30/06/2008

Tûûût 21 Cherche à surprendre

« Allo, je suis bien chez aaaaah, dzoing, pof, diguiliguiding ». « Au secours, au secours, que vous est-il arrivé ? ». « Heuuu ». « Parlez, quelle est votre adresse ? Vous êtes blessé ? » ; « Heuuu, non ». « Vous êtes mort ? ». « Heuuu, non ». « Je m’appelle Ginette. Et vous ? ». « Heuuu, non, je ne m’appelle pas Ginette ». « Mon dieu ! ». « Redites moi ça ». « Quoi ? ». « Ce que vous venez de dire ». « Qui êtes-vous ? Je vais appeler les secours ». « Non, vous m’avez appelé ‘ Mon Dieu ’ ». « Une erreur, sans doute. Mais c’est quoi ce que j’ai entendu ? ». « Ben, heuuu. Le aaaaah, c’est moi. Dzoing, je l’ai fait avec deux couvercles de casserole. Pof, c’est quand j’ai laissé tomber un couvercle. Et diguiliguiding, c’est le couvercle qui s’est mis à danser en rond par terre ». « Mais vous êtes fou ! ». « Heuuu ». Tûûût, tûûût, tûûût.

23/06/2008

Tûûût 20 Cherche à revoir Ginette

« Allo, madame Ginette ? ». « Vous me connaissez ? ». « Oui, je prends le même tram que vous ». « Le trente-trois ? ». « Oui, celui de la place de Brouckèèère, des frites chez Eugène, de Jef  t’es pas tout seul, et je vous téléphone pour vous dire que, heuuu, je vous ai vue dans le tram ce matin et que, heuuu ». « Gérard, c’est Gérard ». « Mais non, mais non, espèce de nymphe au manneke ». « Vous avez dit quoi ? ». « Gérard, il vient en voiture. Il pollue, Gérard. Il lâche des gaz d’échappement, Gérard, il fait des trous dans l’os jaune, Gérard ». « Gérard il est beau, il fait de l’humour et il sait faire le café ». « Ah bon ! C’est lui qui est dans la machine à café, peut-être ? ». « Mais vous êtes méchant, vous. Qui êtes-vous ? Je vais le dire à Gérard ». « Heuuu, non non ». Tûûût, tûûût, tûûût.

19/05/2008

Tûûût 17 Cherche à faire une blague

« Allo, madame Ginette ? ». « Oui, de quoi s’agit-il ? ». « De mon dossier ». « Quel numéro ? ». « Je ne le trouve plus ». « Pas de problème. Le numéro de votre dossier se trouve sur chaque lettre que nous vous envoyons ». « Ah bon ». « Au dessus, sous référence ». « Et alors ? ». « Dites moi ce qu’il y a d’écrit ». « Où ça ? ». « La référence de votre dossier, monsieur, c’est écrit sur chaque lettre ». « Je ne le trouve pas ». « Bon, je comprends, prenez une lettre au hasard dans votre dossier ». « Je ne le trouve pas ». « Bon. Qu’est-ce que vous ne trouvez pas ? ». « Mon dossier. Vous savez, je fais des piles : les à jeter et les à ranger. J’ai du me tromper de pile ». « Ah, si Gérard était là ! Bon, c’est quoi, votre histoire ? ». « Gérard, Gérard, c’est toujours Gérard ! Dans l’ascenseur : bonjour Géra-a-a-rd, bonjour heuuu. A la machine à café : pas de sucre, Géra-a-a-rd, pour ma ligne. Gérard, sers aussi l’autre ». « Je vous reconnais. Vous êtes l’autre ? ». « Heuuu ». Tûûût, tûûût, tûûût.

24/04/2008

Tûûût 15 Cherche Ginette

« Allo, puis-je parler à madame Ginette ». « Vous avez un numéro de dossier ? ». « Attendez. Je regarde. Non, je n’ai pas de numéro de dossier, je suis assis sur un tabouret ». « Oui, je vois. Avez-vous une référence ? ». « Oui, oui, je fais ma révérence à madame Ginette ». « Ecoutez, je vais m’occuper du dossier. De quoi s’agit-il ? ». « Non, non. On m’a dit de demander madame Ginette, pas monsieur Gérard ». « Vous me connaissez ? ». « Et merde, j’ai gaffé ». Tûûût, tûûût, tûûût.

10/04/2008

Tûûût 013. Cherche à décharger le gravier

« Allo ». « Il n’y a personne chez vous. Je décharge où ? ». « Vous déchargez quoi ? ». « Les cinq tonnes de gravier ». « Quel gravier ? ». « Les cinq tonnes de gravier qui sont dans le camion ». « Mais, ça doit être une erreur, je n’ai pas besoin de gravier ». « Monsieur Gérard ? ». « Oui, c’est moi, que me voulez-vous ? ». « Je suis arrêté en double file, j’ai cinq tonnes de gravier dans le camion, si je les déverse dans votre allée vous ne saurez plus rentrer votre véhicule ». « Mais pour quoi faire, du gravier ». « Je suis livreur. Ce que vous faites avec la marchandise ne me regarde pas. Est-ce que le facteur lit vos lettres pour savoir si elles vous sont bien destinées ? Non. Dans deux minutes je décharge, dites-moi où ». « Ecoutez, j’arrive, je ne comprends rien à cette histoire, quand vous m’avez téléphoné j’étais devant la machine à café ». « Encore ! ». « Comment, encore ? ». « Vous y étiez déjà à neuf heures trente, vous avez pris le deuxième café avec Ginette à dix heures et c’est déjà le troisième ». « Mais. Mais vous m’espionnez depuis votre camion. Quelqu’un vous renseigne sur mes activités professionnelles. Donnez-moi une demi heure et j’arrive ». « Pas possible. D’abord, je suis garé en double file. Ensuite, le soleil tape et le gravier fond, je n’en aurai bientôt plus que trois tonnes et demie. Enfin, vous devez d’abord remplacer la cartouche d’encre de la photocopieuse, vous l’avez promis à votre copain, Ginette est témoin ». « Salaud, c’est toi. Salaud. Tu as failli m’avoir. Tu sais, au tout début, j’y ai cru. Mais du gravier qui fond au soleil, hein, tu sais ». « Je sais, Gérard. Dis, tu changes la cartouche ». Tûûût, tûûût, tûûût.

01/08/2007

Cherche la blancheur

« Gérard, je pense que tu as un ancêtre noir ». « Ah bon, tu as fait mon arbre généalogique, sous ton parasol ? ». « Gérard, tu n’es plus bronzé, t’es cawément bwonzé, dans deux jours tu seras nouaw de nouaw ». « Et alors, c’est chouette, tu imagines le succès au bureau quand nous allons rentrer ». « Mais je reste blanc, moi, on va nous appeler les black and white ». « Tant pis pour toi quand on sera au bureau ». « Et Ginette, hein ? ». « Quoi, Ginette, c’est chasse gardée, pas touche ». « Gérard, je te rappelle que Ginette, elle n’aime pas les noirs, elle aime les blancs de blanc, comme moi ».