28/08/2010

Robert et les tuyauteries

« Robert, tu sais, nous sommes tous logés à la même enseigne. J’ai la même chose que toi à la maison ». « Quoi, tu as la chiasse chez toi et quand tu viens me voir tu fais semblant de rien ! Mais tu es peut-être contagieux. C’est peut-être de toi que j’ai attrapé ça. Tu dois être mis en quarantaine. Tu ne dois plus venir me voir pour me remonter le moral, je le remonterai moi-même ».  « Robert, calme-toi. Je parlais de ta tuyauterie bouchée en aval de l’estomac. A la maison, c’est la même chose avec le pommeau de douche : plus d’averse mais un pipi de chat ». « Infirmière, infirmière ». « Robert, tu as une sonnette ». « Infirmière, dring dring, vite, il y a un exhibitionniste qui m’énerve dans la chambre ». « Robert, mais tu délires ! ». « Dring, dring, un pommeau de douche, non mais, un pommeau de douche, môssieur a sa tuyauterie bouchée ! ». « Robert, fais dodo, ça te fera du bien ». « Alors, sors ». « Heuuu. Oui, Robert ».

07/06/2010

Mamy et les poivrons

« Papa, pourquoi tu n’aimes pas Mamy ? ». « Gamin, ta Mamy, c’est comme les poivrons pour moi : ce n’est pas moi qui n’aime pas les poivrons, ce sont les poivrons qui ne m’aiment pas, ils me causent des crampes d’estomac ». « Mamy aussi, papa ? ». « Maintenant que je ne la vois plus, les poivrons ne me causent plus de soucis puisque je n’en mange plus ». «  Et Mamy, papa, c’est quoi pour toi ? ». «  Pire qu’un terroriste, gamin ». « Pourquoi, papa ? ». « Parce qu’avec un terroriste on peut négocier, gamin ».

13/03/2010

Cherche à faire le mort

Boum, boum, boum. « Sortez, vous êtes cerné ». Boum, boum, boum. « Voisin, je voudrais savoir quel est l’imbécile dans l’immeuble qui raconte que mon chien ramène des pneus dans l’ascenseur ». Boum, boum, boum. « Venez me le dire en face si vous osez. Ouvrez ou mon chien va vous mordre ». J’hésite : rester incognito ou, comme les menaces me compriment l’estomac et que, dans ce cas, je fais de l’aérophagie, aller péter dans le trou de la serrure pour asphyxier ma voisine de palier. Mais, péter, c’est laisser une trace. On pourrait retrouver mes empreintes digitales si les experts de Miami débarquent. Ou Julie L’Escaut.  Le problème reste entier. Pas question de laisser mes empreintes digitales dans le trou de serrure mais, l’aérophagie nerveuse faisant son chemin, je gonfle, je gonfle. Un soulagement s’impose. Tant pis pour ma sieste, je vais aller étouffer mes bruits de désespoir sous mon oreiller. Décision : je fais le mort. C’est pourquoi je n’ai rien posté aujourd’hui.

01/06/2009

Cherche un menu à deux plats

« Papa, aujourd’hui c’est le jour de la tarte aux pommes. C’est chouette, non ? ». « Gamin, depuis quand crois-tu que c’est toi qui vas composer le menu ici ? Aujourd’hui on mange italien. En entrée, l’antipasti, c’est raviolis nature, et, en plat principal, raviolis à la sauce. Comme je n’ai que des boîtes de raviolis en sauce je vais en laver quelques uns pour préparer l’entrée. Gamin, j’espère que tu accepteras que nous n’ayons qu’une seule assiette pour tout le repas. Ils l’ont dit à la télévision : il faut économiser l’eau. C’est pour ça que, sur le balcon, j’aurais préféré planter un platane parce que c’est plein d’oiseaux, mais je me contente d’un bonzaï en pot. Pour les toilettes et pour la vaisselle c’est la même chose, il faut économiser l’eau et, pour la vaisselle, en plus, il faut économiser les gestes inutiles. C’est grâce aux économies que je peux t’offrir des vacances de deux fois un demi-jour à la plaine de jeux. Je résume : gamin, aujourd’hui journée italienne, deux plats, une assiette ». « Papa, tu peux supprimer l’entrée, je n’aurai pas fort faim car je dois garder une place dans mon estomac pour la tarte aux pommes. Papy et Mamy me l’ont dit ». « Pourquoi t’ont-ils dit ça, ces vieux schnocks, gamin ? ». « Parce que, papa, normalement, après les raviolis et avant ta sieste, il est prévu que tu me conduises chez eux ». « Gamin, tu veux faire la révolution ? Non seulement tu décides de mon repas mais tu veux gérer mon emploi du temps ! ». « Papa, si tu es sage maintenant, quand tu seras à l’hospice j’irai te porter des bonbons qui ne collent pas à ton dentier ». « Heuuu ».

01/02/2009

Cherche un anti-mousse puissant

J’adore le cassoulet et les lentilles. Il paraît que c’est plein de fibres et que ça tricote dans l’estomac. « Laisse Thomas dans l’étalon » aurait dit Jésus lors de l’avant-dernière cène quand Thomas était parti, seul, la main sur sa braguette, pour aller pisser, de nuit, dans un pré voisin du restaurant et, croyant que c’était la chasse des toilettes, aurait tiré sur quelque chose de chevalin, lequel cheval, peu gay, n’aimant pas qu’on tire la sonnette d’alarme facétieusement, lui aurait rué dans les brancards. Ceci n’était qu’une parenthèse inutile mais, quand ça traverse l’esprit, il faut que ça ressorte  Bon, c’est sorti. Donc, disais-je, cassoulet et lentilles suivi d’un bain bien arrosé de bain-mousse, ça ne fait pas bon ménage. J’ai du m’enfuir et courir dans la rue couvert de mousse. Je cherche un frein à mousse de bain comme il y a, paraît-il, dans les trois en un des lave-vaisselle.