03/07/2010

Le pied de porc facile (5)

« Gamin, gamin, j’ai enfin trouvé une recette de pieds de porc facile ». « Chouette, papa, parce que, depuis que tu les as achetés, les pieds de porc comment à courir tout seul ». « Ecoute ça, gamin, c’est pour six personnes : six pieds de porc, 300 grammes de viande de porc hachée, du sel, un œuf, de la cannelle et de la muscade, une crépine et un peu de mie de pain ». « Et c’est quoi une crépine, papa ? ». « Je suppose que c’est un sac, gamin, parce qu’ils disent qu’après avoir désossé le pied de porc et l’avoir coupé en deux parties il faut lui faire une farce avec le porc haché assez zoné et refermer le pied avec la crépine ». « Papa, tu te sens capable de faire de la chirurgie esthétique ? ». « Gamin, qui n’essaye rien n’a rien ». « Mais, papa, la recette est pour six personnes ». « Gamin, je n’ai que deux pieds, donc je vais diviser par trois ». « Papa, tu as dit qu’il fallait un œuf. Comment vas-tu le couper en trois ? ». « Gamin, tu as raison. Changement de programme : raviolis. Vas chercher l’ouvre-boite ».

04/04/2010

Cherche la surprise de Pâques

" Papa ". " Oui, gamin. Que se passe-t-il ? Tu as l'air triste ". " Ben oui, papa ". " Mais c'est Pâques, gamin, les alouettes sont de retour ". " Les hirondelles, papa ". " Quoi, gamin ? Les alouettes ne reviennent pas cette année ? ". " Papa, je m'attendais à recevoir des oeufs pour Pâques ". " Gamin, bien sûr, Pâques, les oeufs. Ton papa a pensé à tout. Ce midi il y aura une surprise. Pas que des oeufs, gamin, hé, hé. C'est une surprise. Il y aura aussi des champignons en lamelles, tous frais, j'ai acheté la boîte hier. Ce midi, gamin, la surprise que je te fais c'est une omelette géante aux oeufs et aux champignons en lamelles ".

 

 

01/04/2010

Le bon jour

" Gamin, c'est la tuile, le grille-pain ne fonctionne plus ". " Tu dois le brancher, papa ". " Gamin, au secours, je viens d'utiliser le sèche-cheveux et je suis tout blanc ! ". " C'est peut-être de la farine, papa ". " Ah bon ! Mais cet appartement est hanté ! Et mes ongles, ils sont peints au vernis à ongle rouge. Gamin, tu m'entends ? ". " Oui, papa. A mon avis une fée s'est penchée sur toi cette nuit pendant que tu dormais ". " Une fée, une fée. Et l'oeuf cassé planqué au fond de mon gant de toilette, c'est aussi une fée sans doute. Mais je deviens fou, gamin ". " Avoue que tu l'étais déjà un peu avant, hein, papa ". " Et quand j'utilise le savon liquide il ne mousse pas. On dirait de l'huile de tournesol ". " C'est peut-être pour huiler tes articulations, papa ". " Et cette pancarte sur la porte des toilettes hors d'usage ? Mais on dirait ton écriture, gamin. Avoue ". " Poisson d'avril, papa "." Et le grille-pain ? ". " Poisson d'avril, papa ". Et la farine dans le sèche-cheveux ? Et mes ongles vernis ? ". " Poisson d'avril, papa ". " Ah ça alors. Et dire que j'y ai cru à la fée ".

 

13/08/2009

Cherche une monoplace

Bonjour. Je vis seul. Triste. Au cinquième étage avec une voisine de palier invivable. Je vis de raviolis en boîte quand j'arrive à ouvrir la boîte. Le gamin vient me voir quand je lui dis au téléphone que j'ai acheté des bonbons; Les chauffeurs de bus font grêve pour un oui pour un non, quels fainéants. L'ascenseur ne s'arrête plus au cinquième et je dois aller jusqu'au sixième et descendre un étage dans les escaliers avec le caddy du supermaché. A chaque marche je perds des marchandises : les oeufs, les tomates, le ketchup,et je roule dessus. C'est horrible. Il y en a plein les murs. J'ai tout nié quand la police scientifique est venue pour identifier les corps. Quels cons, ils cherchaient le rhésus du ketchup. Egalité avec les conducteurs de bus wallons. On devrait engager des polonais. Eux, ils travaillent. La porte de mon four à micro-ondes ne ferme plus. C'est pas bon des raviolis froids. Même avec du fromage râpé. Quand c'est râpé c'est comme quand le gamin attend son bus pour aller à l'école et que les cons font grêve. Vivement les polonais, ou les croates, ou les sénégalais pour être dignes de conduire nos bus. La dignité et le respect des autres, c'est important. Il y an a qui l'ignore, honte, ce sont des belges. J'espère que les conducteurs de bus belges ont de l'humour parce que je dois prendre le bus tous les jours pour aller à la gare prendre le train, puis le métro, puis la marche à pied. Quelle vie de con. Il me faut autant de temps pour aller au boulot et en revenir, quand il y des bus, que pour faire semblant de travailler au bureau. Marre, j'en ai marre, je m'achète une monoplace. J'en ai déchiné une sur internet. J'ai besoin de conseils. A votre avis, est-ce une bonne affaire .   

