24/09/2009

Chercehe à zexpliquer mes vaquances

« T’étais où, papa, pour tes vacances ? ». « Heuuu, gamin, je ne sais plus. C’était bien. On ne devait pas se laver parce qu’on recevait la douche froide collective le matin, la douche tiède collective à midi et la douche chaude collective le soir. Ce sont des psychologues avertis qui ont inventé ça. La douche froide du matin réveille et chasse les fourmis dans les jambes. La douche tiède de midi maintient éveillé et la douche chaude du soir fait dormir et permet de ne changer les draps qu’une fois par séjour. Des douches à l’eau de source, gamin. Je pouvais garder la bouche ouverte pendant la douche. Non seulement j’économisais le dentifrice mais, en plus, j’avais mon Apport Journalier Recommandé, mon AJR comme c’est écrit sur les pots de yaourt, en calcium, potassium, plutonium, atomium, géranium, uranium. Une cure de santé, gamin ». « Tu as des photos, papa ? ». « Des douches, non. On devait être tout nu, dans le plus simple appareil comme ils disaient, c-à-d sans appareil. Moi qui ne sais pas nager j’ai bu la tasse trois fois par jour. Pour faire des économies parce qu’au distributeur l’eau était payante ». « C’était pour quoi, l’eau, papa ? ». « C’est de l’eau pleine de vertus. Contre les rhumatismes, pour avoir de belles dents blanches si on gardait la bouche ouverte pendant les douches, pour faire circuler la circulation. Et l’eau avait même des vertus aphrodisiaques mais ça je n’ai pas testé ». « C’est quoi affreux disiaque, papa ? ». « Gamin, je viens de te dire que je n’ai pas testé, voyons. En plus le jet était tellement puissant que je n’aurais pas su lever le petit doigt ». « Papa, tu en oublies l’énigme du jeudi ». « Heuuu, disons, heuuu, dans quelle commune cette photo a-t-elle été prise ? Un indice : c’est en Europe ».

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15/09/2009

Bébé assume l'intérim - 3

Coucou, c'est Bébé, qui assume l'intérim de ce blog depuis deux jours. Aujourd'hui je fais dans le nu intégral. Je peux puisque je le fais chez moi. Je suis sur la moquette. Je me suis photographiée de profil pour qu'on ne me reconnaisse pas. J'essaye la technique du vol-au-vent. Normalement, le vol-au-vent, c'est avec des morceaux de poulet, des quenelles, de la sauce et des champignons. Etant nue, je me voyais mal faire le vol-au-vent avec des champignons plein les jambes, du poulet dans les oreilles, des quenelles dans les cheveux et de la sauce un peu partout. Alors je me suis entraînée au vol-au-vent avec un sèche-cheveux professionnel. Trois vitesses, deux puissances, plus arrêt, ce qui fait trois fois deux plus une, soit sept positions. Sept positions, ce n'est pas mal pour une débutante comme moi, non ? J'ai entendu parlé de la position du missionnaire mais ce n'est pas dans le mode d'emploi. J'irai revoir le vendeur. A demain.

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14/09/2009

Bébé asule l'intérim - 2

Coucou, c'est Bébé, de mon vrai nom Bag-in-Box. Je m'entraîne au grand écart. Pour le moment j'y arrive avec les bras. Mais avec les jambes c'est autre chose. Quand je pense au grand écart je pense au viaduc de Millau. Et je me dis que je suis une autoroute. Et que les automobilistes me passent dessus. Je suis dans le vide, la tête en bas et je fais le pont avec mes jambes entre deux montagnes. Le pire, ce sont les hollandais avec leurs caravanes, ça chatouille tellement ils sont chargés de victuaille pour ne rien devoir acheter à l'étranger. Avec les allemands, juste un frisson, tellement ils vont vite. Les belges c'est autre chose : ils jetent leurs sachets de frites bien gras et ça fait des taches sur mon costume de scène. J'ai peur d'avoir une crampe. Ou de rester dans la même position le reste de ma vie. J'irai peut-être finir mes jours au musée Grévin. A demain. 

