10/02/2010

Cherche à retrouver mes couleurs

« Papa, as-tu payé le rappel de facture pour l’électricité ? ». « Gamin, tu sais bien que je ne reporte jamais à demain ce que j’aurais du faire hier ». «  Je sais, papa, tu le reportes à après-demain ». « C’est comme ça, gamin, c’est dans ma nature ». « Ou c’est l’abus de raviolis sauce tomate qui te monte au cerveau. Méfie-toi, papa, as-tu déjà lu la liste des ingrédients de la sauce ? Sais-tu pourquoi certaines tomates sont tellement invendables au marché qu’on en fait de la purée ? Sais-tu dans quel pays et avec quels pieds les tomates ont été transformées en purée ? Il y a peut-être des produits pour combattre l’odeur des pieds dans les additifs. Et la viande ! As-tu déjà pris le temps de laver un ravioli, de l’ouvrir, de jeter la pelure pâteuse et de ne manger que l’intérieur ? C’est peut-être inscrit bœuf mais sais-tu que, à part les semelles, tes chaussures sont aussi en bœuf ? ». « Gamin, arrête, je suis malade ». « On en reparlera après le dîner, papa, parce qu’à l’école on nous apprend, à nous les jeunes, à manger sain. Ne fais pas cette tête là, papa. J’ai faim. On mange quoi, ce midi ? ». « Des raviolis, gamin ».

20/10/2009

Cherche à garder la télé

« Pousse, papa, pousse ». « Arrête, gamin, tu parles comme une sage-femme ». « Mais pousse, papa, pousse plus fort ». «  Gamin, merde à la fin. Si je pousse plus fort je vais contracter mes muscles plus fort et je vais en avoir plein le pantalon ». « Papa, tu es chiant avec tes explications à la con. Pousse, nom di dju ». « Je ne fais que ça, gamin, j’attrape des crampes. J’ai l’air d’une statue de Rodin ». « Le penseur, papa ? ». « Non, gamin. Le penseur de Rodin est la représentation d’un constipé qui se demande quand ça va faire plouf dans le pot. C’est du grand art. Il faut être un génie pour avoir pensé à ça. Si Rodin avait connu Adamo, il aurait intitulé sa statue ‘Viens, viens, ma brune’ ». « Papa, pousse au lieu de déconner ». « Gamin, je ne pousse plus. En fait, je suis coincé. J’ai une crampe. Je suis momifié. Je vais mourir dans une position tellement stupide qu’il ne faudra pas un cercueil pour m’enterrer mais un abri de jardin ». « Papa, je vais te ramener à la vie. Ecoute le pschiiiii de la bouteille  de Rochefort 8° que je décapsule. Papa, j’ai besoin de toi, si tu veux, je fais des cubes avec le bloc de gouda produit blanc, je saupoudre de sel de céleri et je pique des cure-dents dans les cubes ». « Gamin, pas de fromage, c’est mauvais pour mon cholestérol. Vite, la Rochefort 8° ». « Tu es décoincé, papa ? ». « Gamin, une deuxième ». Pschiiiii. « Aaah. Je revis. Merci gamin ». « Papa, on fait quoi avec le meuble en-dessous duquel Kiki mon hamster est en train de bouffer le câble de la télé ? ». « Gamin, j’ai une idée. Demain, j’essaye à nouveau de déplacer le meuble mais, avant, j’enlèverai tous les tiroirs et leurs tonnes de factures, de cartes routières et de dépliants touristiques, de recettes de cuisine que je n’utilise jamais, et je crois que j’y arriverai ». « Papa, tu es génial ».

17/05/2009

Cherche à passer un bon dimanche

« Papa, c’est dimanche. Je peux aller sur le balcon jouer au golf miniature que les cloches m’ont apporté à Pâques ? ». « Gamin, je te répondrai quand tu auras rangé l’aspirateur et son tuyau ». « Pourquoi, papa ? Tu veux inviter ma madame de l’école ? ». « Gamin, tu lis dans les pensées, maintenant ? Si oui, dis-moi ce que tu vois dans mes yeux ». « Je vois la grosse paire de lolos de madame ». « Gamin, tu te trompes, c’est sur le frigo que j’ai mis des tas de nénettes aux gros nénés. Même que, lorsque j’ouvre le frigo, je ne sais plus ce que j’allais y chercher ». « Papa, tu devras t’en séparer si ma madame vient ». « Pourquoi viendrait-elle, ton institutrice, gamin ? ». « Elle nous a dit qu’il faut aider les pauvres d’esprit, les esseulés et les grabataires et que, avec ton bras dans le plâtre, tu étais un bon exemple parce que tu fais partie des trois catégories ». « Heuuu. Elle compte venir quand, ta madame, gamin ? ». « Je ne sais pas, papa, mais elle a dit que le vrai don c’est quand l’autre ne s’y attend pas ». « Gamin, range l’aspirateur, descend les assiettes et les casseroles qui sont dans l’évier à la cave, tire la chasse dans les toilettes et utilise ce que tu appelles le changement de vitesse pour brosser la cuvette, ramasse le paquet de pâtes qui s’est ouvert quand je l’ai sorti de l’armoire, fais un tas avec toutes les factures et mets le tout sous mon oreiller, change l’eau de Maurice le poisson rouge et la litière des hamsters, mets du savon de vaisselle dans les soucoupes des plantes pour parfumer l’appartement au citron. Pendant ce temps-là je vais me raser, m’extraire de mon pyjama pour enfiler une tenue décente et me mettre du spray à la lavande sous les aisselles. Gamin, si ta madame débarque à l’improviste dans son rôle de bonne sœur, il faut que tu sois digne de ton papa. Compris. Exécution ».

