06/06/2010

Les suites du retard d'hier

« Papa, Cédric sait que sa maman a du retard mais ne sait pas pourquoi et voudrait que tu m’expliques pour que je le lui dise ». « Gamin, une chose à la fois, procédons par étape ». « Oui, papa. Avec toi je me crois être au tour de France. Vas-y, papa, pédale dans ton encyclopédie qu’on avance un peu ». « Gamin, quand vas-tu la prochaine fois chez Cédric ? ». « Bientôt ». « Gamin, chez Cédric, es-tu obligé de rester dans sa chambre pour jouer ou peux-tu vaquer dans la maison ? ». « Je suppose que je vaque puisque je ne dois pas rester dans sa chambre ». « Bien. On avance. Joue à cache-cache avec Cédric ». « Chouette, j’adore. J’ai compris, papa. Je me cache. Cédric ne me trouve pas. Ses parents non plus. Quand ça devient panique à bord je dis que je dirai où je suis contre paiement d’une rançon et que la rançon c’est expliquer à Cédric le retard de sa maman ». « Non, gamin. Tu en profites pour tout explorer, sauf le frigo, et tu repères la manne à linge ». « Pourquoi, papa ? ». « Parce que c’est souvent au repassage que les femmes ont du retard ».

05/06/2010

Cherche le pourquoi du retard

« Papa ». « Oui, gamin ». « Cédric a entendu sa maman dire à son papa qu’elle avait du retard et que c’est peut-être une bonne nouvelle mais que c’est trop tôt pour le dire à lui. Cédric n’ose pas demander et me demande de te demander ce que ça veut dire parce qu’il sait que tu connais plein de choses ». « D’abord, gamin, ça veut dire que Cédric ne me connais pas bien. Je suis peut-être une encyclopédie mais une à trois roues. Ou alors à deux roues mais avec des stabilisateurs ». « Papa, ça veut dire que tu pédales dans la semoule ? ». « Un peu, gamin ». « Dis-moi au moins quelque chose, papa ». « Gamin, moi, quand j’ai du retard, c’est que c’est raté et que je dois attendre le train suivant ».

17/02/2010

Cherche un endroit tranquille

« Oh, mon fils ! Mais tu es tombé sur la tête. Tu m’offres un voyage dans ta voiture ! Au prix de l’essence, je ne te reconnais plus ». « C’est une diesel, maman, et c’est la voiture de la société ». « Tu es devenu fonctionnaire, mon fils ? ». « Non, maman, t’inquiètes pas, ils n’y verront que du feu ». « Tu sais, je vais te donner quelques conseils. Tu dois faire de plus petites pelures quand tu fais des pommes de terre, tu gaspilles. Freine, c’est un virage. Et tes chaussures, hein, tes chaussures, cela fait combien de temps que tu ne les as plus cirées, hein, on ne sait pas si ce sont des brunes ou des noires. Attention, ralentis, il va peut-être passer au rouge. Tu devrais changer de slip plus souvent, et mettre de dentifrice sur ta brosse à dent, tu vas attirer des mouches. Tu as vu ce camion, fais-lui une queue de poisson. Mon amie Lucienne dit toujours qu’il faut être hygiénique. Pour les toilettes, plus de papier journal découpé, du papier hygiénique, en rouleau, je t’expliquerai comment t’en servir. Non, je n’irai pas sur le siège à l’arrière, il faut que je sois devant pour te guider. Où va-t-on ? Tu ne t’es pas rasé ce matin. Moi je connais des mamans dont le fils se rase avant de les conduire à la campagne. J’ai pris du salami pour le pique nique. Parce que c’est moi qui t’offre le repas de midi. Ici, ici, arrête-toi ici, ce paysage me laisse sans voix ». « Ouf ».

28/10/2009

Cherche des chrysanthèmes

"Allo, maman ". " Je t'ai reconnu parce que tu as dit maman, fils indigne. Hé, tu te prends pour Zorro maintenant, tu as un numéro masqué ? ". " C'est parce que j'appelle de mon portable (gsm en Belgique, cellulaire au Canada), maman. Nous sommes mercredi 28 octobre et dimanche c'est la Toussaint Je suis chez Aldi et il y a des chrysanthèmes, des gros, à 6,95 euros, des moyens à 4,95 euros et des plus petits mais tout aussi jolis à 2,95. Que choisis-tu, maman ? ". " Si c'est pour mettre un chrysanthème sur ton balcon au cinquième, n'achète rien du tout, tu vas encore blesser un passant quand tu vas l'arroser ". " Mais, maman, ce n'est pas pour le balcon, c'est pour toi ". " Ah bon. Et que comptes-tu faire avec ces chrysanthèmes ? Les enfourner dans ma boîte aux lettres ? ". " Mais non, maman. C'est pour ta tombe ". " Mais je ne suis pas encore morte, idiot ". " Heuuu ".

