26/08/2010

Le confort de Robert

Quel confort ! Petit déjeuner au lit, pression du pneu avant gauche au lit, repas de midi au lit, sudoku au lit, thermomètre au lit, sieste au lit, découverte de feuilletons débiles dont Robert ignorait l’existence (car Robert avait choisi une chambre d’agents doubles) au lit, repas du soir au lit, pipi caca à 60 cm, distance le séparant de la porte coulissante donnant accès au salon de toilettage d’où il peut entendre les gémissements de son partenaire vacancier en crise de constipation. Il lui rend l’appareil quand il entonne le début de la cinquième de Beethoven avec son instrument à vent. Robert peut faire un jogging à du 2,5 km/h en slalomant entre les promeneurs de perches à perfusion, les remorques à balais et à détergent et les armoires qui maintiennent tièdes les repas chauds et l’espace fumeur. Génial, l’espace fumeur. Pour l’oxygénation des poumons des fumeurs ceux-ci sont obligés de se fournir en oxygène naturel, dehors. Gros progrès de la médecine : le thermomètre ne se fiche plus dans le cul. On le met sous le bras et il fait bip bip quand on est cuit à point.

05/08/2010

Le linge de Robert

J’avais promis à Robert, hospitalisé, de l’installer dans sa chambre et de ranger son linge. Lui, il jouait comme un gamin avec les commandes de son lit. Hopla, une partie de jambes en l’air. Hopla, vol à l’horizontale. Hopla, montée en altitude. Hopla, trou d’air. Il n’y a que le looping qu’il n’a pas su faire. « Robert, arrête de faire le con, l’infirmière pourrait entrer ». « Et alors. En pédiatrie les enfants ont des cubes pour jouer. Ici c’est l’avion. C’est compris dans le prix du séjour, je ne vais pas m’en priver ». « Robert, tu comptes rester longtemps ici ? ». « Le temps d’une session d’examens. Pourquoi ? ». « Robert, tu as pris des slips pour deux mois ». « Ecoute, je sais que je vais me faire chier ici alors j’ai pris mes précautions ». « Heuuu ».

04/08/2010

La chambre de Robert

« Robert, je t’accompagne dans ta chambre pour t’installer. Je parie que tu n’as pas retenu où c’est ». « Si, môssieur. Moyen mnémotechnique : jamais 203. Essaye de m’avoir un lit avec vue sur la mer ». « Tais-toi, Robert, voici l’infirmière ». « Voici votre lit, monsieur. Et ça c’est la commande pour les positions ». « Vous savez, madame, il faut être deux pour faire les positions ». « Robert, tais-toi, écoute ce qu’on te dit ». « Je vous mets le bracelet à votre poignet ». « Un bracelet ! C’est une discothèque, ici ? ». « Robert, tais-toi et fais ce qu’on te dit ». « Oui mais ! Avec ce truc j’ai l’air d’être une valise égarée dans un aéroport ».  « Je reviens dans un instant vous apporter votre calmant ». « Di dju di nom di dju, bordel de merde, est-ce que j’ai l’air d’avoir besoin d’un calmant ? ». « Heuuu, honnêtement oui, Robert. Allonge-toi, je vais ranger ton linge ».

Les aventures de Robert sont disponibles depuis le 31.07.10 et continueront quelques jours sur ce blog. A demain.

22/05/2010

Cherche à maigrir

« Papa, le papa de Cédric est gros et pas toi, pourquoi ? ». « Heuuu. C’est une très bonne question, gamin ». « Alors, papa, pourquoi le papa de Cédric est plus gros que toi ? ». « En fait, heuuu, gamin, comment dire, quand un papa célibataire, le soir, va voir ce qu’il y a dans le frigo et n’y trouve rien d’intéressant, il retourne au lit. Et quand un papa marié va voir dans le lit, n’y trouve rien d’intéressant, il va voir dans le frigo et il grossit ». « Papa, tu préfères avoir un frigo plutôt qu’une femme, si j’ai bien compris ». « Heuuu. Disons que pour garder une silhouette svelte comme la mienne, rien de tel qu’un frigo vide ».

