14/06/2008

Cherche à faire péter Maurice

Gilles Berbécot a chanté que la solitude, ça n’existe pas. Si, Môssieur, ça existe. Et c’est pire encore quand on est seul. Quand le gamin est chez sa mère. Quand Kiki et Pipette, les hamsters, sont chez Papy et Mamy parce qu’il faut huiler la roulette. Quand Gérard ne répond pas au téléphone. Quand personne ne parle quand je descends dans la rue et que je pousse sur la sonnette de mon appartement. Quand les poules auront des dents. Quand. Qu’entends-je ? Blup. Y a quelqu’un ? Blup. Sortez de là, je vous ai entendu, vous avez une gastro-entérite, vous avez dit blup. Blup. Mais, le bruit vient du bocal. Cornichon, es-tu là ? Mais c’est toi, Maurice. Je t’avais oublié, petit poisson rouge. Tu es muet comme la truite vagabonde et tu dis blup. Maurice, nous allons faire causette. Françoise Dolto et les autres vendeurs de livres à l’usage des parents le disent tous : il faut dialoguer. Maurice, nous allons dialoguer, un blup pour oui, deux blup pour non, comme les derviches tourneurs de table. A toi Maurice, à toi l’antenne. Mauriçounet, ne te vexe pas, j’ai dit antenne comme on le dit à un papillon, j’aurais du dire à toi la nageoire. Blup blup blup. Ben tiens, ce n’est pas au dictionnaire, ça. Les problèmes linguistiques commencent. Maurice, nous allons changer de méthode. Quand tu blup par l’avant, c’est oui, et quand tu blup par l’arrière, c’est non. Je cherche un moyen de faire péter Maurice.

17/03/2008

Cherche à mettre le paquet

« Gamin, cette année, je mets le paquet ». « Ah bon. Tu as pris de bonnes résolutions le jour de ton anniversaire, il y a une semaine ? ». « Heuuu ». « Tu as décidé de te raser chaque matin ? Si c’est ça, tu as déjà raté quelques jours, papa ». « Gamin, nous sommes dans le millénaire des économies. Alors, le matin, quand j’allume la radio et que j’apprends qu’il y a grève des trains, je ne quitte pas mon pyjama ». « Pourquoi il y a grève des trains, papa ? ». « Parce que les voyageurs s’en prennent à d’autres qui ne payent pas leur train ». « Qui ça, papa ». « Les accompagnateurs de train, gamin. Ils ne payent pas leurs trajets et les gens sont fâchés ». « Papa, tu crois peut-être que les chauffeurs de taxi paient pour conduire leur taxi ? ». « Heuuu ». « Gamin, Françoise Dolto a écrit que l’important ce n’était pas la qualité ni l’exactitude de la réponse d’un papa à son gamin qui est important mais le fait de répondre ».  « Papa, tu lis des bêtises. J’ai essayé à l’école, tu sais, de répondre n’importe quoi. Et bien, crois moi, ça ne plait pas à madame ». « Heuuu ». « Papa, ça va être l’heure de nickelodéon à la télé, quel paquet vas-tu mettre ? ». « Vois-tu, gamin, mettre le paquet, c’est en mettre moins ». « Mais non, papa, quand on met le paquet, on en met plus, je t’assure ». « Pas toujours, gamin. Paquet, c’est un diminutif, comme quand on dit mon petit biquet, maigrelet, garçonnet ». « Chevalet, tabouret, bidet, ticket ». « Gamin, ne te moque pas, hein. Tous les diminutifs ne sont pas petits. Le diminutif de Charles de Gaule est plus grand que Sarkozy ». « Et ton paquet, c’est quoi, papa ? ». « Vois-tu, gamin, cette année, avec les économies de carburant et le prix grimpant des matières premières, dont le maïs concassé pour poules, le colis de Pâques sera un petit paquet ». « … ». « Où es-tu, gamin ? ». « Devant la télé, papa ».