11/10/2009

Cherche Vve Pommery

« Gamin, regarde, Waterloo à l’envers ». « Pourquoi, papa ? ». « Parce qu’ici, lors d’une excursion, nous devions d’abord descendre les marches et puis les remonter ». « Pour prendre le métro, papa ? ». « Non, gamin, pour visiter une crayère ». « Une fabrique de crayons, papa ? ». « Non, gamin. Les crayères sont de grands trous de plus de trente mètres de profondeur creusés par les romains pour en extraire de gros blocs de craie pour leurs constructions. Plus proche de nous, différentes crayères furent reliées par des tunnels par une dame, Vve Pommery, pour y entreposer des millions de bouteilles ». « Vé-vé-euh, quel drôle de prénom, papa ». « C’est ce qui était écrit, gamin ». « C’était comme un drive-in mais à pied, papa ». « Non, gamin, on ne pouvait pas toucher parce que les poussières sur les bouteilles de champagne étaient millésimées, gamin ». « C’est quoi du champagne, papa ». « Disons que c’est du kidibulle pour adultes et que c’est fait avec du raisin ». « Papa, avec son nom, madame Vé-vé-euh Pommery aurait du fabriquer du cidre, avec des pommes ». « Excellent, gamin, celle-là je vais la raconter au bureau ». « Et on s’est promené dans les galeries chauffées naturellement à 12 degrés. Brrrrr, rien que d’y repenser ». « Papa, ce n’était plus crayère, c’était gruyère ». « Gamin, je t’ai déjà dit mille fois que c’est dans l’emmenthal qu’il y a de gros trous pour laisser passer les souris. Dans le gruyère nous ne savons pas puisque je n’achète que du gruyère râpé ».  « Tu as pu en boire, papa, du champagne ». « Oui, gamin, mais les organisateurs ne sont pas cons. Nous devions d’abord remonter toutes les marches pour déguster un verre ».

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30/04/2009

Cherche l'énigme

« Docteur, pour les séances de divan, faites-vous des abonnements à prix réduit ? ». « Non, pourquoi ? ». « Je crois que ça va être long avec moi, docteur. Je suis une énigme pour moi-même ». « Qu’est-ce qui vous turlupine aujourd’hui ». « Je n’aime pas ce mot, docteur. Je n’ai plus turlupiné depuis des années-lumière. Il n’y a plus de lumière, docteur. Quelqu’un a du couper le courant ». « Avez-vous des indices sur l’origine ». « Quelqu’un m’a dit que je faisais une obsession sur les raviolis ». « Ah bon ! Je ne vois pas le rapport ». « Vous voyez, docteur, vous ne voyez rien non plus. Pas de rapport, c’est ça qui me turlupine ». « Mais ! ». « Docteur, moi je peux le dire. Je paye pour le dire ». « Sans vouloir vous demander le prix d’une séance, expliquez-moi comment vous préparez les raviolis ». « En ouvrant une boîte, docteur ». « Bien, bien. Ensuite ? ». « Quand c’est chaud j’appelle le gamin pour qu’il vienne à table ». « Je veux dire : entre les deux que faites-vous ? ». « J’allume le gaz. Le gamin n’aime pas les raviolis froids ». « Bien. Racontez-moi. Que mettez-vous sur les raviolis, du gruyère, du parmesan, du persil de la ciboulette ? ». « C’est quoi ça, de la ciboulette, docteur ? ». « Ce sont de fines herbes qu’il faut couper en tout petits morceau ». « C’est trop dangereux la ciboulette, docteur ». « Mais non, c’est bourré de vitamines ». « Je veux dire que c’est dangereux pour moi si je dois la couper en petits morceaux, docteur. Je n’ai déjà pas facile pour ouvrir la boîte, j’en mets partout, d’ailleurs je ne mets plus les raviolis dans une casserole, ça fait trop de vaisselle, je chauffe la boîte ». « Mais il n’y a pas de manche à une boîte ! ». « Je sais ». « Et alors ? ». « J’attends que ça refroidisse. Une expérience m’a suffit. Pas con, hein, docteur ». « Ce sera tout pour aujourd’hui. Vous restez une énigme pour moi ». « A propos, docteur ». « Oui ». « Pour la prochaine fois mettez plus de coussins sur le divan ».