07:30 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lit, frigo, femme, papa, gamin, cedric, gros, heuuu |  Facebook |

12/09/2009

Cherche à me reposer

Une semaine sans ordinateur, sans aller au bureau photocopier du matin au soir, sans poster de commentaire sur vos blogs, sans l'énigme du jeudi, ça va être dur, surtout le jeudi. Je vous livre mon programme, grâce à Gotlib. Quels souvenirs ce Gotlib, surtout l'histoire du raton laveur qui a attrapé une crampe dans la queue et qui tournait en rond dans l'eau, verticalement. Gotlib c'est mon Jacques Salomé à moi (que ceux qui ne comprennent pas relisent Rafaël). Le gamin, qui sera chez sa mère, enfin, chez les parents de sa mère parce qu'elle joue à faire le Moulin Rouge en écartant ses jambes pour trouver un Roc aux six Freddy et Blanche-Neige a fait mieux puisqu'il lui en a phallus sept, m'a dit que là où je vais il y a des Gilbert cafés où on peut se brancher sur internet. Je pourrai peut-être vous envoyer des cartes postales, sans les timbrer. Je suis préparé pour mes vacances : Imodium, Motilium, Géranium, aluminium pour emballer les restes du buffet du soir pour les manger le lendemain à midi car j'ai choisi la demi-pension. " Il ne faut pas vous pensionner tout de suite " m'a dit mon psy, " vous êtes trop jeune. Commencez par une demi-pension ". Ils m'ont rassuré à l'agence de voyage : même en demi-pension on a droit à un lit entier. Et à un copieux petit déjeuner comme chez Titine et Chacha. J'ai établi mon programme de la semaine et je vous le livre. Vous recevrez chaque jour une oeuvre inédite sur ce blog, histoire de garder le contact. Vos commentaires sont les bienvenus, comme d'habitude, comme a dit Maille Oué. Pff, dure, dure, celle-là. J'ai vraiment besoin de repos !

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03/08/2009

Récit d'un ketchup 8

« Monsieur, arrêtez de tripoter les commandes du lit, vous n’êtes pas à la foire ici, vous êtes dans une clinique ». « Vroum, vroum, vrouuum ». « Monsieur, je vais devoir vous lier si vous continuez ». « Vroum, vroum, attention la piétonne en blanc, je démarre, tutûûût ». « Monsieur, ne bougez pas, je vais aller chercher un calmant ». « Appelez les flics tant que vous y êtes, on va faire un constat. Voulez vous desserrer le frein à main, s’il vous plaît, je n’y arrive pas ». « Monsieur, lâchez ça, c’est l’arrivée d’oxygène ». « Merci, je me demandais d’où venait le pschipschiiit, je pensais à une crevaison. Ce serait bête, hein, si près de l’arrivée ». « Une fois pour toutes, monsieur, arrêtez avec le lit. Non, vous n’arriverez pas à faire un looping ni l’effet papillon (*) ». « Excusez-moi, madame, mais je suis tellement excité devant tant de technologie. Dans ma Citroën Albert Lingo, je n’ai que avant-arrière et l’inclinaison du dossier ».

(*) L'effet papillon, c'est faire monter et descendre, très vite et simultanément, la tête et le pied du lit.

19/05/2009

Cherche à décrire ma siruation

« Papa, tu peux m’aider ? Pour l’école je dois écrire sur une grande difficulté qu’on peut rencontrer dans la vie ». « Heuuu, je ne sais pas, moi. Heuuu, arriver à pousser sur le bouton de l’ascenseur et puis sur le bouton de l’étage quand on a un sac de provisions dans chaque bras avec les verts de poireau qui dépassent et qui chatouillent le nez et qu’on ne sait pas si ce qui coule dans un sac sont des tomates écrasées ou des œufs cassés ? ». « Pas ça, papa. Madame a dit : une grande difficulté ». « Gamin, prends de quoi écrire, je tiens le sujet. Titre : Comment enfiler un pantalon quand on a un orteil bleu d’un côté et le bras dans le plâtre de l’autre ». « Papa, tu es sûr que c’est une grande difficulté ? ». « Une heure et demi pour y arriver, gamin, c’est une grande difficulté, je peux aller faire la démonstration devant ton institutrice. Ecris ». « Oui, papa ». « Petita : comprendre que vouloir le faire debout, c’est se casser la gueule une deuxième fois. Petibé : s’asseoir sur le bord du lit et enlever son pantalon de pyjama à une main. Peticé : se relever en prenant appui sur le pied qui ne fait pas mal, sinon, ouille, on retombe sur le lit, et ça parce qu’on a oublié de prendre son pantalon. Petidé : s’asseoir à nouveau mais pas sur le pantalon jeté sur le lit sinon on retourne une case en arrière. Petiheu :  glisser prudemment le pied endolori dans la bonne jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petiteffe : c’est là que ça se corse car un pantalon ce sont deux jambes et une partie commune, là où il y la braguette et la ceinture. Impossible de faire entrer l’autre jambe dans un pantalon remonté jusqu’au dessus. Donc redescendre, à une main, la jambe du pantalon sans qu’elle ne sorte de la jambe, la vraie, celle au pied à l’orteil bleu. Petigé : essayer de faire entrer l’autre jambe dans l’autre jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petihache : remonter le tout, à une main, une fois côté gauche, une fois côté droit, sinon ça coince ». « C’est long, papa ». « Attends, gamin, ce n’est pas fini. Jusqu’ici ça ne fait que trois quarts d’heure. Il faut recommencer toute la procédure parce que tu viens de t’apercevoir que tu as oublié de mettre ton slip ».

