01/08/2010

Robert à l'hosto

J’ai un ami, Robert Bouchez, qui n’avale plus rien, sauf du liquide. Déjà qu’il n’avalait pas facilement les couillonnades que je lui racontais, maintenant il n’avale plus la tarte aux pommes ni les magrets de canards. Quand il mange des frites il sait juste sucer la sauce andalouse. Un pot par portion de frites. Je lui ai offert un assortiment tartare, américaine, béarnaise. Et aussi un tuteur à tomates que j’ai scié en trois morceaux de vingt centimètres, histoire de ne pas gaspiller les portions de frites et d’avoir une sucette pour chaque pot. Ses poubelles débordent de frites. J’ai essayé de les ramener à la maison pour les manger le soir mais des frites froides ce n’est pas bon. En plus il les avait toutes léchées. Pire, il avait sucé toute la sauce.

01/07/2010

Cherche l'origine de la frite

« Papa, sais-tu pourquoi les belges ont la frite et les arabes le pétrole ? ». « Heuuu, gamin, parce qu’à Bouillon, quand les boulets de canon ont manqué leurs tisr sur les assaillants, les femmes des croisés molletonnés complètement pétés à l’Orval, ont jeté de l’huile bouillante sur les connards d’en face qui canardaient les grilles qui défendaient les fenêtres avec des patates ». « Bien, papa, un point sur deux ». « Stop, gamin, avec cinquante pourcent je passe ». « Papa, quand j’ai cinquante pourcent dans une branche tu me prives de sucette pendant une semaine. Et toi tu passerais ! Même pas par le chat de l’anguille, papa ». « C’est quoi pour avoir cent pour cent, gamin ? ». « C’est l’énigme du jour, papa ».

04/12/2009

La solution

Ce qu'adorent les belges ce sont les vieux murs parce que les vieux murs c'est frite. C'est le gamin qui me l'a suggéré sans le savoir : il a du recopier dix fois "Les vieux murs s'effritent". Chacun sait qu'en Belgique, au nord comme au sud, les tétines des biberons sont carrées pour habituer les bébés à la forme des frites mais, bon, de là à voir des frites partout, hein. En plus, la frite a été inventée par un joueur de tennis à qui on avait lancé une patate au lieu d'une balle. Si, c'est le gamin qui me l'a dit. C'était sur un château-fort et le gars, de rage, a pris les bouts de patates pour les jeter dans l'huile bouillante que les assiégés s'apprêtaient à déverser sur les envahisseurs. Ceux-ci auraient crié "Envoyez aussi la mayonnaise". Que c'est beau, l'Histoire, quand c'est le gamin qui la raconte.

14/09/2009

Bébé asule l'intérim - 2

Coucou, c'est Bébé, de mon vrai nom Bag-in-Box. Je m'entraîne au grand écart. Pour le moment j'y arrive avec les bras. Mais avec les jambes c'est autre chose. Quand je pense au grand écart je pense au viaduc de Millau. Et je me dis que je suis une autoroute. Et que les automobilistes me passent dessus. Je suis dans le vide, la tête en bas et je fais le pont avec mes jambes entre deux montagnes. Le pire, ce sont les hollandais avec leurs caravanes, ça chatouille tellement ils sont chargés de victuaille pour ne rien devoir acheter à l'étranger. Avec les allemands, juste un frisson, tellement ils vont vite. Les belges c'est autre chose : ils jetent leurs sachets de frites bien gras et ça fait des taches sur mon costume de scène. J'ai peur d'avoir une crampe. Ou de rester dans la même position le reste de ma vie. J'irai peut-être finir mes jours au musée Grévin. A demain. 

026

10/07/2009

Cherche la bonne période de récolte

Oui, je le reconnais, hortensia ne s’écrit pas hortencia comme je l’ai écrit hier, le 9 juillet 2009. La faute en est à mon jardin qui se limite à un bonzaï et, un jour à des grosses semences de pomme de terre que j’avais achetées pour planter sur mon balcon. Renseignement pris auprès d’un collègue jardinier, pour avoir une bonne récolte j’aurais du abattre le balcon et le reconstruire un petit mètre plus bas, devant la porte vitrée des gens du quatrième. J’ai donc opté pour la location d’une brouette, d’une fourche-bêche et l’achat d’une scie à métaux pour faire sauter le cadenas de la grille du parc communal, fermé pour cause de travaux. Une fois partis les peintres qui avaient repeints les bancs du parc, j’ai fait sauter le cadenas et, armé de ma fourche-bête, j’ai enterré ça et là mes espoirs de frites. Renseignements pris auprès d’un collègue jardinier je devrais louer à nouveau une brouette et une fourche-bêche pour le jour de la récolte. Qui peut me dire quand ?

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Demain nous reparlerons de l'énigme de jeudi.

21/05/2009

Cherche le dénouement

Je ne dors plus. On m’annonce que je dois être mûr pour enlever le plâtre. J’ai peur d’un massacre à la tronçonneuse. Je n’en ai pas mais j’ai déjà vu une tronçonneuse. Si j’éternue pendant le spectacle je serai transformé en rondelles, en carpaccio sans le parmesan, la roquette et le vinaigre balsamique. Mon Dieu, c’est ma dernière volonté : j’ai envie d’un carpaccio, un vrai. Un carpaccio en entrée. Après, un américain (steak tartare pour les français) frites mayonnaise. Trou normand à l’Eau de Villée et, ensuite, puisqu’il faut manger du poisson pour le phosphore, douze cuisses de grenouilles à l’ail. Attention : pas douze fois une cuisse mais douze fois deux cuisses. Pas des cuisses de grenouilles unijambistes. Une grenouille unijambiste ça tourne en rond, dzoing, dzoing, dzoing, comme moi quand j’essaye de me gratter avec mon plâtre à gauche quand ça chatouille au cou du côté droit. J’a dit au cou mais ailleurs c’est le même. Seigneur, j’ai honte de vous embêter avec mes petites histoires. C’est pourquoi je vous laisse le choix du dessert, avec une petite préférence pour une crème glacée à la vraie vanille surmontée d’un bon chocolat belge. Mon Dieu, le dénouement est proche. Donnez-moi la force de ne pas éternuer pendant la tronçonneuse.  

