15/05/2009

Cherche de l'huile de coude

Suite à la présence d’un plâtre sur mon bras gauche je suis plus large que d’habitude. Avec Gérard, un copain qui me conduit en voiture au supermarché, on rigole beaucoup quand j’abats une colonne de boîtes de conserve avec mon plâtre. Parfois sans le faire exprès et parfois pour rigoler. Devant l’attroupement je me mets à pleurer : ouiiin, ouiiin. Gérard, tout haut : « Ah, quelle salope, ce sont sûrement les chevrotines qu’elle t’a tiré dans le bras qui te font faire ça. C’est en plomb les chevrotines et le plomb ça donne le saturnisme ». Moi : « Ouiiin, ouiiin ». Des dizaines de mains tenant un mouchoir en papier se tendent vers moi. Gérard : « Surtout pas, mesdames. Quand il se mouche à une main il en envoie partout. Ce qu’il lui faudrait c’est quelqu’un, jeune et jolie, qui viendrait chez lui pour lui ouvrir ses boîtes de conserve. Soyez sans crainte, il a terminé ses viagra hier ». Bizarre, plus d’attroupement. Alors Gérard et moi rejoignons la sortie par des allées différentes pour ne pas éclater de rire. Dans l’appartement c’est différent : c’est aux chambranles de portes que je me cogne. En plus du gros orteil droit j’ai le coude tout bleu. Je cherche une huile de coude, légèrement parfumée, pour retrouver mon teint habituel.

06/04/2006

Cherche grossiste en mouchoirs en papier

Quelle émotion. Je pleure comme un bas de laine. C'est fou. Le gamin m'a envoyé une carte postale de la mer où il est en ce moment pour les vacances de Pâques. Je ne comprends pas bien la photo de la carte, ça doit être une blague : on voit un type en ciré jaune qui fait du cheval dans la mer. Je demanderai quoi au gamin après les vacances. Ca y est, je repleure. Il m'a écrit, mon gamin : "Papa, j'ai appris un nouveau mot : décortiquer. J'ai aussi appris à décortiquer les crevettes, tu sais, les petits emballages en plastique, ça ne se mange pas." Il faudra qu'il m'explique après les vacances. J'espère que sa mère lui a donné une tomate parce que le gamin, c'est tomate crevettes. Et mayonnaise. J'ai tellement pleuré de joie que j'ai inondé les raviolis et que je n'ai plus de mouchoirs libres. Cherche un grossiste.

05/04/2006

Cherche les bons gros

Le gamin est à la mer avec sa mère. Avant de partir, il m'a dit qu'il avait perdu le papier de l'école pour le voyage scolaire. Il a juste retenu le prix et il sait qu'il va aller voir les gros de Han. Je trouve que c'est cher pour voir des gros. Il y en a plein les fast food, des gros, gratuitement. Je suis allé sur internet et j'ai tapé gros, pour voir. J'ai obtenu 64.437.612 résultats. Il va me falloir deux ans pour tout visiter. Le gamin revient dans dix jours. Je demande de l'aide aux citoyens et citoyennes pour se répartir la tâche et visiter chacun quelques milliers de sites.

Cherche personnes dormant la fenêtre ouverte

Pendant que le gamin est à la mer avec sa mère, pour lui faire une surprise (au gamin, pas à sa mère), avec l'aide d'un copain, de son garage, de son établi, de sa scie sauteuse, de ses clous, de ses planches de palette et de quelques bières, j'ai réussi à construire quatre nichoirs. Hop, un clou, et de un, dans la cuisine. Hop, un clou, et de deux, dans la salle de bain. Hop, un clou, dans le coin au-dessus de la commode, vous voyez. Le quatrième hop je l'ai cloué dans l'ascenseur, histoire d'égayer l'immeuble avec quelques petits oiseaux. La vie en immeuble pourrait être chouette si on pouvait choisir les autres locataires. Moi, je n'ai pas pu. Parfois je rêve que je suis dans mon appartement au cinquième, seul, sur un île déserte, et que le propriétaire s'est noyé en venant à la nage me réclamer le loyer. Pour les nichoirs, c'est la catastrophe. Les collègues m'ont dit que je devrai dormir la fenêtre ouverte. Ca, jamais. C'est déjà tout juste pour me réchauffer avec les cinq nounours dans le lit. Je cherche des personnes qui dorment la fenêtre ouverte et qui acceptent qu'un gamin aille voir éclore les petits oiseaux chez eux.