Film1 115 - Copie

15/07/2009

Chiasse !

Pas de post aujourd'hui. Je suis sur le post, sans le s. Je me vide. C'est une sensation terrible. J'ai l'impression que je n'aurai plus rien à l'intérieur. Une bière pas fraîche ? Des crevettes ayant passé l'âge de la retraite ? La peau de la tomate avec ses pesticides et ses fongicides ? Les oeufs pondus du jour mais utilisés trop longtemps après le ponte ? La mayonnaise en tube dont j'ai perdu le bouchon ? Le mélange bière - crevettes - mayonnaise - tomate - pastis à l'apéritif - chips au paprika ? Les moules d'hier ? Trop de vin blanc avec les moules ? Pourvu qu'il n' y ait pas de coupure d'eau parce qu'aujourd'hui c'est une partie de chasse. Plus j'évacue et plus je perds mon bronzage. Je suis dans la merde. Au secours. Plus j'utilise le papier cul et plus le rouleau devient petit. L'air devient irrespirable. Je ne devrais pas fumer dans les toilettes. Dans les avions c'est interdit. J'essaye de me convaincre que je suis en avion, mais, au cinquième étage, je ne suis qu'en phase de décollage. Et des toilettes je ne vois pas la piste. Pourvu que le pilote ne fasse pas de looping. Ce serait une cacastrophe. Je devrais repeindre le plafond. C'est terrible, je sens que je me vide. Je participe, malgré moi, au cycle de la nature. Quand on a mangé des crevettes et que, via les canalisations, elles retournent à la mer, d'accord, c'est normal. Mais quand ça arrive après avoir mangé du lapin ou du boeuf, je ne comprends pas ce que le lapin ou le boeuf iraient faire dans la mer. Encore un mystère que les scientifiques devraient halluciner. Ce qui est bien, quand on a la vaporisante, c'est qu'on réfléchit. Moi, ça fait quatre heures que je réfléchis. Je pense donc j'essuye. Courage. A demain.

19/05/2009

Cherche à décrire ma siruation

« Papa, tu peux m’aider ? Pour l’école je dois écrire sur une grande difficulté qu’on peut rencontrer dans la vie ». « Heuuu, je ne sais pas, moi. Heuuu, arriver à pousser sur le bouton de l’ascenseur et puis sur le bouton de l’étage quand on a un sac de provisions dans chaque bras avec les verts de poireau qui dépassent et qui chatouillent le nez et qu’on ne sait pas si ce qui coule dans un sac sont des tomates écrasées ou des œufs cassés ? ». « Pas ça, papa. Madame a dit : une grande difficulté ». « Gamin, prends de quoi écrire, je tiens le sujet. Titre : Comment enfiler un pantalon quand on a un orteil bleu d’un côté et le bras dans le plâtre de l’autre ». « Papa, tu es sûr que c’est une grande difficulté ? ». « Une heure et demi pour y arriver, gamin, c’est une grande difficulté, je peux aller faire la démonstration devant ton institutrice. Ecris ». « Oui, papa ». « Petita : comprendre que vouloir le faire debout, c’est se casser la gueule une deuxième fois. Petibé : s’asseoir sur le bord du lit et enlever son pantalon de pyjama à une main. Peticé : se relever en prenant appui sur le pied qui ne fait pas mal, sinon, ouille, on retombe sur le lit, et ça parce qu’on a oublié de prendre son pantalon. Petidé : s’asseoir à nouveau mais pas sur le pantalon jeté sur le lit sinon on retourne une case en arrière. Petiheu :  glisser prudemment le pied endolori dans la bonne jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petiteffe : c’est là que ça se corse car un pantalon ce sont deux jambes et une partie commune, là où il y la braguette et la ceinture. Impossible de faire entrer l’autre jambe dans un pantalon remonté jusqu’au dessus. Donc redescendre, à une main, la jambe du pantalon sans qu’elle ne sorte de la jambe, la vraie, celle au pied à l’orteil bleu. Petigé : essayer de faire entrer l’autre jambe dans l’autre jambe du pantalon jusqu’à ce que le pied dépasse. Petihache : remonter le tout, à une main, une fois côté gauche, une fois côté droit, sinon ça coince ». « C’est long, papa ». « Attends, gamin, ce n’est pas fini. Jusqu’ici ça ne fait que trois quarts d’heure. Il faut recommencer toute la procédure parce que tu viens de t’apercevoir que tu as oublié de mettre ton slip ».