24/10/2009

Cherche à lui faire voir

" Allo, je suis bien au numéro des orphelins indignes ? ". " Maman, je t'ai reconnu. Quelle surprise, maman. Pourquoi me téléphone-tu ? ". " J'ai toujours ton enveloppe avec ton argent de poche pour la nouvelle année et, comme nous sommes presque fin octobre, je me demande ce que je vais en faire ". " Mais, maman, je t'ai dit que tu pouvais m'envoyer l'argent par la Poste ". " Pas de bisou, pas de sou, fils indigne. Il y a plus d'un an que tu es venu me voir ". " C'est pour ne pas te déranger, maman, je sais que tous les soirs tu joues au monopoly avec ton amie Lucienne ". " Cette vieille carcasse de Lucienne n'a rien à voir dans notre conversation. Dis plutôt que tu ne sais même plus si j'existe ". " Maman, ne dis pas de mal de Lucienne. Elle est sur facebook, Lucienne, avec son chat sur les genoux ". " J'espère que sur la photo on voit les poils de son chat qui volent partout, chez cette malpropre ". " Maman, je pourrais faire savoir tout ce que tu dis à Lucienne, via facebook ". "Fais-le, grand dadais, et ajoute que si je n'étais pas là pour les arroser, ses plantes ressembleraient à des salades cuites ". " Maman, j'ai l'impression que t'es disputée avec Lucienne ". " Ce n'est pas moi. C'est elle. Elle voulait qu'on joue à trois au monopoly, elle, moi et son chat. Et j'ai refusé ". " Et alors, maman ? ". "Je joue toute seule au monopoly, une fois pour moi, une fois pour le cactus de la cuisine. Je suis toute seule. Je n'ai plus de mari mais ça, un fainéant pareil, ça a été une délivrance ; je n'ai pas de fils digne du nom pour lui donner ses étrennes en octobre ; je n'ai pas de chat qui grimpe sur la table. J'ai un cactus. Si un jour j'écris un livres le titre sera Une vie pleine d'épines ". " Mais je pense à toi, maman, tous les jours. Depuis hier parce que j'ai acheté une décoration pour Halloween ". " Je vois ça d'ici, un énorme potiron court sur pattes pour me rappeler que je ne suis plus celle que j'étais? C'est ça, dis le, fils de fainéant ". "Heuuu, non, disons que, heuuu, non, maman, c'est un personnage haut en couleur ". " Tu m'intrigues, fils sans nom ". " Tu n'a qu'à sonner pour venir voir, maman, avec l'enveloppe. Je descendrai te montrer la chose sur le trottoir ".

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21/10/2009

Cherche pourquoi

" Papa, c'est beau ". " J'ai fait ça pour toi, gamin "." Mais ça t'a pris plus d'une année pour découper tous les fantômes, papa ". " " Oh oui, j'ai commencé bien avant ta naissance, gamin. Un jour je me suis dit qu'un jour j'aurais un gamin et que, comme tous les gamins fils de débiles, il fêtera Halloween. Alors j'ai piquété, pas découpé,piqueté, parce que j'avais le temps. Faire un gamin, ça prend le temps d'une éjaculation précoce et puis il faut attendre neuf mois, puis six mois sans dormir, puis des années avant qu'il ne découvre Halloween. Gamin, je te raconte des couillonades, j'ai acheté la guirlande, pour un euro et quelques cents ". " Papa, c'est génial cette guirlande ". " Oui, gamin, et c'est pas cher ". " Tu vois, papa, c'est le geste qui compte, pas le pognon ". " Hé oui, gamin. Moi, le geste, ça a été une éjaculation précoce ". " Papa, peut-être que toi aussi, tu es une jenculation machin chose ". " Oui, gamin, je me rappelle, il y a longtemps, être parti en promenade une soirée d'été dans les foins avec papa et être revenu dans le ventre de maman ". ". Elle est belle, la guirlande, papa. Il faut inviter mon copain Cédric pour qu'il la voit ". " S'il vient avec sa maman, bien sûr, gamin ". 