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27/08/2009

Cherche à attraper un lapin

 Un lapin, c'est bon. Surtout avec des pruneaux d'Agen. Un lapin de Garenne avec des pruneaux d'Agen. Et des oignons de Mulhouse. Et de la moutarde de Dijon. Et du sporting d'Anderlecht. Et du basilic de Koekelberg. Mais, comment attraper un lapin ? On m'a dit : lapin, ça linge. Je n'y connais rien en lingerie, je n'ai que des slips, taille M comme Mâle. Les S me serrent à la taille, je dois en mettre deux, un à chaque jambe, ce qui n'est pas économique pour les lessives. Avec les XXL, je pourrais faire un parachute. Donc j'ai des slips M. Mais où donc est le lapin dans cette histoire de slips ? Je ne me vois dire à une rencontre, blonde avec du monde au balcon : "Je vais te montrer ma queue de lapin". Une trompe d'éléphant, oui, mais pas une queue de lapin. Je n'ai pas de trompe d'éléphant. Ni une queue de lapin. Mais j'ai vu un lapin. Dans des bruyères chez un voisin. J'ai les oignons de Mulhouse, la moutarde de Dijon, du basilic de chez Carrefour et un autocollant du sporting d'Anderlecht sur le frigo. Aidez-moi à l'attraper. D'avance merci.

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19/05/2009

Cherche à décrire ma siruation

« Papa, tu peux m’aider ? Pour l’école je dois écrire sur une grande difficulté qu’on peut rencontrer dans la vie ». « Heuuu, je ne sais pas, moi. Heuuu, arriver à pousser sur le bouton de l’ascenseur et puis sur le bouton de l’étage quand on a un sac de provisions dans chaque bras avec les verts de poireau qui dépassent et qui chatouillent le nez et qu’on ne sait pas si ce qui coule dans un sac sont des tomates écrasées ou des œufs cassés ? ». « Pas ça, papa. Madame a dit : une grande difficulté ». « Gamin, prends de quoi écrire, je tiens le sujet. Titre : Comment enfiler un pantalon quand on a un orteil bleu d’un côté et le bras dans le plâtre de l’autre ». « Papa, tu es sûr que c’est une grande difficulté ? ». « Une heure et demi pour y arriver, gamin, c’est une grande difficulté, je peux aller faire la démonstration devant ton institutrice. Ecris ». « Oui, papa ». « Petita : comprendre que vouloir le faire debout, c’est se casser la gueule une deuxième fois. Petibé : s’asseoir sur le bord du lit et enlever son pantalon de pyjama à une main. Peticé : se relever en prenant appui sur le pied qui ne fait pas mal, sinon, ouille, on retombe sur le lit, et ça parce qu’on a oublié de prendre son pantalon. Petidé : s’asseoir à nouveau mais pas sur le pantalon jeté sur le lit sinon on retourne une case en arrière. Petiheu :  glisser prudemment le pied endolori dans la bonne jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petiteffe : c’est là que ça se corse car un pantalon ce sont deux jambes et une partie commune, là où il y la braguette et la ceinture. Impossible de faire entrer l’autre jambe dans un pantalon remonté jusqu’au dessus. Donc redescendre, à une main, la jambe du pantalon sans qu’elle ne sorte de la jambe, la vraie, celle au pied à l’orteil bleu. Petigé : essayer de faire entrer l’autre jambe dans l’autre jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petihache : remonter le tout, à une main, une fois côté gauche, une fois côté droit, sinon ça coince ». « C’est long, papa ». « Attends, gamin, ce n’est pas fini. Jusqu’ici ça ne fait que trois quarts d’heure. Il faut recommencer toute la procédure parce que tu viens de t’apercevoir que tu as oublié de mettre ton slip ».