13/01/2009

Cherche à vendre une guirlande

J’avais, et j’ai encore mais je cherche à la vendre, une guirlande de noël qui va, qui ne va plus, qui va à nouveau, qui s’éteint, qui se rallume sans qu’on le lui demande, et puis hop, c’est le noir, elle fonctionne à nouveau, paf c’est le noir absolu, elle revit et tout s’éclaire, hop elle a disparu. Impossible de résoudre un sudoku dans ces conditions alternatives. Le sudoku c’était mon menu de réveillon, avec un paquet de chips nature et un paquet de chips paprika, des olives à l’ail et un paquet de cure-dents pour piquer dans les olives. J’essayais de profiter des moments de noir pour manger mais je piquais dans les chips au lieu de piquer dans les olives. Et, j’en suis témoin, un chip ça vit. Quand on le pique avec un cure-dent il explose. Nuit dramatique vu que je réveillonnais dans le lit avec le carnet de sudoku, les olives et les chips. Je ne souhaite à personne de dormir dans un lit recouvert de chips piqués au vif. S’il y avait eu du soleil j’aurais pu m’imaginer être sur la plage, piqué aux fesses par des coquillages. Mais pas fin décembre, voyons. Plutôt que d’enguirlander ma guirlande électrique, je la vends. Telle qu’elle est, elle va, elle va pas, elle va, elle va pas. Faire offre.  

14/10/2008

Cherche un lit à bière

Le salon de l’alimentation de Bruxelles, c’est aussi le salon du confort. J’ai repéré le stand des lits à eau. Muni de mon entrée gratuite, j’y suis parvenu et j’attends la fermeture. Je veux tester. Pas deux minutes, une nuit. J’ai tout prévu : le pyjama, le crayon, la gomme, le carnet de sudoku et le canif. Le canif, c’est en cas d’urgence, comme on dirait la poire pour la soif, le sourire de la crémière ou le mec plus ultra. C’est moi, le mec plus ultra. Je pense à tout. Couché dans les foins avec le soleil pour témoin, je fume. Dans les foins, si ça crame, il suffit de courir. Mais au lit, hein, quand on sent que les roubignoles se ratatinent sous la chaleur, hein, un coup de canif dans le matelas à eau et hop, la fontaine de Trévy, les chutes de Montmorency, le manneken-pis un soir d’abondance. Pas besoin d’extincteur. Les roubignoles respirent. Je trouve ça con, un lit à eau. Je cherche un lit à bière. D’abbaye de préférence.

16/01/2007

Cherche une bonne literie

« Bonjour, monsieur, nous allons fermer le magasin, que puis-je pour vous ? ». « Rien, rien, fermez le magasin, j’ai lu votre publicité, nous pouvons tester la literie, alors, vous savez, en plein jour, c’est difficile ». « Quoi, ici, cette nuit, avec madame ? ». « Quelle madame ? Ah oui, ben  heuuu, à l’hôtel, la madame, elle me demande cinquante euros ». « Monsieur, la madame, c’est votre dame ? ». « Monsieur le vendeur, le lit, là, c’est votre lit ? Hein, non ? C’est vous qui l’avez construit, hein ? Non, hein, alors, pas de commentaire, votre publicité dit qu’on peut tester les lits, alors je les teste, de nuit ».

23/11/2006

Cherche à diminuer les frais d'essence

"Papa, Saint Nicolas, c'est toi ?". "Non, non, gamin, Saint Nicolas, c'est Saint Nicolas. Je me contente de lui donner un peu d'argent, pour manger, et d'ailleurs il a un gros ventre, il ne doit pas se priver. Aussi pour son bain mousse, parce que les cheminées c'est salissant. Et aussi pour les carottes de son âne". "J'ai compris, papa, Saint Nicolas fait les courses et toi, tu payes l'essence". "Si tu veux". "Alors, j'écris ma liste : heuuu, un train, un vrai, avec une gare et des navetteurs, des repas chauds sans raviolis et sans chipolata, deux japonais dans un lit, un homme et une femme, et elle qui crie tumatoumi, tumatoumi, comme à la télé, un élastique géant pour faire du saut depuis le cinquième étage, de la mousse à raser pour que tu ne piques plus". "Heuuu, gamin, ça va coûter cher en essence, tout ça, surtout les japonais, t'as vu le trajet". "M'en fous, papa, c'est Saint Nicolas".