27/05/2009

Cherche à prendre mon pied

Hier j’ai pris mon pied. Dans une souche d’arbre en allant vider ma vessie près d’une route. Pendant que j’admirais de près le sol wallon jonché de canettes, d’emballages vides ayant contenu des bonbons ou des barres chocolatées, de sacs pleins dont on pouvait dire à l’odeur qu’ils ne dataient pas d’hier, je me suis dit : « Toi, tu viens de prendre ton pied ». A quoi je me répondis : « Pourquoi donc ne prendre qu’un seul pied ? Le plaisir serait-il réservé aux unijambistes ? Pendant qu’une herbe folle agitée par un petit vent, pas de moi, hein, le vent, me taquinait la narine gauche, je pensais au cul-de-jatte qui ne prend jamais son pied et qui ne trouve jamais la bonne pointure dans un magasin de chaussures. Que dire de son chien à qui il crie « Médor, au pied ». Au fond, il n’y a pas que des lampadaires dans la vie, il y a aussi des lampes de chevet. Chacun a son utilité. Si j’achète un lampadaire pour ma table de chevet je vais devoir trouer le plafond. Et ce sont les gens du sixième étage qui profiteront de ma lumière. Au sixième, ce sont de jeunes mariés. Ils prennent souvent leur pied. Je l’imagine d’ici, par terre, à deux mètres de la route, elle, dans leur chambre, dire à son mari : « Chéri, as-tu mis de l’engrais sur la moquette ? Il y a une lampe de chevet qui pousse. Je ne trouve pas l’interrupteur et ça m’empêche de dormir ». « Dévisse l’ampoule ». « Oui, mon chéri que j’adore ». Sur ces bonnes paroles je me suis endormi. Ce sont des policiers de la brigade de la route qui m’ont secoué : « Monsieur, réveillez-vous. Si vous preniez votre pied avec une dame, il y a longtemps qu’elle est partie ».   

26/05/2009

Cherche à avoir un beau bonzaï

« Gamin ». « Oui, papa ». « Gamin, si tu vas faire pipi sur le balcon du cinquième étage, fais le du côté des Demeulemeester parce que, du côté des Naessens, j’ai mis le bonzaï et il ne faut pas lui donner trop d’engrais liquide ». « Oui, papa ». « Merci, gamin ».

25/03/2006

Cherche renseignements sur granulés aux petits beurres

Le gamin a appris à faire le volcan. Il se bourre la bouche de petits beurres et, je ne sais pas comment il fait, il propulse des milliers de miettes dans toute la cuisine. Je n'ose rien lui dire parce que, chez le coiffeur, j'ai lu dans un magazine féminin qu'il fallait laisser se développer l'imagination des enfants. J'ai été surpris car ils citaient l'exemple de petits garçons qui apprennent l'écriture en dessinant leur prénom en faisant pipi dans la neige. C'est fou comme les temps changent. Quand j'étais petit je l'ai fait une fois et j'ai reçu une baffe. C'est peut-être parce que je l'ai fait sur la place communale, devant le monument aux morts, à l'heure de sortie de l'école des filles. Comme il n'y a plus de neige, le gamin fait le volcan. Et il le fait bien. Un peu trop souvent pour mon budget petits beurres mais il le fait bien. Ensemble, le gamin et moi, nous avons une proposition à vous faire. Si vous venez nous chercher, si vous nous ramenez et si, entre les deux, vous nous invitez au repas de communion de votre fifille ou de votre gamin, le mien viendra avec moi vous faire le volcan. En fin de repas, histoire de réveiller les tontons et les tantines qui ont la digestion somnolente. Pour les miettes, et oui, il y en aura partout, pas de problème. Soit vous avez loué la salle et vous vous en fichez, soit le gueuleton a lieu chez vous. Dans ce cas, faites comme moi : j'ai acheté six souris blanches pour remplacer les hamsters du gamin, trop tôt disparus. Elles ne sont pas encore habituées à rentrer d'elle-même dans la cage à hamster. Le lendemain des éruptions volcaniques, il n'y a plus de trace. Toutes les miettes ont disparu et, miracle de la nature, elles ont été remplacées par des petits grains de riz noirs, facilement localisables à l'odeur. Comme la composition de ces granulés est : petits beurres 80 %, pop corn 12 %, raviolis 6 %, divers 2 %, sans colorant ni conservateur, je me pose la question de savoir si je peux les donner comme engrais à mon bonzaï.