08/03/2009

Tûûût n° 36. Cherche à bien taxer

« Allo, c’est pour la taxe ». « Oui, monsieur, je vous écoute ». « Avez-vous payé la taxe ? ». « Heuuu, un instant, monsieur. Germaine, Germaine, on demande si on a payé la taxe ». « Quoi, les poubelles ? ». « Allo, monsieur, les poubelles ? ». « Non ». « Ce n’est pas ça, Germaine ». « Quoi alors ? La télé ? ». « Allo, monsieur. Quoi alors, la télé ? ». « Non ». « Germaine, prends les choses en main pour une fois, réponds à ce monsieur ». « Prendre en main les choses de ce monsieur que je ne connais pas, jamais, tu m’entends, jamais ». « Allo, monsieur, un instant, j’ai fait appel à l’équipe. Elle se maquille pour venir au téléphone, restez en ligne. Ce n’est pas pour le chien, par hasard ? ». « Non ». « Germaine, ce n’est pas pour le chien ». « Mais demande lui pour quoi, triple idiot ». « Allo, monsieur, je donne ma langue au chat ». « Miaou, miaou ». Tûûût, tûûût, tûûût.  

05/02/2009

Tûûût 31. Cherche la tarte

« Allo ». « Ah, ça fait plaisir de t’entendre. Tu sais, je viens de terminer un gros rhume ». « Allo, qui est à l’appareil ». « Tu peux pas savoir, j’ai une tête comme un potiron. C’est pour ça que je n’ai pas téléphoné plus tôt. Tu comprends, hein ». « Monsieur, je vous arrête tout de suite, je pense qu’il y a erreur ». « Mais, chose promise, hein, comme on dit. J’arrive vers 16 heures. Je viens manger la tarte ». « Germaine, on va avoir de la visite ». « Qui ça ? ». « Je ne sais pas. Il dit qu’il vient manger la tarte ». « Je suis d’accord si tu me dis qui vient ». « Mais je ne sais pas, Germaine ». « Dis, on n’est pas le relais des routiers ici. Dis-moi qui vient ». « Germaine, je me tue à te le dire. Tout ce que je sais c’est qu’il vient manger la tarte ». « Passe-moi le téléphone ». « Germaine, t’es folle. Ne parle pas à un inconnu ». « Passe-moi le téléphone, c’est un ordre ». Tûûût, tûûût, tûûût.  

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17/12/2008

Cherche à me soulager

Quand j’ai un besoin urgent je cherche une boîte aux lettres pour me soulager. D’habitude ça se passe bien. Sauf hier. On m’a pris la main dans le sac, si je puis dire. Je ne savais pas que le type était en train de relever son courrier. « Germaine, viens voir, quelqu’un nous a mis du boudin de Noël dans la boîte aux lettres. C’est coincé, vas pousser par dehors ». Ouille, ouille, ouille. Le type ignore sûrement l’existence des psychologues qui préconisent le lâcher prise. C’est Germaine qui m’a sauvé. Quand elle m’a vu elle a crié au secours. Le type a gueulé : « Et si j’allais pisser sur votre fenêtre, que diriez-vous ? ».  J’ai juste eu le temps de lui crier : « Essaye toujours, j’habite au cinquième ».

17/11/2008

Tûûût 30 Cherche la zizanie cinjugale

« Allo ». « Allo ». « Bonjour, pourquoi y a-t-il une toile d’araignée ? ». « Quoi ? Une quoi ? ». « Une toile d’araignée ». « Où ça ? ». « Près du plafond ». « Où ça ? ». « Retournez-vous, enfin. Il y a une toile d’araignée chez vous, près du plafond ». « Didju, mais c’est vrai. Qui êtes-vous ? ». « Je suis le lustre ». « Qui ça ? ». « Hé ho, faut nettoyer ses oreilles, hein, c’est comme le plafond. Je vous dis que je suis le lustre. J’ai horreur des toiles d’araignées ». « Germaine, Germaiiine, au s’cours, devine qui téléphone ». « Ta belle-sœur, ça fait bien dix ans qu’elle ne te parle plus, c’est elle ? ». « Germaiiine, nooon, pire que ça, devine ». « Hughes Aufray ? ». « Non ». « Benoît Seize ? ». « Non, Germaine, plus près ». « Le prince Laurent ? ». « Plus près, je t’ai dit, tout près ». « Zut, à la fin, moi aussi je fais ma sieste. C’est qui ? ». « Germaiiine, c’est le lustre ». « Qui ça ? ». « Le lustre, Germaine ». « Qui ? ». « Hé ho, faut nettoyer ses oreilles, hein ». « Reste poli, hein, grossier personnage ». « Mais je te répète ce qu’il m’a dit ». « Qui ça ? ». « Ben, le lustre, Germaine ». « Toi, tu t’es repris un troisième pastis pendant que je siestais, hein. Tu n’en auras pas ce soir ». « Allo, le lustre ». Tûûût, tûûût, tûûût.

