13/10/2009

Cherche le beau surgelé

" Gamin, les papas sont là pour apprendre à leurs gamin, même si ceux-ci les font chier ". " Oui, papa, tu m'as déjà dit mille fois que toi tu pouvais dire faire chier et que je dois attendre ton âge pour pouvoir le dire aussi ". " Oui, gamin ". " Mais, papa, ça fait trois ans que tu me le dis et, à chaque année, il y a une bougie de plus sur ton gâteau. Si tu deviens centenaire je devrai attendre de le devenir aussi pour faire chier tout le monde ? ". " Oui, gamin ". " Mais, papa, ce que tu dis est aussi débile que le coiffeur qui avait fait peindre sur sa vitrine DEMAIN ON RASE GRATUITEMENT ". " Gamin, un papa doit instruire son gamin mais le gamin doit expliquer à son papa quand le papa ne comprend pas. C'est quoi cette histoire de coiffeur ? ". " Ben, papa, quand les clients venaient se faire raser gratuitement le coiffeur disait que c'était demain et, pour le prouver, il disait d'aller voir ce qui était écrit sur sa vitrine ". " Mais c'est de la publicité mensongère, ça, comme sur les plats préparés surgelés. Tu ouvres le paquet et, dedans, il n'y a pas les brins de ciboulettes qui sont sur la photo. Ni la vapeur qui s'échappe des petits pois carottes bien chauds. Ni la belle assiette. Ni la nappe. Ni le verre de vin bien rempli ". " Papa, tu devrais lire les emballages. C'est marqué suggestion de présentation ". " Ah, ça, gamin, pour être suggestif c'est suggestif. C'est tellement suggestif que je n'achète des surgelés que lorsque la photo est jolie ". " C'est du trompe l'oeil, papa ". " Oh, gamin, à propos de trompe l'oeil, regarde ce que j'ai photographié à Vesoul ". " Tu t'es encore fait avoir, hein, papa. Madame a voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul. Et l'accordéon. Et les flonflons ". " Ben, heuuu ".

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19/05/2007

Cherche à éviter l'incident

« Driiing ». « Allo ». « Je voudrais vous dire deux mots ». « Prenez l’ascenseur, c’est au cinquième ». « Tuuut, tuuut, tuuut, vous n’avez qu’à descendre ». « Pour recevoir une petite revue, jamais ». « Je ne suis pas témoin de jéhovah, monsieur, j’ai à vous poser une question ». « Et je peux gagner combien si je répond bien ». « Vous gagnerez ma reconnaissance ». « ? ? ? ». « Allo, allooo ». « Heuuu, oui ». « Descendez ». « J’arrive, j’arrive, je mets mes chaussures, je me brosse les dents ». « Inutile, je ne vais pas vous embrasser ». … … … « Bonjour, monsieur, c’est mieux ici que de se causer au parlophone, hein ». « C’est quoi ce rouleau à pâtisserie ? ». « Heuuu, je me suis dit, heuuu, on va peut-être m’attaquer et, heuuu, j’ai vu ça dans un film, pof, aïe, sauvé. J’ai bien répondu ? J’ai gagné ? ». « Laisser tomber votre arme. Aïe ». « Excusez moi, je n’avais pas vu que vous aviez des pieds ». « Cheeer Môssieur ». « Oulala, je n’aime pas ça ». « Quoi ? ». « Quand on me dit cher ou très cher, c’est que je ne vaux rien ». « Dites, c’est vous qui avez décoré ma façade et mon balcon avec du jambon et de la confiture ? ». « Heuuu, c’est ça, la question ? ». « Vous voulez que je la répète ? ». « Non, non, heuuu, j’ai un fils, le gamin, il a voulu nourrir les petits oiseaux, vous connaissez, hein, cuicui cuicui, il a beurré des tranches de pain et les a lancées comme des boomerangs mais ils ne sont pas revenus ». « Vous n’avez pas su déjeuner, alors ». « Le matin, je mange un yaourt ». « J’ai une question ». « Encore ! ». « Pourquoi chez moi, sur ma façade, vous m’en voulez ou quoi ? ». « Heuuu, c’est physique : le plus court chemin entre deux points est le balcon d’en face ». « Avez-vous un seau ? ». « Heuuu, oui ». « De l’eau ? ». « Heuuu, oui ». « Une brosse ? ». « Heuuu, brosse à chaussure ? Brosse à dent ? ». « Une brosse pour brosser ». « Je dois avoir ça dans mes archives ». « Apportez moi tout ça ». « D’accord. Heuuu, vous me rapporterez le tout avant ce soir ? ». « Monsieur, devinez qui va brosser, hein ». « Ca va, ça va, j’ai compris ».