17/02/2010

Cherche un endroit tranquille

« Oh, mon fils ! Mais tu es tombé sur la tête. Tu m’offres un voyage dans ta voiture ! Au prix de l’essence, je ne te reconnais plus ». « C’est une diesel, maman, et c’est la voiture de la société ». « Tu es devenu fonctionnaire, mon fils ? ». « Non, maman, t’inquiètes pas, ils n’y verront que du feu ». « Tu sais, je vais te donner quelques conseils. Tu dois faire de plus petites pelures quand tu fais des pommes de terre, tu gaspilles. Freine, c’est un virage. Et tes chaussures, hein, tes chaussures, cela fait combien de temps que tu ne les as plus cirées, hein, on ne sait pas si ce sont des brunes ou des noires. Attention, ralentis, il va peut-être passer au rouge. Tu devrais changer de slip plus souvent, et mettre de dentifrice sur ta brosse à dent, tu vas attirer des mouches. Tu as vu ce camion, fais-lui une queue de poisson. Mon amie Lucienne dit toujours qu’il faut être hygiénique. Pour les toilettes, plus de papier journal découpé, du papier hygiénique, en rouleau, je t’expliquerai comment t’en servir. Non, je n’irai pas sur le siège à l’arrière, il faut que je sois devant pour te guider. Où va-t-on ? Tu ne t’es pas rasé ce matin. Moi je connais des mamans dont le fils se rase avant de les conduire à la campagne. J’ai pris du salami pour le pique nique. Parce que c’est moi qui t’offre le repas de midi. Ici, ici, arrête-toi ici, ce paysage me laisse sans voix ». « Ouf ».

01/12/2008

Fermé pour cause de St Eloi

St Eloi, c’est mon patron. Le patron des fonctionnaires. Comme je ne jamais fait rien au bureau, j’ai adopté St Eloi comme patron. Je travaille comme dans une banque. Il n’y a plus de clients, ça manque d’action. Qu’est-ce qu’on se marre. On n’a jamais autant utilisé la photocopieuse : les pieds de Fabienne, le zizi d’Yves, le pédalier d’Herman qui vient travailler à vélo. Ginette n’a pas voulu photocopier ce que je lui avais demandé. Pas grave, aujourd’hui je ne pense qu’à un saint.

02/06/2008

Tûûût 19 Cherche à tester les fonctionnaires

« Allo ». « A l’huile ». « Allo ? ». « Non, à l’huile ». « Allo, allo ». « A l’huile, à l’huile, hé hé hé ». « Allo, c’est quoi cette histoire ? ». « La purée est à l’eau et les frites sont à l’huile, sinon les frites sont à l’eau, bonnes à jeter ». « Désolé, monsieur, je raccroche ». « Non, surtout pas, c’est un test pour se rendre compte de ce que racontent les employés au téléphone. Jusqu’à présent, vous n’avez dit que allo ». « Allo, c’est un quoi ? ». « Un test. Ne parlez pas trop vite, je dois tout noter ». « Allo. Mais je ne veux pas faire de test, moi. Allo ». « Huit, ça y est, vous en êtes à huit ». « Allo. Huit quoi ? ». « Neuf ». « Allo, c’est quoi ce truc idiot ? ». « Dix, ça marche, le record est de douze ». « Allo, si vous ne me dites pas de quoi il s’agit, je raccroche. J’ai du travail, moi ». « Hé, hé, hé ». « Allo, c’est quoi ce ricanement ? ». « Treize. Bravo ». « Pourquoi ? ». « Mmmm ». « Allo ». « Mmmm ». « Allo, allo, je ne vous entends pas bien ». « Seize. C’est fou ce que vous avez comme travail, vous ». « Allo, excusez-moi, j’en ai assez et puis c’est l’heure de la pause café ». « Ok, Gérard, à tout de suite, devant la machine à café ». « Salaud ». Tûûût tûûût tûûût.