26/08/2010

Le confort de Robert

Quel confort ! Petit déjeuner au lit, pression du pneu avant gauche au lit, repas de midi au lit, sudoku au lit, thermomètre au lit, sieste au lit, découverte de feuilletons débiles dont Robert ignorait l’existence (car Robert avait choisi une chambre d’agents doubles) au lit, repas du soir au lit, pipi caca à 60 cm, distance le séparant de la porte coulissante donnant accès au salon de toilettage d’où il peut entendre les gémissements de son partenaire vacancier en crise de constipation. Il lui rend l’appareil quand il entonne le début de la cinquième de Beethoven avec son instrument à vent. Robert peut faire un jogging à du 2,5 km/h en slalomant entre les promeneurs de perches à perfusion, les remorques à balais et à détergent et les armoires qui maintiennent tièdes les repas chauds et l’espace fumeur. Génial, l’espace fumeur. Pour l’oxygénation des poumons des fumeurs ceux-ci sont obligés de se fournir en oxygène naturel, dehors. Gros progrès de la médecine : le thermomètre ne se fiche plus dans le cul. On le met sous le bras et il fait bip bip quand on est cuit à point.

29/06/2010

Le pied de porc (3)

« Papa, parle-moi du pied de porc ». « Gamin, c’est notre chance, pendant que tu étais à l’école je suis allé en acheter deux pour demain et deux côtelettes de porc pour aujourd’hui. Regarde ». « Berk, berk, berk, les pieds de porc ». « Ne t’en fais pas, gamin, les pieds de porc doivent mijoter, ce sera pour demain. Aujourd’hui c’est côtelette de porc et purée en poudre ». « C’est quoi, mijoter, papa ? ». « Je ne sais pas encore, gamin, je dois me renseigner sur l’ordinateur ». « Montre-moi les côtelettes, papa, que je comprenne ce qu’est un porc ». « Regarde, gamin, voici une côtelette. Voici l’autre. Si je les mets l’une à côté de l’autre dans ce sens ça ne marche pas mais, dans l’autre sens, tu vois bien que la tronçonneuse a débité la même bébête. Imagine des milliers et des milliers de côtelettes qui se suivent et tu as un porc. Mais, gamin, un porc n’est pas un ver de terre. Il a des pattes, deux devant et deux derrière. Et, au bout des pattes, qu’est-ce qu’il y a, gamin ? ». « Des pieds, papa ». « Oui, gamin, mais des pieds de quoi ? ». « Des pieds de côtelettes, papa ». « Fils de con, ce sont des pieds de porc ». « Et ça se mange ? ». « Demain, tu en auras à midi ». « Papa, tu aurais du acheter des pieds de mille-pattes, tu en aurais eu plus ». « Heuuu ».   

04/04/2010

Cherche la surprise de Pâques

" Papa ". " Oui, gamin. Que se passe-t-il ? Tu as l'air triste ". " Ben oui, papa ". " Mais c'est Pâques, gamin, les alouettes sont de retour ". " Les hirondelles, papa ". " Quoi, gamin ? Les alouettes ne reviennent pas cette année ? ". " Papa, je m'attendais à recevoir des oeufs pour Pâques ". " Gamin, bien sûr, Pâques, les oeufs. Ton papa a pensé à tout. Ce midi il y aura une surprise. Pas que des oeufs, gamin, hé, hé. C'est une surprise. Il y aura aussi des champignons en lamelles, tous frais, j'ai acheté la boîte hier. Ce midi, gamin, la surprise que je te fais c'est une omelette géante aux oeufs et aux champignons en lamelles ".

 

 

10/02/2010

Cherche à retrouver mes couleurs

« Papa, as-tu payé le rappel de facture pour l’électricité ? ». « Gamin, tu sais bien que je ne reporte jamais à demain ce que j’aurais du faire hier ». «  Je sais, papa, tu le reportes à après-demain ». « C’est comme ça, gamin, c’est dans ma nature ». « Ou c’est l’abus de raviolis sauce tomate qui te monte au cerveau. Méfie-toi, papa, as-tu déjà lu la liste des ingrédients de la sauce ? Sais-tu pourquoi certaines tomates sont tellement invendables au marché qu’on en fait de la purée ? Sais-tu dans quel pays et avec quels pieds les tomates ont été transformées en purée ? Il y a peut-être des produits pour combattre l’odeur des pieds dans les additifs. Et la viande ! As-tu déjà pris le temps de laver un ravioli, de l’ouvrir, de jeter la pelure pâteuse et de ne manger que l’intérieur ? C’est peut-être inscrit bœuf mais sais-tu que, à part les semelles, tes chaussures sont aussi en bœuf ? ». « Gamin, arrête, je suis malade ». « On en reparlera après le dîner, papa, parce qu’à l’école on nous apprend, à nous les jeunes, à manger sain. Ne fais pas cette tête là, papa. J’ai faim. On mange quoi, ce midi ? ». « Des raviolis, gamin ».