10/04/2009

Cherche le bouillon

Ici, Rome. Il fait comment chez nous ? Bè, froid ? Je suis entouré de bourdons. Rien à voir avec Godefroid car la spécialité ardennaise n’est pas le beffroi de Bouillon mais Godefroid de Bouillon comme l’autre bouillon, celui en cube, est ma spécialité. Les poules vont bientôt revenir. Avec leurs œufs. Plutôt que des chasses aux œufs les communes devraient organiser des chasses aux cubes de bouillon de poule. J’y participerais.

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Quand la marée monte, le bateau monte. L’échelle de corde qui pend au bateau monte aussi. Comme disait Raoul, quand la mer monte …

07:30 Écrit par Fanny dans petites annonces | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : rome, beffroi, bouillon, poule, cube, oeuf, chasse |  Facebook |

10/03/2009

Cherche mon premier cri

Bonjour, maman. Quelle bonne idée de m’avoir fait lancer mon premier cri un dix mars dans une belle maison en pierre, au premier étage, le long d’une jolie rivière. Déjà tu me disais que j’irais loin dans la vie, comme papa, et que je devais m’élever dans la société. J’ai retenu la leçon, maman. J’habite non pas au premier mais au cinquième étage et j’ai l’impression que les pensées que je te destine arrivent plus vite à toi. Je profite de ce jour béni pour enfin te l’avouer : quelques années plus tard c’est moi qui avais peint les œufs en vert dans le frigo, te faisant croire que des grenouilles géantes avaient envahi le quartier. Impossible de te les renvoyer. Quand j’essaye ils retombent. Je suis soulagé : faute avouée est à moitié pardonnée. Pourquoi n’es-tu pas sur facebook ? Il n’y a pas ça là-haut ? Enfin, il me reste la pensée. Je pense à toi, maman. Gros bisous à papa.

08/12/2008

Cherche le prix de la créativité

Un pote à moi a expliqué sur son blog comment fabriquer des boules de noël très décoratives avec des boules en polystyrène, des feuilles de laurier et des aiguilles. Je me suis dit que, s’il pouvait le faire, je pourrai le faire. Le dire, c’est facile, mais le faire, ça pique. Surtout quand on n’est pas couturier de naissance et qu’on ne sait pas qu’il y a deux bouts différents à une aiguille. Je me suis piqué tous les doigts. Devinez avec quoi je tape une lettre à la fois sur le clavier, les mains en l’air comme un bandit qu’on vient d’arrêter. J’attends que ça sèche parce que, n’ayant pas de boules de polymachinchose, j’ai essayé avec des œufs. J’en ai perdu douze. Ah, ce cri : sploutch. Douze fois. J’ai mal au nez. Parce que c’est avec mon nez que je tape les lettres une à une sur le clavier, bande de vicieux. Quand mes doigts furent secs, en chaussettes parce que mes pantoufles sont restées collées dans le blanc d’œuf qui jonchait le sol, je me suis rendu au supermarché, bêtement, par habitude. C’est là que l’idée a germé : les choux de Bruxelles, des boules de noël toutes prêtes, y a plus qu’à les pendre, sans feuille de laurier, sans aiguille. Au grand prix de la créativité des blogs de noël, votez pour les choux de Bruxelles sur le sapin. D’avance merci.

