04/08/2008

Cherche à vendre un sol en béton

Suite à mon annonce d’hier, dans laquelle je vendais un plafond de cave pour en construire un nouveau plus haut, d’autres locataires m’ont fait remarquer que si je rehaussais le plafond de ma cave je devrai rehausser à mes frais le plafond de la moitié de la cuisine des Duval qui ont leur appartement au rez-de-chaussée pour qu’ils gardent le même volume d’oxygène dans cette dernière, et ce, vu que le plafond de ma cave et la moitié du sol de la cuisine des Duval sont une seule et même personne. J’avoue que je n’y avais pas pensé mais j’ai vite compris. C’est déjà un bon point. Chemin faisant, je me suis dit : au dessus des Duval il y a les Garnier. D’accord, on ne se parle pas mais je vais être obligé de le faire avant d’aller chez eux pour rehausser la moitié du sol de leur cuisine. Et hop, un nouveau bon point. Nouvelle réflexion : par quel hasard la cuisine des Garnier est-elle juste au-dessus de celle des Duval alors que la cuisine des Duval est au dessus de deux caves ? Nouvelle idée, nouveau bon point. Allons vérifier au deuxième étage, des nouveaux que je ne connais pas. Driiing. Crîîîk. - Bonjour monsieur. - Dites, il faudra mettre de l’huile à la porte d’entrée, hein. - Oui, oui, monsieur ; vous êtes de l’immeuble ? - Bien sûr ; figurez-vous que quand vous marchez dans votre cuisine vous marchez sur ma cave. - Et vous entendez le bruit de la porte d’entrée depuis votre cave ? – Heuuu ; je suis venu vous dire que j’allais rehausser la moitié du sol et la moitié du plafond de votre cuisine que j’aperçois et qui, je m’en doutais, est au dessus de celle des Garnier – Nous sommes locataires, monsieur. Voici une carte avec les coordonnées du propriétaire – Ver luisant ? – Ici, ça se prononce Verluysen, monsieur. Ce jeu de mots est connu depuis Arthur Masson – Il habite à quel étage, celui-là ? – Et que voulez-vous faire dans la cuisine – Vous êtes locataire, ça ne vous regarde pas. Et hop, encore un bon point. – Mais nous aimons bien la couleur des murs. Que nous reprochez-vous ? – Vous écrasez ma cave. Pas le temps de vous expliquer, je file au troisième. Driiing. Bézour, Biloudionné – Et merde, je suis chez Gonsalez, le portugais du troisième – Qué vous voulvoul ? – Cher Gonsalez, bonne nouvelle, vous aurez bientôt deux cuisines, enfin, deux demi-cuisines mais, et c’est là l’innovation architectronique, sur deux niveaux. Vous êtes content, si si, ne dites rien, vous êtes content, au revoir. Je me débrouille comme un dieu, je m’ajoute un bon point. Qui donc est-ce au quatrième ? Ding dong. – Nous avons déjà donné – Mais ouvrez, bon sang – Nous avons déjà donné – Ding dong bom bom bom aïe – Nous avons déjà donné – Je viens pour la cuisine – Nous avons déjà donné – Bande de cons – Nous avons déjà donné. Je garde mon sang froid et je m’octroie un bon point supplémentaire. Hop, étage suivant. Driiing, bom bom bom, je m’en fiche si vous avez donné, si vous êtes constipé ou vaporisant, ouvrez mil d’ju d’bouc. Sortez, je vous ai reconnu. Crîk. – Papa ! – Chez qui es-tu, gamin ? – Ben, chez nous papa, au cinquième – Heuuu.

13/04/2008

Cherche la domotique idéale

« Papa, c’est quoi la domotique ? ». « C’est simple, gamin, ça vient de domo et de tique mais ne me demande pas pourquoi ». « Et c’est quoi, papa ? ». « Ben, heuuu, c’est comme la télévision. Quand c’est une émission politique, tu pousses sur un bouton et, hop, tu te retrouves dans une émission sur le jardinage ». « Mais c’est vieux, ça, papa ». « Oui, gamin, mais on fait mieux aujourd’hui. Par exemple : tu éternues et hop, le tiroir avec les mouchoirs en papier s’ouvre ». « Tu fais de la domotique, toi, papa ? ». « Oui, gamin, je me lance ». « Ah ». « J’ai mis un post-it sur la casserole à pommes de terre sur lequel j’ai inscrit ‘Si tu te mets à bouillir, appelle moi, j’arrive’ ». « Et ça marche ta télécommande à patates ? ». « Non, gamin, ce n’est pas encore au point, ça continue à déborder ».