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16/09/2009

Bébé assume l'intérim - 4

Coucou, ici Bébé, Bag-in-Box sans le Box, depuis trois jours sur ce blog. Je m'entraîne au belcanto. Je belcantote. Ah, que je ris de me voir si belle en ce miroir. Je ne sais plus s'il faut dire "Case ta fiore" en parlant de la fille quadragénaire qui n'a jamais connu l'homme ou "Casse ta fiore" en parlant d'une tirelire. De plus, le tirelire n'existe plus en Italie depuis que les distributeurs de billets ne donnent que des euros. Plus de lires. On se gondole à Venise, la Bruges du sud, devant les fers à passer et à repasser. Maman a aussi un vaporetto pour les chemises de papa. Alors je chante ; " Dans la forêt un grand cerf, regardais par la fenêtre, un lapin venir à l'huile, et lui parler rainsi, serre, serre, couvre-moi, ou le chasseur me tuera, lapin, là peint, entre et vient, me serrer la main ".

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19/07/2009

Appel aux vieux

Maman m’a téléphoné et ça s’est mal passé, comme d’habitude. Ce qui m’inquiète c’est qu’elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas venir chercher son cadeau de fête des mères (hé, en juillet, ho, il y a longtemps que j’ai bouffé les pralines que je lui destinais si elle venait me donner mes étrennes pour la nouvelle année, non mais) parce qu’elle avait les pieds gonflés. Maman a les pieds gonflés. C’est nouveau, ça, des pieds qui gonflent ! Je ne connais pas ce phénomène mais j’en ai peur parce que si ses pieds gonflent comme des ballons elle va s’envoler, disparaître entre Mars et Vénus et je n’aurai jamais l’héritage puisqu’on ne retrouvera pas le corps. Je fais appel aux vieux et aux vieilles qui savent manipuler internet et qui ont les pieds qui gonflent  pour savoir comment ça se passe. Marchent-ils au plafond ? Doivent-ils vivre les fenêtres fermées pour ne pas être emportés par un pet qui les propulseraient à l’extérieur ? Par où font-ils entrer leur nourriture vu qu’ils ont la tête en bas ? Que se passe-t-il quand ils ont la coulante ? Comment tiennent-ils leurs cornets de frites sauce andalouse ?  Maman a les pieds qui gonflent ! C’est gonflé, ça. D’avance merci pour vos explications.

18/07/2009

Cherche les papys gustatives

" Papa, pourquoi dit-on UNE papy gustative alors que papy a des couilles et est un mâle ? ". " Gamin, j'ai toujours dit que le père de ta mère est un porc. Et les porcs, ça mange comme des cochons ". " Papa, si papy est une cochonne il faut dire truie et il ne faut pas faire aux truies ce que tu ne voulasse point qu'on ne te fisse ". " Gamin, tu as eu combien à ton dernier examen de français ? ". " Plus que toi au même âge, papa ". " Gamin, parlons d'autre chose. As-tu rangé ta pléstécheune ? As-tu ciré tes chaussures, et les miennes, sans mettre du cirage plein les murs ? As-tu pelé les pommes de terre pour le repas ou dois-je cuire des pâtes ? As-tu pissé du haut du balcon du cinquième quand il pleuvait pour économiser l'eau de la planète en ne tirant pas la chasse ? As-tu retiré Kiki, ton hamster, du bocal de Maurice, ton poisson rouge ? Tu sais, gamin,les hamsters ne sont pas admis aux jeux olympiques de natation ". " Papa, je ne saurais pas te répondre, tu parles comme une femme, tu poses trente-six questions en même temps, c'est à cette heure-ci que tu rentres, qui as-tu rencontré, comment s'appelle-t-elle, une poule de luxe je suppose, combien en as-tu bu, quand déboucheras-tu l'évier, grimpe à quatre pattes je n'irai pas t'aider à monter, j'espère que tu seras à la hauteur quand maman sera là demain pour dîner, c'est quoi cette facture de restaurant dans ton portefeuille, ta poule a mangé du canard, dis-moi tout ou je continue à te faire souvenir avec le rouleau à tarte ". " Gamin, où as-tu appris tout ça ? Tu as eu des leçons de vie à l'école ? ". " Non, papa, c'est chez Papy et Mamy quand Papy rentre très tard. Je fais semblant de dormir mais j'écoute ". " Tu as vu le rouleau à tarte, gamin ? ". " C'était splendide, papa. Mamy ressemblait à une fermière qui enfonçait des piquets de clôture pour un pré à vaches ". " Ah ça, gamin, pour être vache elle est vache, ta Mamy. Elle doit tenir ça de sa fille ". " Papa, tu ne dois pas dire ça de maman. Maman c'est ma maman. Et toi tu es mon papa. Quand Papy dit que tu es un con je lui réponds que plus con que lui tu meurs ". " Gamin, tu es vraiment un chouette gamin ".

