14/08/2008

Pour vos vacances - Voor uw vakanties

Nous sommes à la veille du quinze août, le jour de la grande transhumance. Ceux du sud vont au nord et ceux du nord filent au sud. C’est comme ça en Belgique. Voulant collaborer étroitement pour « Vive les paix des races » et autres gais lurons j’ai concoqueté (mais que je n’aime pas ce mot) ceci à l’intention de mes frères du nord.

Beste vlaamse vrienden (Traduction pour les suisses, les malgaches, mimi, les canadiens et autres francophones : p’tits cons d’flamins), voici de quoi vous aider durant vos vacances en Belgique du sud : een woordenboek, autrement dit un dictionnaire wallon - français.

Arsouille : espiègle

Baraki : carolo, de basse classe

Bauchelle : jeune fille

Binauche : content

C’est toudi li p’tit qu’on spotche : c’est toujours le petit qu’on écrase

Cougnou : longue brioche de Noël, parfois appelée petit jésus

Crayat : mâchefer, surnom des natifs de Nismes 

Crevé plein : (rien à voir avec les pneus) ivre mort

Djondu : qui s’est fait avoir

Man’daye : bon à tout faire

Vitoulet : boulette de viande hachée (hachis)  dans laquelle on a incorporé de la mie de pain sec broyée (chapelure), de l’oignon finement émincé, du persil  et de l’œuf cru, qu’on a ensuite roulée dans la farine et dorée à la poêle sur tous les côtés ce qui n’est pas facile avec une boulette pour, ensuite, laisser mijoter durant quelques heures dans une casserole remplie d’eau, de la graisse récupérée de la poêle de cuisson des côtés de la boulette, d’un cube de bouillon de bœuf et, selon les goûts, de champignons en lamelles et/ou de rondelles de carottes et/ou d’oignons grossièrement découpés et/ou d’un peu de tomate à condition d’avoir enlevé les peaux et /ou d’un branche de thym et /ou d’une feuille de laurier et/ou d’une deuxième ration de carottes en rondelles quand elles sont en promotion. Les proportions sont données à titre indicatif. Il est bien entendu nécessaire de multiplier ou de diviser les cubes, branches, feuilles, rondelles en fonction du nombre d’invités, de leur appétit et surtout de votre envie d’en manger le lendemain car c’est le lendemain que les vitoulets sont les meilleurs. Ma recette d’origine est pour six boulettes et j’avoue qu’ajouter de la ciboulette en petite quantité donne un petit goût agréable. C’est comme l’omelette à la ciboulette mais il faut remplacer les œufs par du hachis. Ou l’omelette au fromage. Mais pas avec du hachis, ce serait du gâchis. Par contre, parsemer du fromage râpé sur de la sauce bolognaise surmontant des spaghettis est une bonne chose. C’est même artistique. Pour le gamin je fais ceci : la morne plaine ce sont les pâtes, la sauce bolognaise représente la butte du lion de Waterloo et le fromage râpé comprimé est le lion. Je dois lui remplacer son lion une dizaine de fois avant qu’il ne se mette à creuser dans la morne plaine.

Volle zat : plein soûl mais ce n’est pas du wallon, c’est de Brussel comme Zat André, la nuit, et le zour, zat André, touzours, mon amour.

15/04/2007

cherche un casque en mousse.

« Dis, Gérard, ils poussent tes poussins ? ». « Ne m’en parle pas, j’en ai acheté trois fois et, à chaque fois, c’est la perte totale. J’arrête le jardinage, je n’ai pas la main verte ». « Arrête de pleurer comme un bas de laine, Gérard, tu me fends le cœur ». « Fends toi ce que tu veux, fends toi la gueule tant que t’y es mais j’en ai marre de ce jardin de p(tûûût) de b(tûûût) de m(tûûût) ». « Gérard, prends la serpillière et essuie ton carrelage, tu vas provoquer un tsunami, arrête de pleurer ». « N(tûûût) de D(tûûût) de N(tûûût) de D(tûûûtt) ». « Gérard, mon bon Gérard, j’ai demandé à mon oncle Edmond, celui qui est fermier à Nismes ; il dit que pour tes poussins, si ça ne marche pas, c’est parce que tu les plantes trop profond. Essaye à nouveau, Gérard ».

14/04/2007

Cherche à rendre hommage à mon Bon Papa

« Papa, pourquoi on va au cimetière aujourd’hui ? ». « Pour un anniversaire ». « Tu as acheté un gâteau, papa ? ». « Pourquoi un gâteau, gamin ? ». « « Quand on va à un anniversaire, on apporte un gâteau, papa. On sera combien ? ». « Deux ». « Qui, deux, papa ? ». « Toi et moi ». « C’est idiot de fêter un anniversaire sans gâteau dans un cimetière à nous deux, papa. On aurait pu manger un gâteau dans ma chambre ». « Je veux te présenter à mon grand-père, mon Bon Papa ». « Il a quel âge ? ». « Il est né il y a 122 ans, le 14 avril 1885 ». « Et tu penses toujours à ton Bon Papa ? ». « Oui, gamin, presque chaque jour. ». « Pourquoi tu pleures, papa ? ». « C’est de joie, gamin. Mon Bon Papa, c’est lui qui m’a appris beaucoup de choses, par exemple pourquoi les taureaux restent calés quand ils essayent de jouer à saute-mouton au dessus des vaches. C’est aussi lui qui m’a appris les blagues ». « Dis moi une blague de ton Bon Papa, papa ». « C’est un fermier qui va à la gare de Nismes et qui demande : à quelle heure le train pour Charleroi ? Le préposé lui répond : à 8 heures 43. Alors le fermier demande : et celui avant ? Et le préposé lui répond : à vent, mais, mon bon monsieur, tous les trains sont à vapeur maintenant ».