13/11/2010

La boucherie du supermarché

« La commande 567 est prête à la boucherie ». « Papa, ça commence à faire long ». « Gamin, patience, à chacun son tour ». « Les commandes 568 et 569 sont prêtes à la boucherie ». « Papa, j’ai faim de voir toute cette viande ». « Gamin peut-être n’y avait-il plus de chipolata pour notre commande et ils doivent en refaire. Et ça prend du temps : hacher la viande pour 20 centimètres, sortir 20 centimètres de boyau et un entonnoir, farcir le boyau avec la viande hachée, emballer ». « La commande 570 est prête à la boucherie ». « Mais, papa, il y a au moins trois kilomètres de chipolata déjà prête dans la vitrine. Il suffit de couper 20 centimètres ». « La commande 571 est prête à la boucherie ». « Papa, pousse un coup de gueule, réclame ta commande, fais le fâché qui a faim et qui va sauter dans la vitrine pour dévorer une côte à l’os crue, saute dans la vitrine et rapporte-moi six rondelles de saucisson de jambon. J’ai faim ». « Gamin, je veux bien mais je n’ai pas assez de recul pour mon élan ». « Les commandes 572, 573 et 574 sont prêtes à la boucherie ». « Papa, ta commande, c’est quel numéro ? ». « Attends, je regarde. 167, gamin ». « Papa, si tu ne donnes pas ton de commande tu ne seras jamais servi ». « Heuuu ». 

30/06/2010

Le pied, ce n'est pas le pied (4)

« Papa, tu fais les pieds de porc ? ». « Gamin, écoute ça : il faut braiser et désosser les pieds de porc ». « C’est quoi, braiser, papa ? ». « C’est là que je coince, gamin. Je suppose qu’il n’y a pas une erreur d’impression mais je n’ai jamais braisé personne ». « Et désosser, c’est enlever les os, papa ? ». « Je suppose, gamin. Pourtant, quand j’achète du jambon à l’os il n’y a pas d’os dedans. Et le jambon c’est juste ce qu’il y a au dessus du pied de porc, que je sache ». « Parce que le jambon c’est du cochon, papa ? ». « Ben oui, gamin, c’est ce qu’il y a entre les pieds et les côtelettes. C’est pour ça que le jambon est cher : c’est parce que le cochon a des milliers de côtelettes mais il n’a que quatre pattes dont deux avec du jambon ». « Pourquoi, papa ? ». « Les cochons, c’est comme les grenouilles, gamin. Dans les grenouilles on ne mange que les pattes de derrière, celles qui servent à sauter. Celles de devant c’est pour lire le journal, se brosser les dents ou faire des pieds de nez ». « Et des pieds de nez, ça se mange, papa ? ». « Je n’en ai jamais vu au rayon des surgelés, gamin. ». « Papa, j’ai appris à l’école qu’on pouvait faire du vin en plantant des pieds de vigne. Si tu plantais les pieds de porc dans des pots que tu mettrais sur le balcon, on aura peut-être du jambon pour pas cher ». « Bonne idée, gamin. Vas fouiller dans la poubelle de la voisine de palier. Elle se fait souvent des moules mais elle ne mange pas la barquette. On va y planter les pieds de porc. Gamin, si tu trouves des pieds de vigne, ramènes-les, on fera du vin ». « Oui, papa ». (la suite vendredi)