17/06/2009

Cherche à fêter maman

« Allo, maman ? ». « Quoi, fils indigne ? ». « Je viens d’apprendre qu’en France le jour de la fête des mères est le premier dimanche de juin. C’est comique, hein, maman ? ». « Ce qui n’est pas comique c’est qu’en Belgique on fête les mamans le deuxième dimanche de mai et que je ne t’ai pas vu ni entendu. Pas un coup de fil, pas une fleur, pas une praline, même pas une bonne trappiste comme j’en bois une tous les soirs, fils indigne ». « Ah, maman, on voit bien que tu es ma maman. Moi aussi je bois de la trappiste ». « Arrête tes âneries. Je suis fort occupée. Je viens d’acheter un immeuble ». « Tu vas le louer cher ? ». « C’est au monopoly avec Lucienne que j’ai acheté un immeuble. Pourquoi me déranges-tu ? ». « Je te l’ai dit, maman. Pour te rappeler la fête des mères. Avant, quand j’étais petit, à chaque fête des mères, tu me faisais des gâteaux et de la tarte. Ne t’ayant pas vu depuis quatre ou cinq semaines je me demandais si tu n’avais pas fait un malaise, ou une chute, vu ton âge de plus en plus canonique. Parce que moi, je les aime bien tes gâteaux ». Tûûût, tûûût, tûûût.

06/05/2009

A vendre : sièges pour le jardin

 A vendre : sièges de jardin pour Blanche-Neige et les sept nains. Les sièges des nains sont peints en vert, celui de Blanche-Neige, au centre et plus petit pour qu'elle soit à la hauteur des nabots, est blanc. Traçabilité : c'est du robinia pseudoacacia d'origine belge. Idéal pour des feux de camp entre adultes nostalgiques du scoutisme en culottes courtes. Attention, en culottes courtes les herbes folles peuvent châtouiller les couilles. Tous les scouts le savent. C'est à cause de ça que j'ai arrêté le scoutisme. Je rigolais comme une baleine à cause des herbes pendant la prière du soir. Le curé, assis sur le siège de Blanche-Neige en soutane noire, m'a viré du camp. Papa et maman, venus à la rescousse, m'ont sauvé de l'extrême-onction avant qu'il ne m'étrangle et ne m'excommunie chez le diable pour l'éternité. Faire offre pour le tout (sauf le curé, il est mort).

Chypre 623 - Copie

10/03/2009

Cherche mon premier cri

Bonjour, maman. Quelle bonne idée de m’avoir fait lancer mon premier cri un dix mars dans une belle maison en pierre, au premier étage, le long d’une jolie rivière. Déjà tu me disais que j’irais loin dans la vie, comme papa, et que je devais m’élever dans la société. J’ai retenu la leçon, maman. J’habite non pas au premier mais au cinquième étage et j’ai l’impression que les pensées que je te destine arrivent plus vite à toi. Je profite de ce jour béni pour enfin te l’avouer : quelques années plus tard c’est moi qui avais peint les œufs en vert dans le frigo, te faisant croire que des grenouilles géantes avaient envahi le quartier. Impossible de te les renvoyer. Quand j’essaye ils retombent. Je suis soulagé : faute avouée est à moitié pardonnée. Pourquoi n’es-tu pas sur facebook ? Il n’y a pas ça là-haut ? Enfin, il me reste la pensée. Je pense à toi, maman. Gros bisous à papa.

14/01/2009

Cherche à échanger

Je cherche quelques grosses cloches pour Pâques. En contrepartie j'offre une splendide crèche, en bois massif laqué rouge, ainsi que trois personnages qui surprennent un peu car deux d'entre eux ont déjà une crèpe de la Chandeleur sur la tête. Le personnage de droite, celui à la grosse biloute au bout rose, est en fait la maman. Le papa de Jésus, à gauche, est représenté dans sa position au travail, celle du policier au milieu du carrefour. Utilisation possible comme porte-clefs mais pas de fonction décapsuleur. Voici une photo pour que vous compreniez.

 

019 - Copie

06/01/2009

Cherche l'utilité du bonnet

« Papa, je ne veux plus aller à l’école ». « Gamin, mon fils à moi qu’ouis-je, qu’entends-je, qu’acoustiquai-je ? Si tu ne vas pas à l’école tu devras faire de la politique et tu seras la honte de moi ». « Papa, je ne veux plus aller à l’école avec le stupide bonnet tricoté surmonté d’une ridicule boule de laine ». « Gamin, tu devrais avoir honte. C’est un bijou de famille. C’est ma maman à moi qui l’a tricoté, avec ses mains, au lieu de regarder la télé bêtement ». « Papa, tu m’as toujours dit que ta maman n’a jamais eu la télé ». « Heuuu, oui, mais elle aurait pu faire du french cancan, du scrapbooking, nourrir des chats et elle fait quoi, hein ? Un bonnet, un bobo, un pinnemouche, avec le pompon ». « M’en fous. Je ne vais plus à l’école avec ça ». « Ah bon. Et tu vas mettre quoi sur ta tête ? ». « Un casque ». « Un casque ? Tu veux un casque ! ». « Oui. Et aussi la mobylette ». « Heuuu ».