30/01/2010

Cherche les carottes

« Gamin ». « Oui, papa ». « Gamin, où sont les carottes que je dois cuire pour le repas de midi ? ». « A l’école, papa ». « Quoi, des carottes à l’école. Elle se les met où ta maîtresse ? Elle se prend pour le tunnel sous la Manche ? ». « Papa, demain avec l’école on va visiter une ferme. Avec des veaux, vaches, cochons, couvées et des lapins. Madame a demandé d’apporter un peu de nourriture ». « Et tu trouves que quatre carottes c’est un peu de nourriture ! Gamin, c’étaient nos légumes pour deux jours ». « Papa, madame a dit que les agriculteurs vont de pis en pis et qu’il faut les aider ». « Avec les vaches peut-être, ils n’arrivent plus à faire leur beurre avec leur lait, mais avec des lapins ! Aller de pis en pis avec des lapins, non mais, on aura tout vu. Sais-tu que le pire mois pour les agriculteurs c'est le mois de février parce qu'ils n'ont que vingt-huit jours pour se plaindre. Tu dois rayer ces idées reçues d’une traite, gamin. Les agriculteurs, s’ils écossaient leurs petits pois, ils pourraient vendre des kilts et des plaids à carreaux ». « Papa, on mange quoi ce midi ? ». « Raviolis, gamin ». « Ah ». « Oui, et sans carotte dans la sauce ».

24/09/2009

Chercehe à zexpliquer mes vaquances

« T’étais où, papa, pour tes vacances ? ». « Heuuu, gamin, je ne sais plus. C’était bien. On ne devait pas se laver parce qu’on recevait la douche froide collective le matin, la douche tiède collective à midi et la douche chaude collective le soir. Ce sont des psychologues avertis qui ont inventé ça. La douche froide du matin réveille et chasse les fourmis dans les jambes. La douche tiède de midi maintient éveillé et la douche chaude du soir fait dormir et permet de ne changer les draps qu’une fois par séjour. Des douches à l’eau de source, gamin. Je pouvais garder la bouche ouverte pendant la douche. Non seulement j’économisais le dentifrice mais, en plus, j’avais mon Apport Journalier Recommandé, mon AJR comme c’est écrit sur les pots de yaourt, en calcium, potassium, plutonium, atomium, géranium, uranium. Une cure de santé, gamin ». « Tu as des photos, papa ? ». « Des douches, non. On devait être tout nu, dans le plus simple appareil comme ils disaient, c-à-d sans appareil. Moi qui ne sais pas nager j’ai bu la tasse trois fois par jour. Pour faire des économies parce qu’au distributeur l’eau était payante ». « C’était pour quoi, l’eau, papa ? ». « C’est de l’eau pleine de vertus. Contre les rhumatismes, pour avoir de belles dents blanches si on gardait la bouche ouverte pendant les douches, pour faire circuler la circulation. Et l’eau avait même des vertus aphrodisiaques mais ça je n’ai pas testé ». « C’est quoi affreux disiaque, papa ? ». « Gamin, je viens de te dire que je n’ai pas testé, voyons. En plus le jet était tellement puissant que je n’aurais pas su lever le petit doigt ». « Papa, tu en oublies l’énigme du jeudi ». « Heuuu, disons, heuuu, dans quelle commune cette photo a-t-elle été prise ? Un indice : c’est en Europe ».

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12/09/2009

Cherche à me reposer

Une semaine sans ordinateur, sans aller au bureau photocopier du matin au soir, sans poster de commentaire sur vos blogs, sans l'énigme du jeudi, ça va être dur, surtout le jeudi. Je vous livre mon programme, grâce à Gotlib. Quels souvenirs ce Gotlib, surtout l'histoire du raton laveur qui a attrapé une crampe dans la queue et qui tournait en rond dans l'eau, verticalement. Gotlib c'est mon Jacques Salomé à moi (que ceux qui ne comprennent pas relisent Rafaël). Le gamin, qui sera chez sa mère, enfin, chez les parents de sa mère parce qu'elle joue à faire le Moulin Rouge en écartant ses jambes pour trouver un Roc aux six Freddy et Blanche-Neige a fait mieux puisqu'il lui en a phallus sept, m'a dit que là où je vais il y a des Gilbert cafés où on peut se brancher sur internet. Je pourrai peut-être vous envoyer des cartes postales, sans les timbrer. Je suis préparé pour mes vacances : Imodium, Motilium, Géranium, aluminium pour emballer les restes du buffet du soir pour les manger le lendemain à midi car j'ai choisi la demi-pension. " Il ne faut pas vous pensionner tout de suite " m'a dit mon psy, " vous êtes trop jeune. Commencez par une demi-pension ". Ils m'ont rassuré à l'agence de voyage : même en demi-pension on a droit à un lit entier. Et à un copieux petit déjeuner comme chez Titine et Chacha. J'ai établi mon programme de la semaine et je vous le livre. Vous recevrez chaque jour une oeuvre inédite sur ce blog, histoire de garder le contact. Vos commentaires sont les bienvenus, comme d'habitude, comme a dit Maille Oué. Pff, dure, dure, celle-là. J'ai vraiment besoin de repos !