24/04/2009

Cherche la forme pour Maurice

Si, par hasard, vous passez par Lourdes pour aller au boulot, allez faire brûler un cierge pour le rétablissement de Maurice ( http://bonnieandclyde.skynetblogs.be , Titine et Chacha. Maurice c’est Chacha avec Titine mais, chez moi au cinquième, Maurice est dans un bocal, pas de formol mais d’eau fraîche parce que c’est le poisson rouge du gamin. Je ne vais pas à Lourdes avec lui parce que j’ai peur de casser le bocal dans les virages. Pourtant ça m’intéresserait de faire la multiplication des petits pains avec Maurice. Des montagnes de fish-sticks dans des hamburgers sauce tartare. Mais comment multiplier la sauce ? Et les frites ? Des fish-sticks sauce tartare sans les frites c’est comme des frites sans les doigts. Ou des doigts sans les gants, en hiver, quand il gèle. Je me demande comment c’est manger des fish-sticks sauce tartare avec des frites avec ses doigts avec des gants, quand il gèle, en hiver. Et avec une écharpe ! Et avec un bonnet passe-montagne ! En dessous d’un casque à visière ! Il faut que j’arrête parce que c’est celui qui en parle le plus qui en mange le moins. Alors, le temps d’enlever mon casque à visière, mon bonnet passe-montagne, mon écharpe, mes gants et les frites seront froides.

27/01/2009

Cherche Durette

Le 26 janvier (voir colonne archives), cherchant mon identité oscillante, Lècia, du blog  http://lecia.skynetblogs.be , m’a traité de Durette, contraction de Dubosc et de Pirette. Il paraît que Françoise Coquillon est le maire de Régnier-Durette. Quel joli nom. Je ne parle pas de Durette, je trouve que Coquillon est un joli nom, ça fait coquillette et papillon. C’est l’effet coquillette peut-être. J’adore les noms bizarres, comme Dulong et Petit, duettistes thermodynamiciens  qui, en 1819, stipulèrent qu’à haute température la capacité thermique molaire tend vers une valeur constante et indépendante de la nature du solide. Vous avez bien lu : indépendante de la nature du solide. Même si le solide c’est des frites. Ce qui veut dire qu’à haute température, le machin des frites reste constant. Je parie que vous n’aviez jamais vu vos frites sous cet aspect là. N’empêche, pour l’étudiant que je fus, le nom de la loi de Dulong et Petit était facile à retenir. La démonstration, ça, c’était autre chose. Autre exemple de la beauté des noms associés : les familles Robinet-Pissevin, Pinodet-Charente ou Kasta-Gueulanski. Ou comme un copain, Gérard Mambourg, présenté lors d’une cérémonie « Gérard Mambourg et sa femme », triste trio puisque l’annonceur était de la partie.  Parfois les noms de famille sont tristes, comme cette pierre tombale en Belgique : Moreaux-Flamand. Ou comme la loi de Dupin-Meunier, pénible souvenir d’un mémorable trou de mémoire qui m’a fait répondre au prof Charcutier-Boudin. Paf, zéro pointé.

30/10/2008

Cherche la mort avec des frites

C’est la Toussaint. Des fleurs partout. Aux caisses des supermarchés, dans les pépinières, au marché, chez les libraires, le long des routes avec les mêmes jeunes enfants refroidis qu’à l’époque des fraises ou du muguet. C’est mortel toutes ces fleurs, identiques à part la couleur. Chrysanthèmes, bruyères et, nouveauté, le chou chinois. Le chou chinois envahit nos cimetières. Deux euros quarante-neuf et hop, la corvée cimetière est terminée. « Maman sera contente, tu ne trouves pas ». « Du moment qu’elle ferme sa gueule, c’est bien ». « Que dis-tu mon amour ? ». Et si on fêtait nos chers défunts avec des frites, hein ? Une baraque à frites devant chaque entrée de cimetière. Musique : accordéon musette, pour rendre hommage à nos chers disparus. Dans la joie, dans la dignité, pas dans le commerce.

27/09/2006

100.000 blogs Skynet (4)

Dimanche 24.09, fête des 100.000 blogs. Buffet offert par Skynet. J'y suis allé avec maman, 80 ans. "Manges ton poisson". "Oui, maman". "Ca suffit avec les frites, hein, penses à ton cholestérol". "Oui, maman. Je vais voir à ta brochette". "Tu restes ici, tu surveilles ma sacoche, tu ne sais même pas te faire une omelette, tu ne vas pas te mêler de cuire ma brochette". "Oui, maman". ... ... "Mais tu en as profité pour remplir la carafe de vin". "Oui, maman". C'est au moins la troisième". "Heuuu". "La quatrième ?". "Heuuu". "Arrètes de boire, tu ne sauras pas me ramener". "Mais je ne compte pas te ramener, maman, je t'ai amenée ici pour que tu fasses des rencontres". "Tu es pire que feu ton père, il avait déjà essayé de me perdre à l'expo 58". "Ah, il n'a pas eu de chance, alors". "Tu dis encore une fois ça et tu reçois une fessée devant tous tes petits amis". "Non, maman, pas la fessée ici, j'ai 58 ans et eux, ils ont des appareils photo". "Alors, manges ton poisson".