17/08/2010

La surprise de Robert

J’étais assis sur une chaise inconfortable, dos au mur, dans la chambre de Robert de qui je viens prendre des nouvelles à l’hosto le jour où on lui a fait Exploration du Monde par le pôle sud (le trou du cul pour les mal voyants). Robert venait de rentrer de son don à la science d’imageries médicales et était allongé. C’est alors que son voisin de chambre dit « Je viens de passer des tests pour le canal, le canal, le canal ». « Carpien » dit Robert qui connaissait l’emploi du temps de son compagnon de chambrée.  « Tu sais, c’est pour mon bras que je ne sens plus. On m’a placé des, des, des ». « Des électrodes » crie Robert, de plus en plus énervé. « Ecoute, Josette, ce sont des électrodes mais je te sonnerai plus tard quand l’autre sera endormi ». Robert n’avait pas vu que son voisin de chambrée téléphonait à quelqu’un. Moi : « Robert, ça va ? ». Lui : « Toi, pas un mot. D’où je suis et vu où tu es je ne te vois pas et je ne sais pas si c’est toi qui me parle ». « Heuuu. Bonne nuit, Robert ».

04/12/2009

La solution

Ce qu'adorent les belges ce sont les vieux murs parce que les vieux murs c'est frite. C'est le gamin qui me l'a suggéré sans le savoir : il a du recopier dix fois "Les vieux murs s'effritent". Chacun sait qu'en Belgique, au nord comme au sud, les tétines des biberons sont carrées pour habituer les bébés à la forme des frites mais, bon, de là à voir des frites partout, hein. En plus, la frite a été inventée par un joueur de tennis à qui on avait lancé une patate au lieu d'une balle. Si, c'est le gamin qui me l'a dit. C'était sur un château-fort et le gars, de rage, a pris les bouts de patates pour les jeter dans l'huile bouillante que les assiégés s'apprêtaient à déverser sur les envahisseurs. Ceux-ci auraient crié "Envoyez aussi la mayonnaise". Que c'est beau, l'Histoire, quand c'est le gamin qui la raconte.

24/05/2009

Cherche la fête des pères

« Papa, c’est bientôt la fête des pères. Tu veux quoi comme cadeau ? Madame, à l’école, demande des idées ». « Un pot de yaourt vide avec des confettis collés dessus, Grâce à ton institutrice j’ai commencé une collection de pots de yaourt. Quand tu auras quarante ans je m’achèterai une planche que je fixerai au mur pour exposer tous tes chefs-d’œuvre. Le musée du pot de yaourt à travers le temps. A York il y a le musée du jambon. A Agen c’est le musée du pruneau. A Garenne celui du lapin. A Compote celui du boudin. Ici, ce sera le musée du pot de yaourt ». « Papa, tu m’achèteras une casquette marquée Guide ». « Gamin, j’espère qu’à quarante ans tu feras autre chose que d’attendre des autocars de japonais  venus photographier un mètre cinquante de pots de yaourt, ça va coincer dans l’ascenseur pour les faire monter au cinquième étage ». « Je t’offre quoi, alors, papa ? ». « Du persil, du vrai, du vivant. Je n’en ai jamais vu mais ce n’est pas cher. Il parait que c’est bon pour la santé, pour avoir une biloute qui se lève devant les dames, que c’est plein de fer comme les chemins qui supportent les trains ». « Papa, je fais quoi avec le pot de yaourt que madame m’a confié pour ta fête ? ». « Heuuu ».

Lhistoire du plâtre est terminée. Retrouvez-la dans le colonne de droite à partie du 14 mai 2009. Bonne lecture.

01/10/2008

Cherche à régler le thermomètre

« Allo, Gérard ». « Oui ». « Comment peut-on régler la vitesse d’un thermomètre ? ». « Répète, je n’ai pas tout compris ». « C’est simple, Gérard. Comment fait-on pour régler la vitesse d’un thermomètre ? ». « Tu te l’es mis où, ce thermomètre ? ». « Sur le balcon, Gérard. Je l’ai cloué au mur ». « Et quel est le problème ? ». « Je l’ai surveillé. Ce matin, à six heures six degrés, à sept heures sept degrés, à huit heures huit degrés, à neuf heures dix degrés, tu retiens, hein, Gérard, dix degrés à neuf heures. A dix heures douze degrés. Et demi. Mon thermomètre s’emballe, Gérard ». « Et cent balles c’est pas cher ». « Que dis-tu ? ». « Rien, rien. Une question : n’aurais-tu pas cloué ton thermomètre face au soleil ? ». « Dis, Gérard, un thermomètre, ce n’est pas fait pour obtenir les horaires des marées, hein. Je m’en fiche des marées, Gérard, j’habite au cinquième. Si la mer monte j’ai le temps de voir venir.  Si je veux connaître la température extérieure, je dois mettre mon thermomètre à l’extérieur, voyons. C’est comme quand tu dois te prendre ta température à toi, Gérard. Tu te le mets où, hein ? Pas dans le bocal de confiture, quand même ». « Je vais te donner un truc pour avoir l’heure sur ton balcon : cloue une montre ». « Heuuu ».