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30/05/2009

Cherche une punition exemplaire

J'ai surpris le gamin en train de fumer un cigare de la main gauche. " C'est un tout petit, papa " disait-il de la main droite. Il a osé ajouter : " Tu devrais avoir peur, papa, je suis le potiron masqué et je vais cracher tous mes pépins ". "D'accord, gamin, mais fais-le par la fenêtre. A l'intérieur ça ne poussera pas sur la moquette ". " D'accord, papa, mais j'exige une rançon ". " Tu sais ce qu'est une rançon ! ". " Oui, papa, et je suis déterminé à combattre pour mes revendications ". " " De mieux en mieux. Quelle est la rançon ? ". " J'exige, ce midi, une vraie soupe faite avec des légumes du marché, des poireaux, des oignons, des épinards à la crême à la place d'une soupe en poudre dans un sachet. Une soupe rouge, avec des boulettes ". " Et oui, rouge, j'aurais du m'en douter ".

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16/10/2008

Cherche la sortie

« Toc toc toc, un deux, un deux, ça passe. Allo, allo, mesdames et messieurs, aujourd’hui le salon de l’alimentation de Bruxelles fermera ses portes exceptionnellement à midi. En sortant vous serez soumis à la fouille. En effet, six saucissons dont quatre à l’ail manquent à l’appel au stand de dégustation. Tous, fonçons vers la sortie. En groupe, pour rendre les fouilles impossibles. Forçons les barrages, sautons les barrières, empêchons les fouilles, ne nous laissons pas tripoter. Je serai là, pour vous encourager, avec vous, et avec les saucissons. Allez, hop, tous ensemble vers la sortie ».

23/09/2006

Cherche une sauce

"Gamin, que fais-tu dans ma chambre". "Mais, papa, il est midi, j'ai faim". "Midi, mais j'ai l'impression que je viens de me coucher. Hier, au retour de mon voyage en car de luxe, on s'est arrêté 22 fois pour laisser descendre les participants. Il fallait réveiller la plupart des petits vieux, sauf ceux à qui j'avais donné un tchouwinne gomme". "Ceux qui collent aux dents ?". "Ils ont dit quoi ?". "Ils ne savaient plus parler". "Dis, papa, il y a un moule à tarte en silicone sur la table de la cuisine ?". "C'est pas un moule à tarte, c'est un freesbee, c'est pour toi, ça m'a coûté la peau des fesses". "C'est pour ça que tu ne sais plus t'asseoir ?". "Non, ça, c'est plus de 20 heures assis dans le car". "Et les boules de pétanque dans les deux seaux ?". "C'est le repas de midi. Au départ, elles étaient à la tomate, mais comme tu n'aimes pas je les ai lavées en rentrant cette nuit". "T'aurais pas du mettre du savon vaisselle, papa, elles sentent le citron". "Oh, oh, gamin, tu connais beaucoup de papas qui lavent des boulettes sauce tomate en pleine nuit, hein". "Tu devais les acheter sans sauce". "Je ne les ai pas achetées". "Tu les as volées ?". Oh, oh, gamin, je les ai gagnées. A chaque connerie que je disais j'avais droit à une boulette". "On va les manger comment ?". "Vas voir dans les poches de ma veste, j'ai aussi ramené tout ce qu'il y avait en trop de sauce andalouse sur les tables". Chers amis, j'ai des boulettes pour au moins trois jours. Je cherche des idées de sauces. Des faciles.

22/09/2006

Cherche à être absent (6)

Mes vacances d'un jour en car de luxe. 17 heures. L'accompagnateur : "Chers amis, nous vous amenons voir des moules".Moi : "C'est con, c'est à midi qu'on aurait du manger des moules". "Ah, ah, monsieur est un comique, on voit bien qu'il est le plus jeune du car". Moi : "Ca doit vous changer, hein". Les petits vieux, en choeur : "Ooooh, honteux". Moi : je n'ai plus rien dit, j'ai peur des coups de canne. L'accompagnateur : "Ce sont des moules en silicone". Moi : "Qu'on bouffe à la sauce polypropylène". Effectivement, c'était une démonstration de moules à tarte, à gâteaux, qu'on peut tordre dans tous les sens et qui reprennent leur forme. J'imagine le lave-vaisselle en silicone, on s'assied dessus et on a un fauteuil ou, dans les ménages, "Chérie, ça tombe, vas te faire placer deux moules". Ce qui est pénible dans ces voyages, c'est la pression : on se sent obligé d'acheter. J'ai choisi la plus grande moule à tarte, ce sera mon souvenir de vacances pour le gamin, je lui dirai que c'est un freesbee. Six fois le prix du voyage. Mon budget vacances a explosé.