19/08/2009

Coeur d'artichaut

Le gamin a réalisé une d'oeuvre d'art : un coeur d'artichaut. Un vrai, un mûr, un de Bretagne où le beurre est salé d'origine parce que les vaches broutent de l'herbe arrosée par les embruns. La première fois que je suis allé en Bretagne je n'ai rien compris. J'avais compris que le beurre était salé à cause des gens bruns. Faut les chercher, en Bretagne, les gens bruns. Ou alors ce sont des immigrés clandestins qui vendent des pittas ou des durums en faisant croire que ce sont des crêpes normandes. Avec un merguez à l'intérieur. Ou des raclures de vieux mouton. Moi, j'adore, mais pas en Bretagne. Donc, pour épater le gamin, j'ai acheté une revue féminine avec des recettes pour débutantes. Epoustouflé, j'ai été époustouflé par le nombre de publicités pour de la lingerie. Or, si c'est de la lingerie, ce sont des sous-vêtements et, par définition un sous-vêtement est sous le vêtement et donc ne se voit pas. La page des recettes commençait par A comme artichaut. Seul matériel indispensable : un flacon de vinaigrette, une casserole et de l'eau. Pour moi, le seul investissement a été l'achat d'un flacon de vinaigrette. Et les artichauts. Deux. Un pour le gamin et un pour moi. Dans la recette c'était écrit : quand c'est cuit, laissez refroidir, trempez, sucez. Heuuu. Heureusement que le gamin m'a montré parce qu'il en avait déjà mangé chez ses grands-parents maternels. C'est bon la Bretagne, même avec de la vinaigrette polonaise de chez Aldi. Après, le gamin a réalisé un coeur d'artichaut. Quel fils de génie, mon gamin. Voyez et admirez :  

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21/06/2009

Cherche un bon barbecue

Le dimanche c'est creux, pas beaucoup de lecteurs. C'est normal, c'est barbecue chez vous ou chez des amis. Le barbecue, la joie des bouchers. Hop, les viandes avariées, hop, dans une marinade avec des herbes réhydratées et avec de l'huile, hop, promotion, hop, brochettes, hop, bénéfice. Seul investissement : une baguette en bois. " C'est le vin rosé qui m'a rendu(e) malade ". Non, non, c'est la brochette de boeuf faite avec des morceaux d'une entrecôte qu'une dame est venue rapporté parce qu'elle n'avait pas commandé une entrecôte aux champignons. " Prends quelques spare ribs ". " C'est quoi ? ". " Des côtes d'agneaux ". " Elle est où, la viande ? ". " Tu dois ronger l'os ". " Ouaf, ouaf, j'ai pipi, c'est sur quel arbre que je peux lever la patte ?. " Où as-tu trouvé des merguez orange, il ont du se tromper dans les doses de colorants. Tu as l'étiquette avec la composition ? ". " Non, c'était en promotion, en vrac, au kilo, vente rapide, à consommer le jour même, ne pas congeler ". "Dis, il y a quoi pour manger. J'ai faim ". Je cherche un bon barbecue. Si nécessaire j'apporterai une bouteille de rosé. 

05/05/2008

Cherche la fête des mères (4)

« Alors, maman, ça va ? ». « Dis, ton café, c’est du robusta ou de l’arabica ? ». « Heuuu, un instant, je reviens, heuuu, je veux dire que je pars mais qu’après je reviens, je vais à la cuisine, je vais lire l’étiquette, houhou, je reviens ». « Jésus, Marie, Joseph, je regrette. Je regrette de lui avoir posé une question aussi difficile, mon Dieu ». « Maman, maman, j’ai trouvé, c’est du oploskoffie ». « C’est cela, oui, c’est cela, suis-je bête, j’aurais du m’en douter. Une cuillerée de poudre par tasse, c’est ça ? ». « Heuuu, oui. Mais attention, pas une cuillerée à soupe, hein, une cuillerée à café ». « Tiens, tiens. De mieux en mieux. As-tu remarqué que, sur terre, il y a des blancs et des noirs ? ». « La terre, oui maman, la grosse bouboule avec des noirs là où il y a plus de soleil. C’est comme Gérard, quand il avait fait un barbecue. J’ai eu une merguez du milieu, juste au dessus des braises et ». « Stop, stop, stop. Es-tu daltonien ? ». « Tagada, tagada, voilà les Dalton, tagada, tagada, voilà les Dalton ». « Stooooop. Tout le monde descend. Quelle couleur a mon café ? ». « Heuuu, noir. Comme la merguez chez Gérard ». « Et alors ? ». « Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir. Johnny, toute ma jeunesse. Je vais te mettre la chanson, maman, à fond la caisse ». « Nom de dieu, pardonnez-moi, restons calme, inspirer, expirer, inspirer, expirer. Je veux du lait dans mon café, tu entends, bom bom bom bom, ici Londres, je veux du lait dans mon café ». « Oui maman ».