20/03/2007

Les ennuis de Biglodion (4)

Les ennuis de Biglodion (4)

100.000 visites, 100.000 mercis. Pour fêter ça, je vous livre quelques paquets d’annonces déjà publiées et regroupées par thèmes : le gamin, maman, les rencontres, le supermarché, etc. C’est un peu mon « biesse tof » personnel. N’hésitez pas à me faire connaître le vôtre. Bon amusement. Amitiés.

Cherche un bout de courroie

J’ai pété une courroie, celle qui servait de ceinture à mon bermuda. La rupture a eu lieu en pleine rue, alors que j’avais à chaque bras un sac rempli de douze boîtes de raviolis. A cause de la promotion. Plus j’avançais et plus le bermuda descendait, jusqu’à arriver sur mes tongs. J’essayais de rallier l’appartement, en prenant mon courage à deux mains, en plus des sacs. J’ai terminé les 300 derniers mètres en une heure vingt. Des gens serviables m’encourageaient : « Vous voulez que je vous la tienne ». « Non, non, j’ai un slip ». Mais je n’ai pas à vous raconter, je cherche une petite courroie. Pour mon bermuda. Merci.

Cherche 273 ballons

Le gamin est chez sa mère. Pour ne pas m’ennuyer je suis allé donner un coup de main samedi à la fête du quartier. Comme je n’ai pas de compétence particulière ils m’ont mis au stand des lots de la tombola rapide. « Par ici, m’sieurs, dames, les beaux lots, tchikitchikitchik », « Allez, hop, doublez vos chances, prenez deux billets, tchikitchikitchic ». « Venez gagner ce magnifique taille-haie électrique, tchikitchikitchic, il fonctionne, tchikitchikitchic ». « Mesdames, que diriez-vous d’avoir ce couteau électrique géant, tchikitchikitchic, idéal pour découper du bison, de l’éléphant, des rondelles de cou de girafe, tchikitchikitchic ». Je voulais absolument me défaire de cette saloperie de taille-haie qui prenait trop de place sur le stand et cachait les autres beaux lots : médailles de Lourdes, dés à coudre et autres paires de lacets. Alors je le faisais fonctionner et tournoyer, tchikitchikitchic, quand, distrait par la devanture d’une belle blonde, je n’ai pas vu le marchand de ballons qui était à côté, Ah ça, pour s’envoyer en l’air, ils se sont envoyés en l’air. D’un seul geste, athlétique et olympien, style cirque de Pékin à la tronçonneuse, j’ai tranché d’un coup involontaire et irréparable les 273 bouts de ficelle qui retenaient les ballons. J’ai voulu m’enfuir, profitant de ce que tout le monde regardait l’envol des ballons mais, pendant qu’ils s’envoyaient en l’air, j’ai pris mon pied. Mais je l’ai pris dans une allonge électrique qui alimentait le surgélateur du stand des crèmes glacées. On n’a vu le manque d’alimentation qu’en fin de journée, quand on n’a plus su distinguer fraise, pistache, vanille, chocolat. J’ai du acheter les 273 ballons et, le soir, les quinze litres de la défunte crème glacée. « Vous êtes notre meilleur client » a dit le responsable de la fête « Revenez demain, je vous donnerai une bon pour un tour en carrousel ». Je n’ai plus d’argent de poche pour mes vacances, juste de quoi m’offrir une sucette, ce que j’ai fait. Je cherche 273 ballons pour récupérer mon achat inutile.

Cherche ficelle de chasse

Samedi je suis allé aider à la fête du quartier. Je tenais le stand de la tombola express et, en brandissant le gros lot pour attirer les badauds, un taille-haie en fonctionnement, j’ai sectionné les ficelles qui retenaient 273 ballons. J’ai du les acheter, sans en avoir un seul. Compatissants, les responsables de la fête m’ont invité à m’occuper de la toilette des gamins, dimanche. En fait, la chaînette de la chasse murale était cassée et trop courte. J’étais là, comme la statue de la Liberté, la main en l’air sur le reste de chaînette. « Alors, gamin, t’as fini, pousse, non di djo, y en a qui attendent ». J’étais pressé, moi, parce que les responsables, compatissants, avaient installé un podomètre sur la chaînette - normalement, ça compte les pas quand on fait de la marche - et m’avaient promis un cent par coup de chasse. Alors, je tirais mon coup à tour de bras. J’ai triché, je disais prout prout et je tirais. Et hop, un cent. Prout prout, et hop, un cent. En une journée j’ai gagné 419 cents, soit 4 euros et une rawette, soit le prix de deux ballons. Mon banquier conseiller fiscaliste m’a dit que ce n’était pas rentable. Ah bon ! J’arrête, je cherche une ficelle pour mettre à la chasse.