15/05/2010

Cherche la souris fantôme

« Papa ». « Oui, gamin ». « C’est bizarre, papa. Hier j’avais un trou à une de mes chaussettes. Pendant la nuit le trou a changé de côté ». « Je sais, gamin, ça fait partie des phénomènes naturels inexpliqués, catégorie vie quotidienne ». « Ce serait une souris fantôme, papa ? ». « Ah oui ! Comme celle qui vit dans le frigo et qui fait disparaître des tranches de jambon. C’est cela, oui, c’est cela ». « Tu crois que c’est la même, papa ? ». « Il y en a peut-être plusieurs, gamin. Une spécialisée dans le déplacement nocturne des trous de chaussette et une autre dans la disparition des tranches de jambon ». « Il y en a d’autres, papa ? ». « Ecoute, gamin. Pas plus tard que la semaine dernière j’arrive au bureau. Devine ce que je fais ». « Tu dis bonjour à tout le monde, papa ». « Gamin, la toute première chose que je fais, c’est pipi. C’est une réaction due à une combinaison. Les petits cafés du petit déjeuner et la durée du trajet pour aller au bureau. Devine ce qui m’arrive ». « J’sais pas, papa ». « J’arrive dans les toilettes homme, devant un urinoir. Debout. Fixe. Puis repos. Déposer mallette. Ouvrir braguette pantalon. Chercher l’engin. Surprise. Pas d’accès via le slip ! Obligé baisser pantalon. Fouilles. Une souris fantôme avait mis la braguette à l’arrière de mon slip. Je te fais grâce de la suite parce que trois collègues sont entrés dans les toilettes à ce moment là ».

14/03/2010

Cherche du X

Je suis fier de moi : j’ai eu trois idées. La première, que j’ai du abandonner : vendre mes bouts de tuyau d’arrosage de 30 cm comme préservatifs artisanaux. Inutilisables, j’ai essayé. La deuxième : réduire le volume en en faisant des rondelles de +/- 4 mm d’épaisseur. Ma chance : une trancheuse semi-professionnelle était en promotion, très chère mais en promotion, au magasin de bricolage. C’est, je pense, un bon investissement. Plus de problème lorsque je découperai des rondelles de saucisson pour le gamin. En fait c’est le truc qu’on voit dans les charcuteries pour le jambon à la découpe. Vous vous imaginez : je vais avoir 44 + 4 mètres, soit 48 mètres ou 4800 cm, ou 48.000 mm,  soit 12.000 rondelles de 4 mm. D’accord, je vais en rater quelques unes, je me connais. Mais j’espère bien  récupérer une dizaine de milliers saines et sauves. Puis vint ma troisième idée en imaginant tout ces O O O O O devant moi. Pourquoi pas en faire des jeux artisanaux O X O, en caoutchouc, lavables, inaltérables, quasi inusables. C’est quand même plus intelligent que mon autre idée : boucher les égouts de la ville en y déversant, de nuit, 12.000 rondelles de 4 mm en caoutchouc. Et puis, en vendant les jeux O X O j’amortirai une partie du coût de ma trancheuse semi-professionnelle en promotion. J’ai un problème : je cherche des tuyaux en X mais je n’en trouve pas. Qui peut m’aider ?

04/08/2009

Récit d'un ketchup 9

« Madame ou mademoiselle l’infirmière couleur neige, est-ce que j’aurai à manger ? ». « Après, monsieur. Vous aurez des filets de sole ou du jambon ou des crêpes ». « Ah ! C’est spécial comme repas, ça ». « Ce ne sont que des choses qu’on sait vous passer par en dessous de la porte, au cas où vous seriez contagieux ». « Heuuu ».   

24/05/2009

Cherche la fête des pères

« Papa, c’est bientôt la fête des pères. Tu veux quoi comme cadeau ? Madame, à l’école, demande des idées ». « Un pot de yaourt vide avec des confettis collés dessus, Grâce à ton institutrice j’ai commencé une collection de pots de yaourt. Quand tu auras quarante ans je m’achèterai une planche que je fixerai au mur pour exposer tous tes chefs-d’œuvre. Le musée du pot de yaourt à travers le temps. A York il y a le musée du jambon. A Agen c’est le musée du pruneau. A Garenne celui du lapin. A Compote celui du boudin. Ici, ce sera le musée du pot de yaourt ». « Papa, tu m’achèteras une casquette marquée Guide ». « Gamin, j’espère qu’à quarante ans tu feras autre chose que d’attendre des autocars de japonais  venus photographier un mètre cinquante de pots de yaourt, ça va coincer dans l’ascenseur pour les faire monter au cinquième étage ». « Je t’offre quoi, alors, papa ? ». « Du persil, du vrai, du vivant. Je n’en ai jamais vu mais ce n’est pas cher. Il parait que c’est bon pour la santé, pour avoir une biloute qui se lève devant les dames, que c’est plein de fer comme les chemins qui supportent les trains ». « Papa, je fais quoi avec le pot de yaourt que madame m’a confié pour ta fête ? ». « Heuuu ».