26/08/2007

Cherche à penser à ma chose

« Gérard, depuis le début des vacances, je pense à une chose ». « Moi aussi : baiser, baiser, baiser ». « Aaaah bon, moi pas, il fait trop chaud, je n’aime pas quand on colle ». « Moi si, baiser, baiser, baiser ». « Gérard, tu as reçu trop de soleil sur la tête, ce sont les U.V. qui te chatouillent les neurones. Moi, je pense à une chose ». « Baiser, baiser, baiser ». « Gérard, merde, arrête, tu vas me donner des envies ». « C’était écrit dans le catalogue : nanas à volonté ». « Mais non, Gérard, c’est mis jus d‘ananas et merguez à volonté. Moi, je pense à une chose ». « Tes merguez, tu te les bourres où tu veux, dans le nez, dans les oreilles, dans le cul ». « Gérard, tu deviens vulgaire, je te signale que je suis vierge du cul et que je tiens à le rester, à part une visite pour la prostate ». « Mais j’ai envie de baiser, baiser, baiser ». « Gérard, tu te donnes du mal pour rien, vas prendre une douche froide.  Dis, je pense à une chose ». « M’en fous ».

25/08/2007

Cherche à rester dans l'armoire

« Gérard ». « Oui ? ». « Tu peux tirer la chasse en vacances, l’eau est comprise dans le forfait ». « Pourquoi tu dis ça ? ». « Parce que des merguez flottent dans la cuvette des W.C. Ce n’est pas moi puisque je suis constipé ». « T’es constipé ? ». « Ben oui, hier soir, j’ai mangé du riz et des fruits de mer. Le riz a gagné. Constipé, mon vieux, tu peux pas savoir ». « Tu vas faire quoi ? ». « Pousser, pousser, pousser ». « C’est dur ? ». « Du béton ». « Ce n’est pas moi non plus ». « Gérard, tu crois qu’il y a un passager clandestin dans la chambre ? ». « Mais non, idiot, c’est à cause de toi, avec ta manie de ramener des bricoles le soir au cas ou tu aurais une petite faim la nuit. Ce sont les merguez que tu as ramené il y a dix jours ». « Et pourquoi ils flottent ? ». « Ils ne veulent pas partir ». « Ouille, ouille, ouille, Gérard, tu imagines la tête de la femme de chambre. Vas à la piscine, je vais me cacher dans la garde-robe ».

02/08/2007

Cherche l'ombre

« Regarde celle-là, elle a des implants mammaires ». « Des quoi ? ». « Des implants mammaires ». « Heuuu, Gérard, c’est quoi, des zin plan ma mère ? ». « Regarde la bien, tu vois quoi ? ». « Elle a de beaux yeux ». « Plus bas, idiot ». « Heuuu, elle a de grands pieds ». « Entre les deux, idiot ». « Grosse ceinture qui cache la mini jupe ». « Tu y es presque, un peu plus haut, que vois-tu ? ». « Deux gros lolos pointus ». « Voilà, tu y es, bravo ». « Et alors ? ». « Imagine toi, allongé près d’elle, dans la piscine, sur un matelas gonflable, non non, tu ne vas jamais dans la piscine, imagine toi, dans le sable chaud, près d’elle, sur un matelas gonflable, non non, tu fumes et je sais que tu as peur des matelas gonflables, imagine la, à côté de toi, sur un matelas en mousse, sur le sable chaud en plein soleil, tu fais quoi ? ». « Heuuu, je grille comme une merguez sur un barbecue ».

24/08/2006

Cherche à éliminer des merguez

Les toilettes étaient occupées, l'urgence devenait insoutenable, je me tortillais dans tous les sens, je suis allé dehors me soulager dans un vieux bac en fer. Je ne savais pas que c'était le barbecue du copain. Il n'a jamais su l'allumer. Moteur noyé. Le copain pestait. Quel redoutable pesticide quand il s'y met. Moi : "Heu, non, rien vu, j'avais le dos tourné, j'admirais tes hortensias, peut-être une averse très localisée, c'est la mode en ce moment". Les nanas invitées se sont évaporées les unes après les autres. Dommage, car après les huit litres de sangria améliorée gin-vodka, elles étaient à point. C'est pas comme les merguez. C'est dégueulasse des merguez crus. J'ai essayé de les fumer avec un briquet mais la graisse explose. Le copain pesticide déprimait, il voulait se pendre à sa ciboulette. Quelle idée, un effet secondaire de la sangria je suppose. Non mais, je l'en ai empêché, la ciboulette, pour moi, c'est sacré. Quand un curé fera ses hosties en omelette à la ciboulette, je retournerai à la messe. Content que je reste avec lui pour contempler le désastre, le copain m'a offert les huit kilos de merguez. Crus. Oui, crus, pas cuits. Je cherche quelqu'un chez qui il ne pleut pas et qui fait un barbecue pour refiler huit kilos de merguez. Sangria s'abstenir, uniquement pastis.