30/08/2010

Robert et le porno

« Salut, Robert ». « Salut ». « Tu as meilleure mine que mon crayon, tu sais ». « Tu n’as qu’à le tailler. Moi, je ne peux pas me tailler. Tu m’imagines, en ville, en pyjama, en charentaise, promenant un chien à quatre roues, haut de deux mètres et avec des espèces de gourdes transparentes en guise de boucle d’oreille ? ». « Oui, Robert, je t’imagine. Et j’imagine les passants cherchant partout où est la caméra cachée. C’est ça qui te manque le plus, Robert ? ». « Non, c’est le porno ». « Tu n’arrives pas à bander quand tu vois les infirmières ? ». « Dis, tu as vu la moyenne d’âge ? ». « Heuuu, oui. Avant, Robert, c’était quoi le porno pour toi ? ». « C’est au bureau, les sites spécialisés sur l’ordi en attendant un appel pour le remplacement d’une cartouche d’encre. Toi aussi, je suppose ». « Moi, jamais, Robert, le sexe virtuel ne m’intéresse pas. Quand je veux voir un vrai trou du cul je vais voir le chef ». « Arrête, je pisse de rire. Vas-y, mange mon repas du soir ». « Merci, Robert ».

28/08/2010

Robert et les tuyauteries

« Robert, tu sais, nous sommes tous logés à la même enseigne. J’ai la même chose que toi à la maison ». « Quoi, tu as la chiasse chez toi et quand tu viens me voir tu fais semblant de rien ! Mais tu es peut-être contagieux. C’est peut-être de toi que j’ai attrapé ça. Tu dois être mis en quarantaine. Tu ne dois plus venir me voir pour me remonter le moral, je le remonterai moi-même ».  « Robert, calme-toi. Je parlais de ta tuyauterie bouchée en aval de l’estomac. A la maison, c’est la même chose avec le pommeau de douche : plus d’averse mais un pipi de chat ». « Infirmière, infirmière ». « Robert, tu as une sonnette ». « Infirmière, dring dring, vite, il y a un exhibitionniste qui m’énerve dans la chambre ». « Robert, mais tu délires ! ». « Dring, dring, un pommeau de douche, non mais, un pommeau de douche, môssieur a sa tuyauterie bouchée ! ». « Robert, fais dodo, ça te fera du bien ». « Alors, sors ». « Heuuu. Oui, Robert ».

23/08/2010

Robert déprime

« Salut, Robert. Ben, dis donc, ce n’est pas la forme ». « Approche-toi que je te confie un secret. J’ai un nouveau voisin de chambrée. Si tu arrives à le faire sortir je te dirai pourquoi les infirmières l’appellent la chèvre ». « Bonjour, monsieur. Et si vous alliez voir dans le couloir si le repas du soir arrive, Robert a faim ». « Idiot, il sait bien que je ne peux avaler que du liquide ». « Monsieur, rectification du message : Robert a soif ». … « Dis donc, Robert, c’est sadique d’envoyer dans le couloir ce vieux avec sa perche et ses perfusions. Courbé comme il est on dirait Fabiola de dos ». « Nous serons plus tranquilles pour causer ». « Ah oui, de la chèvre ». « Si tu savais, il n’arrête pas : à tout à l’heure peut-êêêêêêtre,  ici c’est le bien-êêêêtre, puis-je entrouvrir la fenêêêêêtre ». « Mais c’est comique, ça, Robert ». « Pas quand il m’appelle Robêêêêêrt, Robêêêêêrt ». « Mais c’est comique, ça, Robert ». « Sors ». « Heuuu ».

13/08/2010

Robert va peut-être guérir

« Salut, Robert, comment vas-tu ? ». « Je vais deux fois par jour ». « Ah bon ! Tu vas bien deux fois par jour ! Et le reste du temps comment vas-tu ? ». « Hé, tu ne voudrais quand même pas que je reste toute la journée sur le pot, non ? ». « Robert, quand je te demande comment vas-tu c’est pour savoir comment tu vas ». « J’y vais à pied, imbécile. Je ne vais quand même pas y aller à cheval ou à mobylette ».  « Robert, je ne te reconnais pas. Depuis que tu es à l’hosto tu ne dis que des conneries ». « Je le fais exprès ». « Et ça te sert à quoi ? ». « Tous les autres de l’étage sont moribonds. Alors les infirmières se disent pute pour savoir qui aura l’honneur de venir faire mes soins ». « Heuuu ».

12/08/2010

La grosse commission de Robert

« Oula, je parle tout bas parce que Robert dort. Que vous êtes jolie, mademoiselle, avec votre uniforme d’infirmière. Le blanc vous va très bien ». « Monsieur, savez-vous si monsieur Robert a fait sa  grande ». « Sa grande ? Sa grande quoi ? ». «  Sa grande commission, monsieur ». « Quoi ! Robert fait les courses pour vous ! ».  « Monsieur, je vous demande si Monsieur Robert a fait caca ». « Ben, vous savez, à l’odeur je pense que oui ». « Merci, monsieur ". " Dites, charmante demoiselle, donnez-moi votre liste des commissions, j’irai faire les courses pour vous ». « Mon mari le fait très bien, monsieur ». « Heuuu ».

 

Pour les amis de la blogosphère habitant l’hexagone, la Québec, la Suisse ou ailleurs, en Belgique francophone ‘faire ses commissions’ signifie faire ses courses, faire son marché, magasiner.