Lhistoire du plâtre est terminée. Retrouvez-la dans le colonne de droite à partie du 14 mai 2009. Bonne lecture.

24/03/2009

Cherche mes blancs de poireau

J’ai l’habitude, quand j’achète des poireaux, de les mettre dans le sac avec le blanc au-dessus pour le garder bien frais. Je pense que le drame s’est passé quand j’ai pris l’ascenseur. La porte s’est refermée vite et scroutch, quand j’ai déballé mon sac je n’avais plus que les côtés verts. Les poireaux, c’est comme les femmes qui se font bronzer sur la plage, c’est le blanc qui est le meilleur. Je me demande d’ailleurs pourquoi on vend aussi le vert. C’est comme les couennes sur un jambon. Des couennes à 15,98 euros le kilo. Des couennes que je dois jeter du cinquième, le soir, alors que j’ai sommeil. Pour les couennes, pas de problème, il y a des chats dans le quartier. Mais pour les verts de poireaux, hein ? Pour ne pas encombrer mon sac poubelle je vais aller les planter dans le parc communal. Les passants vont croire que la commune a planté des glaïeuls. Reste mon problème : mes blancs de poireaux. Où sont-ils ? Aidez-moi à les retrouver. Le gamin a entamé une grève de la faim après 17 jours de raviolis sauce tomate. Il menace de se faire adopter par des pakistanais qui mangent avec leurs doigts. A mon avis c’est du chantage pour ne pas se servir des couverts. J’abrège : si vous avez trouvé des blancs de poireaux contactez-moi.

28/04/2008

Cherche une boîte à trous

L’histoire commence hier (voir hier dans la colonne archives). J’ai chez moi onze citrons jaunes qui courent dans l’appartement. Mon idée était de les rassembler, de les mettre dans une boîte, d’aller à la poste et de les envoyer au bureau. Ah, je rigole, j’imagine la tête du chef en ouvrant la boîte. Onze citrons qui se mettent à courir dans tous les sens dans son bureau. Je devrai me cacher pour ne pas rire, faire l’autruche avec ma tête dans la photocopieuse, en espérant que personne ne pousse sur le bouton recto-verso. C’est horrible le recto-verso dans une photocopieuse. Un jour j’ai essayé de faire un recto-verso avec une tranche de jambon. Le dépanneur de la firme d’entretien de la photocopieuse a failli devenir fou. Il faut le voir pour le croire : il y avait du jambon partout. A demain pour la suite. Je cherche une boîte à trous pour expédier mes citrons.

18/02/2007

Cherche un cochon noir

« Papa, on mange quoi aujourd’hui ? ». « Du jambon, gamin ». « Encore ! ». « Gamin, c’est l’année du cochon en Chine, alors nous mangerons du cochon toute l’année ». « T’as dit jambon, papa, t’as pas dit cochon ». « Gamin, c’est fait en quoi les cochons, hein. C’est fait avec du jambon et avec des côtelettes ». « Ah non, papa, les côtelettes, c’est du porc ». « Heuuu, et bien, heuuu, porc, en chinois, ça se dit cochon ». « Je demanderai à madame demain ». « Gamin, laisse ta madame en dehors de ça, veux-tu ». « Papa, je ne veux pas devenir tout jaune ». « Pourquoi tu serais tout jaune, hein. Tu te laves, non ». « Et pourquoi les chinois qui mangent du cochon sont jaunes ? ». « Parce que les cochons chinois sont jaunes. Toi, tu vas bouffer ton jambon rose, compris. Et tu auras le nez rose, les joues roses, les fesses roses, le zizi rose ». « Papa, je veux avoir un zizi noir ». « Pourquoi, gamin ? ». « Maman, elle ne pense qu’à ça ».