31/12/2008

Cherche où est papa

Maman est partie se faire baiser par son nouveau copain italien, papy et mamy se tapent une crise de foie à eux deux et mon papa, il cherche une vraie cuisinière pour moi et je sens qu'il va se faire éjecter d'un bar à putes. Mais ça va changer. Le jour où j'aurai des poils sur les couilles, je vais dire ce que je pense. Tout haut. Parce que si papa veut que je lui offre un bel hospice plus tard, il faut qu'il soit gentil avec moi, maintenant. Bonne année.

18/12/2008

Cherche à sortir couvert

Ils sont fous à la télé. Ils disent de sortir couvert pour les fêtes de fin d’année. Avec un gant en caoutchouc à un doigt ! Mais moi, monsieur, j’ai besoin de deux paires de chaussettes, d’un caleçon molletonné, d’une chemisette thermoélectrique à longues manches, d’un pull tricoté par trois suisses, d’un cache-col en laine de polyester à ne pas laver au dessus de 30 degrés parce qu’il paraît que plus chaud ça fond, d’un bonnet noir tricoté par maman et tellement vieux que je dois mettre des boules d’ouate de démaquillage pour boucher les trous de mites et d’une éfarpe que ve met devant ma bouffe. F’est fà, être couvert, monfieur.

26/11/2008

Cherche le bon circuit

 « Allo, maman ? ». « Monsieur, je n’ai pas besoin de salon en cuir, ni de vin, ni de cadeaux gratuits spécialement sélectionnés pour moi ». « Maman, houhou, c’est moi ». « Je t’ai reconnu, andouille. Si tu me téléphones pour me donner l’heure, vas-y. Au troisième top il sera ? ». « Heuuu, les piles sont plates dans l’horloge de la cuisine ». « Je sais. C’est comme ça depuis trois ans ». « Mais, maman, sais-tu que l’horloge de cuisine en panne me donne l’heure exacte deux fois par jour. C’est quand même beaucoup plus souvent que lorsque les aiguilles tournaient ». « Ce n’est plus une palissade, ça, c’est le mur de Berlin. Mon dieu, mon fils décore sa cuisine avec une horloge en panne pour avoir l’heure exacte deux fois par jour. Où suis-je, dans quel état j’erre ». « Maman, j’ai quelque chose d’important à te dire ». « Tu vas te remarier ? Tu as trouvé une folle pour vivre avec toi et tes deux souris ? ». « Ce sont des hamsters, maman, je te l’ai déjà dit ». « Bon. C’est quoi ta chose importante ? Serais-tu parvenu à ouvrir une boîte de raviolis sans te blesser ? ». « Maman, dans le catalogue La Magie des Rêves, pour Saint Nicolas pour moi chez toi, page 71, il y a le circuit Formule Champion, deux voitures, 5 mètres de long, échelle 1/43, avec compte-tours mais j’hésite avec le Circuit Maxi Poursuite avec deux loopings mais il fait 136 x 220 centimètres ce qui m’obligerait de le mettre au seul endroit où c’est possible, c’est-à-dire sous mon lit mais, à cause des loopings, je devrais surélever mon lit avec des blocs en béton. Deux blocs par pied, ce qui fait huit blocs. Est-ce que c’est possible, vu ton âge, que tu me livres aussi les huit blocs de béton ? ». Tûûût, tûûût, tûûût.

