02/09/2008

Cherche une institutrice pour moi

« Alors, gamin, comment ça a été à l’école ? As-tu mangé toutes tes tartines ? Elle est comment ta nouvelle institutrice ? ». « Veuve sans enfant, papa. J’ai essayé de prendre ses mensurations avec ma nouvelle règle graduée flexible mais elle a dit ‘Petit cochon’ quand j’ai touché ses lolos ». « Ils sont comment ses lolos ? ». « Gros ». « Aaaaah, bien, bien. Et le reste ? ». « Le reste aussi, papa ». « Comment ça, le reste aussi ? ». « Gros, papa. Les mollets, gros, le nez, gros, le cul, gros. Elle ressemble à tante Fernande ». « Et meeerde. Mais c’est catastrophique. On ose montrer ça à des enfants. Et après on dira qu’ils n’ont pas le sens de l’esthétique. Tu fais quoi, gamin, tu la gardes ? ». « Oui, papa, elle est très gentille ». « Gamin, réchauffe toi la soupe qui est dans le Tupperware, je dois mettre une annonce ». Cherche institutrice, solitaire, poids plume, sans enfants ou maximum un gardé par le père, possédant livre de cuisine et sachant s’en servir, aimant avoir une position élevée au cinquième étage, spécialiste du rangement, expérimentée en sudoku, aimant les animaux en cage ou dans un bocal. Faire offre.       

13/02/2008

Cherche la Chandeleur

« C’est quoi cette odeur, papa ? ». « Ben, heuuu, voyons. Je te prépare des crêpes pour la Chandeleur ». « Papa, mes copains à l’école, ils ont eu des crêpes il y a plus d’une semaine ». « Ah bon. Tu sais, gamin, il ne faut pas se fixer aux dates, hein. Je te fais des crêpes aujourd’hui parce ce que nous sommes un mercredi 13 parce que c’est un jour de chance pour tous sauf pour les vendeurs de billets de loterie ». « Pourquoi papa ? ». « Parce que ce sont d’anciens vendeurs de poisson recyclés qui ne pensent que par le vendredi ». « Tu fais des crêpes en boyau de vélo, papa ? ». « Ben, non, gamin. Pourquoi ? ». « Je trouve que ça sent le caoutchouc brûlé ». « Et meeerde. J’ai oublié d’enlever l’emballage avant de les mettre dans la poêle ».

01/02/2008

Cherche pourquoi coucou

« Coucou ». « Heuuu, coucou ». « Coucou ». « Oui, oui, coucou ». « Coucou ». « On se connaît ? ». « Coucou ». « Heuuu, à qui ai-je l’honneur ? ». « Coucou ». « Coucou, caca, coco cucul, ça vous va ? ». « Coucou ». « Allez-y, cocu, pourquoi pas ». « Coucou ». « Saloperie, encore une fois coucou et je me lève, compris ». « Coucou ». « Mais qui est dans ma chambre à la fin. Huit fois coucou, pas possible. Et meeerde, il est déjà sept heures. Aaah, c’est le coucou que le gamin a mis dans ma chambre pour que je me réveille. Di dju, café, raser, café, chier, se vider, café, démarrer. Aïe, aïe, aïe, c’est aujourd’hui le jour de mon évaluation. Faut que je sois au top pour mon évaluation, recafé, reraser. Allez, hop, encore un café pour paraître éveillé. Ah oui, j’avais pris des notes pour aujourd’hui. 1. Ne pas se couper en se rasant. 2. Changer de slip et de chemise. 3. Ne pas courir pour ne pas transpirer. 4. Ne pas renverser de café sur la chemise. 5. IMPORTANT, ne boire qu’un café. Et meeerde, je n’ai plus le temps de prendre une tisane calmante.

12/01/2007

Cherche la Chandeleur (1)

« Tu fais quoi, papa ? ». « Ah, aaah, gamin, c’est la grande répétition pour le vendredi 2 février 2007 ». « Tu vas sauter du balcon du cinquième ? ». « Idiot, tu vois quand même bien ce que j’ai en main, non ». « Ben, je, heuuu, hop, parti, dans la rue, pourquoi tu lances des crêpes dans la rue, papa ». « Parce que le vendredi 2 février, c’est la Chandeleur et, à la Chandeleur, on fait quoi, hein, hein, gamin, on fait des crêpes ». « Pourquoi il faut lancer les crêpes dans la rue, papa ? ». « Gamin, je m’entraîne, hein, laisse moi me concentrer, je ne suis pas Justine Henin, moi. Tu vois, gamin, l’important c’est le coup de poignet qui permet de lancer la crêpe, de la faire virevolter et de la rattraper, comme ça, et meeerde ». « Papa, elle est tombée sur la tête de la dame, là ». « Cache toi, gamin, cache toi, ne dis rien ». « Papa, pourquoi on ne les mange pas, tes crêpes ? ». « Gamin, voyons, réfléchis, je lance la crêpe du balcon du cinquième, elle virevolte, j’appelle l’ascenseur, je descends et, pendant ce temps, la crêpe est déjà dans la rue ». « Papa, tu devrais lancer les crêpes à l’intérieur de l’appartement, comme ça on pourrait en manger ». « Hé, ho, gamin, j’ai essayé. T’as vu le plafond ».