30/10/2008

Cherche la mort avec des frites

C’est la Toussaint. Des fleurs partout. Aux caisses des supermarchés, dans les pépinières, au marché, chez les libraires, le long des routes avec les mêmes jeunes enfants refroidis qu’à l’époque des fraises ou du muguet. C’est mortel toutes ces fleurs, identiques à part la couleur. Chrysanthèmes, bruyères et, nouveauté, le chou chinois. Le chou chinois envahit nos cimetières. Deux euros quarante-neuf et hop, la corvée cimetière est terminée. « Maman sera contente, tu ne trouves pas ». « Du moment qu’elle ferme sa gueule, c’est bien ». « Que dis-tu mon amour ? ». Et si on fêtait nos chers défunts avec des frites, hein ? Une baraque à frites devant chaque entrée de cimetière. Musique : accordéon musette, pour rendre hommage à nos chers disparus. Dans la joie, dans la dignité, pas dans le commerce.

01/05/2008

Cherche le premier mai

Le premier mai, triste jour. Dès six heures du matin, des enfants au bord des routes, frigorifiés, attendant que des automobilistes s’arrêtent pour acheter du muguet. Du muguet ! Même pas mangeable. Pire, c’est du poison. Ils ne pourraient pas vendre des salades, ces fils et filles de cons. Ou des saucisses et des merguez. Ils seraient au chaud, près d’un barbecue. J’imagine le bout’chou gelé, à qui le père a dit « Je reviens dans une heure avec une nouvelle caisse, il faut que tout soit vendu » en train de rêver à de petits asiatiques qui bougent, eux, occupés à nous fabriquer, bien au chaud, des chaussures de sport ou des T-shirts. On interdit de fumer dans les restaurants mais on laisse les enfants se taper une cure de gaz d’échappement. Il faut inculquer aux jeunes le sens du commerce dès le plus jeune âge. Il faut être ministre pour dire ça. Le premier mai, fête du travail ! Je suis en congé le premier mai, bande de cons. Je ne travaille pas. Alors, ce n’est pas la fête le premier mai, mon entreprise est fermée, je ne sais pas y aller manger chaud à midi.