09/01/2010

Cherche à vous faire un cadeau

C’est encore l’époque des cadeaux, alors je vous en fais un qui va vous être utile au bureau. Au bureau les collègues me disent « Vas pas aussi vite », « Fais gaffe dans les virages », « Tu vas t’essouffler ». Savez-vous pourquoi ? Non ? Ils croient que je marche très vite. Ce n’est pas vrai. En fait je marche plus lentement que la moyenne kilométrique des collègues mais j’agite mes bras comme si je marchais très vite. L’illusion est parfaite. Vous ne me croyez pas ? Allez, hop, on se lève tous pour Biglodion. Lève toi et marche, comme a dit Jésus à un paralélibipède carrément rond. Allez hop, les bras comme si vous marchiez très vite. Gauche, droite, une, deux, hop, hop, hop. Pas besoin d’avoir appris la danse classique. Le look, le look d’un homme pressé qui travaille à du deux cent à l’heure. La gloire. L’estime de chef. Et le plaisir d’aller lentement. Faites-le et donnez-moi des nouvelles. D’avance merci.

30/05/2009

Cherche une punition exemplaire

J'ai surpris le gamin en train de fumer un cigare de la main gauche. " C'est un tout petit, papa " disait-il de la main droite. Il a osé ajouter : " Tu devrais avoir peur, papa, je suis le potiron masqué et je vais cracher tous mes pépins ". "D'accord, gamin, mais fais-le par la fenêtre. A l'intérieur ça ne poussera pas sur la moquette ". " D'accord, papa, mais j'exige une rançon ". " Tu sais ce qu'est une rançon ! ". " Oui, papa, et je suis déterminé à combattre pour mes revendications ". " " De mieux en mieux. Quelle est la rançon ? ". " J'exige, ce midi, une vraie soupe faite avec des légumes du marché, des poireaux, des oignons, des épinards à la crême à la place d'une soupe en poudre dans un sachet. Une soupe rouge, avec des boulettes ". " Et oui, rouge, j'aurais du m'en douter ".

2007 octobre 094 - Copie

23/05/2009

Cherche à libérer mon bras

« Aïe ». « Vous avez mal quand je pousse là ? ». « Aïe, non non, docteur, aïe ». « Vous êtes plutôt intellectuel ou plutôt manuel ? ». « Vous êtes bien curieux pour un orthodontiste, docteur ». « Orthopédiste ». « Ah bon, excusez-moi, docteur, je croyais que les orthopédistes c’était pour les pieds ». « Je m’occupe aussi des pieds, quand il faut choisir un plâtre de marche, par exemple ». « Ah non, hein, docteur, vous n’allez pas me mettre un plâtre de marche alors que vous venez de retirer celui de mon bras ». « Pour mon diagnostic j’ai besoin de savoir si vous êtes plutôt intellectuel ou manuel ». « Un peu les deux, docteur. Ma spécialité ce sont les raviolis. Tant que vous y êtes, dans les diagnostics, docteur, selon vous, ce sera Anderlecht ou le Standard qui sera champion ? Je dois parier avec un copain ». « Pratiquez-vous un sport ? ». « Je suis croyant pas pratiquant, docteur, dans tous les sports ». « Bon. Et du bricolage ? Des gestes violents ? ». « Heuuu. Ah oui, ça m’arrive ». « Je pense qu’il vaut mieux que vous portiez une orthèse maintenant le pouce et le poignet ». « Une hortèse, docteur, qu’est-ce donc ? C’est lourd à porter ? ». « Disons que c’est un plâtre amovible, en tissus élastique, contenant des plaques en acier, qui maintiendra votre poignet et votre pouce quand vous travaillerez manuellement ». « Amovible ! Heuuu, ça sa visse et ça se dévisse ? C’est une jambe de bois pour le bras ? ». « Vous verrez, c’est léger, ça s’attache avec du velcro ». « Ah bon, après le velpo le velcro. Docteur, et le vélo, c’est pour quand ? ». « Ah, vous faites du vélo ? ». « Du vélo d’appartement, docteur, pour avoir des cuisses fermes qui retarderont l’action des vers quand on m’enterrera. Un jour je l’ai descendu difficilement du cinquième par l’ascenseur pour circuler dans la rue mais il n’avançait pas. Des voisins m’ont dit que c’était normal parce qu’il n’a pas de roue. Vous comprenez ça, vous, docteur, un vélo qui n’avance pas ? ». « C’est comme vous ». « Ah bon ! »