02/11/2008

Tûûût 27 ter. Cherche la commune

« Allo, la commune ? ». « Nos bureaux sont fermés les dimanches et jours fériés. En cas d’urgence, formez le quatre quatre quatre sept un neuf. Nos bureaux sont fermés les dimanches et jours fériés. En cas d’ur ». « Allo, cat’ cat’ cat’ c’est un œuf ? ». « Je vous écoute ». « C’est la Toussaint, je voudrais savoir jusqu’à quelle heure les grilles du cimetière sont ouvertes pour ne pas me retrouver enfermé. J’ai peur ». « Parlez, monsieur, j’ai suivi des cours pour ça, je suis là pour ça, je suis assistante sociale de formation, il est important de parler, il faut que ça sorte, vous m’entendez, il faut que ça sorte, parler c’est comme, c’est comme, c’est ». « C’est comme quand on a un gros caca ». « Ah, monsieur, vous êtes toujours là, vous savez j’ai souvent affaire à des impolis qui me raccrochent au nez, mais je vous écoute monsieur, je suis là pour ça, on m’a mis ici pour que je puisse écouter des gens, monsieur, parce que je suis seule depuis que mon mari est parti avec une autre, vous comprenez, il paraît qu’il a grossi parce qu’elle lui fait bien à manger, le chien devient fou depuis qu’on en a la garde alternée, je suis seule et quand il a besoin de sortir c’est comme, c’est comme, c’est ». « C’est comme quand on a un gros caca ». « Ah, monsieur, je sens que vous aimez les animaux, vous devez être un doux avec les femmes, je le sens, j’ai un troisième sens qui me le dit, parce que le sens de l’orientation je ne l’ai pas, l’autre jour j’ai fait six fois le tour du rond-point devant la gare avant de me tromper d’avenue et j’avais rendez-vous chez le coiffeur, et alors je me sens, je me sens, je me ». « Comme quand on a un gros caca ». « Non. Oui. Je ne sais pas. Donc, où en étais-je ? Le fer à repasser. Vous me demandez pourquoi le fer à repasser. Parce qu’en tournant autour du rond-point mon auto a passé et repassé, mon ex mari n’a jamais compris l’intelligence qui me caractérise, rond-point, passer, repasser, fer à repasser, il a osé dire qu’elle repasse mieux que moi, je le sais par la téléphoniste de son entreprise qui me répond toujours qu’il est en mission, et ça m’énerve, c’est comme, c’est comme, c’est ». « Comme quand on a un gros caca ». « Vous trouvez ça normal, vous, qu’il soit toujours en mission, je parie qu’il la saute, si, si, ça c’est du déjà vu, j’ai vu un feuilleton à la télé où le beau monsieur se fait, comment dire, se fait faire des gâteries par la téléphoniste, je vais la dénoncer, voir ça ça me, ça me, ça me ». « Madame, je ne tiens plus, j’ai vraiment un gros caca à faire ». Tûûût, tûûût, tûûût.

07/09/2008

Cherche à me réveiller

La rentrée scolaire m’a fatigué, fatigué, fatigué. Hier encore, dans le magasin « Tout à ta taille » (ça fait japonais, toutatataï, je sais, mais c’est made in china : tu as le pantalon complet pour le prix du tissus des poches) j’avais enlevé mon pantalon à trous pour essayer un neuf. Un neuf, j’ai dit, pas un œuf, voyons, sinon je serais allé dans une épicerie. Je me suis endormi sur le tabouret d’une des cabines d’essayage. Je ne sais pas ce qui m’a réveillé mais j’ai hurlé « Hé, y a pas de papier cul, ici ». Je m’en suis sorti, avec le pantalon, en disant à une vendeuse : « Dites, il y a un gugusse dans une autre cabine, faites gaffe ». « Vous prenez le pantalon, monsieur ? ». « Pas maintenant, je suis pressé, je vais repasser ». « Le magasin est ouvert jusque dix-huit heures, monsieur ». « Je sais, mais je n’aurai pas fini mon repassage ».

13/01/2008

Cherche la date des oeufs

« Allo, Gérard ? ». « Oui ». « Dis, est-ce que tu as des œufs chez toi ? ». « Oui mais j’en ai besoin ». « Ce n’est pas pour ça, Gérard. J’ai un problème ». « Dépêche-toi, j’attends une amie ». « Je la connais ? ». « Surtout pas. Allez, vite, parle, je dois encore mettre la nappe ». « Tu mets une nappe, toi ? Moi pas ». « Quel est ton problème ? ». « Mon problème c’est que je n’ai pas de nappe ». « Mais non. Le problème pour lequel tu me téléphones ». « Ah bon. J’ai un problème, moi ? ». « Les œufs ». « Ah oui, les œufs. Gérard, je viens d’acheter des œufs, j’ouvre la boîte en carton, il y en a deux qui tombent et, sur les survivants que vois-je ? Hein ? Il y a une date imprimée dessus ». « Et alors ? C’est pour la fraîcheur ». « Mais la date est dépassée, Gérard, et je viens de les acheter ». « C’est normal, c’est la date de ponte ». « La date de ponte ? ». « Dis, tu sais quand même d’où vient l’œuf, non ? ». « Non, Gérard, et toi non plus. Ne fais pas le malin, personne ne sait si c’est la poule qui a pondu l’œuf ou l’œuf qui a pondu la poule ». « Je résume : tu peux les bouffer ».Tûûût, tûûût, tûûût.

01/04/2006

Cherche un musée des horreurs

La mère du gamin s'est remise avec un type, disons, heu, restons objectif, horrible. Les oreilles décollées, les dents jaune foncé là où il reste des dents, des valises en dessous des yeux, une démarche de canard qui va pondre un oeuf. Je vais en prendre des photos et je cherche un musée des horreurs pour les exposer. Gamin, gamin, reviens, c'est une blague, un poisson d'avril, reviens je te dis, on va faire des frites.