22/11/2008

Cherche les jouets

« Allo, maman ? ». « Quoi, tu oses me téléphoner alors qu’hier tu m’a claqué la porte au nez ». « Maman, calme toi, je n’aurais pas su claquer la porte vu que je ne l’ai pas ouverte ». « Donc c’était bien toi qui faisais le pitre dans l’interphone. Je te hais, je te déteste, me faire ça devant Lucienne qui a du faire pipi dans le caniveau. Personne ne la voyait derrière le gros cul de ta Berlingo jusqu’à ce qu’elle se mette à chanter une tyrolienne. Elle est complètement folle, celle-là. Tu aurais du être son fils ». « Allo, maman ». « Quoi encore, allo maman ? Si je te parle c’est que je suis au bout du fil, andouille. Et ne me dit pas c’est une palissade comme tu l’as écrit l’autre jour sur ton blog. Pourquoi ? J’ai une seule question : pourquoi. Pourquoi téléphones-tu aujourd’hui alors que tu faisais maison close hier ? ». « C’est à cause du calendrier, maman ». « Ah. Il est tombé du mur et tu cherches quelqu’un pour l’y remettre, c’est ça ? ». « Mais non, maman, il est très bien par terre. C’est à cause de la date ». « On est le 22. T’as eu une contravention ? ». « Non. Pourquoi, maman ? ». « 22, les flics, contravention. Mais qu’il est con, mais qu’il est con, mais qu’il est con ». « J’ai peur que les postiers fassent grève, maman ». « Ben, v’là aut’chose, à c’t’heure. Mon fils est timbré. Tu espères m’envoyer une lettre anonyme ? ». « Non, maman. Je dois écrire une lettre à Saint Nicolas pour qu’il passe pour moi chez toi mais j’ai besoin de ton accord pour son contenu. J’ai découpé des photos de jouets dans des catalogues et je les colle sur des pages. J’en ai déjà six. Recto-verso. C’est combien, ton budget ? ». Tûûût, tûûût, tûûût.

21/11/2008

Cherche à me faire tout petit

Dring. « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Ouvre, fils d’imbécile, je suis ta mère ». Dring. « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Si tu n’ouvres pas je dis à tout le monde que tu te promènes en slip dans ton appartement ». Dring. « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Lucienne, j’ai engendré un monstre. Sais-tu qu’à la Toussaint il a été fleurir le caveau dans lequel je ne suis pas encore ». Dring, driiiiing. « Heuuu, il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez atchiii ». « Tu vois ce que ça fait, hein, de te promener en slip. Lucienne, je suis sûre qu’il est chez lui, j’ai entendu la roulette de ses souris ». « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Lucienne, tu comprends ça, toi. Je n’ai même pas sonné et le répondeur se met en marche. Lucienne, dis quelque chose, vieille loque ». « J’ai pipi ». Dring, dring, driiing. « Il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé ». « Lucienne, fais pipi dans le caniveau. Chante une tyrolienne, ce te sera plus facile, moi j’abandonne ». Ouf.  

20/11/2008

Cherche un hébergement clandestin

« Allo, maman ? ». « Oui ». « Elle était bonne, tu sais, ta blague d’hier. Je l’ai racontée au bureau ». « Quelle blague d’hier ? ». « Tu m’as fait croire que tu venais demain ». « Je viens demain ». « Ah, ah, ah. C’est de toi que je tiens mon sens de l’humour, je le sens ». « Je viens demain et tu ne vas pas rigoler ». « Maman, si tu viens vraiment demain, épargne-toi des efforts inutiles. Attends-moi en bas de l’immeuble. Je connais un établissement où on reçoit un petit beurre quand on commande un café ». « J’apporterai un paquet de biscuits. Essaye d’avoir autre chose que du café en poudre car je viens avec Lucienne ». « Maman, houhou, ce n’est pas le salon de l’alimentation, chez moi. Et puis, depuis ma chute en essayant de remplacer une ampoule électrique, je n’ai plus que trois chaises ». « Vas mettre la cage de tes souris sur le palier et tu auras trois chaises ». « Ce sont des hamsters, maman, pas des souris ». « A demain ». Tûûût, tûûût, tûûût. Je cherche un hébergement clandestin pour demain, cave ou grenier, si possible avec télévision et salle de bain.

31/10/2008

Cherche la paix de mon âme

Planté, je me suis planté. Je suis allé ce matin au cimetière fleurir la tombe de maman mais je ne me rappelais plus qu’elle était encore vivante.

07:15 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : toussaint, paix, ame, cimetiere, tombe, maman |  Facebook |

30/10/2008

Cherche la mort avec des frites

C’est la Toussaint. Des fleurs partout. Aux caisses des supermarchés, dans les pépinières, au marché, chez les libraires, le long des routes avec les mêmes jeunes enfants refroidis qu’à l’époque des fraises ou du muguet. C’est mortel toutes ces fleurs, identiques à part la couleur. Chrysanthèmes, bruyères et, nouveauté, le chou chinois. Le chou chinois envahit nos cimetières. Deux euros quarante-neuf et hop, la corvée cimetière est terminée. « Maman sera contente, tu ne trouves pas ». « Du moment qu’elle ferme sa gueule, c’est bien ». « Que dis-tu mon amour ? ». Et si on fêtait nos chers défunts avec des frites, hein ? Une baraque à frites devant chaque entrée de cimetière. Musique : accordéon musette, pour rendre hommage à nos chers disparus. Dans la joie, dans la dignité, pas dans le commerce.

