13/09/2009

Bébé assume l'intérim - 1

Bonjour, je m'appelle Bébé. Mon vrai nom est Bag-in-Box. J'assume l'intérim de ce blog pendant la cure de repos de son propriétiaire qui n'a plus de plomb parce qu'il les a pétés. C'est un drôle d'oiseau, ce type, il a du plomb dans l'aile et peut-être aussi dans ses dents carie a des trous dedans. Il n'a pas trente-deux dents comme tout le monde, il a vingt-six dents et six dehors. Comme il m'a prise au pied levé, je le lève. Car je suis danseuse au Vin Rouge, cabaret bien connu. Mon petit nom est Bébé, pour Bag-in-Box, mais je devrais en réalité m'appeler Bé, pour Bag, comme le compositeur qui a fait une petite fugue chez Maurane, et sans l'autre bé car je n'imagine pas que vous viendriez me voir si j'étais in-Box. Je sais, j'ai de grandes oreilles. Je les tiens de papa qui espionnait les faits et gestes des voisins à travers la paroi de notre HLM en gyproc. Avec papa, je fermais les yeux et il me servait de téléviseur. " Hé, ça y est, il la déculotte. Elle dit que son mari peut rentrer d'un moment à l'autre. Il répond qu'il s'en fiche puisqu'il est le médecin-conseil de la mutuelle qui vient vérifier la tuyauterie ". Ah oui, j'ai eu une enfance heureuse. A demain. 

024

 

 

 

 

27/05/2009

Cherche à prendre mon pied

Hier j’ai pris mon pied. Dans une souche d’arbre en allant vider ma vessie près d’une route. Pendant que j’admirais de près le sol wallon jonché de canettes, d’emballages vides ayant contenu des bonbons ou des barres chocolatées, de sacs pleins dont on pouvait dire à l’odeur qu’ils ne dataient pas d’hier, je me suis dit : « Toi, tu viens de prendre ton pied ». A quoi je me répondis : « Pourquoi donc ne prendre qu’un seul pied ? Le plaisir serait-il réservé aux unijambistes ? Pendant qu’une herbe folle agitée par un petit vent, pas de moi, hein, le vent, me taquinait la narine gauche, je pensais au cul-de-jatte qui ne prend jamais son pied et qui ne trouve jamais la bonne pointure dans un magasin de chaussures. Que dire de son chien à qui il crie « Médor, au pied ». Au fond, il n’y a pas que des lampadaires dans la vie, il y a aussi des lampes de chevet. Chacun a son utilité. Si j’achète un lampadaire pour ma table de chevet je vais devoir trouer le plafond. Et ce sont les gens du sixième étage qui profiteront de ma lumière. Au sixième, ce sont de jeunes mariés. Ils prennent souvent leur pied. Je l’imagine d’ici, par terre, à deux mètres de la route, elle, dans leur chambre, dire à son mari : « Chéri, as-tu mis de l’engrais sur la moquette ? Il y a une lampe de chevet qui pousse. Je ne trouve pas l’interrupteur et ça m’empêche de dormir ». « Dévisse l’ampoule ». « Oui, mon chéri que j’adore ». Sur ces bonnes paroles je me suis endormi. Ce sont des policiers de la brigade de la route qui m’ont secoué : « Monsieur, réveillez-vous. Si vous preniez votre pied avec une dame, il y a longtemps qu’elle est partie ».