30/04/2009

Cherche l'énigme

« Docteur, pour les séances de divan, faites-vous des abonnements à prix réduit ? ». « Non, pourquoi ? ». « Je crois que ça va être long avec moi, docteur. Je suis une énigme pour moi-même ». « Qu’est-ce qui vous turlupine aujourd’hui ». « Je n’aime pas ce mot, docteur. Je n’ai plus turlupiné depuis des années-lumière. Il n’y a plus de lumière, docteur. Quelqu’un a du couper le courant ». « Avez-vous des indices sur l’origine ». « Quelqu’un m’a dit que je faisais une obsession sur les raviolis ». « Ah bon ! Je ne vois pas le rapport ». « Vous voyez, docteur, vous ne voyez rien non plus. Pas de rapport, c’est ça qui me turlupine ». « Mais ! ». « Docteur, moi je peux le dire. Je paye pour le dire ». « Sans vouloir vous demander le prix d’une séance, expliquez-moi comment vous préparez les raviolis ». « En ouvrant une boîte, docteur ». « Bien, bien. Ensuite ? ». « Quand c’est chaud j’appelle le gamin pour qu’il vienne à table ». « Je veux dire : entre les deux que faites-vous ? ». « J’allume le gaz. Le gamin n’aime pas les raviolis froids ». « Bien. Racontez-moi. Que mettez-vous sur les raviolis, du gruyère, du parmesan, du persil de la ciboulette ? ». « C’est quoi ça, de la ciboulette, docteur ? ». « Ce sont de fines herbes qu’il faut couper en tout petits morceau ». « C’est trop dangereux la ciboulette, docteur ». « Mais non, c’est bourré de vitamines ». « Je veux dire que c’est dangereux pour moi si je dois la couper en petits morceaux, docteur. Je n’ai déjà pas facile pour ouvrir la boîte, j’en mets partout, d’ailleurs je ne mets plus les raviolis dans une casserole, ça fait trop de vaisselle, je chauffe la boîte ». « Mais il n’y a pas de manche à une boîte ! ». « Je sais ». « Et alors ? ». « J’attends que ça refroidisse. Une expérience m’a suffit. Pas con, hein, docteur ». « Ce sera tout pour aujourd’hui. Vous restez une énigme pour moi ». « A propos, docteur ». « Oui ». « Pour la prochaine fois mettez plus de coussins sur le divan ».

26/11/2007

Cherche le petit chimiste

« Bonjour, monsieur, je vois que vous avez un T-shirt bleu avec le nom du magasin de jouets inscrit dessus. Vous êtes du magasin ? ». « Oui, monsieur ». « Je peux trouver ça où ? ». « Le petit chimiste. C’est au rayon des jeux de société ». « C’est où le rayon des jeux de société ? ». « Vous voyez les poupées dans les boîtes roses ? ». « Oui ». « C’est deux allées plus loin ». « Merci ». Une allée, deux allées. Bien. Non, pas bien. Là, il y a aussi des boîtes roses. C’est inondé de boîtes roses ici. « Pardon, madame, l’autre schtroumpf m’a dit que le petit chimiste était dans l’allée après les poupées roses. Quelle allée ? ». « Vous êtes allé trop loin. C’est l’allée là ». L’allée là. Malin, ça. Et moi, je tourne à gauche ou je tourne à droite ? ». « Madame, vous connaissez le petit chimiste ? ». « Qui ça ? ». « Le petit chimiste pour la Saint Nicolas du gamin ». « Ah, une boîte de chimie ». « Ben oui, pour une boîte de pralines je ne serais pas ici ». « Vous êtes devant la bonne allée, c’est sur la gauche ». « Merci, madame ». Sur la gauche, ne pas se tromper, sur la gauche. Rien vu. Bon, demi-tour. Sur la gauche, sur la gauche. « Monsieur, je suis ici depuis l’ouverture du magasin et ça va être l’heure d’aller chauffer les raviolis pour le gamin. Je cherche ça, page 123 du catalogue ». « C’est juste derrière vous, monsieur ». « Derrière ! Mais on m’avait dit à gauche ». « Vous veniez d’où, monsieur ? ». « De Namur. Mais je ne vois pas la boîte ». « La voici, monsieur ». « Excusez-moi, elle est beaucoup plus grande que sur le catalogue, je ne l’avais pas vue. Dites moi, le petit chimiste, ce n’est pas dangereux ? ». « Mais non. C’est bien écrit sur la boîte : à n’utiliser qu’en présence d’un adulte ». « Ah, un adulte. Je demanderai à Gérard de venir à chaque expérience ».