26/10/2008

Tûûût 27. Cherche un anglais

« Allo ? ». « Maïlle sisteur hisse noteu boheu ». « A qui ai-je l’honneur ? ». « Aïlle ripît. Feuste les sonne. Maille sisteur hisse ». « Dites donc, qui êtes-vous ? ». « Aïlle aime belledjoum. Canne aïlle ». « Canaille vous-même, savez-vous à qui vous parlez ? ». « Yè, soeusoeur ». « Germaine, je mets le haut-parleur, viens écouter ce zigoto ». « Et l’eau, Djèmêne. Oh douilloudou ». « Tu le connais ? ». « Mais non, Germaine, je te jure ». « Hisse maïlle inne gliche goude ? ». « C’est ta maîtresse, j’en suis sûre ». « M’enfin, Germaine, à mon âge, voyons ». « Dites, vous deux, vous pourriez me répondre, non. Est-ce que mon anglais est bon ? ». « Mais, nous ne sommes pas anglais ». « Heuuu. Ah bon ». Tûûût, tûûût, tûûût. 

07:15 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : tuuut, ammo, anglais, germaine, canaille |  Facebook |

24/09/2008

Tûûût 26 bis. Cherche à colmater

« Allo ». « Bonjour, plomberie Lafuite, je vous écoute ». « Heuuu, je crois que ça s’agrandit, pouvez-vous venir en urgence, ici, c’est devenu du Schubert, la fuite vagabonde ». « Il me semble que je reconnais votre voix. J’y suis. Vous êtes le petit con d’hier, c’est ça ? ». « Heuuu ». « Ah ah, monsieur Choubert, la moquette fait ploutch ploutch ? On est moins fier, hein, on est dans la purée, la rata de choubert  ». « Pas Schubert. Mon nom est Biglodion et la fuite, c’est au ». « Biglodion, aaaaah, ah, ah. Germaine, tu ne me croiras jamais, j’ai un biglodion qui fuit au bout du fil, aaah, aaah, aaah ». « Mets du mastic comme d’habitude, ça tiendra les six mois de garantie ». « Monsieur, c’est sérieux, j’ai une fuite ». « Une fuite ! ça coule de source, sinon vous n’appelleriez pas un plombier, aaah, aaah, aaah ». « Mais, monsieur, je fais quoi avec la fuite ? ». « Téléphonez à Bob l’éponge ».

16/10/2007

Cherche à faire des économies (2)

« Monsieur, monsieur, vous oubliez votre chipolata ». « Elle n’est pas bonne, votre chipolata ». « Mais, pourquoi l’avez vous achetée, alors ? ». « Monsieur le charcutier, par mon acte d’achat, je veux soutenir les petits artisans indépendants face à l’invasion déferlante des grandes surfaces ». « Attendez, j’appelle mon épouse : Germaine, Germaiiine, viens voir monsieur, il nous soutient dans la défense de notre commerce face à l’envahissement, comment avez-vous dit ? ». « face à l’invasion déferlante des grandes surfaces ». « Merveilleux, écrivez-le ici, je mettrai un panneau. C’est votre fils, là ? Que veux-tu, bonhomme, une côte à l’os ? ». « Deux, une pour aujourd’hui et une pour demain ». … … … « Tu vois, gamin, tu vas pouvoir manger autre chose que des raviolis pendant deux jours ».

01/05/2007

Cherche à souhaiter bonne fête.

« Bonjour monsieur Henry, bonne fête du travail ». « Vous savez, hein, moi, je suis pensionné, alors je m’en fiche ». « Heuuu ». … « Bonne fête, monsieur Gonzalez ». « You vou rigoulez dè ma figoure, yé souis sour lé somâze ». « Heuuu ». … « Bonne fête du travail, madame la boulangère ». « Pas le temps de rigoler, il y a six personnes derrière vous. Un pain, comme d’habitude ? ». « Heuuu ». … « Madame, monsieur, je ne vous connais pas mais je vous souhaite une bonne fête ». « Non, non, on a déjà donné. Et puis, nous avons oublié notre porte-monnaie, hein, Germaine ». « Heuuu ». … ». « Allo, maman, bonne fête ». « Et bien, ça alors, c’est la première fois que tu me dis ça depuis que tu as quitté l’école, il y a plus de trente ans. Dis, idiot, on est le premier mai, pas le premier avril ». « Heuuu ». C’est fou, ça, comme les gens peuvent s’énerver quand on leur souhaite bonne fête !