27/10/2008

Cherche à vendre des chrysanthèmes

Splendides, ils sont splendides ces chrysanthèmes. La Toussaint approche et j’ai acheté le petit pot à 2,49 euros pour maman. Horreur, maman n’est pas morte. Je n’y pensais plus. Vends chrysanthèmes, jamais servis, état neuf, petit pot offert, prix coûtant, du producteur au consommateur, biodégradable sauf le pot qui peut servir de fez lors d’une fête arabe et pratique : vous pouvez laisser l’autocollant avec le prix si c’est pour offrir à un mort.

08/09/2008

Cherche à avoir la paix

« Bonjour, madame, c’est bien vous la dame de l’accueil du supermarché ? ». « Quel est le problème, monsieur ? ». « Vous pouvez me gardez ça en dépôt pendant que je fais les courses ? ». « Quoi, ça ? ». « Ben, heuuu, ça ». « Mais, monsieur, ce n’est pas une garderie ici ». « Je sais. Et ça, ce n’est pas un enfant. C’est maman ». « Mais elle encore très bien, votre maman ». Maman : « Il y a un mot de trop dans ce qu’a dit la dame ». « Maman, tais toi si tu veux qu’on te garde ». Maman : « Elle a dit encore très bien. Le ‘encore’ est en trop ». La dame de l’accueil : « Monsieur, ce n’est pas une sale d’attente, ici ». « Dites, votre panneau ‘Que pouvons-nous faire de plus pour vous aujourd’hui ?’  c’est de la décoration ou de la publicité mensongère ? Vous pouvez garder maman. Sinon, je reprends mes billes et je m’en vais, l’âme vide et le cœur lourd, lourd, lourd, la nuit tu m’apparais fugace, je tends tes bras pour te saisir, mais tu prends zun malin plaisir, à te jouer de mes avances, la nuit, dzoum dzoum, je deviens fou hou hou, je deviens fou ». « Lâchez ce micro, monsieur, c’est pour les enfants disparus ». « Hé, hé, ça tombe bien, je vous laisse maman et je vais disparaître ».

13/08/2008

Cherche à aspirer la moquette

Hello, ce sont les vacances d’été. J’ai pris mes quartiers d’hiver à la cave. Je la vide. Et quand elle sera vide, je la plains. Comme mon verre, quand il est plein je le vide et quand il est vide je le plains. Comme le tapis. Le tapis plain. J’entends d’ici votre rire moquette. « Allo, maman ». « Quoi encore ». « L’aspirateur ne fait plus vouuuuuuuuuu ». « Tu as branché la prise électrique ? ». « Heuuu ».

11/05/2008

Cherche la fête des mères (10)

« Dépêche toi pour me répondre, mon taxi revient dans dix minutes, dis-moi pourquoi je suis venue ». « Mais, heuuu, maman, tu me stresses pire que les résultats de l’euromillion. D’ailleurs, ça joue sur mon organisme. Je sens que je dois aller faire une grosse proute et peut-être plus. Je reviens dans neuf minutes ». « Il n’en est pas question. Dis-moi pourquoi je suis venue ». « Mais, maman, je vais salir le fauteuil ». « Au point où il en est, ce n’est pas grave ». « Ah ! ». « Oui, ah. Dis moi pourquoi je suis venue, idiot ». « Heuuu ». « Parce que c’est la fête des mères, idiot ». « Ah bon ». « Qui est ta mère, idiot ? ». « Heuuu, ma mère. Ben, c’est toi, hein, maman, enfin. Pourquoi ? Tu ne le savais pas ? ». « Et que dit-on à sa mère quand c’est la fête des mères ? ». « Heuuu. Ah,oui. Bonne fête, maman ». « Toi, tu as de la chance que ce soit l’heure de mon taxi ». « Oh, déjà. Mais, que le temps passe vite, hein ».

10/05/2008

Cherche la fête des mères (9)