05/08/2010

Le linge de Robert

J’avais promis à Robert, hospitalisé, de l’installer dans sa chambre et de ranger son linge. Lui, il jouait comme un gamin avec les commandes de son lit. Hopla, une partie de jambes en l’air. Hopla, vol à l’horizontale. Hopla, montée en altitude. Hopla, trou d’air. Il n’y a que le looping qu’il n’a pas su faire. « Robert, arrête de faire le con, l’infirmière pourrait entrer ». « Et alors. En pédiatrie les enfants ont des cubes pour jouer. Ici c’est l’avion. C’est compris dans le prix du séjour, je ne vais pas m’en priver ». « Robert, tu comptes rester longtemps ici ? ». « Le temps d’une session d’examens. Pourquoi ? ». « Robert, tu as pris des slips pour deux mois ». « Ecoute, je sais que je vais me faire chier ici alors j’ai pris mes précautions ». « Heuuu ».

04/08/2010

La chambre de Robert

« Robert, je t’accompagne dans ta chambre pour t’installer. Je parie que tu n’as pas retenu où c’est ». « Si, môssieur. Moyen mnémotechnique : jamais 203. Essaye de m’avoir un lit avec vue sur la mer ». « Tais-toi, Robert, voici l’infirmière ». « Voici votre lit, monsieur. Et ça c’est la commande pour les positions ». « Vous savez, madame, il faut être deux pour faire les positions ». « Robert, tais-toi, écoute ce qu’on te dit ». « Je vous mets le bracelet à votre poignet ». « Un bracelet ! C’est une discothèque, ici ? ». « Robert, tais-toi et fais ce qu’on te dit ». « Oui mais ! Avec ce truc j’ai l’air d’être une valise égarée dans un aéroport ».  « Je reviens dans un instant vous apporter votre calmant ». « Di dju di nom di dju, bordel de merde, est-ce que j’ai l’air d’avoir besoin d’un calmant ? ». « Heuuu, honnêtement oui, Robert. Allonge-toi, je vais ranger ton linge ».

Les aventures de Robert sont disponibles depuis le 31.07.10 et continueront quelques jours sur ce blog. A demain.

30/09/2009

Cherche à faire de la gymnastique

« Papa, c’est quoi cette photo ? ». « Ce sont quelques infirmiers et beaucoup d’infirmières, gamin ». « Mais, papa, tu étais vraiment chez les fous ? ». « Non, hein, gamin. C’était le moment de la gymnastique de revalidation des membres supérieurs ». « Et ça veut dire quoi, papa ? ». « Heuuu, disons que dans le groupe il y avait des ramollis du cerveau mais aussi des ramollis des bras. Je t’en ai déjà montré, hein, gamin, chez Carrefour, des intellectuels, ministres, avocats, chefs de bureau, cons en tous genres, qui n’arrivent pas à soulever un casier de bouteilles de bières trappistes. Comme les activités de délassement étaient obligatoires pour tout le monde j’ai du y participer. C’est ça des vacances de revalidation collectives, gamin. C’est un peu comme les scouts mais en plus âgé ». « On a l’impression que vous chantiez, papa ». « Oui, gamin, nous devions chanter. Pour garder le rythme ». « C’était quoi la chanson, papa ». « Vois-tu, gamin, vu qu’il y avait des étrangers, deux suisses francophones et un belge, moi, les organisateurs ont choisi une chanson polyglotte ». « C’était quoi, papa ? ». « Attends. Une, deux. Troulala, troulala, troulalalalère, troulala, troulala, troulalala ». « Papa, quand je vais dire aux copains que tu as fait partie d’une chorale internationale ils vont tomber le cul par terre ». « Heuuu ».

181 - Copie

04/08/2009

Récit d'un ketchup 9

« Madame ou mademoiselle l’infirmière couleur neige, est-ce que j’aurai à manger ? ». « Après, monsieur. Vous aurez des filets de sole ou du jambon ou des crêpes ». « Ah ! C’est spécial comme repas, ça ». « Ce ne sont que des choses qu’on sait vous passer par en dessous de la porte, au cas où vous seriez contagieux ». « Heuuu ».   

28/12/2008

Cherche à être absent

Je serai absent durant quinze jours, soit du vingt-huit au quarante-trois. Mais le gamin vous donnera des nouvelles car, si je suis absentéiste, c'est pour lui faire plaisir. Pour ses fêtes il veut que je lui ramène à la maison quelqu'un qui sache faire à manger. Le gamin m'a fait une liste de recommandations : pas de pute, pas de travesti, pas avec de grands ongles de feignasse, pas d'institutrice, pas d'infirmière qui fait des piqûres. Quelle époque, doux jésus, jamais je n'aurais osé écrire ça à mon père. Bonjour, papa, ça va, là-haut.

18/04/2007

Cherche à manger équilibré

« Alors, monsieur, est ce que ça gaze ce matin ? ». « Non, ça ne gaze pas ce matin, madame l’infirmière, ça a gazé de la nuit. Si vous aviez été de garde vous auriez entendu la déflagration ». « Mais vous êtes sauvé, alors, vous allez pouvoir rentrer chez vous ». « Oh, oh, pas tout de suite, je ne veux pas ça arrive à la maison ». « Qu’il vous arrive quoi, monsieur ? ». « Allez voir la toilette, le plafond surtout ». … « Mais, … , que vous est-il arrivé ? ». « Ah, çà, pour prendre mon pied, j’ai pris mon pied. J’ai senti une poussée, je me suis levé et j’ai pris mon pied dans celui du perroquet à roulettes avec le baxter. Le temps de ramper et j’étais arrivé mais dans le mauvais sens, avec le derrière en l’air. C’est à ce moment que j’ai dégazé ». « Mais vous êtes guéri, monsieur. Félicitation ». « Vous savez, je n’y suis pour rien, c’est venu tout seul, d’un coup. On fait quoi, maintenant ? ». « Vous allez rentrer chez vous et manger équilibré ».