06/09/2006

Cherche d'autres dégustations

J'adore les dégustations du samedi dans le supermarché, surtout le jambon italien.J'y vais avec ma panoplie pour multiplier les passages : oreilles de mickey, nez rouge, perruque bouclée, grandes oreilles en plastique, fausse moustache. Et ça marche. Sauf deux fois. La première, j'étais déguisé en nageur avec un tuba. Je n'ai rien su manger à cause du tuba. La deuxième, j'avais mis du rouge à lèvre mais, pressé d'aller manger, je n'étais pas rasé. "Appel sécurité, appel sécurité". Je cherche des supermarchés où je ne suis pas connu.

01/09/2006

Cherche des dégustations

J'adore le supermarché, surtout les samedis quand il y a des dégustations. "Monsieur, connaissez-vous le yaourt aux fraises ?". "Aah, aux fraises, c'est nouveau ? Mmmm, j'en reprends un, hein, pour bien goûter". ...  ... "Monsieur, un petit porto authentique de Nouvelle Guinée". "Je peux comparer le blanc et le rouge ?". "Oui, monsieur, alors ?". "Ben, heu, je trouve qu'il a un goût de fraise". ... ... "Ah, je sens que vous êtes connaisseur, prenez un bout de ce jambon italien". "Mmmm, miam, miam, miam". "Un bout j'ai dit, stop, lâchez le plateau". "Mmmm, miam, miam, miam". "Revenez, monsieur, je vous ai vu, vous êtes caché dans la lingerie féminine, monsieur, s'il vous plait, rendez-moi le plateau". "Voila, voila, heu, vous n'auriez pas un bout de tchiabata ? J'ai du jambon coincé dans mes caries". S'il y a des dégustations samedi dans votre supermarché, prévenez-moi.

21/04/2006

Cherche à partager de la bonne soupe au potiron

Des copains sont venus à l'improviste à une heure près, le temps de filer à la superette. Je leur ai fait du velouté, de la soupe potiron et ciboulette à manger avec du pain de campagne 800 grammes emballé coupé. Jambon et fromage facultatifs. C'est facile à faire la soupe au potiron : une paire de ciseaux, squich dans les boîtes de soupe en carton et hop, casserole, chauffer, ils disent de remuer alors j'ai balancé le popotin en chantant la lambada, réquisitionner les assiettes et les bols encore propres, servir. Ah, on peut ajouter du persil. Dans les oreilles ? Ah non, sur l'image de la boîte, le persil flotte sur le velouté. Je sais que ceux du quatrième en ont dans des pots sur leur terrasse. Pour ne pas les déranger, j'ai essayé d'attraper du persil avec la canne à pêche. Raté, le pot est dans la rue, tant pis, ce sera sans persil. Ca aura l'avantage d'être une soupe faite maison et pas une imitation d'image de boîte. Arriva le moment tant attendu : à taaaaaable. Les copains y étaient déjà parce l'appartement est petit et que je n'ai pas beaucoup de chaises. Dans un geste auguste et culinaire, j'ai posé la casserole fumante au milieu de la table. Ils se sont penchés presque religieusement vers la colonne de vapeur odorante. Hummmm, qu'ils disaient. Je ne pensais plus aux crêpes restées collées au plafond depuis janvier. Qui c'est qui est tombé dans la grande casserole. Ils étaient tous oranges, les amis. On aurait dit Halloween. Etant resté à l'écart, il n'y avait que moi qui rigolais. Les copains étaient très pressés car ils sont partis sans goûter mon velouté et même sans dire au revoir. Demain, j'offre un bol à qui veut et qui vient avec une bouteille de rouge. J'ai huit places, moins moi car il faut aussi que je mange, ça fait donc sept places disponibles. 19 heures. Cinquième étage.

08:21 Écrit par Fanny | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : soupe, recette, jambon, potiron, halloween, amitie |  Facebook |