« Bon, recommençons. Pourquoi suis-je venue ? ». « Ben, heuuu, maman, tu es venue, heuuu, je ne sais pas moi, tu es venue, heuuu, par hasard ? ». « Non ». « Heuuu, parce que ton taxi a pété un pneu devant la porte ? ». « Non ». « Heuuu, parce que tu n’as plus rien dans ton frigo ? ». « Non ». « Maman, je ne trouve pas. Pourquoi tu ne dis pas jésus marie machin comme d’habitude ? ». « Ils m’ont abandonné ». « Ah, les salauds. C’est qui ? Je vais aller leur dire deux mots. Je les connais ? ». « Jésus Marie Joseph, il est pire que je ne pensais. Dis, tu as été enfant de chœur, non ? Et ça te rappelle quoi ? ». « Heuuu, je faisais dingueling quand le curé disait vas-y p’tit con. Et aussi le vin blanc. Ah le petit vin blanc, qu’on boit sous les tonnelles, que les femmes sont belles, du côté de Nogent. Chef, un p’tit verre on a soif, chef un p’tit verre on a soif, il est des nôôôtres ». « Dis, idiot, tu as bu avant mon arrivée, n’est ce pas ? ». « Heuuu, oui ». « Pourquoi ? ». « Heuuu ». « Pourquoi ? ». « Heuuu ». « Je te demande pourquoi ». « Heuuu, vois-tu, maman, les grands artistes, avant d’entrer en scène, et bien, ils boivent un coup ». « Parce que tu te prends pour un artiste, peut-être ». « Ben, non ». « Alors, pourquoi ? ». « Ben, heuuu, pour être joyeux lors de ta visite ».

09/05/2008

Cherche la fête des mères (8)

« Sais-tu pourquoi je suis venue ? ». « Heuuu, non, maman ». « La fête des mères ». « C’est qui ça, Hémère, maman, je le connais ? ». « Jésus, Marie, Joseph, Hémère. Hémère Dalor, c’est ça ? ». « Heuuu, pourquoi te fâches-tu ? Veux-tu un troisième café ? Je ne les compte pas, tu sais ». « Appelle moi un taxi ». « Heuuu, si tu veux j’appelle une pizza et on mange ensemble ». « Jamais. Tu ne rinces pas tes assiettes, elles puent le citron ». « Mais, maman, ça sent bon avec du poisson ». « Tu le cuis comment, le poisson ? ». « Heuuu, je ne mange jamais de poisson, maman, j’ai peur des arêtes ». « Je m’en doutais. Le poisson c’est plein de phosphore et c’est le phosphore qui rend intelligent ». « Ah bon. Pourquoi tu ne m’as pas donné du poisson à manger quand j’étais petit, maman ? ». « Tu en as eu, idiot, mais tu avais peur des arêtes ». « Ah, déjà. Tu vois, maman, yé né pas sanzé. Yé souis comme Roulio Essuie-glace ».

08/05/2008

Cherche la fête des mères (7)

« Madame, je vous prie d’agréer l’expression de mes salutations distinguées mais je vais devoir vous quitter ». « Gérard, non, tu viens d’arriver et maman est toujours là ». « Oui, je suis là. Je dérange ? ». « Certes non, chère madame. Votre présence me fut plus qu’agréable. J’eu su que vous fûtes là et je ne fûme pas venu pour ne pas troubillionner votre réunion familiale ». « Gérard, tu veux une Chimay bleue ou une Chimay rouge ? ». « Très cher, permetasse que je vous quittasse. Votre mère vous requiert. Allez, mon brave, hélez moi l’ascenseur ». « Je vous accompagne jusqu’au monte-charge, cheeer môssieur. Je reviens, hein, maman ». « Ouf ». « Gérard, ce n’est pas gentil. Tu dis ouf mais qui reste avec maman, hein, qui ? ». « Salut, popeye ». « Maman, Gérard est parti ». « Ouf ». « Comment, ouf ? C’est une nouvelle expression à la mode ? ». « Je dis ouf parce que je ne suis pas venue voir Gérard ». « Tu viens voir qui, maman ? ». « Les toiles d’araignées sur ton lustre, idiot ». « Heuuu ».

07/05/2008

Cherche la fête des mères (6)

« Maman, je te présente Gérard, un collègue qui est venu par hasard. Gérard, je te présente maman qui est venue aussi mais elle était à l’heure, elle ». « Bonjour, chère madame. Enchanté de vous connaître, chère madame ». « Vous êtes vendeur de tapis ? ». « Non, je travaille à la région wallonne, avec votre fils ». « Et vous, je parie que vous n’y perdez pas votre temps comme lui. Vous tricotez ? ». « Non, je fais des sudoku pour entretenir mes neurones et pour attendre de pouvoir rentrer chez moi ». « Et lui, l’idiot avec la gueule ouverte qui vous regarde comme un poisson qui vient d’être attrapé, il fait quoi ? ». « Oui, maman ». « La question est : tu fais quoi ? ». « Je t’écoute, maman ». « Je dis : que fais-tu à la région wallonne ? ». « Des photocopies, maman ». « Et ça sert à quoi, à part zigouiller des arbres pour faire du papier ». « Je ne sais pas, maman. C’est top secret. Souvent je me trompe et je photocopie le côté blanc des feuilles ». « Et bien, ça ne m’étonne pas. Et alors ? ». « Heuuu, ils ne le voient même pas ».