dans la salle des entrées. Quel concert ! « Ding, dong, on sert le 712 au guichet A », « Ding, dong, on sert le 713 au guichet B », « Ding, dong, on sert le 714 au guichet A, B ou C ». « Ding, dong, les tickets numéros 712 à 750 sont servis à n’importe quel guichet ».  « Ding, dong, le premier arrivé au guichet A sera servi le premier ». « Ding, dong, celle ou celui qui détient le plus petit numéro et qui se présente au guichet reçoit un thermomètre à triple fonction : buccale c-à-d dans la bouche, axillaire c-à-d dire sous les aisselles et rectale c-à-d dans le cul ». Robert m’a dit que c’était très mal organisé, que jamais ils n’auraient du parler de triple fonction. C’est bien vrai, ça. Je n’ai jamais vu de sucette à se mettre dans l’oreille.

04/08/2008

Cherche à vendre un sol en béton

Suite à mon annonce d’hier, dans laquelle je vendais un plafond de cave pour en construire un nouveau plus haut, d’autres locataires m’ont fait remarquer que si je rehaussais le plafond de ma cave je devrai rehausser à mes frais le plafond de la moitié de la cuisine des Duval qui ont leur appartement au rez-de-chaussée pour qu’ils gardent le même volume d’oxygène dans cette dernière, et ce, vu que le plafond de ma cave et la moitié du sol de la cuisine des Duval sont une seule et même personne. J’avoue que je n’y avais pas pensé mais j’ai vite compris. C’est déjà un bon point. Chemin faisant, je me suis dit : au dessus des Duval il y a les Garnier. D’accord, on ne se parle pas mais je vais être obligé de le faire avant d’aller chez eux pour rehausser la moitié du sol de leur cuisine. Et hop, un nouveau bon point. Nouvelle réflexion : par quel hasard la cuisine des Garnier est-elle juste au-dessus de celle des Duval alors que la cuisine des Duval est au dessus de deux caves ? Nouvelle idée, nouveau bon point. Allons vérifier au deuxième étage, des nouveaux que je ne connais pas. Driiing. Crîîîk. - Bonjour monsieur. - Dites, il faudra mettre de l’huile à la porte d’entrée, hein. - Oui, oui, monsieur ; vous êtes de l’immeuble ? - Bien sûr ; figurez-vous que quand vous marchez dans votre cuisine vous marchez sur ma cave. - Et vous entendez le bruit de la porte d’entrée depuis votre cave ? – Heuuu ; je suis venu vous dire que j’allais rehausser la moitié du sol et la moitié du plafond de votre cuisine que j’aperçois et qui, je m’en doutais, est au dessus de celle des Garnier – Nous sommes locataires, monsieur. Voici une carte avec les coordonnées du propriétaire – Ver luisant ? – Ici, ça se prononce Verluysen, monsieur. Ce jeu de mots est connu depuis Arthur Masson – Il habite à quel étage, celui-là ? – Et que voulez-vous faire dans la cuisine – Vous êtes locataire, ça ne vous regarde pas. Et hop, encore un bon point. – Mais nous aimons bien la couleur des murs. Que nous reprochez-vous ? – Vous écrasez ma cave. Pas le temps de vous expliquer, je file au troisième. Driiing. Bézour, Biloudionné – Et merde, je suis chez Gonsalez, le portugais du troisième – Qué vous voulvoul ? – Cher Gonsalez, bonne nouvelle, vous aurez bientôt deux cuisines, enfin, deux demi-cuisines mais, et c’est là l’innovation architectronique, sur deux niveaux. Vous êtes content, si si, ne dites rien, vous êtes content, au revoir. Je me débrouille comme un dieu, je m’ajoute un bon point. Qui donc est-ce au quatrième ? Ding dong. – Nous avons déjà donné – Mais ouvrez, bon sang – Nous avons déjà donné – Ding dong bom bom bom aïe – Nous avons déjà donné – Je viens pour la cuisine – Nous avons déjà donné – Bande de cons – Nous avons déjà donné. Je garde mon sang froid et je m’octroie un bon point supplémentaire. Hop, étage suivant. Driiing, bom bom bom, je m’en fiche si vous avez donné, si vous êtes constipé ou vaporisant, ouvrez mil d’ju d’bouc. Sortez, je vous ai reconnu. Crîk. – Papa ! – Chez qui es-tu, gamin ? – Ben, chez nous papa, au cinquième – Heuuu.

04/10/2007

Cherche le gros lot

Prenez votre ticket. Attendez l’appel. « Gamin, c’est quoi ce truc ? ». « Papa, il y a ça partout maintenant, dans les pharmacies, dans les boucheries ». « C’est comme une tombola ? ». « Tu dois attendre qu’on appelle le numéro 62 ». « Heuuu. Ah bon. Attendons, alors ». Ding, dong, on sert le numéro 62 . « C’est moi, c’est moi, c’est moi, bonjour madame, voilà mon billet ». « C’est pour quoi, monsieur ? ». « Je viens chercher ce que j’ai gagné, mon lot c’est le 62. C’est quoi ? ». Ding  dong, on sert le numéro 63.