30/12/2008

Cherche à m'amuser

Je suis le gamin de Biglodion qui est parti en randonnée me chercher quelqu'un qui sait faire la cuisine. Je m'emmerde. Alors j'ai ouvert la cage de Kiki et Pipette, les hamsters. Incroyable, ça bouffe tout, ces machins, les pantoufles de papa, les fils électiques de papa, la moquette de papa, l'agenda de papa avec ses adresses, les factures de papa. Heureusement que papa n'est pas là.

20/10/2006

Cheche à payer l'essence (suite 3)

"Bonjour, madame, c'est la pompe quatre". "53 euros 69. Attention, Bancontact Mister Casch est en panne". "Ah, ah ah, ah ah ah, et je paie comment, hé, hé ?". "Uniquement en liquide, monsieur". "Ah, ah ah, ah ah ah, excuseeez-moi c'est nerveux. C'est parce que le seul liquide que j'ai c'est l'essence dans mon réservoir". "Monsieur, vous me devez 53 euros 69". "Ah, ah ah, ah ah ah, oh, hé hé, pour le 69 on peut s'arranger mais pour le 53, je ne connais pas. Demandez un dépanneur de Mister Flache". "C'est fait, monsieur". "Et bien, j'attend, hé hé". "Il sera là demain. Et arrètez d'imiter Daerden, ça m'énerve". "Haaa, hé, hé, hooo, je vais faire comme le gamin. Lui, il fait vacances à la neige, vacances à la ferme, vacances à la mer. J'ai vu que dans votre superette il y a de quoi prendre un copieux petit déjeuner. Je vais faire vacances à la station service. Avez-vous des chambres ?". "Des chambres, vous êtes fou !". "Hé, hooo, pas des des chambres à air, hé hé hé, des chambres pour dormir". "Monsieur, vous me devez 53 euros 69". "Mais vous êtes une têtue, vous, hé hé. Je plains monsieur". "Il n'y a pas de monsieur dans ma vie". "Ca ne m'étonne pas. Et bien, vous allez en avoir un, pour une nuit, dans votre garage. Dites-moi simplement où sont les toilettes et où je peux trouver un tire-bouchon".

 

(suite 1) "Dites, il est bon ce vin ?". "Monsieur, c'est du vin à 4 euros, je n'en bois jamais". "Moi oui, j'en prends quatre bouteilles, comme ça j'aurai du liquide, hé hé hééé". "Grosse bièsse". "Hé, mais vous faites de l'humour maintenant, la pompiste. Hé, hé hé, dites, une pompiste, ça fait des   ". "Salaud".  Paf. "Aïe". "Vous me devez 69 euros 69, cochon". "Hé hé hé, je vous jure que je ne l'ai pas fait exprès. Le vin, c'est pour ma soirée, en attendant le dépanneur de Mister Flache". "Monsieur, c'est impossible de dormir ici, payez-moi et partez". "Tuut tuut tuut, pas possible, je n'ai pas de liquide. A propos de liquide, où sont les toilettes ?".


(suite 2) "Alors, monsieur, on a la vessie nette ?". "La vaissinette, la vaissinette, je ne suis pas malade, moi. Dites, madame la pompon, la pompière, avez-vous des verres dans votre superette ?". "Des vers, dans ma quoi, non mais, je ne suis pas malade, moi". "Chère madame, je vous dois 69 virgule 69, j'ai acheté du vin et je vous invite ce soir à prendre un verre avec moi dans votre station service". "Grand fou". "Enfin, un mot gentil". "Vous ne pouvez pas dormir ici, monsieur, c'est interdit par le règlement". "M'en fous, hé, ho, poupée, je dors ici, j'attends le dépanneur de Mister Flache". "Monsieur, il est l'heure, je dois fermer". "Et bien, tu la fermes, c'est quoi ce matelas gonflable à 4,99 euros ?". "Il faut acheter pour 10 euros de chewing gum et alors vous pouvez    ". "J'achète les tchouwinne gomme et le matelas. Je vais dormir dessus. Sur le matelas, hé hé hé, pas sur les tchouwinne gomme".

(suite 3) "C'est quoi, cette sirène ?". "Monsieur, ne bougez plus, c'est vous qui déclenchez l'alarme. Dormez". "Ah, bon, je vais m'endormir. Je sens que je vais m'endormir dans cette superette de station service". "Taisez-vous, vous allez déclencher l'alarme". ...  "Biquette, je t'aime". "Qu'avez-vous dit ?". "Qui ? Moi ? Heuu, j'sais pas, je parle en dormant". "Si, si, vous avez dit quelque chose". "Si vous me parlez je ne pourrai pas dormir. Débranchez l'alarme, je vais chercher une autre bouteille de vin". "Mais, vous allez me saouler !". "Deux bouteilles de vin". "Et le matelas pneumatique, ça va ?". "J'ai peur de péter, pardon, de le péter, c'est un truc pour la plage, ça, pas fait pour dormir dans une superette de garage". "Grand sot". "Pas de familiarité, hein, moi j'attends le dépanneur de Mister Flache. Dodo, maintenant". ... "Biquette, je t'aime". "Vous avez parlé". "Et meeerde, je m'endormais. Vous êtes en chaleur ?". "Monsieur, je ne vous permets pas". "Débranchez l'alarme, je vais me taper une autre bouteille de piquette". "Non". "Comment, non ?". "Vous devrez d'abord me passer sur le corps". "Non, non, je vais faire le tour par les biscuits". "Je vous suis". "Ah non". "Si, si, c'est pour la facture".