13/02/2009

Cherche la signification du 14 février

« Allo ». « Heuuu, allo, bonjour madame ? ». « Alors, on se prépare ? ». « Heuuu, oui, je suppose. Je vais aller faire mes courses, c-à-d acheter du thon puisque le thon c’est du poisson et qu’on est vendredi et que Jésus, s’il était encastré entre un bœuf et un âne à sa naissance, a continué sa vie sous le signe du poisson qui se dit Pie Seize en romain. Le vendredi est donc le jour du poisson mais, vu que ce vendredi est un vendredi treize, je prendrai du thon en boîte, sans arêtes, parce que, me connaissant, si j’achète du thon, une darne de saumon ou du cœur de cabillaud frais un vendredi treize je vais revenir avec un stock de cure-dents qui ne sera pas fini quand je quitterai l’hospice les pieds devant ». « Je ne parle pas d’aujourd’hui, abruti, je parle de demain. Quel jour serons-nous demain ? ». « Facile, madame. Demain nous serons le quatorze, non ? ». « Oui mais, quelle est la spécificité du quatorze février ? ». « Facile, madame. Cette année le quatorze février est un samedi. C’est un jour spécial car c’est le jour du marché. Je serai prêt demain pour y aller. J’y vais quand le marché est fini, pour ramasser ce qui est par terre aux légumes et aux fleurs, surtout les fleurs séchées.  Je donne le tout à Kiki, sauf du chou. Kiki, c’est le hamster du gamin. Avec ça il pue moins de la gueule quand il pète ». « Je répète ma question, idiot : qu’a de spécial le quatorze février ». « Madame, vous m’avez appelé idiot, comme maman. Vous la connaissez ? ». « Fils d’imbécile, demain c’est la Saint Valentin. Y penses-tu ? ». « Horreur, je vous ai reconnu. Maman, c’est toi ? ». « Qui veux-tu qui pense à toi, idiot. Je te signale au passage que je ne suis pas encore une horreur ». « Heuuu, si, si, heuuu, non, non. Je voulais dire que les voix sont déformées avec mon téléphone ». « Tu es comme les chats, toi : on devrait leur couper les pattes avant de les jeter par la fenêtre. Quand est-ce que j’aurai une nouvelle belle-fille à enquiquiner ? ». « Maman, efface ce que tu as dit sur les chats, s’il te plait. Pense à mes amis qui aiment les animaux. Moi-même, si je n’ai que deux hamsters et un poisson rouge, c’est parce que j’habite au cinquième. Adieu, veaux, vaches, cochons, couvée. Ici, le marsupilami est en latex. Je ne me sers de sa queue pour me déboucher le nez et les oreilles. Me comprends-tu, maman ? ». « Demain, idiot, tu vas à la pèche, compris. Tu sors en boîte, comme on dit maintenant et tu m’en trouves une qui a un travail stable, pas trop jolie parce que tu vas te le faire piquer, qui se plante la queue du marsupilami et le reste où elle veut et qui a l’esprit de famille pour accepter qu’une belle-mère vienne habiter chez elle parce qu’elle se fait vieille. Compris ». « Heuuu ». « Je te sens dubitatif ». « Tu sais, maman, je ne me suis jamais rasé à cet endroit là. Mais je vais suivre ton conseil sur les boîtes. Deux boîtes, ce sera encore mieux ». « Demain soir : au rapport. J’attends son coup de fil qui m’invite chez toi ». « Oui, maman. Au revoir, maman. Le bonjour à ton amie Lucienne. Je te quitte parce que j’ai pipi caca et ça urge ».     

30/10/2008

Cherche la mort avec des frites

C’est la Toussaint. Des fleurs partout. Aux caisses des supermarchés, dans les pépinières, au marché, chez les libraires, le long des routes avec les mêmes jeunes enfants refroidis qu’à l’époque des fraises ou du muguet. C’est mortel toutes ces fleurs, identiques à part la couleur. Chrysanthèmes, bruyères et, nouveauté, le chou chinois. Le chou chinois envahit nos cimetières. Deux euros quarante-neuf et hop, la corvée cimetière est terminée. « Maman sera contente, tu ne trouves pas ». « Du moment qu’elle ferme sa gueule, c’est bien ». « Que dis-tu mon amour ? ». Et si on fêtait nos chers défunts avec des frites, hein ? Une baraque à frites devant chaque entrée de cimetière. Musique : accordéon musette, pour rendre hommage à nos chers disparus. Dans la joie, dans la dignité, pas dans le commerce.

04/09/2006

Cherche cohabitante

J'ai cru faire une bonne affaire au marché en achetant douze slips pour le prix de huit. Erreur. Ils sont beaucoup trop larges à l'usage. Ils tombent. Je marche comme un canard homosexuel, un petit coup de derrière à droite, un petit coup de derrière à gauche. Je n'ai plus qu'à faire coin coin pour paraître naturel. Ou alors, je fais le phoque : honk, honk, honk et je bats des mains. Au parc communal, d'accord, mais au supermarché, en poussant un caddy, honk, honk, honk, ça pas être possibeul. Quand je remonte mes slips trop larges sur mes épaules pour avoir les mains libres pour tenir le caddy, je suis trop serré du, de la, des, disons, des bijoux de famille. Je dois faire des pointes. Avec les pieds. Comme une danseuse. Nouréev au supermarché. Tapetipetap ploum ploum, tapetipetap ploum ploum, les balais du vingtième siècle. J'ai essayé, j'ai eu la sécurité du supermarché sur le dos. Rien que sur le dos, heureusement. Je ne vais quand même pas utiliser mes slips pour faire du parapente, non. Je cherche cohabitante de slip pour danser la lambada.

23/08/2006

Cherche ficelle de chasse

Samedi je suis allé aider à la fête du quartier. Je tenais le stand de la tombola express et, en brandissant le gros lot pour attirer les badauds, un taille-haie en fonctionnement, j'ai sectionné les ficelles qui retenaient 273 ballons. J'ai du les acheter, sans en avoir un seul. Compatissants, les responsables de la fête m'ont invité à m'occuper de la toilette des gamins, dimanche. En fait, la chaînette de la chasse murale était cassée et trop courte. J'étais là, comme la statue de la Liberté, la main en l'air sur le reste de chaînette. "Alors, gamin, t'as fini, pousse, non di djo, y en a qui attendent". J'étais pressé, moi, parce que les responsables, compatissants, avaient installé un podomètre sur la chaînette - normalement, ça compte les pas quand on fait de la marche - et m'avaient promis un cent par coup de chasse. Alors, je tirais mon coup à tour de bras. J'ai triché, je disais prout prout et je tirais. Et hop, un cent. Prout prout, et hop, un cent. En une journée j'ai gagné 419 cents, soit 4 euros et une rawette, soit le prix de deux ballons. Mon banquier conseiller fiscaliste m'a dit que ce n'était pas rentable. Ah bon ! J'arrête, je cherche une ficelle pour mettre à la chasse.